Gentlemen

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(24 articles)

Honey For Petzi - “Handmade Cloaks” (music video)

Favez - “En Garde!”

fav180Album
(Gentlemen)
18/02/2011
Rock

Favez a beau avoir semé le doute dans les esprits de ses plus vieux fans avec le virage pop pris par un dernier album “Bigger Mountains Higher Flags” malgré tout plutôt réussi, chaque nouvelle sortie du groupe suscite la curiosité. C’est donc partagé par la crainte d’une pop plus affirmée et l’excitation d’un éventuel retour aux sources qu’on aborde “En Garde!”, un septième album produit par Andrew Scheps, ayant déjà poussé les manettes pour des monstres comme Weezer, Audioslave, U2 ou les Red Hot Chili Peppers. Pourtant, et c’est la première surprise à l’écoute, jamais ce nouveau disque ne sonne surproduit, rien est venu pousser Favez à sortir de la route qu’il a pris soin de tracer.

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Rosqo - “No Stone Left Unturned”

No Stone Left Unturned[Album]
25/01/2008
(Gentlemen/Pias)

C’était en 2004, Rosqo se faisait remarquer avec “Taikonaut”, un premier album aussi surprenant que réussi. Depuis pas ou peu de nouvelles, mais on ne pouvait douter un instant que les choses en resteraient là tant le quatuor montrait de belles prédispositions à se dépatouiller de toutes ses influences rock pour un résultat personnel et original. Comme pour son prédécesseur, il sera difficile de dire ou ces Suisses sont allés chercher leur inspiration à l’approche de “No Stone Left Unturned”, un deuxième opus marqué par une réelle intelligence que les plaines fertiles helvètes semblent aider à cultiver, à en croire une scène rock locale aussi audacieuse que qualitative. Comme il le présentait il y a un peu plus de trois ans, Rosqo assoit un rock partagé entre ses dérivés désormais plus pop que post, celui que Ali Chant (Gravenhurst, The Kills, Pj Harvey, Magicrays…) a su parfaitement saisir et mettre en boîte au studio Toybox de Bristol. Et pour cause, contrairement à “Taikonaut”, “No Stone Left Unturned” est né intégralement en studio, est marqué par un souci du détail voulu par le groupe pour s’éloigner d’un post rock qui semblait lui peser. Mais, pas de dépaysement pour autant, puisque Rosqo affectionne toujours ces titres à la fois aériens et légers (”Weird”), douloureux et intenses (”Delivering Coffee Machines”), parfois tout en progression (”Rival”, “Off The Hook”), qui lui permettent toujours d’accoucher d’un tracklisting contrasté, soulignant une maturité incontestable pour un deuxième album souvent casse gueule. Ainsi, l’auditeur n’a d’autre choix que se soumettre aux humeurs du groupe, ici fragile et déprimé (”Cellar Door”, le brillant “Said”), là direct et rageur (”Aaba”, le caché et bruitiste “Patience”), toujours accrocheur via un sens affûté de la mélodie (”Superschnitzel”, “Elk Blut”, “Distant”), qui s’amuse sadiquement à tirer ses tripes et appeler la moindre de ses émotions. Tout ce qu’on demande à des musiciens inspirés qui, inévitablement ainsi, ne souffrent d’aucune indifférence de la part de l’oreille qui s’y serait égarée. Quel bien lui en aura pris..

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Favez - “Bigger Mountains Higher Flags”

Bigger Mountains Higher Flags[Album]
14/01/2008
(Gentlemen/Pias)

Si, en termes d’émo rock indépendant, l’Europe devait élire son plus solide représentant des années 2000, nombreux seraient les regards à se porter sur Favez, lui qui fut un des tous premiers groupes européens de ce siècle à séduire un des labels les plus en vue alors, Doghouse Records (Gameface, Get Up Kids, Koufax). Une expérience qui ne se sera pas révélée plus fructueuse que cela, mais qui n’aura en rien stoppé l’évolution de ces Suisses fermement décidés à marquer la scène européenne de leur empreinte. C’est d’ailleurs ce qui se passera jusqu’en 2006, date de leur album “Old And Strong In The Modern Times“, le dernier d’une ère que le combo lui-même, conscient d’en être arrivé au point culminant de leur formule, jugeait comme révolue. On était donc prévenu, le Favez post Old And Strong serait différent ou ne serait pas

Les helvètes auront tenu parole, car “Bigger Mountains Higher Flags” marque un virage assez net dans leur discographie, un tournant qui pourrait bien déconcerter quelques uns de leurs fans les plus fidèles. Non pas que la donne soit radicalement différente: ceux-là y retrouveront avec grand enthousiasme l’intensité et les mélodies, deux éléments devenus ses véritables forces avec le temps et qu’il aurait été trop périlleux de remiser au placard. Aujourd’hui, Favez fait seulement moins de bruit, et ne lâche plus son clavier, son nouveau jouet qu’il intégrait déjà sur scène lors de sa dernière tournée, et dont il abuse désormais parfois sous le coup d’un enthousiasme débordant

Il lui aura donc fallu une longue pause pour se remettre en cause, et se retrouver avec la seule motivation de laisser parler ses nouvelles envies musicales. Il en est ressorti une attirance plus nette pour la pop, aidée de surcroît par ses deux nouvelles recrues (piano/Rhodes, et orgue), celles qui semblent désormais dévoiler un avenir plus grand public qui pourrait bien rebuter la frange la plus virile de son public. Ce qui serait, à vrai dire, d’une impitoyable sévérité à l’écoute de titres comme “The Highways Are Deserted”, “When We Were Kings”, “And We Dance”, “White Limousine”, et surtout d’un “The Torch Song” comme rescapé du passé, tous très proches de la veine qu’on connaît. C’est plutôt dans le registre de “She Wakes Up Every Night”, “Here We’re Nothing”, “We Used To Fight a Lot”, et notamment du long et paisible “The Goodbye Song”, qu’on entre de plain pied dans le nouvel univers du groupe qui n’est pas sans livrer quelques énormes tubes (”Naked And Gasolined”), et belles ballades à la mélancolie inspirée (”If I Didn’t Come For Forgiveness”)

Plus qu’un nouveau départ comme le groupe aime le souligner, “Bigger Mountains, Higher Flags” sonne finalement comme une transition toute en douceur, puisant à la fois dans la recette du passé tout en ouvrant la porte à ce qu’on imagine bien devenir Favez: une formation rock ayant usé ses pantalons sur les bancs du rock, et désormais parée à se servir de son expérience pour un second souffle, plus mûr, et finalement compréhensible. Encore un peu de patience cependant, et ce nouveau rebondissement définitivement assumé et digéré fera incontestablement des Suisses un pilier pop européen incontournable, au même titre qu’il pouvait l’être pour le rock

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Magicrays - “Off The Map”

Off The Map[Album]
23/02/2007
(Gentlemen/Pias)

Après deux albums assez convaincants qui marchaient sur les traces de Radiohead et Coldplay (”Take Me Home” et “On The Shoreline”), Magicrays revient déposer un troisième album qu’il a une nouvelle fois confié au producteur John Parish, déjà responsable du précédent enregistré dans le désert de l’Arizona. Sauf que cette fois, c’est du côté de Bristol, en Angleterre, que “Off The Map” a été mis en boîte. Et il faut croire que le climat moins étouffant d’outre Atlantique a donné aux Suisses l’envie de donner dans un registre légèrement plus rock, désormais comparable à celui tout aussi prestigieux de Wilco. Autrefois assez calme, gourmand de cordes, de pianos et plus généralement d’ambiances intimistes, le quintet a ici clairement poussé un peu plus la saturation. Pas un mal en soit, d’autant plus que cette nouvelle couleur permet à Magicrays de varier son répertoire. N’allez pas croire pour autant à un véritable album de rock, car si le groupe se montre régulièrement plus vindicatif (”Marks”, “Hold Your Horses”, “Dragon Shield”, “Twilight Descent”), il n’a pas pour autant oublié de ponctuer ce tracklisting de passages plus pop, ceux dont il a déjà démontré sa maîtrise (”The Map”, “Heart Burn”). En toute occasion, “Off The Map” peut se vanter d’avoir une classe non négligeable, née de l’attention portée par John Parish aux instruments vintage et aux effets analogiques. D’où une production très chaude qui, à aucun moment, ne vient altérer l’efficacité des mélodies (”The Green River”), ni l’émotion du chant (”Turn Insight Into Action”), deux éléments prédominants de la musique de Magicrays. Derrière une première impression de formatage bien vite dissipée, se cache donc un disque adulte, illustrant à merveille toute l’importance d’une osmose parfaite entre un producteur de génie et des musiciens maîtrisant leur art

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Sigurd - “Doppelganger”

Doppelganger[Album]
18/05/2006
(Gentlemen/Pias)

Si le nom de Sigurd est aujourd’hui totalement inconnu, ses deux musiciens, eux, ont fait un temps leurs preuves au sein de Chewy, groupe suisse ayant parcouru, durant ses sept ans d’existence, une bonne partie du globe, du Japon aux Etats Unis en passant par l’Angleterre. De cette formation ne restent donc que Mathieu Urfer et Sebastien Altevogt, aujourd’hui reconvertis au sein de Sigurd et prêts à repartir dans une belle épopée lancée avec “Doppelganger”, un premier album bluffant et prometteur. Si le terme post rock revient régulièrement à la lecture d’articles le concernant, on est encore assez éloigné des stéréotypes élitistes et cérébraux du genre. Car les deux amis d’enfance lorgnent assez vers le rock pour rendre sa musique accessible, accrocheuse et même parfois tubesque. La recette? Une grosse dizaine de titres en général assez sombres, instrumentaux ou chantés, ou la solidité rythmique se heurte constamment à la finesse des arrangements, ou les mélodies parviennent à dominer les penchants bruitistes du duo, pour un résultat complet et impressionnant pour un groupe au line up si minimal. Et c’est là que Sigurd redouble d’originalité: un batteur qui manipule aussi l’octopad et un guitariste chanteur jouant de la basse d’orgue au pied. Du coup, l’auditeur peu méfiant se prend dans la tronche quelques excellents morceaux au relief rendant ce “Doppelganger” infiniment digeste. Et qu’il s’agisse des instrumentaux “Delaunay” et “Kinder Menuet” et leurs lachés de distortion, “Velociraptor” et “Capsules” et leurs riffs transcendants, ou des excellemment chantés “Sonar Sonar” et “Twin Sisters”, tous contribuent à l’oeuvre incontournable que Sigurd s’apprête à imposer sur la scène européenne. Et quand on finit de se repasser en boucle les tubes que sont “Nawa Shibari”, et surtout ce “No Sex, No Drugs, No Rock n’Roll”, on se dit que la Suisse est en train de se constituer une scène rock aussi solide que ses comptes bancaires..

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The Appleseed Cast - “Peregrine”

Peregrine[Album]
21/03/2006
(Gentlemen/Active/Pias)

Tout au long de sa discographie faite aujourd’hui de cinq albums, The Appleseed Cast est toujours apparu comme un groupe qui avance, dont le seul but est à chaque fois de pousser encore un peu plus loin les barrières de sa musique. “Two Conversations”, sorti il y a maintenant trois ans, nous laissait sur cette nette impression, armé de son rock toujours très accessible mais assez chiadé pour se démarquer des autres. “Peregrine”, le petit dernier sorti chez Gentlemen en Europe et chez Militia Group aux Etats-unis, ne fait que confirmer cette orientation artistique

Quoi de neuf cette fois chez The Appleseed Cast? Tout et rien à la fois… Le genre abordé reste le même, toujours marqué par ces mélodies allant droit aux tripes, une maîtrise sans faille ainsi qu’un chant constamment posé, sorte de fil rouge tout au long d’un opus jouant sur les intensités. La nouveauté, c’est sans conteste l’incursion récurrente de sonorités électroniques sans pour autant faire du groupe une nouvelle icône de la scène electro pop, mais aussi un travail tout particulier accompli sur les arrangements (”Sunlit And Ascending”, l’instrumental “An Orange And a Blue”). Voilà sûrement une des raisons qui font que l’auditeur est presque déconcerté sur les premiers titres, introvertis, imprévisibles (”Sila’s Knife”), ou la rythmique est impressionnante (”Here We Are”, “Woodland Hunter Part 2″). À croire que l’arrivée de Nathan Richardson, batteur de The Casket Lottery, s’est présentée comme une formidable aubaine pour ne pas se répéter. N’empêche que les ambiances mélancoliques chères au combo sont toujours présentes (”Ceremony”) et nous emmènent tranquillement vers “Mountain Halo”, apogée de ce “Peregrine”, et vers une seconde moitié du disque beaucoup plus conventionnelle ou quelques morceaux raisonnent comme des tubes (”February”, Song 3″, “A Fate Delivered”). Comme si Coldplay et Nada Surf réunis avaient définitivement pris le parti de se prendre un peu la tête..

The Appleseed Cast n’a, une fois encore, pas lâché son étendard de groupe accessible mais marginal, comme Elliott le fut à son époque. “Peregrine” est un grand cru, une prouesse, un opus qui délivre ses richesses à chaque écoute et qui rappelle, à qui veut bien l’entendre, que le meilleur du rock se trouve lorsqu’on gratte un peu sous l’épaisse couche de formations commerciales. Beaucoup ont à apprendre de ces américains qui, sans bruit, continuent d’avancer en se foutant éperdument de savoir s’ils laisseront une trace indélébile sur la scène rock. Ce nom est, chez nous, gravé sur les pans de notre discothèque…

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A Red Season Shade - “The Outcome Fosters Detachment”

The Outcome Fosters Detachment[Album]
21/01/2006
(Gentlemen/Import)

C’est à ne plus rien y comprendre. Nice serait-elle toujours en France? On est en droit de se poser la question quand on apprend que A Red Season Shade, quatuor niçois sévissant depuis l’automne 2003, sort son album sur Gentlemen (Favez, Magicrays, Honey For Petzi…) alors que sa renommée n’a pas encore atteint le nord du pays. Après tout, c’est peut être un signe positif quand on sait que les groupes français plus reconnus à l’étranger que chez eux sont souvent porteurs de grand intérêt. A Red Season Shade a, lui, délibérément choisi l’étiquette post rock, un genre qu’il accomplit avec authenticité et auquel il ajoute une forte dose de pop comme pour s’extirper de ce carcan souvent élitiste, réducteur de public. Ici, ce sont surtout Sigur Ros et Explosions In The Sky qui viennent à l’esprit lorsqu’on découvre le côté planant des frenchies, mais aussi The Appleseed Cast, leur référence ultime, pour cet assaisonnement rock qui fait la différence. “The Outcome Fosters Detachment”, mélancolique à souhait et enregistré sous la houlette de Minco Eggersman (At The Close Of Everyday, The Spirit That Guides Us…) à Amsterdam, fait preuve d’une maturité étonnante pour un premier opus et propose ainsi quelques titres de haute facture, instrumentaux ou non, comme peuvent l’être entre autres ces “Fire Harbor Day”, “Last Light On Our Walls”, et “There I Fall”. Voilà un univers dans lequel on aime se plonger, en se laissant porter par ces belles et longues mélodies, réchauffantes de surcroît, sans jamais tomber dans la facilité des clichés. Acquérir un large public français ne sera clairement pas une tâche facile. Peu importe, la France des quotas laisse peu à peu échapper son vivier qu’elle pousse dans les bras des voisins, eux bien heureux de les accueillir. Que la route soit belle et longue..

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Honey For Petzi - “Man’s Rage For Black Ham”

Man's Rage For Black Ham[Album]
04/05/2005
(Gentlemen/Acropole)

“Man’s Rage For Black Ham” sonne le grand retour des suisses les plus barrés que la France puisse connaître. Après une poignée d’albums marquant une suite logique dans l’évolution du groupe, ce nouveau chapitre confirme une personnalité bien affirmée. L’efficacité de la rythmique, et son mariage princier avec une guitare incisive et mélodique, force une nouvelle fois le respect. Une fois encore, la comparaison avec Chevreuil ou Shellac est inévitable même si Albini & Co restent forcément encore au niveau supérieur, notamment grâce à ses compositions inimitables et un son très particulier. Honey For Petzi reste toujours majoritairement instrumental (seul “Freak Itten” laisse entendre sa voix), enchaîne les plans parfois de manière si anarchique qu’il serait logique que l’auditeur divague à un moment ou un autre. Forcément, un tel disque ne se gobe pas comme un opus de pop. On sera donc attentif à “La Chien-Lune”, “Tronc Commun”, “Trust The Square”, aux très bons “Silver Banana” et “Robot After All”, pour mieux se permettre d’aller pisser pendant “Blakam” ou “Black Buisson”. Voilà une des raisons pour lesquelles on est en droit de penser qu’Honey For Petzi possède quelques difficultés à être aussi bon sur disque que sur scène. A vrai dire, on s’attendait à une belle claque à laquelle on n’a pas eu droit, même si ce nouvel opus mérite évidemment une écoute attentive de la part des initiés. Petite déception, mais déception quand même…

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