(14 articles)

Finch - “Say Hello To Sunshine”

Say Hello To Sunshine[Album]
06/06/2005
(Geffen/Universal)

Cela fait plus de deux ans maintenant que Finch est apparu comme une révélation avec son premier album “What It Is To Burn”. Le groupe ne se doutait pas alors de faire figure de fer de lance d’une scène “nu rock” dont la médiatisation n’ira qu’en grandissant. Aujourd’hui, des formations de la trempe de My Chemical Romance, il faut le dire bien peu enthousiasmantes, ont repris le flambeau mais ont également très vite vulgarisé ce créneau. Ce sont peut être toutes ces raisons, le changement de batteur en prime, qui ont amené Finch à une certaine remise en question. “Say Hello To Sunshine”, dont l’accouchement a parait il été difficile, n’est clairement pas la suite logique que beaucoup, nous aussi, attendaient. C’est même un peu déroutés, que nous avons découvert ce deuxième essai. Ici, Finch varie les plaisirs quand la recette était souvent la même sur son prédécesseur. Les influences pleuvent et le tout s’est légèrement compliqué. Le groupe apparaît plus mature, plus technique aussi, sans pour autant nous assommer de démonstrations indigestes. Sur ce “Say Hello To Sunshine” pourtant bien sombre, les tubes (”Insomniatic Meat”, “Brother Bleed Brother”, “A Piece Of Mind”) côtoient sans mal les performances voisines (”The Casket Of Roderic Usher”, “Dreams Of Psilocybin”), et peu resteront pourtant sur le carreau (”Hopeless Host”, “Reduced To Teeth”, “Ravenous”). Il sera donc difficile de digérer tout cela sans mal durant les premières écoutes. Car, comme un bon vin, c’est avec le temps que cette quinzaine de titres se révèle. Et même si en bons fainéants on aurait aimé avoir moins d’efforts à fournir pour prendre notre pied, force est d’avouer que le quintet a resserré sa cible pour s’éloigner un peu de l’autoroute commerciale bien encombrée, et en ressort plus intéressant. Sur ce coup là, Finch a fait le malin. Et s’en sort bien.

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Common - “Be”

Be[Album]
24/05/2005
(Geffen/Universal)

S’il existe un artiste dont on attend à chaque fois des nouvelles avec la même impatience, c’est bien Common. Le Mc de Chicago nous avait laissé sur un précédent album très riche, très varié, et novateur, produit en grande partie par ?ueslove et les Neptunes. On se demande donc logiquement quelle direction artistique il a choisi pour ce nouvel opus (accompagné d’un DVD d’une quarantaine de minutes en version import) qu’on rêve de dévorer depuis l’annonce de sa sortie

Comme souvent, l’intro donne le ton. Et force est de constater que Kanye West a su parfaitement s’adapter au style de Common. Mieux, on croirait retourner en arrière, et ceci est valable pour la plupart de ses productions. Ca sent bon le HipHop, en tout cas on pressent un retour à un style plus direct, certes moins expérimental, mais peut-être plus efficace. Et c’est le cas. On avoue être restés sceptiques quand on a su que Kanye West produisait la plupart des titres de cet opus, Dilla s’occupant de deux autres. Mais la surprise n’en est que plus agréable. Il a presque réussi à nous faire oublier Dj Premier ou No I.D qui, chacun, avait réussi à faire briller de cette façon notre Mc légendaire. Des beats efficaces, des samples parfaitement choisis, et surtout beaucoup de vrais instruments: tel est le cocktail toujours gagnant quand il est bien préparé

Common n’ayant rien perdu de sa qualité de plume et son flow étant toujours aussi compétitif, difficile de ne pas taper dans le mille. Et pour bien faire comprendre à tout le monde qu’il de retour dans le HipHop, au sens le plus classique du terme, saluons la présence de deux des plus grands Djs, Dj Dummy et A-Trak, à ses côtés. Ceux-ci sont d’ailleurs présents ensembles sur “Chi-City” de folie. Autre titre phare: “The Food”, enregistré live au Dave Chappelle Show, ou Common, accompagné de Kanye West et de Dj Dummy, donne une véritable leçon. Notons également la présence des Last Poets, John Legend, Bilal, John Mayer, Luna E de Cirius B, en invités de choix pour ce désormais nouveau classique qu’est “Be”

Après l’écoute d’un tel album, difficile de rester insensible. On se croirait de retour dans les année 90, mais avec un son plus actuel. Pas de fioriture cette fois, un véritable retour au classique qui ravira les plus nostalgiques, et qui prouvera, s’il faut encore le répéter, que ce style de rap n’est pas mort. Et que sans “bitch” et sans gun, on peut quand même imposer le respect. Difficile de trouver des superlatifs à ce “Be” d’anthologie. Une bombe atomique? Non, pire, la planète HipHop a été heurtée de plein fouet par un astéroïde. On en pleure encore

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Mos Def - “The New Danger”

The New Danger[Album]
18/10/2004
(Geffen/Universal)

5 ans que l’on écoute “Black On Both Sides” pour se rassurer et se convaincre que Mos Def reviendra bientôt remettre les pendules à l’heure dans une scène hip hop en pleine mutation. 5 ans que nos espoirs étaient continuellement remis à plus tard, le Mc préférant ces derniers temps se tourner vers le cinéma. Alors que The Roots peinent désormais à convaincre, que Common ne fait pas toujours l’unanimité, qu’est ce que Mos Def nous prépare avec ce nouvel album annoncé depuis peu? Une remise à niveau ou un hip hop très médiocre façon Talib Kweli

Soyons rassurés, Mos Def a plutôt suivi le bon exemple de Saul Williams plutôt que celui de ses anciens collaborateurs et continue ce qu’il avait sûrement commencé avec son groupe rock, Black Jack Johnson. C’est entouré de Will Calhoun (batteur de Living Colour), Orrin Evans (piano), John Benitez (basse), Wallace Roney (trompette), Robin Eubanks (trombone) et Antoine Roney et Don Braden (saxophone) que Mos Def nous pond ce “The New Danger” d’une maturité époustouflante

On passe ici du jazz au rock en passant bien évidemment par la soul et le hip hop. Si “The New Danger” démarre doucement, les hostilités démarrent réellement sur “Freaky Black Greetings”, héritage évident de l’expérience Black Jack Johnson, qui nous renvoie quelques années en arrière, au temps ou on balançait nos premiers poils de barbe sur les riffs aiguisés et le groove de Downset ou Shootyz Groove. L’avant gardisme d’un Saul Williams se retrouve ensuite sur des titres tels que “Ghetto Rock” ou “Sex, Love & Money”, les influences plus classiques se laissent entendre sur “Zimzallabin” ou “Grown Man Business”, la soul est toujours très présente et fait souvent mouche (”Sunshine”, “The Panties”, “Life Is Real”, “The Beggar”) mais Mos Def développe sur cet album des sonorités clairement héritées du blues rock (”Blue Black Jack”) et du jazz (”Bedstuy Parade & Funeral March”)

Dix huit titres au total, d’une diversité et d’une maturité rare, pour un véritable testament musical à la hauteur du talent de Mos Def. On espérait fortement ne pas être déçu et l’un des porte paroles du conscious hip hop n’érone pas sa réputation avec ce nouvel opus qui pousse à la réflexion. A croire que les artistes polyvalents du hip hop sont les seuls à ne jamais faire de faux pas. Peut être qu’il est une nouvelle fois question d’ouverture d’esprit. Un signe qui ne trompe pas puisque “The New Danger” est sûrement l’album hip hop de l’année.

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Talib Kweli - “The Beautiful Struggle”

The Beautiful Struggle[Album]
28/09/2004
(Geffen/Universal)

Que ceux qui ont eu La révélation en découvrant “BlackStar”, qui ont écouté en boucle “Reflection Eternal”, qui ont trouvé un certain charme à “Quality”, son premier album solo, soient avertis: “Beautiful Struggle”, le second opus du MC de Brooklyn, Talib Kweli, peut laisser dubitatif

Comme il n’a jamais été dans nos habitudes de pratiquer la “critique assassine”, séparons le fond de la forme et soyons modérés. Pour ceux qui ne connaissent pas encore “L’étudiant de la vérité” (la signification de Talib Kweli en arabe) sachez que sa force vient de la justesse de ses propos, de la sincérité de ses thèmes, du refus constant de tomber dans la facilité de la “gangsta attitude”. Talib Kweli pense et pousse à la réflexion. Très attentif aux questions sociales, défenseur invétéré des thèses du pasteur Martin Luther King, il ne manque pas à son devoir dans ce nouvel album. Pour exemple, la condition de la femme noire, qui est plus souvent reléguée au bord de la piscine en bikini dans cette culture, est ici envisagée sous l’angle des difficultés qu’elles peuvent connaître à s’imposer dans nos sociétés modernes (”Black Girl Pain”). Mais même cette caractéristique est, dans cet album, atténuée. Chacune de ses apparitions étaient auparavant un moyen d’envisager des problèmes selon un point de vue éclairé, ici c’est relativement limité

Selon ses propres dires, il aurait cherché à privilégier l’aspect musical pour sa seconde sortie en solo. Et là, c’est une affaire de goût. Pour tenter de rester le plus objectif possible (ambition insensée puisqu’il s’agit d’une affaire de goût) disons que les amateurs de Kayne West, et des productions à “gros budget - petite personnalité” en auront pour leur argent. Ne cessant d’entrecouper ses sons par des refrains à l’eau de rose chantés par des “black divas” plus ou moins talentueuses, Talib Kweli présente un album plus qu’inégal, avec notamment des reprises de Sting ou de Beatles qui pourront vous laisser songeur ou désespéré, selon votre force de caractère. Certains titres valent quand même la peine d’être écoutés, comme, par exemple, le “Back Up Off Me” produit par Hi-Tek, ou “Ghetto Show” en featuring avec Common et Anthony Hamilton

En conclusion, faisons preuve d’un jugement nuancé. En soit, cet album n’est pas mauvais, mais de la part d’un artiste qui nous avait tant habitué a la qualité, il risque de décevoir.

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Something Corporate - “North”

North[Album]
28/10/2003
(Geffen/Universal)

Après un “Leaving Through The Window” qui a rencontré un franc succès l’année passée, Something Corporate revient déjà, un nouvel opus sous le bras, pour nous inonder de ses mélodies pianotées. Véritable phénomène pop de Drive Thru, le groupe est aujourd’hui monté d’un cran et se retrouve complètement chapoté par une major

Le moins que l’on puisse dire à l’écoute des premières secondes de “As You Sleep” est que Something Corporate n’a pas changé de voie musicale. Optant toujours pour une pop acidulée, originale de par ses intrusions fréquentes de piano qui démarque le combo des nombreuses autres formations émo popisantes. Si rien n’a changé, Something Corporate continue d’harponner les tympans des adeptes de mélodies (faciles). Musique de lycéens certes, mais les californiens ne sont pas, avec “North”, tombés dans le piège de la surproduction qui a tant tendance à ôter l’âme d’un album. Nous retiendrons ainsi des titres tels que “Space”, “Break Myself” ou “21 And Invincible” qui mettent toujours de bonne humeur lorsqu’ils sont écoutés le matin sous la douche

Dire que “North” est une réussite serait s’avancer un peu trop vite. Un certain manque de diversité et une trop grande ressemblance avec “Leaving Through The Window” nous forcent à peser nos mots. Une chose est sûre, on ne change pas une équipe qui gagne et à ce niveau là, Something Corporate n’a pas perdu le nord. Mais attention, une redite pour un troisième album pourrait bien être fatale…

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