(14 articles)

Nirvana - “Live At The Paramount”

nir180DVD - Blu Ray
(Geffen)
10/01/2012
Grunge

Sacrebleu! Depuis quand n’avions-nous pas entendu un rock qui s’avère pire que le mal? Depuis quand n’avions-nous pas entendu un groupe capable d’allier songwriting et nervosité avec une même efficacité? On n’ose y penser. Nirvana, à l’opposé des groupes de garçons à la raie bien tracée au milieu de leur crâne décervelé, conseille à l’humanité d’aller directement se faire sodomiser. La sortie en version Blu-ray de “Live At The Paramount”, enregistré le 31 octobre 1991 au Paramount de Seattle, ne déroge pas au mythe.

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Weezer - “Death To False Metal”

death180Album
(Geffen)
02/11/2010
Power pop

Fort d’une confiance retrouvée avec la sortie d’un “Hurley” qui, bien qu’encore perfectible, sonne comme une réconciliation, Weezer surfe sur la vague de sympathie qui s’offre à lui, l’exploite au maximum en alimentant l’actualité musicale. En effet, alors que la réédition de “Pinkerton” voit le jour, la bande de Rivers Cuomo dépose le même jour dans les bacs ce “Death To False Metal” compilant dix titres restés en rade tout au long de ses vingt ans de carrière.

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Weezer - “Raditude”

weez180Album
(Geffen)
02/11/2009
Power pop décadente

Recherche Weezer désespérément. Celui qui, depuis maintenant quinze ans, est devenu peu à peu un mythe de la power pop teenage, malgré les aléas imposés par l’esprit quelque peu complexe de son leader Rivers Cuomo. Temps d’attente irréguliers entre chaque album, annonces de séparation puis de reformation, orientations musicales soi-disant nouvelles… Weezer aura provoqué nombre de pics émotionnels chez ses plus grands fans, de moins en moins nombreux et éreintés par ces multiples rebondissements. Sans compter, il faut l’avouer, sur un capital confiance effrité d’album en album. Suite logique pour “Raditude”, la bande de Cuomo se décapite toute seule. Lire la suite…

Rivers Cuomo - “Alone II: The Home Recordings of Rivers Cuomo”

Alone II: The Home Recordings of Rivers Cuomo[Album]
24/11/2008
(Geffen/Universal)

Plutôt qu’à un nouvel album de Weezer aussi rapidement repoussé qu’annoncé, c’est finalement à une deuxième louche des démos de son frontman, enregistrées à domicile sur la même période que le précédent volume (1992-2007), à laquelle on a droit. Pas la même chose certes, mais les fans du groupe les plus endurcis ne cracheront pas dessus pour autant, même si cette compilation sent à plein nez le fond de tiroir un peu moisi

Un préjugé cependant très vite ravalé à l’écoute de cette petite vingtaine de titres, musicalement peu surprenants pour qui aura toujours suivi les pérégrinations du bonhomme, assez bons pour rivaliser avec ceux du précédent volet, mais trop ternes pour éspérer figurer au tracklisting d’un disque de Weezer (”I Was Scared”). Certains manquent pourtant le coche de peu, qu’il s’agisse de “I Want To Take You Home Tonight” ou plus concrètement “Paperface”, d’abord écarté du premier album avant de se retrouver ensuite sur sa version deluxe

Mais, “Alone II: The Home Recordings of Rivers Cuomo” possède aussi cette particularité d’inclure une poignée de titres très courts (le cuivré “Victory On The Hill”, “Harvard Blues”, les lo-fi “Oh Jonas” et “I Admire You So Much”, “Please Remember”), exercice assez rare chez lui jusque là. Comme précédemment, c’est cette totale liberté affichée par Rivers Cuomo qui lui permet de s’affranchir ici d’une variété de registre beaucoup plus large qu’avec son groupe, et d’offrir ainsi à ce disque tout son intérêt. Preuves en sont le poppy “I’ll Think About You”, “Walt Disney”, la ballade au piano “My Day Is Coming”, le sombre “The Purification Of Water”, ou la reprise des Beach Boys “Don’t Worry Baby”, autant de morceaux qui n’auraient certainement pas obtenu l’unanimité du collectif

Mais, ne vous attardez pas sur ce disque si vous n’avez jamais considéré Weezer comme une entité incontournable du rock. Seul, et tout au long de ce second volume documentaire, son leader, compositeur intarissable désormais bien décidé à ne plus laisser ses idées pour mortes, n’y changera rien.

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Weezer - “Red Album”

Red Album[Album]
16/06/2008
(Geffen/Universal)

Ca ne vous arrive jamais de jouer l’assurance en restant fidèle à un bon restaurant, parce que vous y avez votre plat préféré, concocté toujours de la même manière, et que vous n’y risquez aucune indigestion? C’est un peu la même chose avec Weezer qui ne cesse plus de resservir la même recette, au point que ses titres seraient facilement interchangeables s’ils étaient livrés en kit. Les mauvaises langues diront même que seule la couleur de la pochette sert finalement à différencier chacun des disques de la bande de Rivers Cuomo, bien assise sur un capital affectif depuis longtemps acquis auprès de ses fans. Ces plus ardents défenseurs rétorqueront alors, et à raison, que la méthode Weezer se montre toujours aussi efficace: quel groupe aujourd’hui, mis à part celui-ci, peut se vanter de faire aussi simple tout en étant ainsi immédiatement reconnaissable? Aucun, à moins d’inviter les répliques au débat

Ce Weezer version rouge s’ajoute donc aux autres références pop Ikea: modestes, bon marché, prévisibles, sûrement pas éternelles, mais assez solides pour ne pas qu’on se retrouve trop vite le cul par terre. Cuomo, à l’exception de “The Greatest Man That Ever Lived” et du plus modéré “Dreamin” pour lesquels il s’est retiré les doigts de là ou vous ne mettriez pas le nez, opère donc un énième retour à la case départ, ne prend ici absolument aucun risque, à tel point qu’on jurerait certains titres déjà présents sur des tracklistings antérieurs. C’est notamment le cas du single “Pork & Beans” et de “Troublemaker”, indigne ouverture de l’album, qui ôteront certainement à pas mal de curieux l’envie de pousser plus loin, et les priveront du même coup des quelques surprises que les Américains ont senti bon d’amener. Sur le fond d’abord, Cuomo partageant ici le chant avec ses compères, chose plutôt revigorante comme sur “Though I Knew”, “Automatic” et “Cold Dark World”, un brin dépaysants et donc intéressants. Sur la forme ensuite, avec une poignée de ballades évolutives, acoustiques avant de plonger dans l’électrique, bien arrangées, et soulignant tout le talent du groupe en matière de mélodies (”Heart Songs”, “The Angel And The One”)

On ne pourra donc décemment pas enlever à Weezer les quelques efforts qu’il a fourni pour ne pas définitivement mener les dubitatifs à l’overdose, tout en prenant bien soin de ne pas froisser ses garanties. Reste qu’on se demande encore ce qui l’aura poussé à marcher sur les plates bandes des Red Hot Chilli Peppers avec le pitoyable “Everybody Get Dangerous”. La joyeuse bande a fait pire, mieux aussi, et place ainsi ce “Red Album” dans le ventre mou d’une discographie uniforme. On ne s’attendait de toute façon pas à autre chose. Et s’il en avait été autrement, dites vous que le monde du rock, retourné comme une crêpe, aurait crié au scandale

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Snoop Dogg - “Ego Trippin”

Ego Trippin[Album]
10/03/2008
(Geffen/Universal)

Si la côte ouest américaine est un royaume, Snoop Dogg est certainement l’un de ses seigneurs, régnant sans partage sur le g-funk. Artiste multi-cartes (il est acteur, parfois présentateur télé ou d’évènements de plus ou moins bon goût), il reste avant tout un rappeur unique. Que ce soit par son flow nonchalant, sa voix inimitable, ou le personnage en tant que tel, il ne laisse personne indifférent. Souvenons-nous de ses débuts fracassants en 1993, quand avec “Doggystyle”, il amenait le rap west-coast pour la première fois directement numéro 1 des charts U.S, influençant par la même occasion toute une génération de MCs, comme tout un pan du rap qui connaîtra des lendemains difficiles après la mort de son ami Tupac. Depuis, on retrouve aléatoirement Snoop au cinéma, très souvent en featuring, et parfois aussi pour un album de plus ou moins bonne qualité. Pour “Ego Trippin”, il a pris son temps, s’est servi de son expérience, et certainement d’une ouverture d’esprit commune à beaucoup d’artistes du milieu hip hop ces derniers temps, afin de proposer un album surprenant, qui marque une petite révolution dans son approche artistique

Accompagné de Dj Quick, de Teddy Ryley (avec qui il a décidé de collaborer “ad vitam eternam”), Frequency, Khao et de beaucoup d’autres producteurs de renom, il pourrait provoquer un nouveau tremblement de terre en Californie. Première secousse: “Press Play”, ouvrant magnifiquement le bal, avec une section cuivre au diapason, faisant rouler le phrasé légendaire, entremêlé des vociférations de Kurupt. Juste une tuerie. La folie eighties l’ayant lui aussi contaminé, il utilise à maintes reprises un vocoder, cependant assez commun dans le G-Funk, comme sur le refrain de “SD Is Out”, ou sur le single “Sexual Irruption” qu’il enrichit indéniablement, comme le prouve le clip qui l’accompagne ou Snoop est parfait, subtil mélange d’un Bootsy Collins ayant muté en Prince. Un grand moment

Mais qui aurait cru qu’un jour il rendrait hommage à Johnny Cash avec ce “My Medicine” qu’il faut écouter deux fois pour le croire. Hallucinant, surtout qu’il est parfaitement positionné avant “In My Chevy”, vrai titre gangsta, comme pour mieux marquer l’ambivalence qui habite désormais son être. Toutefois, il n’oublie pas son premier auditoire, celui des dancefloors et qui a fait sa réputation. Il lui offre “Whateva U Do”, “Deez Hollywood Nights”, dignes des “Gin&Juice”, “Ain’t No Fun” du passé. Ou encore “Cool”, pur moment électro-funk, entre Parliament et Calvin Harris. Collant également à l’air du temps, et certainement à la demande du marché, il ne va pas sans nous servir quelques titres mainstream, vite excusés quand il s’essaye à un hip hop plus classique, concocté avec maestria par Frequency (”One Chance(Make It Good )”). De quoi regretter qu’il ne fasse pas un jour un album intégralement dans ce style qu’il maîtrise visiblement parfaitement, et qu’il continue néanmoins de nous servir avec les petits bijoux “Neva Have 2 Worry”, “Sets Up”, “Those Gurlz”, tous plus attendus, mais toujours efficaces

On est bluffé par la démonstration d’un talent définitivement plus vaste qu’on ne le pensait. Et si on connaissait sa maitrise, l’ouverture dont il fait preuve n’en reste pas moins étonnante, même si on entrevoyait cette capacité via certaines collaborations surprenantes, désormais mises à son seul profit. Snoop conserve ainsi les bases qui ont consolidé son succès, en y ajoutant une originalité qui lui aura souvent fait défaut. Pour cela, pas moins de vingt titres étaient nécéssaires pour remettre de l’ordre à l’Ouest, et marquer à nouveau son territoire, infiniment plus grand, moins bling-bling mais bien plus impressionnant. Incontournable

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Rivers Cuomo - “Alone”

Alone[Album]
17/12/2007
(Geffen/Universal)

Rivers Cuomo est un personnage à part, finalement assez éloigné de ce qu’il peut proposer avec Weezer, le groupe qui l’aura fortement aidé à se faire un nom. En son sein, il possède un sens très développé pour une pop aussi simple que mélodique, au feeling adolescent et à l’ambiance guillerette. Tout ce que le frontman n’est pas à vrai dire, lui que la célébrité fait fuir au plus haut point, et qui possède une personnalité aux réactions souvent incompréhensibles. En gros, Cuomo est de ces rockeurs qu’il faut pouvoir suivre, et qui, comme exutoire, ne trouve que la musique. Et même si Weezer n’est pas d’une régularité exemplaire quand il s’agit de sortir des disques, le bonhomme ne compte pas ses heures quand il s’agit de travailler, composer, n’hésitant pas à se lever tous les jours à l’aube pour être le plus productif possible. De la matière, Rivers Cuomo en a donc accumulé. Assez pour pouvoir proposer une collection de titres solo, comme pour faire patienter avant la sortie d’un nouvel album du combo l’an prochain

“Alone - The Home Recordings Of Rivers Cuomo”, un titre qui en dit déjà long. Partant de 1992 à 2007, s’arrêtant quand même plus longuement sur les années 90, ce disque reflète de manière plus ou moins chronologique, toutes les facettes musicales de son auteur, du songwritter romantique des débuts à une véritable machine à tubes confirmée sur le dernier “Make Believe” de Weezer. D’où une qualité de son inégale sur ces dix-huit titres, faisant le grand écart entre la cassette à la bande abîmée et les studios professionnels

La période précédant un quelconque album de Weezer ouvre le bal, avec six titres, dont une intro, deux reprises (”The World We Love So Much” de Gregg Alexander, “The Bomb” de Ice Cube), la toute première version du tube “Buddy Holly” (titre déterminant du premier disque), et “Lemonade” et “Chess” qui n’auraient pas démérité leur place au tracklisting final. Suivent quelques titres qui figuraient sur “Songs From The Black Hole” (”Longtime Sunshine”, “Who You Callin’ B****?”, l’excellent “Blast Off!”), opus qui ne verra jamais le jour et dont le contenu est aujourd’hui apparu sur diverses compilations ou sites internet de fans. La période de hiatus de Weezer aura finalement été, elle aussi, assez salvatrice pour Cuomo qui pondait alors, seul de son côté, quelques morceaux fidèles à son registre connu de tous (”Lover In The Snow”, “Crazy One”). Voilà qui, avec le recul, laissait pressentir une seconde vie pour le groupe, arrivé aujourd’hui à l’aube d’un sixième album. “This Is The Way”, frais et léger, qui ouvre la dernière ligne droite, devait d’ailleurs en être. Lui succèdent une incartade plus musclée qu’à l’accoutumée avec le groupe Sloan (”Little Diane”, reprise de Dion), et la ballade “I Was Made For You”, sauvée des chutes de “Make Believe”

Certes intéressant malgré une petite poignée de titres à l’intérêt mesuré, “Alone - The Home Recordings Of Rivers Cuomo” s’adresse pourtant aux fans les plus endurcis de Weezer, comme aux aficionados d’une pop que le bonhomme aura su s’approprier avec le temps. Les autres, refroidis par une production laissant (forcément) à désirer, attendront plus patiemment la prochaine apparition de Weezer, que l’on sait être passée entre les mains du génie Rick Rubin. Tout en gardant la conscience tranquille.

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Common - “Finding Forever”

Finding Forever[Album]
31/07/2007
(Geffen/Universal)

Rares sont les artistes passant sans encombre l’épreuve du temps qui passe. On pourra citer Gangstarr ou encore Public Enemy, fidèles au registre qui a fait leurs succès. Mais Common est l’un des rares cherchant à se renouveler à chaque nouvel album. Il faut bien avouer que depuis ses débuts, il a toujours eu le bon goût de s’associer avec des producteurs de talent, que ce soit No I.D pour ses débuts, ou Dj Premier pour certains de ses meilleurs titres. Voici qu’aujourd’hui, c’est avec Kanye West qu’il décide de poursuivre son chemin, une collaboration fructueuse entamée sur son précédent opus “Be

Promu “Executive Producer” de ce “Finding Forever” et signant la majorité des productions, le jeune Mc-Producteur de Chicago voit certainement en Common le moyen de s’assurer une légitimité en tant qu’artiste éclectique, surfant aisément sur les divers style du hip hop actuel. Car il faut bien le dire, on l’attendait au tournant depuis l’officialisation de leur collaboration sur “Be”, surprenant par l’aisance avec laquelle il avait parfaitement su s’adapter à l’univers de Common, réussissant à y coller sa patte personnelle avec subtilité. On s’attendait donc logiquement à trouver cette même osmose pour ce nouvel album, attendu comme toujours par tous les fans d’un hip hop authentique

Pas de surprise à attendre du côté du Mc: son flow est toujours aussi appréciable, parfaitement construit. C’est donc plutôt du côté des productions que notre curiosité est attirée. Car si on sait que ce dernier sera toujours au niveau, il n’en est par forcément de même pour la création musicale. Mais Kanye West, comme nous l’avons dit plus haut, connaît son sujet et surtout son artiste. On passera sur l’intro quelconque de Derrick Hodge, pour entrer directement dans le vif du sujet avec “Start The Show”. Là, comme pour l’intégralité de ce disque, on notera un recours systématique au sample (ce qui se perd de plus en plus dans le hip hop actuel) permettant de faire évoluer l’ambiance d’un titre de façon plus radicale. “The People”, pure merveille, passant d’une ambiance “punchy” à un style plus mélodique, plus joyeux, sans que cela n’altère le propos du Mc, en est un parfait exemple

On ajoutera aussi qu’en plus des samples, les versions sont quasiment toutes jouées par des musiciens, la combinaison machines-instruments montrant là ses infinies possibilités. On notera également une ouverture musicale certaine sur ce nouvel opus, illustré par la présence de Lily Allen sur “Drivin’Me Wild” où l’association du rappeur pur jus avec une des nouvelles égéries de l’électro-pop se révèle plus intéressante que réussie. En tout cas originale. “I Want You”, produit par Will.I.Am, et “Southside”, comptent parmi les titres intéressants, mais n’ont pas l’impact d’un “The Game” où, accompagné de Dj Premier aux platines et sur une version torturée de Kanye West, Common retrouve sa verve old School. Une touche plus Nu-Soul (”U, Black Maybe” feat Bilal, “Break My Heart” et “So Far To Go” avec D’angelo produit par le regretté J-Dilla) semble aussi évidente dans les choix de Common

“Misunderstood” produit par Devo Springsteen, construit autour d’un sample de Nina Simone, restera comme l’un des titres phares tant il souligne la parfaite symbiose entre la mélancolie exprimée par la voix de la diva et le ton déterminé de Common, magnifiée par de subtiles notes de piano et de flûtes. Une merveille. Le Mc clôture son aventure par un titre définitivement symbolique (”Forever Begins”), sur un sample de Paul Simon, résumant parfaitement les diverses influences contenues dans ce nouvel essai

Et même si cet opus semble moins homogène que le précédent, il n’en reste pas moins un merveilleux exemple de la capacité qu’a Common de coller à l’air du temps, sans perdre le cachet qui a fait de lui l’un des meilleurs Mc toutes générations confondues. Peut-être moins purement hip hop que par le passé, il touchera certainement un plus large public tout en conservant ses plus fidèles fans, et nous distillera toujours ces quelques morceaux intemporels qui font l’unanimité

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Mos Def - “Tru3 Magic”

Tru3 Magic[Album]
02/01/2007
(Geffen/Universal)

Réussir à suivre quelqu’un comme Mos Def n’est pas chose facile quand on sait qu’il partage ses activités entre le hip hop et le cinéma. Du coup, le new yorkais n’est jamais à sec de projets, mais semble avoir pas mal de difficultés à respecter ses engagements. Voilà sûrement une des raisons expliquant que ce nouvel album annoncé depuis déjà quelques mois ne verra le jour qu’en ce tout début 2007 ou, accessoirement, que ces venues françaises officiellement annoncées ne se font finalement jamais. Estimons nous heureux, donc, que le Monsieur ait réussi à se dégager un peu de temps pour mener à bien ce troisième opus, “Tru3 Magic” (d’où la pirouette), qui fait toujours figure d’évènement, qu’il soit bon ou seulement passable

Car Mos Def ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui sans son épopée au sein de Blackstar avec Talib Kweli, ou sans son premier album “Black On Both Sides” sorti chez Rawkus; “The New Danger”, son dernier album en date, plus expérimental et très réussi, n’ayant jamais huilé autant nos cervicales que ce premier disque toujours incontournable aujourd’hui. Pourtant, Mos Def n’a pas à rougir, les grands pontes du hip hop étant nombreux à courir après l’accueil unanime de leur premier disque

Une fois passée cette impression bizarre due à une pochette aussi bâclée qu’elle séduira les puristes (sans parler du packaging scandaleux, bien loin de justifier le prix du disque), on se plonge donc avec un enthousiasme non dissimulé dans cette nouvelle livraison du Mc new yorkais, d’ailleurs seul aux commandes puisque, chose assez rare pour être signalée, aucun invité ne vient ici l’épauler. Ça ne s’imposait pas non plus, Mos Def étant capable de s’afficher en excellent Mc (”Undeniable”), comme en très bon chanteur (”Lifetime”). L’écoute révèlera pourtant un certain manque de cohérence dans son intégralité, vite comblé par pas mal de titres fort réussis quand ils sont pris un par un (certains circulant déjà depuis quelques temps, mais ici en partie réenregistrés) qu’ils soient produits, entre autres, par Pharrell Williams, Kanye West, ou Rich Harrisson

La plupart des productions étant assez épurées, tout semble avoir été fait pour mettre en avant les paroles de Mos Def, exercice ou il surclasse la majorité de ses pairs par un discours irréprochable et jamais mégalo, laissant penser que si le hip hop et la politique étaient un peu plus en harmonie, la parole de notre homme bénéficierait d’un certain poids. Ainsi, il pousse au positivisme (”There Is a Way”), pointe du doigt la violence chez les jeunes (”Murder Of a Teenage Life”), sans oublier de fustiger ses dirigeants actuels, en partie responsables de la catastrophe de la Nouvelle-Orléans suite au passage de l’ouragan Katrina (”Dollar Day”). Plus légèrement, les adeptes de hip hop de plus longue date sauront apprécier cette demie reprise du “Liquid Swords” de GZA, un des monuments du genre, sur un “Crime & Medicine” partagé entre lyrics d’origine et d’autres de son propre cru. Encore, cette critique du hip hop actuel sur “Fake Bonanza” (quand il balance notamment “I can’t remember being this bored“) est lourde de sens et souligne indirectement l’importance d’un tel acteur hip hop, prêcheur de bonne parole sans jamais s’avérer trop moralisateur

“Tru3 Magic” n’est clairement pas le meilleur album de Mos Def, il est juste différent. Out les guitares de “The New Danger”, les magnifiques cordes de “Black On Both Sides”. On retiendra finalement plus ce nouveau disque pour ses textes, le talent incontestable de Black Dante (de son vrai nom) au micro, que pour l’ensemble de sa musicalité, les meilleurs titres étant cependant ni plus ni moins les plus riches (”Crime & Medicine”, “Napoleon Dynamite”, “There Is a Way”, “Fake Bonanza”, “Perfect Timing” et “Lifetime”). Les avis seront donc très certainement partagés mais, à l’instar d’un film de Michel Gondry (tel “Be Kind Rewind” à sortir et avec notre homme à l’affiche), un album de Mos Def ne doit être définitivement jugé qu’après voir été écouté..

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Various Artists - “Dave Chappelle’s Block Party”

Dave Chappelle's Block Party[Album]
14/03/2006
(Geffen/Import)

Il y a des disques que seule l’Amérique peut nous offrir. Celui-là en est un. Et pour cause. A la base, “Dave Chappelle’s Block Party” est un film de Michel Gondry, réalisateur reconnu de longs-métrages et de clips, à l’initiative de Dave Chappelle, ce comique américain possédant sa propre émission de télévision outre-atlantique. L’idée est bonne: celui ci décide durant l’été 2004 d’organiser lui même un énorme évènement top secret à Brooklyn, sur le modèle des block parties qui pouvaient avoir lieu il y a quelques années maintenant, en y conviant entre autres un public qui n’a jamais écouté un disque de hip hop auparavant. Il rassemble donc la crème du genre, à savoir Mos Def, Talib Kweli, Dead Prez, Kanye West, Common, Erykah Badu, Jill Scott, Cody Chesnutt, John Legend, The Roots et les Fugees fraîchement réunis. Vous avez pigé, le film est l’éternel témoignage de ce concert de rêve, qui est finalement au hip hop ce que le “A Great Day In Harlem” est au jazz, ou le “Woodstock” au rock. Pour le coup, une spontanéité et une amitié admirables transpirent de cette douzaine de titres parfaitement produits. Que demander de plus pour vibrer sur le “Definition” de Blackstar, ou les incontournables “Hip Hop” de Dead Prez et “Umi Says” de Mos Def. Dommage quand même que ce disque ne contienne pas, sûrement pour des raisons contractuelles, les apparitions de Kanye West, John Legend, Cody Chesnutt ou des Fugees. On se consolera cependant sans souci avec les prestations chaleureusement soul des Dames, nommées Jill Scott et Erykah Badu, présentes sur les versions surprises de “You Got Me” des Roots et ralongées de “The Light” du grand Common. C’est une fois ces titres bien calés sur les oreilles, et les yeux fermés, qu’on se rend alors compte de la grandeur de l’événement: certainement aujourd’hui le meilleur concert sur bandes. On aurait payé cher pour y être…

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