(5 articles)

Olympia - “Emergencies”

Emergencies[Album]
03/04/2007
(Equal Vision/Import)

Les bons albums sont parfois nés d’histoires des plus banales. En effet, il ne faut pas aller chercher chez Olympia un parcours des plus originaux, car le passif du groupe est fortement similaire à des milliers d’autres qui n’ont juste pas autant de talent que ce combo de Washington. Son histoire est simple, donc. Fairweather, ancien représentant du catalogue Equal Vision au temps ou Saves The Day en était sa plus belle vitrine, met la clé sous la porte, Peter Tsouras (guitare), Shane Johnson (batterie) et Nick Barkley (basse) recrutent Phil Williams, chanteur de Brand New Disaster, pour rebondir, enregistrer une première démo début 2006, et donner leurs premiers concerts. Fort de l’expérience passée avec le label, celui-ci signe Olympia peu de temps après que le combo ne revienne de Boston, son premier album “Emergencies” sous le bras. Et comme pour amplifier son talent insolent, le groupe a seulement voulu proposer du rock pur et simple en s’appuyant seulement sur l’expérience de chacun, sans même y chercher une quelconque originalité, le petit truc qui aurait pu faire la différence. Et ce “Emergencies” est bien la preuve qu’il s’agit là d’une recette qui marche. Car Olympia n’est pas allé chercher très loin, a juste sorti les bons riffs au bon moment, les refrains d’école efficaces (”The Ressurectionist”), pour finalement s’afficher comme le rejeton indépendant des Foo Fighters, et balancer quelques tubes diaboliques (”Chorus! Chorus! Chorus’”, “Even Rome Had Sewers”). Ce groupe de Washington donne donc une belle leçon de simplicité, et peut afficher un fier sourire à renvoyer tous les rockeurs opportunistes dans leurs pénates. Après tout, plus que de chance, tout est histoire de talent..

En écouteOlympia Is a MotherfuckerM-80

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Hot Cross - “Risk Revival”

Risk Revival[Album]
20/02/2007
(Equal Vision/Import)

Jusqu’alors sur l’obscur label Level Plane Records (la propre structure du batteur), Hot Cross avait suscité un enthousiasme croissant au fur et à mesure que ses disques sortaient, sans pourtant asséner la baffe magistrale qu’on était censé attendre d’eux. Bien que le hardcore succombe petit à petit aux offres et aux avantages certes alléchants de la musique mainstream, le groupe de Philadelphie n’a jamais dévié de sa route, n’est jamais tombé dans le piège des stéréotypes du genre qui lui auraient certainement permis de toucher un plus large public

Il s’est plutôt appliqué à pondre la musique la plus aboutie qui puisse lui ressembler, au point d’arriver aujourd’hui avec un des répertoires à la fois les plus honnêtes et ambitieux. Son arrivée chez Equal Vision, tout comme la grande qualité de “Risk Revival”, son dernier album en date, ne font que confirmer ce passage à l’étape supérieure de la frange Do It Yourself, Hot Cross ayant jusque-là toujours sorti ses disques et booké ses tournées seul. Une évolution bien méritée, et logique puisque le combo avait écumé son réseau jusqu’à la dernière goutte de sueur

Évidemment, il n’était pas question pour ces Américains de ressortir un album à l’identique de ses prédécesseurs. Quitte à passer un cap, autant les mettre sur la table, s’offrir une meilleure production, proposer quelque chose de différent sans pour autant totalement décontenancer son fidèle public. Rassurez vous, ça sera le cas ici, Hot Cross accouchant là d’un des albums de punk/hardcore les plus excitants de l’année, et cela grâce à une douzaine de titres très riches en mélodie, en énergie, et en rythme

Car ce combo de Philadelphie, à l’instar de figures telles qu’At The Drive In (”Exits And Trails”), n’a pas pour habitude de balancer des morceaux autoroute, que l’on pige en deux secondes et demie, et répétés un bon nombre de fois histoire d’atteindre la longueur acceptable d’un opus. Non, ici tout y est: des guitares partagées entre accords puissamment plaqués et riffs assassins (”Turncoat Revolution”), breaks imprévisibles et d’une efficacité redoutable (”Fatefully”), avalanches de rythmiques généreuses (”Fire The Foundations”, “Cardiac Silence”), et un chant titubant entre mélodies décidées façon Lifetime et égosillements en règle que Ian McKaye n’aurait pas reniés

Et n’allez surtout pas croire au cliché, car qu’il s’agisse de la déferlante “Kill The Name” ou du plus profond et retenu “Silence Is Failure”, deux titres opposés s’enchaînant au beau milieu de l’album, jamais le groupe ne tombe dans la facilité ou n’écorche la parfaite homogénéité de ce “Risk Revival”. Toi qui ne crois plus au hardcore depuis que MTV a mis la main dessus, procures toi plutôt cette bonne vieille galette. Tu ne regarderas plus jamais la télévision du même oeil..

En écouteFatefully

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Dustin Kensrue - “Please Come Home”

Please Come Home[Album]
23/01/2007
(Equal Vision/Import)

Dustin Kensrue est peut-être totalement inconnu de la plupart d’entre vous, y compris de tous les jeunes punk rockers prenant rarement le temps de feuilleter les livrets de leurs disques. Car le jeune homme n’est autre que la voix de Thrice. Déjà très talentueux au sein de son projet phare, il s’offre avec ce “Please Come Home” un écart de bon goût, ou il met bout à bout des titres qui n’auraient pas vraiment convenu à son groupe. Seul, Kensrue se la joue acoustique, mais loin des chanteurs émo s’étant déjà adonnés à ce genre d’exercice. Non, le public de ce disque, il faut plutôt aller le chercher du côté des adorateurs de Springsteen, Costello, et même de Ben Harper et Bright Eyes. Toutes ces influences se retrouvent d’ailleurs au sein de ces huit titres, et notamment de “Blood And Wine” pourtant pas le plus réussi de ce “Please Come Home”, introspectif façon Grant Lee Philipps. Car il faut bien avouer que le bonhomme a un don certain pour la mélodie et les ballades acoustiques (”I Knew You Before”, “Pistol”, “Weary Saints”) qu’il agrémente parfois d’harmonica (rappelant parfois le côté typiquement américain du récent “Cold As The Clay” de Greg Graffin) ou il s’ouvre personnellement et met ses émotions à nu (”I Believe”). Ce premier album transpire donc admirablement l’intimité (”Consider The Ravens”), comme si Kensrue se joignait à une petite réunion de famille pour y chanter ses quelques chansons. Pas longtemps ceci dit, car en seulement huit titres, il a également voulu rendre hommage à ces anciens disques qu’il adore pour condenser le maximum d’émotion sans jamais tomber dans l’overdose. Pari réussi..

En écoutePistol

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Jonah Matranga - “There’s a Lot In Here”

There's a Lot In Here[Album]
21/02/2006
(Equal Vision/Import)

Jonah Matranga est sûrement un des chanteurs/compositeurs/guitaristes les plus doués de sa génération et de la scène rock indépendante américaine, mais certainement aussi le plus maudit. À croire que le jeune homme n’est finalement pas fait pour s’insérer dans un groupe tant ses projets collectifs ont toujours été vite sabordés. Et ce ne sont pas les moindres, car New End Original et Gratitude ont tous deux sorti un seul album, mais qu’on ne se lasse toujours pas d’écouter encore aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, Matranga revient sans cesse à la case départ, celle de la prestation solo, sûrement celle qui lui correspond le mieux désormais. Après quinze ans de carrière, quatre groupes, six albums, cinq maxis et un millier de concerts, voilà que sort “There’s a Lot In Here”, une compilation CD/DVD de quelques morceaux joués en acoustique ou en groupe, tirés de sa discographie, ou balancés sur son site internet

Comme un bilan qui laisse présager un nouveau départ. Ici, les deux supports se recoupent, le CD étant ni plus ni moins la bande son du DVD. Au menu donc, deux concerts totalement différents dans leur concept. Le premier, acoustique, est enregistré dans le salon d’un particulier, avec quelques fans assis en tailleur, buvant les belles paroles de Matranga seulement accompagné de sa guitare. Original, mais pas totalement captivant sur disque, alors que le DVD rompt quelque peu l’ennui. Le deuxième est cette fois enregistré dans des conditions plus conventionnelles, en public, dans une salle, et avec un groupe. Le répertoire prend alors une tournure plus rock mais sans véritable originalité puisque les titres issus en grande partie de l’épisode New End Original sont joués quasiment à l’identique de l’original. Une nouvelle fois, le DVD est donc à préférer, d’autant plus qu’il possède en bonus quelques illustrations vidéos de titres de Onelinedrawing

Annoncé comme un objet des plus intéressants, ce “There’s a Lot In Here” déçoit pourtant. D’une, par la qualité moyenne du son sur le CD; de deux, car le contenu est loin d’être inédit. Seuls les plus fervents fans de Jonah Matranga pourraient donc se repasser tout cela en boucle. Bien qu’on le considère comme un chanteur/guitariste très talentueux, on reste un peu sur notre faim en attendant quelques nouvelles compositions dignement produites. Tout cela sent beaucoup trop l’assemblage de chutes pour être définitivement incontournable…

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Time In Malta - “A Second Engine”

A Second Engine[Album]
01/09/2002
(Equal Vision/Chronowax)

Time In Malta fait partie de ces groupes inclassables tant les influences y sont variées. Rassurez vous ces petits hommes là ne puisent que dans le rock et ses petits frères hardcore, punk, heavy, pop, passant régulièrement des mélodies à des exercices de destruction massive avec une habileté hors du commun

Pas d’ennui donc à l’écoute de ce “A Second Engine” puisque chaque composition reste résolument différente des autres tout en mettant en avant les nombreuses qualités du groupe. “This Is Your Voice”, “Dissolve”, “This Revolution”, “What We’ve Become”, et “Remedy Unknown” empruntent la voie d’un hardcore sans concession mais très personnel; “All Said And Done”, “Read Your Mine”, “Washed Out” s’adonnent à un rock dur nous rappelant parfois un Fireside des plus survitaminés; enfin, “You Faded” et “Azure” apportent un brin de mélodie non négligeable avec leurs influences emo-punk

Voilà donc un album complet et étonnant qui pousse sous les feux de la rampe un groupe pour lequel maitrise rime avec persuasion. Si le danger de ce “A Second Engine” vient de sa diversité (beaucoup n’accrocheront pas sur tous les morceaux), celle-ci fait cependant beaucoup à l’intérêt de ce disque. Un groupe à surveiller car il risque de, par son audace insolente, faire bientôt partie de l’élite

Ecoutez un extrait sur le site Equal Vision

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The Stryder - “Jungle City Twitch”

Jungle City Twitch[Album]
01/07/2002
(Equal Vision/Chronowax)

On avait pu découvrir ce groupe grâce à son précédent album “Masquerade In The Key Of Crime” resté assez confidentiel mais s’inscrivant parfaitement dans la lignée des Get Up Kids. Voici le deuxième véritable opus du combo marqué par une personnalité musicale plus marquée

Naviguant dans des eaux rock-émo-pop, le quatuor met l’accent sur les mélodies et sur les différences d’intensité faisant royalement vivre chacun des morceaux. Ce “Jungle City Twitch” commence en fanfare avec un “Billy” aux puissants accords de guitare et aux refrains efficaces; “Crook” continue dans une même lignée alors que “Summer Coat” se veut plus calme permettant de belles envolées sur les refrains, faisant de ce titre un des meilleurs de l’album tout comme “This Is The Time” qui vous happe dés les premières notes. “New Ennemy” arrive à point après une petite accalmie pour nous rappeler la fougue que le groupe peut avoir lorsqu’il se lance dans un tel hymne mélodique et “Circular Highway” clôture le tout de la plus belle manière avec une approche rock assez originale et rarement entendue

Si The Stryder a commencé sa carrière sans réel bruit ni buzz, ce “Jungle City Twitch” les propulse au rang de révélation rock. Surpris par tant de maturité à l’écoute de cet album, nous ne pouvons que vous obliger à l’écouter

Ecoutez un extrait sur le site Equal Vision

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