Engine Down

Engine Down

(USA/Virginia)

(6 articles)

Engine Down - “From Beginning To End”

From Beginning To End[DVD]
01/07/2008
(Lovitt/Import)

C’était le 13 juin 2005 exactement, nous vous annoncions tristement la fin de carrière d’Engine Down, un des groupes les plus influents de la scène indépendante américaine post Fugazi, alors qu’il était en pleine ascension. En effet, le quatuor de Richmond (Virginia) venait tout juste de quitter Lovitt Records, son label de toujours, pour l’institution Lookout chez qui son dernier album éponyme venait tout juste de voir le jour. Fauchés en plein vol, certainement minés par la dure vie de musicien indépendant qu’ils auront choisi malgré quelques sollicitations de majors, les quatre ont donc décidé en 2005 de mettre un terme à presque dix ans de bons et loyaux services

Mais il fallait le faire de la plus belle manière, en allant saluer son fidèle public américain via une ultime tournée qui servira de fil rouge à “From Beginning To End”, ce dernier testament, cette archive incontournable, ce DVD qui restera définitivement, bien calé entre chacun de leurs albums. A travers ce dernier périple, et par le biais de discussions filmées, de témoignages d’autres combos (Sleepytime Trio, Q And Not U, Dismemberment Plan, These Arms Are Snakes, Explosion In The Sky…), le groupe revient sur son histoire, sa formation, le passé musical de chacun de ses membres, les différentes tournées (européennes comprises), les enregistrements, les anecdotes (le vol du van notamment qui aura certainement contribué à cet essoufflement général soudain), les délires divers et variés… Le tout avec assez de profondeur pour mener le visionnage au-delà d’une grosse heure

Et le contenu de ce DVD ne s’arrête pas là puisque, outre les éternels bonus (galerie photo, clip, vidéos web…), Engine Down offre l’écoute de deux titres rares, mais surtout la captation vidéo intégrale de son ultime concert dans sa ville de Richmond. Près d’une heure et demie d’images, ou le groupe résume sa discographie, jusqu’à ce “Rogue” ou il lâche toute l’énergie qu’il lui reste, bien conscient de faire résonner ses ultimes notes. Une fois la salle rallumée, les amplis éteints, Engine Down est nu, et clôture cette belle histoire sur des sourires, comme si de rien n’était. Et pour cause, ces quatre potes, musiciens aussi humbles que leur carrière fait encore l’unanimité, n’ont jamais oublié leurs motivations principales: vivre une belle amitié en faisant de la musique et en voyageant ensemble. Mission réussie. Pour eux, il n’en fallait pas plus. Fin

Voir les quatre trailers ici.

Engine Down - “Engine Down”

Engine Down[Album]
24/08/2004
(Lookout/Import)

C’est seulement avec “Demure”, leur précédent album sorti chez Lovitt, que nous avons fait connaissance avec Engine Down. Leur rock paradoxalement énergique et mélancolique avait fait mouche dans nos petites oreilles de rockeurs aficionados. Désormais chez Lookout, le quatuor revient avec un nouvel album dont le MP3 mis en ligne par le label pouvait induire en erreur

En effet, “Cover” est le seul titre “autoroute” de cet album éponyme qui pouvait laisser penser que le groupe était passé à la vitesse supérieure, surtout au sein d’un label au passé et à l’étiquette plutôt punk rock. Que nenni! Cet opus éponyme n’est que la suite logique, voire un complément de l’effort précédent. Sans véritable surprise, ces douze titres ne manquent pourtant pas d’intérêt et soulignent cette recette tant approchée mais rarement égalée. Ni punk, ni hardcore, ni pop, ni émo, Engine Down possède un réel talent de compositeur qui nous emmène avec enthousiasme dans un monde tout simplement rock ou les mélodies sont appuyées et nous tirent régulièrement quelques frissons. Engine Down est accessible à tous mais définitivement à part, comme le prouvent des titres particulièrement réussis comme “Rogue”, “In Turn”, ou “Long Time Waiting”. Attention toutefois à ne pas manquer de relief comme pourrait le laisser penser “Control Group” ou “Standby”

Engine Down confirme donc tout le bien que l’on pouvait penser du groupe suite à “Demure”. Dommage cependant que le groupe n’ait pas plus innové et ait manqué un peu de profondeur. Un argument qui n’empêchera pas Engine Down de figurer encore parmi les meilleurs poulains de la scène rock underground et pourquoi pas se présenter en dignes héritiers de Fugazi ou Jawbox. Incontournable

Ecoutez un extrait sur site du groupe

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Interview : Engine Down (07-2002)

Interview : Engine Down (07-2002)

Les modes passent au sein de la scène rock indépendante mais certains groupes, de par leur son et leur style, restent continuellement aux goûts du jour. Engine Down, par son approche mélodique et émotionnelle s’inscrit parmi les formations incontournables

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Engine Down - “Demure”

Demure[Album]
01/04/2002
(Lovitt/Import)

Deux ans que nous attendions un nouvel album d’Engine Down, ce combo découvert il y a deux ans, issu du très qualitatif label Lovitt! L’attente fut longue mais payante. En effet, c’est par le biais de “Demure” qu’Engine Down se rapproche sinon flirte avec la perfection

En tant que fans demandeurs d’intensité et d’émotion dans une scène rock en perpétuel mouvement, cet album arrive à point nommé pour nous satisfaire et nous forcer (même s’il ne le faut pas beaucoup…) à couronner le groupe comme un des meilleurs représentants de la très productive scène émo américaine. Après deux albums assez différents qui nous exposaient les diverses facettes du groupe, ce nouvel opus est ni plus ni moins un condensé parfait de tout ce qu’Engine Down ait pu produire ces dernières années. “Songbird” annonce l’ouverture en fanfare. Cornbread martèle ses fûts sur une mélodie de guitare simpliste sur lesquels Keeley pose un chant mélancolique et émouvant. Le tout monte en intensité et permet à chacun des membres d’exprimer tout son talent. Puis arrive le meilleur morceau de cet album, “Pantomine”, avec sa rythmique guitare à contretemps et une intensité à toute épreuve. Parfait échantillon du potentiel du groupe, ces quatre minutes de bonheur résument à elles seules ce qu’on aurait tendance à appeler hâtivement du rock émo. On note un effort particulier sur les mélodies de chant, signes d’une maturité gagnée au fil du temps, notamment sur “Far From Now” et “Detour” ou elles semblent véritablement être le fil conducteur de l’ambiance testamentaire, poussant parfois jusque dans des envolées plaintives. Si l’aspect mélancolique reste assez présent tout au long de ce “Demure”, la partie musicale, elle, ne se contente pas toujours d’une certaine reserve et s’avère être plus percutante comme sur “Demure” (le morceau,ndr), “Overrated” et “Second Of February” ou l’émotion est plus que palpable et la partie rythmique impeccable. “Closed Call”, marque une pause dans cet album étant donné son ambiance très calme avec ce chant mixte interprété par Keeley et Maura Davis, chanteuse de Denali. Une pause comme pour mieux faire ressortir le beat complexe et les si belles mélodies de “Relief Sketch”. Voilà en quelques mots à quoi correspond un des meilleurs albums de l’année. “Demure” est incontournable, comme l’est devenu Engine Down. Désormais, vous n’avez plus d’excuse

Ecoutez un extrait sur le site Lovitt

Engine Down - “To Bury Within The Sound”

To Bury Within The Sound[Album]
01/01/2000
(Lovitt/Import)

Engine Down réapparaît pour un deuxième assaut discographique faisant suite à un premier essai plutôt convaincant qui laissait entrevoir un sérieux potentiel de groupe référence. A notre plus grande joie, le combo ne nous déçoit pas avec ce “To Bury Within The Sound” marquant un aspect plus mature et plus posé de la personnalité musicale d’Engine Down

L’intensité est toujours présente, les parties rythmiques y étant pour beaucoup (”Somnolent Detachment”), les guitares en ajoutent une couche de leur puissance et de leur incision. Le chant, lui, n’est pas hurlé comme il pouvait parfois l’être sur les compositions précédentes mais bien adéquat à son environnement (”Intent To Pacify”) c’est à dire aux rythmiques et aux mélodies de guitares particulièrement efficaces. Le jeu de batterie, il faut le préciser, s’avère être le pilier de nombreux morceaux tant il est parfait, décalé ou bien appuyé suivant les besoins. On note également chez Engine Down un certain progrès dans les arrangements

Quelques morceaux réservent leur lot de surprises et comprennent des plans radicalement différents mais toujours complémentaires avec comme seul souci la diversité de l’écoute (”Retread”, “Somnolent Detachment”). Tous ces éléments font de cet album une marche supplémentaire gravie vers les sommets du rock indépendant. Engine Down, retenez ce nom..

Ecoutez un extrait sur le site Lovitt

Engine Down - “Under The Pretense Of Present Tense”

Under The Pretense Of Present Tense[Album]
01/01/1999
(Lovitt/Import)

Il y a des groupes américains encore inconnus en Europe qui s’avèrent être incontournables et qui méritent un réel effort de la part des occupants du Vieux Continent pour être jugés à leur juste valeur. Engine Down est de ceux-là

Empruntant quelques influences à la première génération des groupes émo comme Shotmaker ou Policy Of 3, ou encore Fugazi, cette formation, comprenant d’anciens membres de Sleepytime Trio ou Bats & Mice, nous envoie sa rage et son émotion en pleine tronche. “Castalia” ouvre le bal avec sa rythmique bien posée, ses guitares incisives et son chant hurlé et plaintif. Les clichés me direz-vous? Peut être, mais encore faut-il que ce soit bien fait. Et c’est le cas. Engine Down n’a rien d’un “petit frère de…” et possède sa personnalité musicale, une approche émotionnelle sans faille. Les breaks apportent l’oxygène nécessaire à la poursuite de l’écoute et le lot de surprises à chaque morceau aiguise votre sens de la curiosité jusqu’à la prochaine étape. C’est ainsi que l’on découvre toutes les facettes du combo, comme sur ce “Dead Letter” ou l’on pense à Hoover ou sur “Nearsighted” et “Colorado” ou le chant et l’ambiance rappellent Kerosene 454. Engine Down a tout d’un grand et est prêt à le confirmer. Ces huit titres en guise de présentation ne me contrediront pas

Vivement que l’on puisse entendre du nouveau, car avec un peu de maturité, Engine Down sera une véritable référence en matière de rock-émo. Je prends les paris!