(7 articles)

Sigur Ros - “Valtari”

sig180Album
(EMI)
28/05/2012
Folk aérien

Sigur Rós est de retour et reprend la pop là où il l’a laissé: en apesanteur. Quatre ans après son dernier album studio “Með Suð í Eyrum Við Spilum Endalaust“, c’est toujours le temps de l’amour, le temps des copains et… de l’aventure. Au point de tuer tout suspense? Non, car “Valtari”, sixième opus aux milles et une envolées lyriques et harmoniques, ne peut s’écouter qu’en rupture totale avec le monde.

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Air - “Le Voyage Dans La Lune”

air180Album
(EMI)
06/02/2012
Bande electro pop pas très originale

Depuis son premier disque “Moon Safari”, Air ne cesse de faire débat, ardemment défendu qu’il est par les mélomanes sensibles à son electro pop, décriés par d’autres qui lui reprochent souvent une musique trop naïve et précieuse. Alors qu’il est aujourd’hui difficile pour ces derniers de se plonger dans un de ses albums sans imaginer se retrouver prisonnier de ces miteux ascenseurs à moquette murale et au néon défaillant, le duo ajoute une nouvelle corde à son arc. Comme indifférent à la critique, il exploite cette fois au maximum le côté cinématographique de sa musique

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Dangermouse & Daniele Luppi - “Rome”

rome180Album
(EMI)
16/05/2011
Pop cinématographique

Constamment la tête dans le guidon, Dangermouse ne connait pas de répit, s’invente toujours de nouveaux projets pour éponger sa soif de composition. A peine le dernier sorti qu’il a déjà commencé à travailler sur le suivant: un rythme difficile à suivre qui ne lui laisse même pas le temps parfois de se rafraichir les idées. Illustration ici. Car si Gorillaz et Gnarls Barkley étaient assez différents de Dark Night Of The Soul pour s’en démarquer nettement, le constat est loin d’être le même depuis que le génie Brian Burton a levé le voile sur Broken Bells, collaboration avec James Mercer encore convaincante pour véritablement faire de ses mélodies une marque de fabrique.

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Sigur Ros - “Meo Suo i Eyrum Vio Spilum Endalaust”

Meo Suo i Eyrum Vio Spilum Endalaust[Album]
18/06/2008
(EMI/EMI)

Il y a quelques années, quand je demandais à un pote à quoi ressemblait la musique de Sigur Ros, il me répondit: “C’est de la musique pour courir nu dans un champ”. Avouez que ça laisse un peu perplexe comme définition. Mais en découvrant la pochette du cinquième album studio des Islandais, j’ai bien été obligé d’admettre que mon pote avait vu juste..

Un poil (ah, ah!) plus guilleret que ses prédécesseurs, ce “Meo Suo i Eyrum Vio Spilum Endalaust” enchantera quoi qu’il arrive les nombreux amateurs de pop lumineuse façon Radiohead & Co. On y trouverait même quelques singles susceptibles de séduire le plus grand public comme ces “Gobbledigook”, “Inní Mér Syngur Vitleysingur” ou “V i o s p i l u m e n d a l a u s t” au fort potentiel commercial (si toutefois un animateur radio parvient à les annoncer à l’antenne…). Ces chansons un peu plus accessibles pourraient même calmer les détracteurs du groupe qui trouvaient que les anciens albums de Sigur Ros jouaient trop facilement la carte de la déprime

Ne nous emballons pas non plus, les deux tiers du disque restent fidèles à l’univers très mélancolique des Scandinaves, à savoir des ballades vaporeuses électro-acoustiques dans lesquelles la voix d’ange de Jonsi rejoint Thom Yorke ou Patrick Watson au paradis de l’émotion. Produit par Flood (prenez le bottin musical et tirez des noms au hasard pour son CV…), ce nouvel opus a pourtant un côté moins propret que les précédents. Plus imparfait peut-être. Et plus humain aussi du même coup. On croit presque entendre les doigts frotter sur les cordes, les respirations retenues dans les silences, les coeurs battre dans les montées. Le disque trouve d’ailleurs son véritable envol dans le très magistral “Ára Bátur” dont le final flamboyant de cuivres et de choeurs laisse tout pantelant. Voilà un titre qui va faire s’arracher les cheveux de Jason Swinscoe de The Cinematic Orchestra

En clair, on conseille fortement ce nouveau Sigur Ros aussi bien aux fans de longue date qu’à ceux que le groupe déprimait auparavant. Les premiers ne seront certainement pas déçus, les seconds pourraient enfin changer d’avis. Sur ce, je vous laisse, je dois aller récupérer mes fringues au vestiaire..

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Hot Chip - “Made In The Dark”

Made In The Dark[Album]
04/02/2008
(EMI/EMI)

Depuis qu’il est apparu, Hot Chip n’a cessé de faire évoluer sa musique, partant d’une pop certes intelligente mais perfectible, pour parvenir à un résultat beaucoup plus abouti, mieux arrangé et plus accessible sur “The Warning”, le prédécesseur de ce nouveau “Made In The Dark”, qui laissait remonter à la surface quelques singles flagrants. C’est beaucoup moins le cas en 2008, puisque ce nouvel opus, toujours à la croisée des chemins de l’acoustique et de l’électronique, se montre clairement plus homogène, laissant pratiquement à chaque auditeur le loisir de choisir ses propres tubes, s’il en trouve. Bien sûr, il y a ce “Ready For The Floor”, premier extrait entre pop et dance, balancé sur le net et sorti en maxi en raison de son efficacité immédiate et de sa mélodie accrocheuse. Il ne sera pas seul, car en approfondissant un peu plus l’écoute de cette nouvelle livraison, deux penchants se distinguent nettement, quel que soit le rythme adopté. L’un rassemble en effet des compositions assez simples, taillées pour les oreilles les plus formatées (”One Pure Thought” doit autant à McCartney qu’à New Order, “We’re Looking For a Lot Of Love” pourrait faire jalousé quelques artistes RnB bien installés, et “Made In The Dark” offre une ballade soul langoureuse); l’autre reflète plutôt une volonté du groupe de ne pas tomber dans ce travers sur toute la longueur de son disque, et de faire remonter à la surface ce qui contribue à son originalité (le bricolé “Bendable Poseable”, le funky futuriste “Shake a Fist”, les percussions et le refrain de “Touch Too Much”). Mais, dans les deux cas et à quelques exceptions près (les soporifiques “Whistle For Will” et “In The Privacy Of Our Love” qui clôturent l’album), le quintet arrive à ses fins sans pour autant obtenir l’impact des singles d’antan (”Over And Over”, “Boy From School”). Une évidence à l’écoute de quelques uns des meilleurs titres de cet album, retenus à défaut de plus: le brûlant “Out At The Pictures” à qui il faudra laisser le temps d’évoluer, le disco-dance “Hold On”. Néanmoins, on prend toute la mesure du chemin parcouru, et de l’évolution flagrante de Hot Chip depuis ses premiers disques, qu’il s’agisse de musique ou de textes (fini l’étalage de soucis adolescents…). Mais, on ne nous enlèvera pas de l’esprit qu’avec un tel potentiel, ce club des cinq pouvait relativement mieux faire. Confirmation au prochain épisode..

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Jay Z / Dangermouse - “The Grey Album”

The Grey Album[Album]
01/01/2004
(EMI/Import)

“The Black Album” est un chef-d’oeuvre, parce qu’il “pue” la musique noire, parce que la sueur de l’acte est telle qu’il n’a de reflet que dans “Sweet Sweetback’s BadAssss Song” de Melvin Van Peebles. “The White Album” est un chef-d’oeuvre, parce que l’incertitude de son époque demeure

“The Grey Album” est un disque culte. L’histoire d’une expérimentation douloureuse, dans l’instant prohibé, une fécondation in vitro entre les a capella de Jay-Z et la musique des Beatles. Dans ce disque tout est proprement incroyable, la fluidité de l’oeuvre éblouie, “Rockey Racoon” travaille “Justify my Thug” avec éclat, “While my guitar gently sleeps” sur “What More can I say” est d’une finesse admirable. Le moment de grâce de l’album se trouve sur le monumental “Interlude” où Danger Mouse pose des voix inversées de Jay-Z sur les samples de Revolution 9; titre qui était déjà lui-même réalisé à base de collages de samples d’instruments passés à l’envers

Mais Danger Mouse, conscient du refus que provoquerait une demande d’exploitation des droits des Beatles, décide de réaliser son disque dans l’illégalité. Son disque est interdit. Cette interdiction laisse derrière elle un questionnement important sur la création artistique, surtout quand l’utilisation totale de samples, (comme sur ce disque) apparaît comme l’exigence nécessaire à la volonté de création

Un disque intense, stupéfiant, en mutation permanente. En ne réunissant que ces deux disques qui n’ont en commun que le symbolisme de leurs titres, Danger Mouse réalise un disque envers et contre tous, au-delà de tout traditionalisme et de toute commercialisation. Un disque ouvert, engagé, militant pour une musique libre, en perpétuelle renaissance.

Iam - “Revoir Un Printemps”

Revoir Un Printemps[Album]
16/09/2003
(Emi/Emi)

Souvenez-vous, 1997, Iam sort son album “L’Ecole Du Micro D’Argent”. Records de ventes, tournées triomphales… A ce moment là, plus de doutes, Iam est le plus grand groupe de rap Français. Enfin, une formation issue de la culture Hiphop est respectée par les médias, par les autres artistes et surtout par un public aussi hétéroclite que vaste. Le temps s’est écoulé et après de nombreuses aventures solo, nous voici en 2003, impatients de découvrir ce “Revoir Un Printemps” tant attendu

Première constatation, avant même d’écouter l’album, la couverture médiatique de cette sortie est plus qu’impressionnante. Vous n’échapperez pas à la promo, et si vous n’êtes pas au courant de la réapparition des marseillais, c’est que vous avez dédié votre vie au recueillement le plus total. Autant dire qu’aujourd’hui, le statut d’Iam est égal à celui d’une star de la variété, du moins au niveau marketing. Mais parlons plutôt du contenu. Tout part plutôt pas mal… “Stratégie d’Un Pion” ouvre le bal avec un sample efficace et un beat bien construit mais premier accro, Freeman est déjà là et on soupçonne sa présence sur tous les morceaux. On enchaîne avec “Nous”, au sample intéressant mais au refrain chanté par une de leurs invitées, vite lassant. Et c’est là que l’énumération va s’arrêter car ce qui suit n’est vraiment pas, malheureusement, digne d’intérêt. Hormis le single “Noble Art” avec Method Man et Redman, et “Second Souffle” au concept intéressant, le reste n’est ni mieux, ni moins bien que ce qui se fait en rap français aujourd’hui. Que ce soit les inspirations et constructions mélodiques type Rza sur “Fruits De La Rage”, ou les essais electro d’inspiration “HipHop U.S FM” tels “Murs” ou “Bienvenue” avec Beyonce. Pour le reste, les samples piano-violon tournent en rond et donnent une impression de déjà fait. Heureusement, Akhenaton et Shurik’N maîtrisent toujours bien le micro, même si on sent un manque de renouvellement qui risque de devenir gênant. N’insistons pas sur le cas Freeman, vraiment pas au niveau, réussissant à gâcher même le plus réussi

Vous l’aurez compris, cet opus est une cruelle déception. Déception car un groupe qui a un tel statut aujourd’hui doit prendre des risques, des positions importantes et claires (et ce ne sont pas les sujets qui manquent dernièrement !), doit tout simplement surprendre son auditoire et apporter une véritable création artistique. Or, ici, on a l’impression qu’ils se sont contentés de se répéter. Peut-être cet album est-il anachronique, en tout cas il ne restera certainement pas gravé dans nos mémoires. En attendant mieux la prochaine fois, ne dépensez pas votre argent inutilement. La fin d’un règne?

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La Rumeur - “L’Ombre Sur La Mesure”

L'Ombre Sur La Mesure[Album]
16/04/2002
(Emi/Emi)

C’est dur à croire, mais il aura fallu ce putain de concert aux Transmusicales pour nous faire acquérir ce nouvel album du crew parisien. Si les premiers maxis du groupe nous avaient complètement ramenés à leur cause, ce nouvel album avait, à sa sortie, provoqué en nous un sentiment mitigé. Sauf qu’en insistant un peu, on s’aperçoit vite que La Rumeur est un des seuls groupes de hip hop français à tenir le même discours qu’à ses débuts sans tomber dans un carcan commercial. Leurs flows appliqués à bien se faire comprendre accompagnés de versions sombres et efficaces (”Le Coffre Fort Ne Suivra Pas Le Corbillard”) font de cet album un monument du genre dans cette année 2002 qui aura pourtant été bien pauvre pour la scène française. Là où Assassin semble avoir lâché du leste, La Rumeur garde ses crocs affûtés pour faire entendre les voix dissidentes et populaires

“Les Coulisses De L’Angoisse” illustre cela pleinement avec sa version posée sur laquelle les Mcs accouchent de mots simples mais pleins de signification pouvant même parfois se targuer de prendre l’allure de poésies urbaines (”L’Ombre Sur La Mesure”). Pourtant, on n’est pas prêt de réciter la Rumeur dans les salles de classe car la vérité fait peur et dérange les idées établies d’une société qui se trompe continuellement de représentants. Et c’est bien de cela que s’inspire les parisiens qui n’hésitent pas à prendre pour exemple leurs expériences personnelles sans pour autant tomber dans le cliché, réussissant ainsi à trouver une crédibilité faisant cruellement défaut à ses voisins musicaux. La Rumeur gagne des points en allant droit au but, en proposant des morceaux parfois courts qui ne méritaient pas une seconde de plus au risque d’atténuer le propos (”365 Cicatrices”). C’est également sans compter sur des versions d’une qualité indéniable, aux tempos variés ayant pour seul point commun une ambiance oppressante et grave fidèle au discours (”Le Silence De Ma Rue”, “On Frappera”, “Premier Matin De Novembre”, “Le Prédateur Isolé”, “Je Connais Les Cauchemars”…)

La Rumeur n’a donc plus à prouver sa crédibilité. Le groupe est resté intègre, n’a pas cédé à cette mode bouncing hip hop dévastatrice contribuant pour beaucoup à l’appauvrissement de la scène actuelle. Les oreilles aiguisées reconnaîtront toutes les qualités de “L’Ombre Sur La Mesure”, les autres, qu’elles soient jeunes ou vieilles, devront reconnaître qu’elles se mentent. La vérité est dure à dire, La Rumeur brise le silence de la plus belle manière et parvient même à captiver l’attention des moins adeptes du genre qui ne peuvent contredire ce discours dangereux de vérité. Un album rassurant, qui met en avant des mots chocs trempés dans de la matière grise. Trop rare pour ne pas être souligné..

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