EdBanger

EdBanger

(France)

(55 articles)

SebastiAn - “Motor”

Motor[Maxi]
28/04/2008
(EdBanger/Discograph)

Avec Justice et SebastiAn, les deux béquilles historiques du label EdBanger, c’est un peu à un remake du lièvre et de la tortue auquel on a droit. Car si le duo parisien est rapidement devenu la progéniture de Daft Punk la plus soutenue de par le monde, SebastiAn est loin d’être en reste même s’il possède encore quelques longueurs de retard. Ce qui ne le repousse pas pour autant au rang des suiveurs, un statut qui s’avèrerait totalement immérité aux vues de son parcours. Les fidèles du label de Pedro Winter qui se délectent depuis quelques années de remixes mémorables (Klaxons, The Rapture, Kelis et même…Nadiya) et de ses deux maxis (”Smoking Kills” et “Ross Ross Ross”), en savent quelque chose, et ne tomberont pas dans le piège des raccourcis journalistiques qui n’ont pas fini de pleuvoir d’ici la sortie de son premier album prévu cette année. “Motor”, troisième déflagration, en est d’ailleurs un énième aperçu, fidèle qu’il est à ce son compressé, saturé, cuté et mélodique ayant fait le succès de Justice (”Momy”, “Army”). Seulement SebastiAn y trouve sa patte, sans concession, capable de s’intégrer aux sets de l’ingérable Costes comme à ceux des Daft, quand les deux Zorro de la french touch empruntent plus volontiers les chemins de la pop. Pour preuve, le titre éponyme de cet Ep, armé d’un beat ravageur, un groove glacial, et quelques abus volontaires l’extirpant des conventions actuelles, et lui promettant de devenir un des plus solides arguments de l’album, s’il devait y figurer. Et cela, même si SebastiAn ne surprendra finalement personne, confirmant seulement son rôle indispensable de justicier du côté obscur qui, à la différence de ses deux cousins, apportera à ce son quelque peu opportuniste une certaine crédibilité auprès d’un public electro encore bien sceptique à son égard

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Justice - “DVNO”

DVNO[Maxi]
24/03/2008
(EdBanger/Because)

Cela va bientôt faire un an que la vague Justice inonde le secteur musical, squatte les tops comme les dj sets ou les publicités télévisées, et fait l’objet de remixes qu’on ramasse à la pelle sur autant de blogs que la toile puisse compter. Tout cela nous aura presque menés à l’overdose, à cette volonté à peine cachée de vouloir oublier un temps le duo parisien pour mieux l’apprécier. Du moins, son “D.A.N.C.E”, tube incontestable de l’année 2007 comme le “Crazy” de Gnarls Barkley a pu l’être un an auparavant. Alors pur hasard, ou stratégie bien étudiée, au point de pousser l’auditeur jusqu’à flirter avec le point de non retour? Toujours est il que Justice revient mettre un peu de fantaisie dans le décor de l’élite médiatique électronique avec “DVNO”, nouveau single prévisible… Comme ils ont pu le faire avec les précédents extraits de ce premier album, EdBanger et Because servent l’original, le clip, et une bonne poignée de remixes produits par la crème de la génération électronique montante, introduite par les Justice eux-mêmes pour une revisite quelque peu exagérée, vouée ainsi à prendre la relève du “Signatune” de Dj Mehdi lors des prochains rassemblements tunning. Surkin, nouvelle égérie Institubes, prend le relais dans un registre beaucoup plus lisse et moins “provincial”, ou l’on salie un peu moins ses dernières Nike Dunk, tandis que les Sunshine Brothers parviennent à dépayser un peu plus malgré un remix un peu daté, de loin le moins mémorable de ce maxi. Tout le contraire des plus arrogants LA Riot, déjà bien échauffés par Kylie Minogue, Weezer ou The Cure, et des trashy Petits Pilous auxquels il revient la charge de clôturer en beauté. Une énième rasade (rasante) pour les irréductibles qui en auraient pas encore eu assez…

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Justice - “D.A.N.C.E. Remixes”

D.A.N.C.E. Remixes[Maxi]
23/07/2007
(Edbanger/Because/Discograph)

Justice déchaîne les foules, c’est ce que laisse penser le matraquage dont “D.A.N.C.E.”, le premier single issu de leur immanquable premier album ““, fait l’objet. Car quand le duo ne soulève pas lui-même les dancefloors, ce sont les multiples remixeurs, avides de s’occuper du cas de ce phénomène devenu international, qui s’en chargent. Pour preuve, chaque titre sortant du studio des Parisiens se voit immédiatement remixé et diffusé sur les milliers de blogs que la toile peut contenir. Du coup, une sélection s’imposait, et Edbanger en a trié quelques-uns, dont la qualité méritait amplement une sortie digitale dans un premier temps (le 16 juillet 2007), puis vynil dans un deuxième (le 23), comme pour ne promettre que du bon aux pistes de danse estivales. Pas de doute donc, ce “D.A.N.C.E. Remixes” vaut largement le détour. Ne serait-ce que pour le travail technique de Jackson (& His Computer Band) qui, en ouverture de ce disque et durant une douzaine de minutes, renverse le morceau à sa sauce et en fait un des remixes les plus réussis parmi la masse proposée. “D.A.N.C.E. ” fait alors l’objet d’une décortication en règle, passe à la moulinette de celui dont on aimerait entendre parler plus souvent, et se voit attribuer une ambiance beaucoup plus sombre que l’original. Bref, un vrai remix, riche et personnel, pas un pauvre bootleg comme il en pullule sur le net. La suite, légèrement moins intéressante, méritera pourtant clairement le détour. Une version live prend la relève, beaucoup moins lisse, plus agressive et plus orientée club que l’original, suivie d’une revisite de MSTRKRFT sympathique mais sans véritable intérêt puisque très proche du précédent, et d’une autre d’Alan Braxe et Fred Falke, plus posée, lorgnant vers une disco ramollie et bourrée de claviers qui aura le mérite, qu’on l’aime ou non, de sonner autrement. Un très bon bonus pour qui n’aurait pas eu assez de l’album…

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Justice - “†”

†[Album]
11/06/2007
(EdBanger/Because/Wagram)

“Don’t believe the hype”, c’est parfois ce qu’on vous dit, tel un conseil pour ne pas tomber dans le piège de ces groupes bénéficiant d’un buzz hors norme. Le buzz, les deux Parisiens de Justice ont une large connaissance en la matière, savent l’utiliser à bon escient, puisque leur renommé ne cesse de faire tache d’huile depuis un certain “Never Be Alone”, tube interplanétaire sauvé d’une soirée raclette entre nos deux héros et Pedro Winter, boss d’EdBanger. Depuis, Justice est partout, contamine la majorité des clubs de la planète, remixe, et se paye quelques belles récompenses (voir ici). Sans forcément le vouloir, il ravive même cette french touch dont l’Hexagone musical n’a cessé d’être si fier, celle qui transpire par les pores de “Waters Of Nazareth”, un deuxième tube à la fois violent et frais, total contre-pied du premier

Forcément, de par son entourage et les sons qu’il adopte, Justice ne peut échapper au rapprochement avec ses parrains de Daft Punk. Si le sujet peut faire débat, on ne pourrait cependant pas les blâmer pour cela. D’ailleurs, dans bien d’autres genres, combien se sont offerts des testicules dorés en recyclant bêtement du Nirvana, du Pixies, ou du Rolling Stones? Justice ne s’en défend pas, d’ailleurs, comme des nombreuses influences jonchant “†”, son premier album qu’il aura longuement pensé pour ne pas trop vite tomber dans le prévisible. Comme s’ils partaient avec un boulet à la cheville qu’on aurait vite tendance à verrouiller, Gaspard Augé et Xavier De Rosnay ont voulu surprendre, y aller à rebrousse poil, et y sont même parvenus avec assez de finesse pour ne pas trop décontenancer les préjugés. Sceptiques? Penchez vous sur le mélancolique “Valentine”, comme hérité directement de Vladimir Cosma, ou l’electro funk “The Party” emmené par la belle et efficace Uffie, sûrement assez éloignés de ce à quoi vous vous attendiez

Mais “†” n’attendra pas plus longtemps que l’entame de “Genesis” pour annoncer la couleur: un début en fanfare annonçant l’assaut, et un beat ultra-efficace qui n’est pas sans rappeler “Thriller” du petit Michael. Celui là même qui, avec ses frangins, se rappelle à notre bon souvenir sur “D.A.N.C.E.”, ce nouveau tube house chanté, imparable, également inspiré du “Stand On The World” de Larry Levan, et qui a pris l’habitude de squatter les ondes radiophoniques comme les génériques télés. Une influence pour deux optiques bien distinctes qui permettent de discerner les deux traits de caractère de Justice. L’autre plus extrême comprise, cette face obscure du duo déjà perceptible sur “Waters Of Nazareth”, un deuxième maxi aux sonorités stridentes, aux basses qui vous boxent le thorax, le tout à un niveau de compression et de saturation rarement atteint. Dans un même registre, mais en plus mélodiques, “Let There Be Light” et “Phantom” ne sont pas mal non plus

Mais en trouvant le juste milieu, Justice rassure ceux qui auraient pensé un premier album imbuvable et vite barbant: ce qui aurait été le cas si tout s’était inscrit dans la lignée de “Stress”, au titre approprié, mais néanmoins unique et réussi. Car quand ils ne tapent pas dans un registre léger ou agressif, les deux Parisiens piochent un peu dans les deux, et ajoutent un groove imparable débouchant sur une disco futuriste, dangereusement addictive. Notre regard se tourne alors vers “New Jack”, sorte de clin d’oeil à la période dorée de l’electro française il y a dix ans de cela, les violons indélébiles de “Phantom pt II”, la véritable leçon d’electro rock que peut être “DVNO” (sans conteste un nouveau hit en puissance), ou le final “One Minute To Midnight” bouclant parfaitement la boucle

“†” est donc largement à la hauteur des attentes et fait partie de ces rares cas de buzz justifié, celui-ci étant déjà allé beaucoup trop loin pour n’être que poudre aux yeux. Il marque par sa spontanéité, ses références à peine dissimulées, comme si le duo s’était tout simplement laissé aller à ses envies, sans vraiment se préoccuper du qu’en dira t-on. Justice fait du Justice, découpe le bruit de manière accrocheuse, invite la pop sur le dancefloor. Et tout autre rapprochement hâtif, avec un certain “Discovery” notamment, ne ferait que finalement écorcher le formidable travail accompli, tout comme la puissance de sa musique. Pour preuve, cette marque de fabrique qui dépasse les frontières (y compris de l’electro puisqu’on en arriverait presque à parler de pop à quelques reprises), se reconnaît à la première boucle, qui n’a pas attendu un premier album pour faire des émules ou des clones, et qui a trouvé la clé du tombeau de cette french touch qu’on pensait définitivement aux oubliettes. “†” donne donc le départ d’un nouveau cycle longtemps espéré. Pour cela aussi, on en parlera longtemps..

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EdBanger Rds - “EdRec vol2″

EdRec vol2[Album]
05/03/2007
(EdBanger / Because/Wagram)

Fort de son expérience en tant que manager de Daft Punk, Pedro Winter crée son label EdBanger en 2003 afin de faire éclore quelques talents encore inconnus, dont Mr Flash, alors première référence sortie avec son “Radar Rider”. Depuis, doucement mais sûrement, cette structure parisienne fait beaucoup parler, notamment par le biais de Justice (duo versaillais auteur des maxis “Waters Of Nazareth” et “Never Be Alone”, celui-ci internationalement connu dont le clip alla jusqu’à détrôner celui de Kanye West au MTV Awards de Copenhague) et de Dj Mehdi dont l’album “Lucky Boy” fut, en fin d’année dernière, la première référence EdBanger long format. Mais entre temps, les poulains du label ne se sont pas gênés pour faire constamment monter le buzz, qu’il s’agisse de Uffie, Krazy Baldhead, Sebastian, Vicarious Bliss ou de Feadz (autrefois grand espoir de BPitch Control)

Tous sont présents sur ce “EdRec Vol 2″, compilation catalogue du meilleur label de 2006 selon URB et XLR8R, première à sortir en format physique et ne proposant que des inédits à ce jour. N’allez donc pas chercher le volume 1 chez votre disquaire, quel qu’il soit, puisqu’il n’était disponible qu’au téléchargement sur diverses plateformes. Ici, Mr Oizo ouvre le bal avec une introduction presque passable. C’est donc le phénomène Uffie, une des seules à donner de la voix, qui lance véritablement les hostilités avec “Dismissed”, mélange de pop et de RnB aux breaks ravageurs, recette quasi commune à tous les artistes du label héritée des grands frères Daft Punk. La suite ne sera que pépites, ou presque. Justice (”Phantom”) nous offre un léger aperçu de son premier album à sortir en balançant de gros synthés efficaces et grossiers, pendant que d’autres confirment également, une nouvelle fois, tout le bien qu’on pouvait penser d’eux: Mr Flash avec “Disco Dynamite”, Krazy Baldhead avec un énorme “Strings Of Death”, Feadz et sa pop maltraitée sur “Edwrecker”, Busy P (Pedro Winter lui-même) sur “Rainbow Man”, Sebastian en bon terroriste des dancefloors sur “Greel”, ou So Me (directeur artistique du label, responsable de pas mal de ses pochettes) remixant le “Golden Skans” et le “Atlantis To Interzone” des Klaxons

EdBanger s’affiche donc en vraie famille artistique, joue d’homogénéité à tel point qu’il est parfois difficile de discerner un artiste particulier derrière un morceau. Sur tous, l’ombre de Daft Punk plane incontestablement, ce qui fatiguera sûrement beaucoup de fans assidus du duo, figure phare de la french touch des 90’s. Les autres, arrivés sur le tard et remontés comme des pendules, sauront offrir à cette clique tout l’accueil qu’elle mérite. Encore plus si celle-ci se décide enfin à enchaîner les albums..

En écouteEd Rec Megamix par FeadzTracklisting01. Mr Oizo “Intra”02. Uffie “Dismissed”03. Justice “Phantom”04. DJ Medhi “Stick It”05. Mr Flash “Disco Dynamite”06. Krazy Baldhead “Strings Of Death”07. Feadz “Edwrecker”08. Busy P “49ers”09. DJ Medhi “Lucky Girl”10. Busy P “Rainbow Man”11. Mr Flash “Eagle Eyez”12. Sebastien “Greel”13. Klaxons “Golden Skans To Interzone” So Me Remix14. Vicarious Bliss “Limousine”

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Dj Mehdi - “Lucky Boy”

Lucky Boy[Album]
30/10/2006
(Edbanger/Because/Wagram)

“Lucky Boy”, ce titre ne pouvait pas mieux coller à Dj Mehdi qui sort là son troisième album, le premier pour le jeune label EdBanger qui n’avait jusque-là sorti que des maxis signés par cette scène electro (composée de Justice, SebastiAn, Feadz, Uffie et quelques autres) que le monde entier qualifie déjà de nouvelle french touch. Chanceux, le Parisien peut clairement clamer qu’il l’est, lui qui ne se prédestinait pas à la musique et qui, depuis quinze ans, baigne dedans, multiplie les collaborations au point d’être devenu un acteur musical reconnu

Car avant de s’adonner à un registre clairement plus electro avec ce nouvel album, Mehdi a fait les belles heures de Ideal J et de 113, a contribué à celles de Rohff, Assassin, Mc Solaar ou Booba. Des références pour le moins variées et pas toujours qualitatives mais qui lui auront permis de se constituer un bagage blindé et imperméable pour la suite. Mehdi est désormais un artiste affirmé, avec la force et le courage nécessaires pour sortir de l’ombre du statut de producteur dévoué, qui se jette sous les feux des médias, aidé par Pedro Winter et son label au plus haut de la hype, parisienne notamment

Fini donc le hip hop aux multiples facettes, notre homme se jette désormais à corps perdu dans l’entertainment, bien décidé à enflammer les dancefloors parisiens, et provinciaux si possible. Mais ce qui étonne, c’est que “Lucky Boy” s’inscrit pleinement dans la lignée musicale de son label, que l’on sait logiquement imprégné par les incontournables Daft Punk, et adopte des sons dont nous sommes devenus familiers à l’écoute des artistes EdBanger (l’interlude “Signatune”). Mehdi opportuniste ou influencé malgré lui? La question reste en suspens..

Cette première impression passée, le Parisien laisse fort heureusement sa patte s’exprimer, celle définitivement marquée par un sens de la production soulignant d’indéniables influences funk servant de trait d’union entre le hip hop des 80’s et l’electro actuelle, tous deux voués à la danse. Ce grand écart, l’auditeur y a droit dés l’entame de cet album lorsqu’il passe du cinématographique “Busy Being Born” rappelant ses derniers essais, au single “I Am Somebody feat Chromeo”, plus adapté aux chics déhanchements urbains, suivi plus tard d’un “Boggin’” plongeant les sons EdBanger dans les block parties new yorkaises d’il y a une vingtaine d’années

C’est alors que Mehdi expose tout son talent. L’aérien “Always Be An Angel” fait parler son groove efficace, “Pony Rocking” avec Feadz en Mc héliumisé et “Leave It Alone” redorent l’electro hip hop endormi, “Saharian Break” s’ouvre aux sonorités orientales tout en faisant vibrer le ghettoblaster, l’énorme “Hot-O-Momo” ferait jalouser les pontes de l’electro funk avant que “Constellation” ferme la parenthèse et fasse redescendre tout le monde

Quant à la question sur les incidences d’EdBanger chez Mehdi, à vrai dire, on finit par s’en contre foutre une fois l’écoute de ce “Lucky Boy” achevé, et nous bien divertis. Car le Parisien fait preuve ici d’une constance trop agréable pour qu’on ose s’arrêter sur de petits détails. Un doute persiste pourtant: la pérennité de cet album, bien ancré dans un genre sous le coup probable de l’éphémère. Peu importe, fuyons l’avenir, il faut savoir profiter du présent

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