Double U

Double U

(France)

(5 articles)

Double U - “Pineapple Dream”

double180Album
(Wool)
22/03/2010
Verni pop

Frank Rabeyrolles est de ces musiciens incontrôlables, boulimiques de la composition, pour qui prendre le temps de souffler et prendre un peu de recul sur sa musique semble être une épreuve insurmontable. Alors qu’il s’est dédoublé récemment sous l’entité Franklin, son parcours avec Double U atteste plus que jamais de son hyperactivité: cinq albums en cinq ans, cinq définitions personnelles d’une pop toujours rondement menée, évitant toujours soigneusement les faux-pas irréversibles.

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Double U - “The Imaginary Band”

The Imaginary Band[Album]
17/03/2008
(Nocturne/Nocturne)

C’est presque devenu une habitude, ce rendez vous annuel de Double U sonnant l’arrivée d’un nouvel album. Car depuis 2005 et son “A Bottle In The Sea“, Frank Rabeyrolles laisse évoluer son folk entre minimalisme et arrangements électro, soulignant systématiquement une progression à chacun de ses disques. “The Imaginary Band”, sa cuvée 2008, ne fait pas exception. Bien au contraire, puisque le Parisien a décidé de mettre les petits plats dans les grands, en laissant son habit de songwritter de home studio dans l’armoire, pour mieux enfiler celui de chef d’orchestre. Peut-être un brin prétentieuse, la démarche a au moins le mérite de confirmer cette tendance qu’a l’artiste de ne pas s’enterrer dans l’acquis, à fuir la routine

Ce quatrième album change donc quelque peu la donne, sort Double U du schéma étriqué compris entre le chant, la guitare et les machines. Cela ne fait pas de doute, le parisien a fini par se sentir seul à la chaleur de sa MPC, et a voulu s’entourer d’autres inspirations humaines, capables de venir porter sa musique vers d’autres sommets, plus hauts encore que ceux déjà arpentés. Pour cela, il a étonnement fait appel à des musiciens de jazz, entendus chez Erik Truffaz (Michel Benita), Sylvain Chauveau (Aurélien Besnard), ou Marc Ducret (Tom Gareil), pour gagner en texture tout en les incitant au minimalisme: une idée quelque peu saugrenue qui promettait une touche plus aboutie, finalement illogique et frustrante au demeurant pour un tel registre

Bien sûr, la recette fait immédiatement son effet, offrant à Double U une profondeur et une richesse de production qu’il n’avait jamais atteint auparavant. “The Imaginary Band” voit chacune de ses compositions peaufinées, flirtant avec la perfection, au point d’être flanqué une approche générale beaucoup trop lisse privant le Parisien de la belle spontanéité dont il pouvait se vanter jusque-là et qui lui donnait cette image de songwritter authentique. Incontestablement, les mélodies sont belles, chaque note est à sa place et ose à peine en bouger, les idées se bousculent… Que d’atouts qui auraient pu lui promettre une reconnaissance tardive et méritée mais qui, par une volonté de trop vouloir bien faire, fait flop là ou Syd Matters, par exemple, y a échappé de justesse. Et puis, pourquoi mettre un moteur de 2CV dans une berline quand elle mène au même port avec encore plus de charme? Une leçon à tirer pour le chemin du retour..

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Double U - “Bosphorus”

Bosphorus[Album]
06/11/2006
(Nocturne/Nocturne)

Déjà, les deux premiers albums de Double U soulignaient une maturité croissante, un répertoire gagnant en goût et en finesse, au point de rejoindre les artistes français les plus représentatifs du genre (Syd Matters, Sebastien Schuller…). “Bosphorus” n’échappe pas à la règle et s’affiche donc, comme c’était prévisible, en suite logique des précédents efforts. Car Frank Rabeyrolles, de son vrai nom, axe toujours son travail sur le mariage fragile et mélancolique de sa voix et de sa guitare: une recette qu’il approfondit ici, et qui coule naturellement, la poésie en prime. Et c’est un peu la richesse de l’âge qui semble faire son effet, qui mêle à merveille ce qui autrefois n’était que juxtaposé, à savoir folk, pop, et electronica. Du coup, Double U parviendrait presque à faire trembler la France, comme Fink, avec qui les ressemblances sont nombreuses (”Come To Me”), a récemment pu le faire en Angleterre. “Bosphorus” est donc sans (mauvaise) surprise, pousse le bouchon encore un peu plus loin, abrite des morceaux généralement plus épurés, laissant le Parisien gagner en galons d’arrangeur lorsqu’il enrichit ses parties de guitares d’effets discrets (faisant cette fois tout le côté electro), et fait subtilement intervenir quelques instruments (”The End”). Il apparaît donc encore plus profond, sensible et touchant, un état d’esprit qui sublime véritablement certains titres de ce disque, au demeurant plus folk que ses prédécesseurs. C’est le cas notamment de “Mad” et de son ambiance groovie et bon enfant, des frissonnants “She Lies” et “Misunderstand”, ou du “Deeper” dont les mélodies et le violoncelle rappellent le Smart Went Crazy de Dischord. “Bosphorus” n’est autre qu’un disque collant à son époque, dans lequel il faut “juste” aller chercher une belle salve de douceur

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Double U - “A Bottle In The Sea”

A Bottle In The Sea[Album]
16/05/2005
(Karat/Discograph)

On avait quitté Double U sur un premier album prometteur sorti chez Sonar Kollectiv. Revoilà le parisien, ce “A Bottle In The Sea” sous le bras, pour sonner l’heure de la confirmation. Avec ses avant coureurs “Relax” et “Back To Reality” entre autres, “Life Behind a Window” laissait déjà entrevoir un certain talent de composition mais ne prenait clairement pas de gant pour mélanger electro, pop et folk. La fougue de jeunesse passée, Double U a cette fois apporté les ultimes finitions, a mis en avant la douceur des guitares, la mélancolie du chant plutôt que les beats electro pour pondre une grosse douzaine de titres frissonnant, débordant de sensibilité. La rythmique souvent très épurée laisse donc un énorme champs d’action aux notes de guitare acoustique et aux lancinantes lignes de chant, comme pour rappeler fréquemment Neil Young, Kings Of Convenience, Sebastien Schuller mais surtout The Notwist qui ne renierait pas la comparaison. Facile donc de se laisser emporter par le naturel, la naiveté apparente, la fluidité, voire même l’insolente facilité que peut avoir le bonhomme à nous balancer modestement quelques perles musicales à la figure (”Not a Loser”, “Such a Cry”, “Give Me Your Heart”…). La “folktronica” française a trouvé un nouvel artisan, capable de coudre à la main un album homogène et touchant qui, on l’espère, consacrera enfin son auteur. Double pouce!

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Double U - “Life Behind a Window”

Life Behind a Window[Album]
01/12/2003
(Sonar Kollektiv/Discograph)

Après un maxi sorti au printemps dernier, le parisien de Double U accouche ces temps ci d’un premier album bien loin de faire pâle figure. Surfant sur la vague constituée de pop, de folk, d’electronica voire même de hip hop, “Life Behind A Window” parvient sans conteste à accrocher l’oreille de tout auditeur adepte de mélodies et de sonorités électroniques

Bercé par des artistes tels que Boards Of Canada, The Notwist, Lali Puna ou quelques productions Mush et Anticon, Double U met donc sur bande sa créativité musicale et produit ainsi quelques titres qui feraient presque pâlir certaines de ses influences. Et ce ne sont pas ceux qui se surprendront à frissonner sur les efficaces “In Vain” ou “Relax” qui oseront dire le contraire. Mais Double U ne fait pas qu’emprunter des voies “faciles”. Il opte également pour quelques chemins plus sombres et expérimentaux (”Darker”), ou plus calmes et acoustiques (”Back To Reality”) qui ne font que confirmer tout le potentiel de cet artiste

Dommage cependant que “Life Behind A Window” se tasse au fur et à mesure de l’album. On aurait aimé qu’il soit tout du long aussi efficace que les premiers titres. Il parvient cependant à ne jamais perdre de son intérêt. Une grande carrière s’ouvre devant lui et on attend déjà les prochaines sorties pour passer des frissons aux larmes…