Dj Krush

Dj Krush

(Japon)

(7 articles)

Immortel Dj Krush…

krush

Très discret depuis la sortie de son album “Jaku” en 2004, Dj Krush n’en est pas moins actif. Pendant que ses proches concurrents de l’époque continuent de se brûler les ailes dans des productions (trop?) ambitieuses, lui reste fidèle à une marque de fabrique qui se vérifie depuis octobre dernier

Lire la suite…

Dj Krush - “OuMuPo 6″

OuMuPo 6[Album]
22/01/2007
(Ici d’Ailleurs/Rue Stendhal)

Depuis 2004, le label Ici d’Ailleurs a lancé une série d’albums concept très arbitrés, et de ce fait toujours très intéressants puisqu’ils dévoilent une partie du travail de l’artiste mis à l’honneur. Third Eye Foundation, Rob Swift, Rubin Steiner, Kid Loco, et Dj Hide sont de ceux qui ont permis à “OuMuPo” de s’imposer parmi les références pointues de l’électronique. Cette fois, c’en est un autre qui s’y colle, et non des moindres. Dj Krush, génie des platines avec déjà huit albums au compteur, a accepté, pour une fois, de contraindre sa grande liberté artistique. Car qui se colle à la série, ne fait pas ce qu’il veut. Parmi les règles principales, le réservoir musical doit être pioché dans le catalogue du label Ici d’Ailleurs et de sa division électronique 0101, la durée totale doit être égale à 42 minutes, l’album doit pouvoir s’écouter en boucle (la fin doit donc s’enchaîner avec le début en mode repeat), l’utilisation de deux titres d’une même référence est interdite, l’artiste doit utiliser les oeuvres de plus de cinq artistes du label et s’imposer sa propre contrainte en la rendant publique. Pas une mince affaire, à laquelle peu de Dj/producteurs peuvent finalement se confronter

Pour ce sixième volet, Krush s’est même compliqué la tâche en s’imposant une poignée de contraintes personnelles, dont celles de faire office de batteur complétant le mix, ou de raconter une histoire au fil des titres. Pour le coup, il n’utilise que des parties instrumentales en introduisant progressivement ses propres rythmiques, celles qu’on lui connaît, au point qu’on finit par aborder ce disque comme une nouvelle oeuvre proprement dite, sans règle ni contrainte. Ce qui n’est évidemment pas le cas: le Japonais a beau jouir d’une renommée internationale, Ici d’Ailleurs, désireux de l’opposer à quelques difficultés, n’allait pas non plus lui faire de cadeau. Il a donc pioché là ou il le fallait pour en ressortir, entre autres, les sonorités de Bastard, Thomas Belhom, The Married Monk, ou Narcophony

C’est donc sans surprise qu’on baigne dans un electro hip hop aux beats ramenés au premier plan. Ceux-là montent systématiquement en intensité, parfois même au dépend des trames de fond aux couleurs parfois logiquement orientales (”01 (Violatus)”), et souvent très sombres (”Leo”). Mais les mélanges restent toujours convaincants. Comme lorsque Krush emprunte le son de guitare ou des percussions de Thomas Belhom avant d’y mettre son grain de sel (”Who’s Big”, “Web’s Voodoo”), ou qu’il parvient à occulter la musique de The Married Monk (”Love Commander”) et la noise de Bastard en y piochant que quelques fines sonorités profitant à son oeuvre (”Locate Radiation”, l’excellent “Travelgum”). Du coup, en osant finalement pas assez et comme trop préoccupé par une constante accessibilité, on le trouverait presque trop gentillet, envers ses sources d’abord, puis avec nous ensuite. Car ce n’est vraiment que lorsqu’il aborde le répertoire de Dominique Petigand que les choses se compliquent un peu, qu’il dévoile sa science du rythme, certes moins propice aux écoutes répétitives

Alors, si ce disque, sûrement à cause de la contrainte quand même, n’atteint pas le niveau des derniers albums de Dj Krush ou, du moins, sonne assez différemment, il n’en reste pas moins intéressant, le producteur nippon parvenant sans mal à y imposer sa propre personnalité. Ce sixième volume de l’OuMuPo (accompagné des illustrations de Killofer, conceptuelles elles aussi) s’adresse donc autant aux aventuriers de la musique, ceux affectionnant particulièrement les oeuvres à la démarche bien précise, qu’aux adeptes les plus férus du Japonais

Ecoutez un extrait ici (real player requis)

Achetez sur :

  • Achat sur Amazon

Dj Krush - “Jaku”

Jaku[Album]
29/06/2004
(Columbia/Sony)

Avec ce huitième album, Dj Krush ajoute une corde de plus à sa discographie et repousse une nouvelle fois ses limites en accouchant d’un opus fortement marqué par sa personnalité musicale mais sans pour autant faire figure de pâle copie d’un précédent long format. Et à chaque fois, la même surprise, la même bouche bée, la même admiration

Dj Krush, c’est ce contraste incroyable entre lourdeur, obscurité et légèreté. Pour preuve les “Road To Nowhere”, “The Beginning”, “Univearth” ou “Slit Of Cloud”. Un paradoxe, même, qui sied à merveille à la particularité de ce “Jaku” résidant dans les régulières apparitions de sonorités traditionnelles asiatiques. Ainsi, flûtes, percussions, voix ou samples viennent, dés “Still Island”, faire monter l’intensité des morceaux, donner une profondeur indéniable et un aspect cinématographique jusqu’à aujourd’hui rarement aussi accentué dans les travaux de Krush. Comme à son habitude, en plus de jouer sur les ambiances, le japonais propose également quelques virgules purement hip hop comme sur “Nosferatu” (feat Mr Lif) ou le monumental “Kill Switch” sur lequel Aesop Rock semble trouver chaussure à son pied et nous pousse à penser qu’il n’est jamais aussi percutant que lorsqu’il pose sur les versions des autres

Tel un samouraï du son des temps modernes, Dj Krush revêt ici l’habit de maître des machines et devient pour le coup quasi irrattrapable. “Jaku” est une nouvelle fois la preuve d’une créativité musicale sans borne, d’une maturité dont plus personne ne peut douter au point de faire figure de bande originale d’un film purement imaginaire. Car en plus d’avoir le pouvoir de nous faire frissonner, Krush nous ouvre les portes de l’esprit et de l’imagination. Un luxe qui ne se refuse pas ces temps ci…

Achetez sur :

  • Achat sur Amazon

Dj Krush - “Shinsou”

Shinsou[Album]
24/09/2002
(Sony/Sony)

Le célèbre dj japonais enchaine les albums sans jamais se répéter. Alors qu’il nous avait laissé l’année dernière sur un “Zen” de haute facture mais néanmoins très accessible, il revient à la charge avec ce nouvel album prenant un chemin beaucoup plus expérimental

Certes le ton est toujours hip hop mais Dj Krush a opté cette fois ci pour l’école avant gardiste, abstract hip hop comme peuvent l’être Antipop Consortium ou Anticon, d’ailleurs tous d’eux invités sur cet album. Le traitement des sons se veut différent et donc original, l’ambiance est continuellement sombre et froide voir presque apocalyptique. “Toki No Tabiji” met en avant Inden, artiste du soleil levant, sur une version efficace au beat monstrueux; “Sanity Requiem” est une véritable démonstration en matière de maitrise de beat et d’ambiance oppressante, Antipop Consortium s’éclate sur un “Supreme Team” qui n’a jamais aussi bien porté son nom; “The Blackhole”, morceau évolutif de neuf minutes, flirte avec une jungle discrète avant qu’Anticon déchire le “Song For John Walker” permettant de les apprécier dans un univers musical un peu différent du leur. “Alepheuo” est également un monument de ce “Shinsou” notamment grâce à son sample de guitare dévastateur et la voix féminine de Angelina Esparza amenant une profondeur inédite jusque là; enfin, “The Lost Voices” jouit de l’influence dub amené par Sly & Robbie..

Tant de richesse contenue en un peu plus d’une heure nous fait hurler haut et fort que ce “Shinsou” est le meilleur album dont Dj Krush ait pu accoucher depuis le début de sa carrière. Cette critique n’engage que nous mais j’en connais déjà qui ne me contrediront pas. Indispensable.

Achetez sur :

  • Achat sur Amazon

Dj Krush - “Reload - The Remix Collection”

Reload - The Remix Collection[Album]
01/12/2001
(Sony/Import)

Si Dj Krush a su depuis le début de sa carrière amasser un nombre de fans incroyable aux quatre coins de la planète, certains artistes ne sont pas restés de marbre à ses talents de compositeur et de remixeur. Ce “Reload” va dans ce sens puisqu’il regroupe les meilleurs remixes effectués par le Dj japonais durant les années 90

Si la couleur musicale de cet album semble pencher vers le jazz et la soul, les remixes restent foncièrement hip hop à la base. Celui d’ACO qui ouvre ce “Reload” est marquée par un beat de velours sur lequel vient se poser une ligne de basse chaude accentuée par un chant féminin très soul et japonais. La lignée reste identique avec celui de Galliano qui laisse place à celui de Boom Boom Satellites, uniquement instrumental, reconnaissable par un beat beaucoup plus marqué et un sample de vibraphone. Plus tard, celui de Blue Note s’oriente sans surprise vers des influences jazz très présentes, celui de “M-Flo” présente un tempo qui n’a jamais été aussi rapide depuis le début de cet opus et un chant japonais de haute facture collaborant avec un Mc anglophone apportant une variété indéniable à l’album. Nous retiendrons également l’immanquable remix de Miles Davis, mais aussi ceux de Dragon Ash (Mc japonais) et de Herbie Hancock

Au final, un “Reload” qui, non content de s’ajouter à la déjà longue discographie de Dj Krush, illustre toute l’ouverture musicale de son concepteur. Les influences et les sources étant des plus variées, on est toujours séduit par une telle démonstration d’amour pour la musique. Dj Krush est une pointure de la musique contemporaine et ne se prive pas de le rappeler ici

Dj Krush - “Zen”

Zen[Album]
01/01/2001
(Columbia/Sony)

On connaît bien DJ Krush. En tous les cas, on connaît bien son travail. Après plusieurs albums irréprochables et novateurs, le dj japonais en remet une couche avec un album magnifique, partagé entre trip-hop de l’ancienne génération et abstract hip-hop mainstream (et oui ca existe maintenant!)

Les invités ne sont autres que Black Thought (Mc de The Roots), El-P (Company Flow, Def Jux), ?uestlove (batteur de The Roots), Zap Mama (pour un des titres fars : “Danger Of Love”), et encore bien d’autres. Les ambiances sont relativement tristes (”Candle Chant”) à tel point qu’on a parfois l’impression d’écouter le soundtrack d’un film grandiose, prenant aux tripes, poussant vos émotions à fleur de peau (”Day’s End”)

Cet album est à garder précieusement dans votre collection : il ne s’en refera probablement pas de si beaux d’ici quelques années ! Car à l’heure où le hip hop sature de productions médiocres, “Zen” est sûrement le contre-poids à toute la pléthore prétentieuse que nous connaissons malheureusement ces derniers temps. Ne soyons pas trop pessimistes et éspérons que Krush soit toujours là pour nous consoler…

Achetez sur :

  • Achat sur Amazon

Dj Krush - “Milight”

Milight[Album]
18/08/1997
(Mo Wax/Import)

Après le franc succès qu’a rencontré son précédent album “Meiso”, Dj Krush se devait de confirmer tout le bien qui s’est dit sur sa musique. C’est alors que sort Milight, cette série de non moins de 28 titres sur lesquels apparaissent de nombreux invités de marque

Naviguant dans les eaux troubles de deux scènes que sont le hip hop et le trip hop, le numéro un des Djs japonais fait forte impression dés que raisonnent les premières notes de l’intro au beat simple et à la basse envoûtante. Et c’est bien cela qui fera l’identité de ce “Milight”, une simplicité insolemment efficace. “Shin Sekai” l’illustre à merveille et fait par la même occasion hommage à la puissante scène japonaise avec la participation du Mc Rino, “Real” également avec son beat claquant et sa basse massive sur lesquels se pose Tragedy tout comme “Supanova” interprété par Finsta Bundy. Plus tard, Dj Krush collabore avec Dj Cam pendant de longues minutes sur “Le Temps”, avec Kemuri Production sur un “Hitotsu No Mirai” volontairement crade, avant que Mos Def ne s’empare du micro pour le très bon “Shinjiro”. Ce “Milight” se finira sur les probantes apparitions féminines de Eri Ohno et Deborah Anderson pour une arrivée en apothéose

Si cet album souffre parfois de quelques longueurs à cause en partie de la simplicité de ses versions, il n’en reste pas moins un très bon effort discographique, véritable exemple en matière de rythmique. A écouter au coucher ou pour devenir le roi du freestyle..

Achetez sur :

  • Achat sur Amazon