(17 articles)

Jurassic 5 - “Jurassic 5 Deluxe Re-Issue”

Jurassic 5 Deluxe Re-Issue[Album]
10/11/2008
(Decon/Modulor)

Groupe mythique du hip hop des années 90, Jurassic 5 mettait la clé sous la porte en 2007, suivant de près Cut Chemist, membre originel du groupe qui avait décidé de quitter le navire un an auparavant, sans même participer à “Feedback“, tout dernier album pourtant loin de remettre en cause la hiérarchie. On pensait alors avoir tout entendu, n’ayant plus qu’à se délecter que de bons souvenirs de scène, comme d’une poignée d’albums mythiques. Car les cinq californiens n’auront eu ni tour de chauffe, ni besoin de beaucoup de temps pour s’imposer: les dés étaient jetés dés leur premier opus éponyme sorti en 1997, introuvable depuis 2004 pour d’obscures raisons contractuelles

Logique donc que Decon, ayant mis la main sur quelques fonds de tiroir valant amplement le détour, en ressorte une énième réédition, “deluxe” comme ils disent, un terme loin d’être usurpé ici. Car hormis les treize titres originels de l’album, on y retrouve une quinzaine d’autres, inédits (”Ignition Sequence”, “The Rhythm”, “Who’s Gonna Be The Next Victim”), ou rapidement croisés sur des maxis (”Duck Boy”, “Rubber Tires”, “Long Road To Glory”, “Jayou Remix”, “Unified Rebelution”), compilations (”Verbal Gunfight”, “Ghetto Diplomat”), et passages radio assez audibles pour mériter figurer sur cette nouvelle édition

Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, ce coffret comprend également un DVD proposant un documentaire de trente minutes sur la première tournée du groupe, dont un passage par Paris en pleine coupe du monde de football 1998, blindé d’images backstage et dans l’intimité du crew. Le tout avec beaucoup d’humour, comme quand Nu-Mark simule une session de turntablism dans la salle de bain d’un hotel. Ajoutez-y le clip anecdotique de “Concrete Schoolyard”, ou plus volontiers une prestation live de 25 minutes à la Brixton Academy, et la boucle est bouclée. Jurassic 5, et son premier album de surcroît, méritait bien une telle attention.

Achetez sur :

  • Achat sur Fnac
  • Achat sur Amazon
  • Achat sur ITunes

Z-Trip - “All-Pro Soundtrack”

All-Pro Soundtrack[Album]
17/09/2007
(Decon/Nocturne)

Les ponts sont désormais récurrents entre le monde de la musique et celui des jeux vidéos. On a connu récemment les compilations dédiées aux jeux de basket, c’est cette fois le football américain qui ouvre ses portes au hip hop en le laissant ambiancer ses actions. Pour l’occasion, les éditeurs ont fait appel à Dj Z-Trip, assez discret par chez nous (sauf pour ceux étant tombés sur “Scratch”), mais très actif outre Atlantique ou il donne plus d’une centaine de représentations à l’année, des festivals aux premières parties des Rolling Stones! Et ça colle, puisque le bonhomme est également connu pour être un des précurseurs du mash up, ce mélange des genres qui s’avère souvent détonnant et qui a déjà convaincu quelques artistes comme Linkin Park (pas forcément une référence mais bon…), Jurassic 5 et Public Enemy. C’est dans un univers similaire qu’on le retrouve ici puisque cette bande originale propose de très bons titres hip hop (”Something Different feat Chali2Na”, “Automatic At It feat Aceyalone“, “On My Side feat Lateef et Slug”, et “Sudden Death feat Dj Faust”) et pioche dans le catalogue rock métal pour accompagner quelques Mcs de haute facture. Une approche déjà entendue, qui a connu son heure de gloire (”Judgement Night”), mais qui se révèle toujours efficace lorsqu’elle est réussie. Ainsi, on avoue revenir avec plaisir sur “Let The Rhythm Hit Em 2007″ ou Rakim pose sur Chevelle, “Doin’It Like This” sur lequel Z-Trip s’amuse sur Clutch, Dead Prez semble pleinement se satisfaire de Deftones, ou encore “Go Hard” ou The Gift Of Gab ne pouvait pas trouver mieux que Dub Trio pour le mettre en valeur. Dj Z-Trip passe donc l’obstacle sans dommage et se permet même de faire oublier à l’auditeur le concept parfois un peu lourd qui accompagne ce disque. Conseillé à ceux qui hésitent encore entre hip hop et métal..

En écouteDoin’It Like This

Achetez sur :

  • Achat sur Fnac
  • Achat sur Amazon
  • Achat sur ITunes

Dan The Automator - “2K7″

2K7[Album]
16/10/2006
(Decon/Nocturne)

On est désormais habitué au débordement du marché du jeu vidéo sur celui du disque. Après Amon Tobin et son “Splinter Cell Chao’s Theory”, c’est le jeu de basketball “2K6″ qui faisait parler de lui l’an passé avec son tracklisting composé de grands noms du hip hop contribuant à l’ambiance du programme. C’est une nouvelle fois celui-là, et sa version 2007, qui fait sa publicité auprès des mélomanes en s’accordant les services de Dan The Automator, chargé ici de la plupart des titres de ce disque. Et le casting est une nouvelle fois reluisant: Rhymefest, Chali 2 Na (Jurassic 5), Mos Def, Aceyalone, Ghostface, Lupe Fiasco, A Tribe Called Quest ou Zion I font partie de ceux ayant apporté leur contribution au projet. Mais ce “2K7″, tout comme son prédécesseur, n’échappe à la malheureuse règle qui souligne les trop rares compilations réussies en intégralité. C’est pourquoi, ce ne seront pas les seuls “I Love This Game feat Slim Thug”, “Champions feat Aceyalone et Rakaa”, “Catch Me feat Lupe Fiasco et Evidence (Dilated People)”, “Anchor Man feat Chali 2 Na” ou “Fade Away feat Zion I” qui nous ferons oublier que cette galette sert avant tout la soupe au jeu vidéo plutôt que de véritablement faire office d’une indispensable compilation d’inédits. Cela ne l’empêchera sûrement pas, par contre, de se retrouver dans la discothèque des cornés des pouces..

Tracklisting1. Intro2. I Love This Game - (with Slim Thug)3. Bang The Ball - (with Rhymefest)4. Don’t Hate The Player - (with Hieroglyphics)5. Ball Til You All - (with Fabolous)6. Champions - (with Aceyalone/Rakaa)7. Baller Blockin’ - (with E-40/San Quinn)8. 2K007 - (with Ghostface/A.G.)9. Catch Me - (with Lupe Fiasco/Evidence of Dilated Peoples)10. Here Come The Champ - (with Mos Def/Anwar Supastar)11. Anchor Man - (with Charli 2na)12. Lyrics To Go - (remix, with A Tribe Called Quest)13. Fade Away - (with Zion I)

Achetez sur :

  • Achat sur Amazon
  • Achat sur ITunes

Aceyalone - “Magnificient City”

Magnificient City[Album]
13/02/2006
(Decon/Nocturne)

Avouez que l’affiche est plutôt belle et alléchante! À ma droite, Aceyalone, membre des légendaires Freestyle Fellowship, de Project Blowed, adepte du hip hop west coast jazzy, et auteur d’un des meilleurs albums de hip hop américain, le fameux “Book Of Human Language”. À ma gauche, RJD2, producteur désormais reconnu, affilié au crew Def Jux (Aesop Rock, El-P, Cage…), membre de Soul Position avec son compère Blueprint, et géniteurs de deux albums salués unanimement par la critique, “In Horror” et “Since We Last Spoke”. Voilà deux figures de la scène hip hop US qui, ensemble, promettent de faire des étincelles

Et l’osmose ne tarde pas à se faire entendre. “All For U” ouvre le bal dans une ambiance chère au producteur de Philadelphie, à savoir des versions toujours très colorées soul/funk, riches en groove, en cuivres et incroyablement emballantes. Du même type, “Cornbread, Eddy And Me”, “Fire” dans un genre plus disco, ainsi que les plus sombres et electro “Mooore” et “Supahero” ne font pas redescendre l’attention et laissent penser que “Magnificient City” risque bien de tenir toutes ses promesses. Pourtant, cette première ligne droite avalée goulûment, l’enthousiasme redescend clairement avec un passage à vide provoqué par quelques titres mous, sans véritable intérêt et donc un brin barbants (”High Lights”, “Solomon Jones”, “Caged Birds”, “Junior”), seulement rattrapés en fin d’opus par un très bon et rockisant “Heaven”, un non moins indispensable “Here & Now” et un original “A Beautiful Mine”

Une petite majorité de titres seulement répondant aux attentes, la déception est quand même au rendez-vous à l’écoute de ce “Magnificient City” qui promettait pourtant de s’attribuer sans contestation possible la place d’un des albums les plus réussis de cette nouvelle année. Si ces deux univers réunis s’entendent merveilleusement à plusieurs reprises, trop de morceaux encore trahissent un léger manque d’inspiration voire même une certaine inadéquation. “Magnificient City” est donc un album trop irrégulier pour égaler les prestations solo de chacun de ses deux géniteurs, mais n’en reste pas moins une référence conseillée pour tous les adeptes de ces deux Messieurs…

NBA 2K6 - “The Tracks”

The Tracks[Album]
10/10/2005
(Decon/Pias)

Depuis la sortie du dernier Amon Tobin, plus de doute que musique et jeux vidéo peuvent aisément marcher main dans la main. Certains disent même qu’on aurait peut être là l’avenir de notre art préféré… “NBA 2K6″, bien connu des accrocs du basketball virtuel, vient enfoncer le clou, armé d’un tracklisting à faire pâlir pas mal de b boys qui, du coup, ressortiraient bien leur console poussiéreuse de l’armoire. Car le programme est alléchant: en plus des RJD2, Lyrics Born, Redman, Blackalicious, Little Brother, The Roots, Aceyalone, Hieroglyphics, Common, Jean Grae, Zion I, Aesop Rock, et Skillz (excusez du peu) venant nous plonger musicalement dans l’ambiance avec leurs inédits respectifs, le jeu proposera dans son mode “Rucker Park” un tournoi de streetball avec les rappeurs eux mêmes, auxquels s’ajouteront Method Man, Flavor Flav, et ?uestlove. Voilà un projet bien complet mais attention: chaque morceau a été composé pour le jeu et ce côté formaté que peuvent avoir certains reste décevant. “The Tracks” donne quand même une preuve indiscutable de l’intégration de la musique dans le jeu, et risque de résonner dans quelques foyers cet hiver. Eh mec, tapes pas le beat sur la manette, t’enquilles les air balls!!

Tracklisting1. “Schoolyard Scrimage Intro” - RJD22. “Big Money Talk” - Lyrics Born3. “That’s Why I’m Here” - Redman4. “Excellent” - Blackalicious5. “Carolina Agents” - Little Brother6. “Set ‘Em On Fire” - The Roots7. “Doin’ My Job” - Aceyalone8. “Throw It In Ya Grill” - Hieroglyphics9. “The Movement” - Common10. “The Jam” - Jean Grae11. “Ride” - Zion I12. “Junkyard” - Aesop Rock13. “2K6″ - Skillz14. “Schoolyard Scrimage Outro” - RJD2

Afu Ra - “State Of The Arts”

State Of The Arts[Album]
06/06/2005
(Decon/Pias)

Si Afu Ra a bien compris une chose, c’est que les Mcs penseurs arrivaient plus lentement mais plus sûrement à la reconnaissance que les peluches ridicules médiatiquement criblées. Le new yorkais, aujourd’hui âgé de 27 ans, sort un troisième album qui ne fera que le conforter dans cette voie, celle toute tracée par son premier opus “Body Of The Life Force” toujours incontournable. Disciple de Gangstarr, petit protégé de Dj Premier, le bonhomme est donc devenu, en seulement une pincée d’album, la digne relève du son underground de la Big Apple. Hip Hop est ici le maître mot, mais il est constamment baigné d’influences diverses pour faire de ces dix huit titres un bloc homogène, un concentré d’efficacité et de matière grise. C’est pourquoi, “State Of The Arts” vous fera par exemple passer d’un hip hop classique mais sans concession à des passages plus ragga, comme ce “Why Cry” avec Gentleman sur un sample déjà entendu sur le récent “Bluebird” de One Self. L’allemand n’est pas le seul à s’être acoquiné volontiers à Afu Ra. Royce Da 5′9 scelle “Pusha”, Masta Killa se pose sur un “Livin Like Dat” empirique, et Kardinal Offishal ne peut résister à la sèche ligne de basse de “Deal Wit It”. Et si on fera l’impasse sur un “Rumble” à vous faire haïr la guitare électrique, ou un “Ghetto Hell” au refrain trop commercial, on retiendra par contre, entre autres, “Sucka Free”, “Poisonous Taoist”, ou le génialissime “God Of Rap” qui pourrait bien devenir un classique des soirées hip hop. “State Of The Arts” n’est pas l’album de l’année, car trop inégal, mais il contient une poignée de titres réellement immanquables. Voilà un disque amorti!

Achetez sur :

  • Achat sur Amazon

Various Artists - “Calicomm 2004″

Calicomm 2004[Album]
30/05/2005
(Decon/Pias)

Quand on parle de hip hop west coast, on pense trop vite à ces rappeurs quincaillés, ces grosses bagnoles dont les amortisseurs rebondissent en rythme, et ces créatures féminines soumises à leurs moindres désirs. Mais derrière cette tapisserie surréaliste se cache une scène indépendante très active, dotés d’artistes devenus réellement incontournables. Je parle de Mcs de la trempe de Del, Zion I, Hieroglyphics, Bukue One, Aceyalone, Abstract Rude et j’en passe, posant par exemple sur les beats de Dj Drez ou Fat Jack

Car c’est bien eux qui se réunissent sur cette galette, album d’un collectif plus qu’une compilation. A la base, “Calicomm” est une tournée américaine dont le but est de vanter cette scène dynamique, et dont le résultat ne pouvait qu’aboutir sur une belle trace sonore qui, il faut le dire, s’imposait. Ici, les titres ne s’enchaînent pas bêtement, car tout ce petit monde a plutôt décidé de défendre cause commune et bluffera véritablement ceux qui ne les connaissaient pas encore ou, du moins, les sous estimaient. On a là quelque chose du genre: 3 producteurs, 8 Mcs, 13 possibilités auxquelles s’ajoutent quatre titres live. Et au milieu de tout cela, des exemples flagrants d’entente musicale, des moments particuliers comme ces “Ride Off In The Sunset”, “Target Practice”, Purgatory” ou “Borderline”. Et pour ajouter de l’intérêt à tout cela, les oreilles ne pouvaient délaisser les yeux. Pas étonnant donc qu’un DVD de plus d’une heure, contenant morceaux live et envers du décor, soit proposé avec cet opus

“Calicomm 2004″ est une belle revanche de l’underground sur le mainstream. Alors si vous aimez le hip hop chaleureux, fun, et surtout incroyablement qualitatif, ne cherchez pas plus loin. Promis, vous ne regarderez plus MTV et n’écouterez plus la radio de la même manière. Du tout bon…

Achetez sur :

  • Achat sur Amazon

Haiku d’Etat - “Coup De Theatre”

Coup De Theatre[Album]
26/10/2004
(Decon/Pias)

Attention voici du lourd, du très lourd. Aceyalone et Mikah 9 du légendaire Freestyle Fellowship, accompagnés par Abtract Rude, sont de retour pour le nouvel opus de Haiku D’Etat. En effet cette “Dream Team” de la côte ouest revient avec un “Coup de Théâtre”, qu’il nous tarde de découvrir

Autant le dire tout de suite, cet album est fait pour un public averti, et surtout amoureux d’un HipHop qui laisse une large place au Mc. Car ici, on a certainement la crème de la crème de la côte Ouest, à des années lumière des rappeurs de G-Funk actuels en manque d’inspiration. Ici, c’est la technique et le texte qui prédominent. Il faut dire que les trois compères travaillent ensemble depuis maintenant quelques années, et que l’équilibre des voix est ici impeccable. Tout s’enchaîne à merveille, et quand on connaît leur originalité respective, on ne peut qu’être à l’écoute de la moindre prouesse de l’un ou l’autre. Rassurez vous, la priorité faite aux Mcs n’empêche pas les versions d’être parfois, elles aussi, redoutables. Dj Drez (qui effectue d’ailleurs tout les scratchs sur cet opus), Fat Jack, Mikah 9, Spacek’s “the Isticks”, PMG, Chief Xcel et Kenny Segal apportent d’ailleurs leurs concours à la construction musicale de cet album. Du côté des rappeurs, Busdriver, Blackalicious, Lyrics Born et Lateef répondent présents à l’appel du crew. Un conseil, écoutez les titres “Mike, Aaron and Eddie”, “Poetry Take Over”, “Top Qualified”, “Built 2 Last”, ils valent de tendre l’oreille

Si vous recherchez un soupçon d’originalité, et que vous appréciez les rappeurs de talent, on ne peut que vous conseiller de courir immédiatement fouiller les bacs les plus proches de chez vous. Mais ne vous méprenez pas, pour arriver à ce niveau, il leur a fallu des années de travail (histoire de rassurer ceux qui jetteraient leur micro, persuadés de ne jamais arriver à ce résultat) et une volonté de sortir des sentiers battus. En tous cas, un “Coup de Théâtre” qui tombe à point nommé.