Deadbeat

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(Canada)

(3 articles)

Deadbeat - “Roots And Wire”

Roots And Wire[Album]
27/10/2008
(Wagon Repair/Modulor)

Qu’on ne nous fasse pas croire que ce nouvel album de Deadbeat s’ajoute aux innombrables références balancées depuis déjà trop longtemps par la techno minimale. Car si telle affiliation devait se confirmer, on aurait finalement cédé à ce courant électronique qu’on croyait seulement pouvoir apprécier avec quatre grammes dans le sang et quatre cent kilos de shit dans chaque poche

C’est une évidence, ce disque est quand même à mille lieux de ces productions linéaires, on ne peut plus chiantes, qui polluent désormais nos soirées. Quitte à choisir, le dubstep lui irait certainement mieux au teint encore (”Roots and Wire”). Car le Montréalais a quand même quelques points de différenciation non négligeables avec cette foutue minimale, qui ne font qu’élever ce nouvel album au dessus de la sombre masse. Pour preuve, hormis quelques titres clairement orientés dancefloor - “Xberg Ghosts”, “Deep Structure”, éventuellement “Sun People”, soit trois sur les huit que compte ce disque – ce sont surtout les échos et atmosphères enfumées, taillées pour Tikiman (”Rise Again”, “Babylon Correction”), qui règnent en maître

Au fur et à mesure qu’il évolue, Deadbeat renforce en effet cette marque de fabrique à la fois dub et techno, pouvant induire en erreur par son côté hypnotique (”Night Stepping”, les percussions de “Grounation”) et ses choix pour les textures ouatées, mais qu’il fait si bien sonner depuis des lustres. Donc si doubler le temps de manière récurrente vous associe systématiquement à la minimale, alors d’accord, on comprend mieux pourquoi tant de producteurs ont récemment chuté du mauvais côté de la barrière. Reste que Deadbeat, lui, est toujours en piste..

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Deadbeat - “Journeyman’s Annual”

Journeyman's Annual[Album]
13/06/2007
(Scape/La Baleine)

Melbourne aux alentours de minuit, solitude et festivités, où est passé mon Amour

Turbulence, bagage perdu, remboursez-moi, train de nuit pour Paris..

Rassurez-vous, je ne vous résume pas mes vacances, je vous traduis simplement quelques titres du nouvel album de Deadbeat, “Journeyman’s Annual”. On devine sans peine que le Montréalais a composé ce quatrième opus entre deux escales d’une tournée de dates à faire vrombir les basses de tous les sound-systems de la planète

C’est en effet plus ou moins la façon dont Scott Monteith a passé les deux dernières années, depuis la sortie de son “New World Observer”. Il a donc eu tout à loisir de vérifier ce qui fonctionnait (ou pas) sur les dancefloors. Et il faut croire qu’il est un peu revenu des ses amours avec le dub minimal cher à ~scape, son label allemand. Moins ambient, moins abstrait et moins froid (bon, on en n’est pas encore à la salsa!) que ses travaux précédents, ce nouvel album revient aux plaisirs organiques de la danse, sans pour autant abandonner son univers personnel. Il semblerait aussi que Monteith ne soit pas resté insensible aux charmes du dubstep londonien qui est en train d’infiltrer toutes les sphères électroniques

L’album démarre pourtant en terrain connu avec un dub très lent et atmosphérique, où résonne le violon de Sophie Trudeau, voisine de pallier chez A Silver Mount Zion (et ex-Godspeed You! Black Emperor). Mais, assez rapidement, quelques morceaux viennent nous rappeler les explorations souterraines de Kode9, The Bug ou Burial (”Night Train To Paris”, “Where Has My Love Gone”, “Turbulence”, “Loneliness and Revelry”…) et les clins d’oeil à un certain dancehall originel se font même à la vue de tous (cf. le ragga digital “Gimme A Little Slack” et son siamois “Gimme A Little Dub” où son compatriote Jah Cutta vient pousser du toast sur un tapis de percussions électroniques). A vrai dire, on est même presque étonné ne pas retrouver Roots Manuva au détour d’un refrain, tant l’atmosphère embrumée de cet album rappelle le bashment du MC londonien

On entend néanmoins quelques voix, outre celle de Jah Cutta. MC Bubbz de Bristol s’égosille sur “Refund Me” sans impressionner plus que cela, et Moral Undulations spokenworde sur “Deep In Country” sans non plus révolutionner le genre. Heureusement, Deadbeat a eu la très bonne idée de greffer en fin d’album le remix de “Black Stacey” réalisé pour Saul Williams en 2005. On redécouvre le tube du Black Poet dans une version boostée aux infrabasses qui lui va à ravir, même si la texture des sons de Deadbeat a sérieusement évolué depuis, comme on peut l’entendre sur ce remix. Ca laisse même un peu rêveur sur ce que pourra donner le travail de Deadbeat lorsqu’il trouvera des voix à la mesure de son talent..

“Journeyman’s Annual” est donc un bon album, mais on reste persuadé que Deadbeat se réserve son chef d’oeuvre pour la suite… Qui vivra verra

Ecoutez un extrait iciTracklisting1. Lost Luggage2. Melbourne Round Midnight3. Night Train to Paris4. Refund Me5. Where Has My Love Gone6. Deep in Country7. Turbulence8. Gimme a Little Slack9. Gimme a Little Dub10. Loneliness and Revelry11. Black Stacey (Deadbeat Remix)

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Deadbeat - “Wild Life Documentaries”

Wild Life Documentaries[Album]
20/11/2002
(Scape/La Baleine)

Depuis sa création, Scape, à la base un label d’electro dub, a progressivement ouvert son catalogue à des artistes divers mais s’est dernièrement attelé à reprendre sa couleur musicale originale grâce à des producteurs de la trempe de Deadbeat. Originaire de la productive scène de Montréal, Scott Monteith déboule sur le label allemand pour donner naissance au successeur de “Investigation Of Dub On The Cellular Level” qui a juste la prétention de contenir tous les éléments types du dub

“Wild Life Documentaries” n’est en rien un album ou l’on peut se permettre de zapper un quelconque morceau. Deadbeat réussit ici à donner un fil conducteur à son opus qui débute sur le planant et sans rythme “Open My Eyes That I May See” pour progressivement s’enfoncer dans un dub plus puissant à l’image de “Dub For Akufen” ou “To Berlin With Love” et finir sur la descente idéale que proposent “When First You Gave Me Shivers” et “Kezia”. Pourtant le travail de Scott ne peut se résumer à cela. Impossible de ne pas noter le travail effectué sur “Let It Rain” ou l’on peut entendre un sample de pluie se fondre dans des sonorités de cymbales; ou sur “Cause For Hope” ou l’exploration musicale va jusqu’à marier les cordes aux rythmes d’un semblant et lointain dancehall

N’allez surtout pas chercher en Deadbeat une quelconque ressemblance avec les artistes novo dub français car vous n’y trouverez que très peu de ressemblances. En effet, le travail de Scott Monteith ne fait pas passer la rythmique en priorité mais plutôt les ambiances, les sons et les effets. Sans réel relief, ce “Wild Life Documentaries” n’en est pas moins intéressant mais cible avant tout les oreilles affûtées, à la recherche d’un certain concept plutôt que du groove

Ecoutez un extrait sur le site Scape

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