Dalek

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(USA)

(6 articles)

Aucan lance sa série de remixes avec l’album en ligne de mire

aucan

On vous l’annonçait il y a quelques jours: Aucan lance dès aujourd’hui sa campagne de remixes. Chaque semaine, le groupe italien dévoilera un nouveau titre, jusqu’à mi-avril et la sortie d’un album qui les collectera tous. Pour lancer les hostilités, c’est Iconaclass - Mc de Dalek - qui se colle à “Storm”

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Dalek - “Gutter Tactics”

Gutter Tactics[Album]
26/01/2009
(Ipecac/Differ Ant)

On y a droit à peu près tous les deux ans: les esprits hantés du New Jersey sortent des catacombes quand résonne un nouvel album de Dalek, ce duo local devenu en une poignée d’albums l’égérie d’un hip hop poussé à l’extrême, attaché aux racines de sa culture tout en flirtant autant avec le shoegazing de My Bloody Valentine qu’avec le métal des Melvins. Ainsi, Dalek et son producteur Oktopus sont aujourd’hui parmi les rares entités du genre à pouvoir se targuer de rameuter les publics métal et noise à leurs séances de hip hop bruitiste. Pas rien quand on sait à quel point tous sont fidèles à leurs chapelles respectives..

“Gutter Tactics” sonne donc l’heure d’un nouveau ralliement nocturne, ou tous viennent puiser à la source leur énième expérience sonique. Et ils ne regretteront pas le déplacement tant le duo, qui est allé chercher des samples taillés pour lui chez des musiciens de la trempe de Destructo Swarmbots, offre encore ici ce qu’il a de plus mystérieux et oppressant, tout en atteignant des profondeurs jamais atteintes jusque là (”Los Macheteros/Spear Of a Nation”). Ainsi, et le plus intelligemment du monde, Dalek arpente son territoire désormais bien connu, n’affiche aucune concession, vous prend à la gorge, vous arrache la carotide, aspire votre sang comme on boit à la paille, le tout sous votre regard mêlant à la fois effroi et addiction. Car c’est bien ce qu’il a de plus malsain qui fait tout son charme: ses interminables dissonances qui s’étalent comme une mer d’huile sous le flow calme et imperturbable de Mc Dalek (”No Question”, “Armed With Krylon”, l’excellent “We Lost Sight” et l’apogée “Gutter Tactics”)

A peine plus fréquentables, certainement beaucoup plus vicieux aussi, la lente descente en enfer “Who Medgar Evers Was” comme les plus hip hop “Street Diction” et “2012 (The Pillage)”, prennent des chemins déjà arpentés par le Dalek des débuts, proche de l’univers El-P pour ne citer que lui. Cet état des lieux fait, “Gutter Tactics” se place fièrement entre l’indéboulonnable “Absence” et le plus récent “Abandoned Language“, soit à mi chemin entre la mort et la décomposition. Ne reste plus qu’à bouffer les pissenlits par la racine

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Dalek - “Deadverse Massive Vol1: Dalek Rarities 1999-2006″

Deadverse Massive Vol1: Dalek Rarities 1999-2006[Album]
23/07/2007
(Hydra Head/Pias)

Jusqu’ici plutôt réputé pour ses groupes de post/hardcore ou d’indus/metal (Isis, Pelican, Cult Of Luna, Jesu…), le label Hydrahead ouvre les pages de son catalogue au hip hop avec cette compilation d’inédits et version rares de Dälek. Pas sûr que les fans de Jay-Z et 50 Cent s’y retrouvent pour autant..

Le duo du New Jersey a de fait davantage d’affinités avec les extrêmes des scènes rock ou électronique qu’avec ses collègues b-boys, et ça s’entend méchamment dans leur musique. Refusant tout formatage artistique (le groupe est habituellement signé sur Ipecac…), Dälek (le MC/producteur) et Oktopus (le beatmaker) ont en effet prouvé à maintes reprises que les frontières entre les genres étaient de plus en plus obsolètes en collaborant aussi bien avec Dj Spooky, Isis, Techno Animal, Knut, Faust ou Sofa Surfers

Leur dernier album en date, “Abandoned Language“, délaissait quelque peu les fulgurances noisy de leurs précédents opus pour explorer plus intimement les atmosphères délétères chères aux films de David Lynch. Si ce revirement de situation en a surpris quelques-uns, cette compilation aura le mérite de montrer que ces aspirations ne datent pas d’hier. Regroupant des morceaux et remixes inédits ou parus sur des disques parallèles entre 1999 et 2006 (voir détails en bas de la chronique), “Deadverse Massive Vol.1″ constitue une approche relativement différente, mais non moins pertinente, des travaux du duo

Les déflagrations bruitistes qui peuplaient leurs précédents albums avaient peut-être effrayé les fans de rap indépendant (Saul Williams, Sensational, El-P…). Des morceaux comme “Megaton”, “Ruin It, Ruin Them, Ruin Yourself, Then Ruin Me”, “Desolate Peasants”, “Streets All Amped”, “Ascension” ou “Maintain” pourraient bien leur faire découvrir un tout autre visage de Dälek, plus accessible sans pour autant perdre en qualité. Un flow rocailleux, parfois proche du spoken word, se fraie un passage entre des beats lourds et des samples ciselés au millimètre. Le duo amoncelle là quelques munitions qui devraient faire mouche sur le public hip hop

De leur propre aveu, les deux hommes puisent autant d’inspiration chez My Bloody Valentine ou le Velvet Underground que chez Public Enemy ou KRS One. Et c’est vrai que des morceaux comme “Vague Recollection” ou “Back To Burn” pourraient sans problème séduire les shoegazers les plus exigeants, tandis que l’instrumental inédit “Angst” nous rappellerait presque le Four Tet d’antan (période “Rounds”)

Parmi les quatre remixes passés à la moulinette des studio Deadverse, celui réalisé pour les poppeux de Enon (”In This City”) est peut-être le plus consensuel et par conséquent le plus dispensable. Dans un genre assez similaire, on lui préfère largement la relecture ouateuse accordée aux Suisses de Velma (”Rouge”)

Dälek ne s’interdit donc aucun domaine et assume pleinement ses contrastes, comme en témoigne l’écart qui existe entre le très long inédit “Music for ASM” (composé à la base pour une performance aux côtés d’une petite quinzaine de musiciens issus du collectif avant-gardiste Anti-Social Music), presque abstrait et ponctué de silence, et la fureur assourdissante de “3:46″, que ne renieraient pas les plus grands noms de la noise

En conclusion, il serait fort dommage de négliger ce “Deadverse Massive” sous prétexte qu’il emprunte des chemins de traverse. N’oublions pas que c’est souvent par là qu’on découvre les plus beaux paysages… Et si le “Vol.1″ du titre appelle logiquement un “Vol.2″, espérons y trouver les remixes effectués pour Isis, Knut ou Zu. Les fans de Jay-Z et 50 Cent attendront bien encore un peu de toute façon..

Tracklisting1. Megaton (Deadverse Remix)From “Techno Animal vs. Dälek” split 12″ (Matador, 2000)2. AngstPreviously unreleased (1999)3. Ruin It, Ruin Them, Ruin Yourself, Then Ruin Me (Deadverse Remix)From “Kid606 vs. Dälek split 12″/CD” (Tigerbeat6, 2002)4. Vague RecollectionFrom “Kid606 vs. Dälek split 12″/CD” (Tigerbeat6, 2002)5. Desolate PeasantsFrom “Dälek vs. Velma split 12″” (Namskeio, 2002)6. Rouge (Deadverse Remix)From “Dälek vs. Velma” split 12″” (Namskeio, 2002)7. 3:46From “Dälek vs Dalek 7″” (Man Vs Ape, 2002)8. In This City (Deadverse Remix)From Enon’s “In This City Remix EP” (Touch and Go, 2003)9. Music for ASMPreviously unreleased (2003)10. Streets All AmpedFrom “Streets All Amped 12″” (Ad Noiseam, 2006) 11. AscentionFrom “Streets All Amped 12″” (Ad Noiseam, 2006) 12. MaintainFrom “Streets All Amped 12″” (Ad Noiseam, 2006) 13. Back to BurnFrom “Streets All Amped 12″” (Ad Noiseam, 2006)

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Dalek - “Abandoned Language”

Abandoned Language[Album]
27/02/2007
(Ipecac/Differ Ant)

Dalek est en place depuis la fin des années 90, depuis qu’il s’est acoquiné avec le producteur Oktopus notamment. Pourtant, ce n’est qu’en 2002, lorsqu’il rejoint Ipecac, le label de Mike Patton, que sa renommée s’est mise à grandir. Jusqu’à ce dernier album, “Absence”, unanimement accueilli, qui affichait une personnalité musicale à part, clairement hip hop mais baignée de guitares pour un tableau final sombre, oppressant et noise. Cela, personne au sein de la scène rap ne l’avait proposé jusqu’alors. Il aurait donc été facile pour Dalek de renouveler l’opération, et de faire de cette recette sa combinaison gagnante. Mais comme pas mal d’artistes du label, ce genre de politique n’est pas vraiment de mise. Avec ce “Abandoned Language”, il se réinvente, jugeant qu’il ne pouvait pousser plus loin cette brèche ouverte avec “Absence”, au maximum de la lourdeur et de la densité, sans se répéter bêtement. Dalek change alors d’orientation musicale, tout en ne surprenant pas vraiment. Car, fidèle à ce qu’il a toujours été, le hip hop de ces deux Américains ne voit pour ainsi dire pas la lumière. Les nappes saturées de “Absence” ont laissé la place à des notes plus distinctes (”Tarnished”), tout en gardant cette attirance pour les ambiances oppressantes, sombres et tendues à souhait. Du coup, “Abandoned Language” prend une tournure plus conventionnelle, plus proche en tous les cas de ce que le hip hop a l’habitude de proposer (”Isolated Stare”, Subversive Script”). Mais une tournure seulement, car quand on se plonge dans les noires profondeurs de cet album, on finit par y déceler toute la particularité de Dalek: goûtez par exemple aux cordes totalement possédées et imprévisibles de “Lynch” pour avoir un aperçu de ce que ces deux producteurs peuvent proposer à l’extrême. Bref, “Abandoned Language” présente un duo ayant simplement changé d’habit sans jamais avoir remis en question sa personnalité. De là, l’auditeur arrive aux mêmes conclusions que sur les précédents efforts, tout en passant par un chemin assez différent. Ce nouvel album est incontestablement aussi complexe que ses prédécesseurs, aussi dangereux également du fait qu’il attire par ses mélodies mais vous entraîne vicieusement dans un monde bizarre, et séduira ainsi les fans de musique expérimentale comme le public hip hop mainstream à la vision dégagée. Un disque intelligent en somme..

En écouteParagraphs Relentless

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Dalek - “Absence”

Absence[Album]
08/02/2005
(Ipecac/Chronowax)

Il arrive un moment où l’amateur de musique se retrouve submergé par le poids de sa discothèque, où chaque plongée dans un nouvel album semble déja parcourue d’avance, où la lassitude prend quelque peu la place de la curiosité. Le meilleur remède dans ce cas là, c’est de (re)découvrir un artiste sonnant de façon totalement personnelle, qui ne ressemble à aucun autre

Dalëk est certes loin d’être un nouveau venu après quelques albums et surtout maxis semés ici et là, mais il revient à point nommé avec ce “Absence” hybride et multigenre encore plus difficile à classifier que ses travaux précédents: ici le flow est atypique, plus proche de la déclamation que des scandements habituels. Les instrus sont marquées par l’electronica la plus sombre et seulement remuées par des beats hiphop réduits à l’essentiel, le tout enrobé dans un flot déstabilisant de guitares rageuses filtrées et triturées

Au final “Absence” constitue la quintessence du style de Dalëk, à l’efficacité renforcée par la mise en retrait des fioritures parfois trop obscures qui parsemaient l’album précédent: un hip hop glauque et poisseux, d’une profondeur organique, bien loin de la simplicité digitale habituelle, et dont l’atmosphère n’est pas très éloignée de celle du Doom ou du Sludge

La personnalité de cette musique prend désormais toute son ampleur, amplifiée par des boucles lourdes et ciselées par des stridences lancinantes (”Asylum”, “A Beast Caged”), à tel point que tout l’album semble n’être composé que d’une longue plage plombée et presque éprouvante de noirceur, parfois percée de quelques moments légèrement moins cauchemardesques (”Culture For Dollars”, “Ever Somber”)

Avec ce “Absence” brillant d’une beauté malsaine, Dalëk synthétise enfin dans nos oreilles sa pierre philosophale, dont l’originalité cause un réel plaisir, seulement tempéré par la légère crainte d’un repli sur soi un peu trop autiste de l’artiste.

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Dalek - “From Filthy Tongue Of Gods And Griots”

From Filthy Tongue Of Gods And Griots[Album]
01/09/2002
(Ipecac/Chronowax)

Voilà un artiste qui nous était inconnu et qui s’inscrit directement dans la lignée des groupes hip hop les plus expérimentaux alliant avec subtilité les rythmes du genre avec le côté bruitiste du rock nous rappelant de temps à autres Faust ou Velvet Underground. Ce “From Filthy Tongue” n’est autre que son deuxième album de hip hop apocalyptique qui fait suite à un “Negro, Necro, Nekros” qui avait ramené, à cette époque, le monde entier à ses bottes. Nul doute qu’il en sera de même avec ce deuxième essai

Les morceaux de cet album dégagent une intensité incomparable (”Spiritual Healing”, “Classical Homicide”) grâce notamment à des rythmiques dévastatrices (”Speak Volumes”, “Voices Of The Ether”), appuyée par des arrangements innovants (”Hold Tight”, “Trampled Brethren”, “Forever Close My Eyes”) apportant une couleur inédite au genre et nous rappelant parfois ce que Techno Animal a pu proposer lors de ses précédentes productions. Nous retiendrons également plus particulièrement “From More Hills” avec sa version complète et oppressante et son flow sombre, l’interlude “Heads” et sa fin destructrice

Dalek nous a convaincu. Son travail sur les sons et les ambiances en font un des artistes les plus innovants comme pouvaient l’être Antipop Consortium dans un registre plus électronique. Reste à apprécier ces compositions en concert ou la réputation de l’homme n’est parait-il plus à faire. Un album qui tombe à pic pour tous les frustrés ne se satisfaisant pas de la stagnation musicale actuelle

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