Daddy Kev

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(USA)

(4 articles)

Awol One & Daddy Kev - “Killafornia”

Killafornia[Maxi]
01/08/2005
(Alphapup/2 Good)

C’est en 2001 que Awol One et Daddy Kev ont commencé à suivre une carrière de duo, en parallèle à leurs projets respectifs. Car, quand le premier n’est pas pris par les Shapeshifters, et que le deuxième ne travaille pas pour Busdriver, The Grouch, Freestyle Fellowship, Sage Francis ou Mix Master Mike, les deux angelinos réunissent leur talent. Comme sur leur premier album “Souldoubt”, leur second “Number 3 On The Phone”, ou sur l’expérimental “Slanguage” sorti chez Mush. “Killafornia” est donc leur nouvelle livraison, première vocale de leur label Alphapup, et comprend cinq titres de très bon hip hop west coast, paradoxalement mou et entraînant. Car quand un bon gros riff de guitare mène la danse par ci, ou qu’une bonne basse funky capte l’attention par là, c’est Awol One qui attire les projecteurs avec un flow calé au millimètre, quand il n’est pas appuyé par D Styles aux platines. On n’a donc pas mis longtemps à élire le “The Unwanted” d’ouverture parmi nos morceaux hip hop de l’été. Excellent. Au point que le reste de ce maxi ne paraisse bien fade et ne se satisfasse que des miettes. Mais les plus attentifs d’entre vous ne manqueront certainement pas le dansant “Looks Like”, un “Unlucky Number” bluesy ou un “Dead Bartender” plus jazz. Bref, on ne va pas vous cacher qu’on aurait volontiers accepté double dose. Patience, car ça viendra sûrement…

Interview : Daddy Kev (07-2005)

Interview : Daddy Kev (07-2005)

Producteur de renom, récent fondateur de son propre label… Il y a avait beaucoup à demander à Daddy Kev. C’est chose faite!

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The Grouch / Daddy Kev / D-Styles - “Sound Advice”

Sound Advice[Album]
01/09/2003
(Legendary Music/Import)

C’est avec surprise que l’on découvre cette nouvelle sortie de la plus que jamais prolifique Californie. C’est en effet une alliance inhabituelle que de voir réunis sur un même opus le “légendaire” The Grouch des Living Legends et Daddy Kev, producteur à qui on doit notamment les excellents “Souldoubt” et “Number 3 On The Phone”. La présence du turntablist D-Styles, ayant collaboré à l’élaboration de “Slanguage”, nous fait pressentir un mélange hip-hop jazz

C’est immédiatement que l’effet “Sound Advice” se fait sentir, une envie indéniable de bouger la tête s’empare de vous dès l’intro. Square One ouvre le bal avec un The Grouch surprenant, qui nous gratifie d’un flow plus technique qu’à l’accoutumée. L’ambiance classique et percutante servie par Daddy Kev dans “Square One” et “Opening Spit” semble l’inspirer. Mais c’est ensuite le jazz qui va nous suivre pendant le reste de l’album. Et quel jazzm! Les lignes de contrebasse sont à la fête, tantôt groovies (”All Gotta Live”) et magnifiquement accompagnées pas un piano terriblement efficace, tantôt agitées et à la limite du free jazz (”Nowadays”, “Dollars For Not”)

“Sound Advice” fait preuve d’une grande homogénéité, mis à part le très beau et mélancolique “Visibly Vocal” et sa structure plus traditionnelle sur laquelle The Grouch s’en donne à coeur joie. On dirait que l’infidélité faite à ses petits copains des Living Legends lui donne des ailes et lui permet d’explorer des chemins qu’il n’avait jamais foulé dans de précedents projets

“Sound Advice” est un album indispensable dans lequel Daddy Kev se pose comme l’un des meilleurs producteurs du moment en matière de hip-hop teinté de jazz. Un seul reproche pourrait être fait, personne n’est parfait, la durée: 20 minutes de cette qualité, ça passe vite et avec des artistes aussi talentueux aux commandes, on aurait préféré attendre un peu plus pour avoir un petit quart d’heure de plaisir supplémentaire. Encore une sortie qui mériterait plus d’attention de la part des médias et donc du public.

Awol One And Daddy Kev - “Slanguage”

Slanguage[Album]
24/03/2003
(Mush/Chronowax)

C’est au tour de deux acteurs de la scène indépendante hip-hop de la côte ouest des Etats-Unis de signer sur un de nos labels favoris: Mush records. Awol One et Daddy Kev ont déjà une discographie imposante et nous font part ici d’une maturité sans conteste

Autant le dire tout de suite : “Slanguage” est un album hors du commun. 22 titres étranges s’enchaînent pour laisser une première impression ambiguë. Les plus tordus des auditeurs (dont nous faisons partie) se laisseront séduire seulement au bout de plusieurs écoutes. L’approche est difficile, vacillant entre des sons familiers au hip-hop et un ensemble très “free”. C’est en effet le sens dans lequel ont semblé vouloir se diriger nos deux rappeurs envoûtés : du free-jazz-hop (ça devait arriver)

La plupart des morceaux risquent fort de laisser les dancefloors de marbre, mais enflammeront les enceintes des férus d’expérimentations organiques, de déconstruction massive. La conception musicale est assurée par Daddy Kev, les paroles et leur interprétation par le rappeur à la voix et au flow reconnaissables entre mille : Awol One. Nous passons de titres assez ‘classiques’ hip-hop jazz sans pour autant en rappeler aucun, à des morceaux aux sonorités lointaines aux scratchs étranges accompagnés de solos de batterie et d’envolées sauvages. Nous sommes loin des productions précédentes des deux acolytes, leur évolution pourrait être comparée à celle de certains Miles Davis ou autres John Coltrane, n’hésitant pas à briser le carcan qui pourrait les enfermer dans une direction musicale lassante

Il semble donc que Mush laisse une entière liberté à ses artistes, leur offrant un espace d’expression qu’aucun autre label ne permettrait, nous donnant alors l’occasion de savourer les productions les plus schizophrènes et névrosées d’artistes dégoulinant de créativité. Le résultat est saisissant, séduisant, on y retourne avec le sourire en sachant que si chacun était aussi névrosé que ces deux là, le monde du hip-hop tournerait cent fois mieux (mais vendrait mille fois moins…)

A se procurer sans plus attendre.