Album
(Crammed)
16/09/2011
Folk
L’histoire du groupe encensé par Pitchfork, on commence à connaître. Celle qu’on connaît moins, c’est celle d’un groupe qui, en plus de collaborer avec, a fait pleurer l’émouvant Bon Iver. En une phrase, la messe pourrait être dite. Ce serait ignorer la curiosité insatiable de Megafaun pour les émanations musicales contemporaines.

Début novembre 2010, la célèbre série Congotronics - initiée par le label Crammed Discs - mettait au monde la double compilation Tradi-Mods vs Rockers sur laquelle la scène indie rock rendait hommage aux Konono n°1 et Kasai Allstars (parmi d’autres)
Album
(Crammed Discs)
04/04/2011
Punk funk bricolo
Bière, frites et moules… Voilà à quoi se résume encore trop souvent la Belgique chez le commun des mortels. À ces stéréotypes s’ajoutent, chez les oreilles musicales, la classe de dEus, le charisme de Ghinzu, la douceur de Girls In Hawaii, et l’esprit festif de Soulwax. Mais, réputés aussi pour leur humour, ne manquait plus à nos voisins Belges qu’un groupe totalement décalé, un peu dingue et définitivement original, capable d’ajouter en un coup à l’arc les cordes du plaisir, de la danse, et d’une joie de vivre en tous points communicative.
Album
(Crammed)
17/05/2010
Actif depuis la fin des années 60, l’orchestre congolais Konono n°1 n’a cependant été révélé sur la scène internationale qu’en 2005, à l’occasion de la sortie du premier volet de la série “Congotronics” réalisée par le belge Vincent Kenis (notamment producteur du premier album de Zap Mama), qui s’est immédiatement élevé au rang de référence incontournable de la world music. Après plus de quarante ans passés à jouer de la musique pour le seul plaisir qu’elle procure, Konono n°1 a ainsi connu un engouement planétaire, relayé par la presse mondiale la plus pointue et les plus grands artistes internationaux contemporains
Album
(Crammed)
02/03/2009
Sale, pourrie, effondrée, malade, misérable… Autant d’adjectifs qui sont couramment employés pour qualifier Kinshasa, capitale de la République Démoncratique du Congo, et évoquer ainsi la situation chaotique qui règne dans la ville. Mais si la mort et la détresse y sont effectivement présentes à chaque coin de rue, beaucoup oublient trop vite que «Kin» est aussi un extraordinaire lieu de vie, une ville qui lutte pour enrayer la fatalité, et qui fût le berceau de la musique africaine dans les années 70. Lire la suite…
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14/05/2007
(Crammed/Wagram)
Balkan Beat Box, c’est au départ un duo formé par deux émigrés israéliens à New-York dans les années 90: Tamir Muskat, percussionniste imprégné depuis sa plus tendre enfance par la culture de sa mère roumaine, et Ori Kaplan, clarinettiste et saxophoniste talentueux. Depuis, le groupe des deux compères a fait du chemin, et c’est désormais dans le quartier de Williamsburg à New-York (qui rassemblait à l’origine les diasporas d’Amérique du Sud et d’Europe de l’Est, pour devenir plus récemment un centre artistique et polyculturel très en vogue dans la métropole) que l’expérience Balkan Beat Box a pris racine
Néanmoins, les deux compagnons de route n’ont pas choisi de s’enfermer dans leur face-à-face mais bien plutôt d’ouvrir leur projet à d’autres artistes, notamment européens, afin de renouer avec leurs origines et de faire de leur “balkan beat box” une interface de métissages culturels. A chaque spectacle des new-yorkais se retrouvent donc des musiciens espagnols, bulgares, marocains, palestiniens, israéliens, iraniens et turques pour un voyage musical au coeur de l’Europe orientale, particulièrement explosif et endiablé. C’est dans cette optique de rencontre et de partage que les Balkan Beat Box ont choisi d’intituler leur dernier album “Nu Med”, abréviation de “Nouvelle Méditerranée”, en référence à la conception d’une Méditerranée élargie et pacifiée dans la musique, transcendant les conflits politiques qui ensanglantent le Moyen-Orient
Ce deuxième opus des new-yorkais se présente ainsi comme un grand patchwork de sonorités, à dominante tzigane et balkanique, auxquelles sont néanmoins associées des touches électro et hip-hop. Tout ceci participe à la volonté clairement affichée par Muskat et Kaplan de “moderniser” des musiques du monde traditionnelles en y injectant tout un ensemble d’effets et de rythmes issus des dancefloors contemporains. Mais l’expérience ne s’avère malheureusement pas des plus concluantes… Car si ce “Nu Med” se trouve traversé par de très bons morceaux aux influences tziganes et orientales (”BBBeat”, et ses percussions dansantes, “Gyspsy Queens” et ses cuivres chaleureux), il renferme aussi plusieurs titres assez lassants dans lesquels la pilule du mélange des genres est un peu dure à avaler (”Digital Monkey”, “Pachima”, “Delancy”). Les effets electro, souvent trop peu travaillés, ont en effet bien du mal à se fondre harmonieusement aux instrumentations riches et vitaminées qui, finalement, se suffisent à elles-mêmes. Dans le genre fusion, on retiendra tout de même “Quand Est-Ce Qu’On Arrive” et “Baharim”, titres hybrides de reggae balkanique beaucoup plus réussis..
Au final, les Balkan Beat Box peinent donc à convaincre dans leur volonté de mettre au goût du jour des musiques acoustiques chargées d’histoire. On ne peut cependant pas remettre en cause la force, l’énergie et la joie de vivre qui se dégagent de certains moments de “Nu Med” et qui constituent la marque de fabrique des new-yorkais, ni même l’intérêt de leur projet, qui reste avant tout basé sur l’échange et la création entre artistes d’horizons différents. Ainsi, les Balkan Beat Box réussissent à façonner une “musique du monde” au sens propre du terme, et livrent un deuxième opus, qui, malgré ses imperfections, réjouira à coup sûr tous les adeptes des univers d’Emir Kusturica et de Goran Bregovic, la touche “club” en plus..
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13/11/2006
(Crammed/Wagram)
Les musiciens français de Lo’Jo et touaregs de Tinariwen avaient-ils une petite idée en 2001 de ce qu’ils allaient engendrer en contribuant à la création du Festival Au Désert en plein coeur du Sahara, pour restaurer une tradition ancestrale touarègue perdue depuis plusieurs décennies? Pouvaient-ils alors deviner que Robert Plant (chanteur du mythique Led Zeppelin) allait se passionner pour le projet jusqu’à venir y jouer lors de la session 2003? Que cet invité de luxe allait tourner les projecteurs du monde entier sur ce festival hors-normes? Que le disque enregistré pendant cette édition allait entrer directement parmi les meilleures ventes de la catégorie world music des charts US, lançant ainsi le succès international tant mérité de Tinariwen? Que le festival allait malheureusement vite se transformer en une nouvelle lubie pour groupe occidental en mal de crédibilité tiers-mondiste? Qu’aujourd’hui toutes les maisons de disques essayent de nous refourguer la nouvelle sensation touarègue de derrière la dune, de la grosse arnaque (Desert Rebel) à l’artisan honnête mais pas transcendant (Toumast)
Ce peuple nomade, qui préfère qu’on l’appelle Kel Tamashek (”ceux qui parlent le Tamashek”, alors que le mot Touareg, d’origine arabe, les détermine donc plutôt du point de vue de l’oppresseur), a pourtant su imprégner sa musique de ses pérégrinations, de la solitude du désert et du blues de l’oppression. Elle résonne l’errance et l’exil. Elle sent la poudre et les combats pour la reconnaissance. Jusqu’à présent, cette musique n’avait trouvé plus fier et meilleur ambassadeur que le “Amassaakoul” de Tinariwen (dont on attend le successeur le mois prochain!)
Le Touareg nouveau s’appelle cette fois Tartit et fait lui aussi heureusement partie des grands crus. Il nous est servi par le très bon label belge Crammed Music (Cibelle, Carl Craig, Tuxedomoon, Arto Lindsay…) et est produit par Vincent Kenis, à qui l’on doit l’excellente série des “Congotronics”, sur le même label… Ce groupe, à l’origine composé uniquement de femmes, existe depuis plus de quinze ans et a souvent été comparé à un Tinariwen au féminin. On l’a d’ailleurs lui aussi découvert en Occident sur cette fameuse compilation du “Festival Au Désert 2003″. Aujourd’hui, le groupe s’articule autour de 5 femmes et 4 hommes, mais est toujours mené par l’infatigable Fadimata Walett Oumar alias “Disco”
Leur troisième et nouvel album, “Abacabok”, est toutefois moins électrique que peuvent l’être les deux disques de Tinariwen. Si quelques titres peuvent toujours confondre une oreille non avertie (”Ansari”, “Houmeissa”, “Tadsaq”…), l’ensemble de l’album est néanmoins plus calme, plus acoustique, j’aurais envie de dire plus traditionnel, même si je ne suis pas sûr que ça veuille signifier grand-chose… Disons qu’on y retrouve peut-être mieux les origines berbères du peuple Tamashek que dans le blues électrifié de Tinariwen. Ca n’empêche en tout cas aucunement d’atteindre la transe recherchée (”Eha Ehenia”, “Cargouba”, “Assinaina”, “Tihou Beyatene”…)
Tambourins, cordes, flûtes, choeurs et clappements de mains transportent doucement l’auditeur aux dessus des cimes ensablées pour le laisser comme suspendu à ces mélopées sublimes et intemporelles, dans une harmonieuse sensation de sagesse et de sérénité. En ces temps de connerie humaine exacerbée, autant dire que l’écoute de ce disque est plus que fortement conseillée
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