(16 articles)

Counter Records - “Strike!”

strike180Album
(Counter)
05/10/2009
Rock

Répétons le une fois de plus: à l’heure ou la musique se consomme au format MP3 et qu’elle est désormais le plus souvent “faite maison”, la compilation ne présente plus aucun intérêt quand elle ne fait qu’aligner des titres extraits d’albums récemment sortis. Pire encore, agrémenter le tracklisting de quelques inédits ne suffit plus non plus à pousser à la consommation. Lire la suite…

Cougar - “Patriot”

cougar180Album
(Counter)
24/08/2009

Alors que résonne encore “Pulse Conditionner”, titre incontournable de son premier album, Cougar ressert une nouvelle louche de sa définition du post rock. La première, “Law” sortie en 2006, ayant déjà été du plus bel effet en redorant le blason d’un genre souvent perçu comme trop sérieux, cérébral et prétentieux, “Patriot” n’en était que plus impatiemment attendu. Lire la suite…

Pop Levi - “Never Never Love”

Never Never Love[Album]
23/06/2008
(Counter/Pias)

Il y a un peu plus d’un an, Pop Levi donnait le départ pétaradant de Counter Records avec “The Return To Form Black Magick Party“, un premier album qui se distinguait en empruntant autant au garage rock qu’à la soul ou au rhythm n’blues, avec toujours ce groove sexy en guise de fil rouge. Seulement voilà, comme on pouvait s’y attendre de la part d’un artiste de ce profil, l’Anglais a depuis fait du chemin et sa musique aussi

Roublard, “Never Never Love”, enregistré à Hollywood dans le mythique studio de Quincy Jones, n’affiche pourtant pas tout de suite sa nouvelle orientation en lancant les hostilités sur l’excellent brûlot rock n’roll qu’est “Wannamama”, dont le choix de pôle position n’est pas innocent à l’entendre faire le lien avec le passé. Quelques indices se laisseront cependant dévoiler à ceux qui tendront l’oreille avec attention, décelant ainsi dans les arrangements la couleur particulière de cet opus. Ne faisons pas durer le suspens plus longtemps: “Never Never Love”, deuxième titre de ce disque, lève le voile sur ses attirances envers la RnB moderne, loin des divas radiophoniques stéréotypées rassurez vous, et plus proche de groupes comme !!! (Chk Chk Chk) ou The Rapture pour ses ornements rock (”Fire On Your Feet”)

C’est certain, les rockeurs rebelles, qui venaient s’écorcher les tympans à coups de guitares dégoulinantes, pourraient bien être drôlement surpris en se voyant offrir un “Dita Dimoné” tubesque, un joli “You Don’t Gotta Run”, ou le dubisant “Call The Operator”, tous trop bling bling ou inoffensifs pour eux. Finies les soirées arrosées de houblon, voilà venu le temps des paillettes et des ambiances adolescentes ou, si on se risque à quelques boissons alcoolisées, c’est bien cachées dans une poche en papier. Peu familier jusque-là à ce genre de registre, Pop Levi ne pouvait pas non plus faire un sans faute, le côté obscur de ce nouvel album trouvant clairement sa place sur les fades “Semi-Babe”, “Mai’s Space”, “Everything & Finally”, et “Love You Straight” au milieu desquels se place un inespéré retour des guitares sur “Oh God”

L’Anglais a donc pris beaucoup de risques pour ce nouvel album et paye les pots cassés par cette superficialité avec laquelle il a décidé de flirter. Bien moins à son aise et surtout moins cohérent que l’an passé, Pop Levi nous laisse pantois, avec comme seul souhait de vouloir réentendre ces déferlantes électriques qu’il distribuait généreusement et avec beaucoup plus de talent. Comme si le rock n’roll avait besoin que ses meilleurs poulains, même désireux d’innover, s’en aillent se perdre sur des terrains aussi minés que surpeuplés

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John Matthias - “Stories From The Watercooler”

Stories From The Watercooler[Album]
09/06/2008
(Counter/Pias)

Doucement mais sûrement, Counter Records avance. Après avoir servi sur un plateau The Death Set et surtout Pop Levi et The Heavy, la division rock de Ninja Tune lance John Matthias, son tout nouveau poulain qui n’en est finalement pas un. Car si le bonhomme reste méconnu, et ne fait rien pour qu’il en soit autrement, beaucoup d’entre vous l’auront certainement déjà entendu, voire possèderont peut être dans leur discothèque un disque sur lequel il apparaît. Non, je ne parle pas de ces vieilles démos qu’il composait avec Thom Yorke au temps ou les deux ciraient ensemble les bancs de l’école, plutôt des notes de violon qu’il était venu poser sur “The Bends”, le premier album de Radiohead, ou de son intervention sur “Man In a Garage”, un des singles du dernier “Sound Mirrors” de Coldcut. À ce joli tableau, on pourrait aussi ajouter le premier opus de Matthew Herbert signé sur son label Accidental Records

Ce décor planté, il ne plane plus aucun doute sur la bouteille de John Matthias, et sur la certitude que son album solo regorge de temps forts, autant qu’il bénéficie d’une inspiration débordante. Un fait qui se vérifie tout au long de ce “Stories From The Watercooler”, qu’il s’agisse des textes et de la palette de thèmes abordés, ou de sa musique baignée dans un folk rock ou les guitares, acoustiques ou électriques, intègrent à leur ronde d’autres instruments à corde, à vent et percussion pour assurer une richesse d’instrumentation toujours bonne à prendre (”One Sunny Morning In The No-Fly Zone”, les doux “Open” et “Evermore”). Mais on vous l’accorde, rien jusque-là ne vient sauver ce disque d’une banalité que nombre de groupes et artistes anglais auront pris soin de surélever au fil des ans. C’est alors là que John Matthias abat d’un coup ses deux dernières cartes, celles de sa voix aussi prenante qu’impassible (”Viper’s Nest”, “I Will Disappear”), et de ces arrangements électroniques apportant les dernières finitions d’un album en tous points remarquable (”Police Car”). Pour cela, il se sert du travail de Coldcut, producteur du disque, mais aussi du sien au sein du centre interdisciplinaire de recherche sur la musique assistée par ordinateur de l’université de Plymouth, qui l’aura amené à mettre sur pied ce qu’il appelle “The Brain”, une forme d’intelligence artificielle utilisée pour programmer et créer des sons de batterie

Tant de moyens ne pouvaient donc que promettre à ce “Stories From The Watercooler” de se distinguer de la masse de ces disques folk qui ne cessent de pleuvoir depuis l’ère Dylan jusqu’au regain qu’il connaît aujourd’hui. Un coup de maître auquel il ne serait pas parvenu s’il n’avait pas doté chacune de ses compositions, y compris les plus rock “Blind Lead The Blind” et “Spinnaker”, d’une intelligence et d’une puissance émotionnelle telle (”Stockwell Road”, “Stocktaking”, le brillant “King Of a Small Town”) qu’il pourrait bien être amené à se dévoiler un peu plus. Car, à cela, John Matthias ne pourra jamais rien y faire: les gens aiment en savoir toujours plus sur ceux qui les font rêver, et regretter de s’être réveillés.

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The Heavy - “Great Vengeance And Furious Fire”

Great Vengeance And Furious Fire[Album]
29/10/2007
(Counter/Pias)

Il y a des genres musicaux qui, comme celui entreprit par The Heavy, provoquent instantanément quelques fourmis dans les jambes dés que sonnent les premières notes. A coup sur, l’Angleterre vient de voir éclore un de ces groupes qui ne marqueront peut-être pas l’histoire mais qui seront toujours synonymes de bons moments, que ce soit sur disque ou sur scène. Ceux-là ont souvent une arme imparable: la diversité, celle qui les rend si captivants, qui laisse l’auditeur s’attendre à tout, surtout à quelque chose d’original. Et The Heavy en est la parfaite illustration, lui qui se montre capable d’enchaîner sur un hip hop cuivré aux accents garage (l’impitoyable “That Kind Of Man qui ouvre le bal façon The Go Team, “Girl”, “In The Morning” plus proche des Rolling Stones de la belle époque), puis sur une ballade blues qui vous tirerait presque les larmes (”Brukpocket’s Lament”), en passant par une soul habitée et rebelle (”Coleen”). Voilà seulement quelques limites qu’il s’est lui-même imposé, tout en s’accordant quelques débordements bien amenés, qu’il s’agisse de “Set Me Free” avec cette guitare acoustique qui s’ajoute à la recette, du très rock n’roll “Dignity”, ou de “Who Needs The Sunshine”, ballade finale flirtant avec le trip hop de Bristol dont il est originaire. Une ouverture d’esprit qui irait presque jusqu’à servir de trait d’union entre les White Stripes (le très électrique “You Don’t Know”) et Ben Harper (le blues sensible et acoustique de “Doing Fine”). “Great Vengeance And Furious Fire” est d’une richesse qu’il est toujours rassurant d’entendre, et évite les pièges de la diversité en ne lâchant la main de l’auditeur qu’à la dernière note. C’est seulement là, à vrai dire, qu’on pense à regarder sa montre et qu’on se rend compte à quel point trente-trois minutes peuvent passer bien vite..

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Pop Levi - “The Return To Form Black Magick Party”

The Return To Form Black Magick Party[Album]
12/02/2007
(Counter/Pias)

Vous commencez à en avoir ras le pompon de ce revival post-punk/new wave et des froides années 1979-1983? Reprogrammez tout de suite la machine à remonter le temps une décennie plus tôt, lorsque les chanteurs de rock anglais du tout début des 70’s s’intéressaient à la soul et au rhythm&blues et singeaient Otis Redding ou Sam Cooke pour contrebalancer d’un peu de sensualité la rage des guitares de leur gang

Vous y rejoindrez alors Pop Levi qui vous a précédés de quelques mois. Annoncé par un EP dont on retrouve presque tous les titres ici, ce premier album confirme en tout cas tout le bien qu’on pensait déjà de l’iconoclaste barbu. Les onze plages de “The Return To Form Black Magick Party” ont beau être hantées par les fantômes de T-Rex (”Sugar Assault Me Now”, “Blue Honey”, “Pick Me Up Uppercut”…), The Who (”Mournin’ Light”, “Hades Lady”…), The Faces (”Dollar Bill Rock”…) ou Led Zeppelin (”Cryin’ Chic”, “From The Day That You Were Born”…), elles parviennent néanmoins à assurer à leur auteur une véritable identité artistique. Son mélange de soul, glam et garage donne à sa pop un goût sucré auquel il est de toute façon bien difficile de ne pas succomber. Quelques écoutes suffiront à vous rendre complètement accros à ces refrains simplistes, à ce groove sexy et à ces guitares cradingues. A croire que la pop à l’Anglaise, c’est comme la pâte à tartiner, quarante ans d’expérience feront toujours la différence..

Quoi qu’il arrive, on conseille bien vite aux fans de The White Stripes, The Bellrays ou Zen Guerilla de s’attarder sur ce premier album, car Pop Levi a dans son jeu quelques atouts non négligeables qui pourraient bien lui permettre à terme de remporter la manche

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Pop Levi - “Blue Honey”

Blue Honey[Maxi]
28/08/2006
(Counter / Ninja Tune/Pias)

En plus de lancer la carrière solo de Pop Levi, ancien membre des avant-gardistes de Super Numeri et bassiste de Ladytron en tournée, ce premier maxi de cet anglais exilé à Los Angeles marque aussi la naissance de Counter Records, sous division de Ninja Tune. Une sous-division rock à en croire le contenu de ce “Blue Honey”, miroir d’une personnalité musicale aiguisée depuis des années puisque le bonhomme, mutli instrumentiste ceci dit au passage, baigne dans la musique depuis sa tendre enfance. Son truc à lui, c’est le mélange de rock et de soul, d’où ses influences revendiquées que sont Marvin Gaye, Jimi Hendrix et Syd Barrett, omniprésentes sur ces cinq titres annonciateurs d’un premier album à sortir début 2007. “Blue Honey” part sur les chapeaux de roue avec le morceau du même nom, présent sur la récente “Zentertainment 2006″, déroulant un rock funky ou le groove et l’énergie font très bon ménage. La rythmique est bien calée et répétitive, idem pour les riffs auxquels s’ajoutent quelques envolées de synthé sur les refrains. Que du bon, et ça fait son effet. “(A Style Called) Crying Chic” reprend quelque peu la même recette, le décor sixties du sud des Etats Unis en plus, la saturation des guitares en moins, bien que celle-ci reviennent au galop sur un “Mournin’ Light” qui fera couler une larme sur les joues des éternels nostalgiques de Led Zeppelin, une référence ici complètement flagrante. “Baby Again” part ensuite dans un trip clairement moins accrocheur et légèrement plus perché - il fallait bien s’attendre à un coup de mou -, bien rattrapé par un “Skip Ghetto”, exercice guitare/chant arrosant nos oreilles demandeuses de belles harmonies. De quoi s’attendre à une vraie révélation…

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