(USA)
[Album]
31/07/2007
(Geffen/Universal)
Rares sont les artistes passant sans encombre l’épreuve du temps qui passe. On pourra citer Gangstarr ou encore Public Enemy, fidèles au registre qui a fait leurs succès. Mais Common est l’un des rares cherchant à se renouveler à chaque nouvel album. Il faut bien avouer que depuis ses débuts, il a toujours eu le bon goût de s’associer avec des producteurs de talent, que ce soit No I.D pour ses débuts, ou Dj Premier pour certains de ses meilleurs titres. Voici qu’aujourd’hui, c’est avec Kanye West qu’il décide de poursuivre son chemin, une collaboration fructueuse entamée sur son précédent opus “Be“
Promu “Executive Producer” de ce “Finding Forever” et signant la majorité des productions, le jeune Mc-Producteur de Chicago voit certainement en Common le moyen de s’assurer une légitimité en tant qu’artiste éclectique, surfant aisément sur les divers style du hip hop actuel. Car il faut bien le dire, on l’attendait au tournant depuis l’officialisation de leur collaboration sur “Be”, surprenant par l’aisance avec laquelle il avait parfaitement su s’adapter à l’univers de Common, réussissant à y coller sa patte personnelle avec subtilité. On s’attendait donc logiquement à trouver cette même osmose pour ce nouvel album, attendu comme toujours par tous les fans d’un hip hop authentique
Pas de surprise à attendre du côté du Mc: son flow est toujours aussi appréciable, parfaitement construit. C’est donc plutôt du côté des productions que notre curiosité est attirée. Car si on sait que ce dernier sera toujours au niveau, il n’en est par forcément de même pour la création musicale. Mais Kanye West, comme nous l’avons dit plus haut, connaît son sujet et surtout son artiste. On passera sur l’intro quelconque de Derrick Hodge, pour entrer directement dans le vif du sujet avec “Start The Show”. Là, comme pour l’intégralité de ce disque, on notera un recours systématique au sample (ce qui se perd de plus en plus dans le hip hop actuel) permettant de faire évoluer l’ambiance d’un titre de façon plus radicale. “The People”, pure merveille, passant d’une ambiance “punchy” à un style plus mélodique, plus joyeux, sans que cela n’altère le propos du Mc, en est un parfait exemple
On ajoutera aussi qu’en plus des samples, les versions sont quasiment toutes jouées par des musiciens, la combinaison machines-instruments montrant là ses infinies possibilités. On notera également une ouverture musicale certaine sur ce nouvel opus, illustré par la présence de Lily Allen sur “Drivin’Me Wild” où l’association du rappeur pur jus avec une des nouvelles égéries de l’électro-pop se révèle plus intéressante que réussie. En tout cas originale. “I Want You”, produit par Will.I.Am, et “Southside”, comptent parmi les titres intéressants, mais n’ont pas l’impact d’un “The Game” où, accompagné de Dj Premier aux platines et sur une version torturée de Kanye West, Common retrouve sa verve old School. Une touche plus Nu-Soul (”U, Black Maybe” feat Bilal, “Break My Heart” et “So Far To Go” avec D’angelo produit par le regretté J-Dilla) semble aussi évidente dans les choix de Common
“Misunderstood” produit par Devo Springsteen, construit autour d’un sample de Nina Simone, restera comme l’un des titres phares tant il souligne la parfaite symbiose entre la mélancolie exprimée par la voix de la diva et le ton déterminé de Common, magnifiée par de subtiles notes de piano et de flûtes. Une merveille. Le Mc clôture son aventure par un titre définitivement symbolique (”Forever Begins”), sur un sample de Paul Simon, résumant parfaitement les diverses influences contenues dans ce nouvel essai
Et même si cet opus semble moins homogène que le précédent, il n’en reste pas moins un merveilleux exemple de la capacité qu’a Common de coller à l’air du temps, sans perdre le cachet qui a fait de lui l’un des meilleurs Mc toutes générations confondues. Peut-être moins purement hip hop que par le passé, il touchera certainement un plus large public tout en conservant ses plus fidèles fans, et nous distillera toujours ces quelques morceaux intemporels qui font l’unanimité
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[Album]
24/05/2005
(Geffen/Universal)
S’il existe un artiste dont on attend à chaque fois des nouvelles avec la même impatience, c’est bien Common. Le Mc de Chicago nous avait laissé sur un précédent album très riche, très varié, et novateur, produit en grande partie par ?ueslove et les Neptunes. On se demande donc logiquement quelle direction artistique il a choisi pour ce nouvel opus (accompagné d’un DVD d’une quarantaine de minutes en version import) qu’on rêve de dévorer depuis l’annonce de sa sortie
Comme souvent, l’intro donne le ton. Et force est de constater que Kanye West a su parfaitement s’adapter au style de Common. Mieux, on croirait retourner en arrière, et ceci est valable pour la plupart de ses productions. Ca sent bon le HipHop, en tout cas on pressent un retour à un style plus direct, certes moins expérimental, mais peut-être plus efficace. Et c’est le cas. On avoue être restés sceptiques quand on a su que Kanye West produisait la plupart des titres de cet opus, Dilla s’occupant de deux autres. Mais la surprise n’en est que plus agréable. Il a presque réussi à nous faire oublier Dj Premier ou No I.D qui, chacun, avait réussi à faire briller de cette façon notre Mc légendaire. Des beats efficaces, des samples parfaitement choisis, et surtout beaucoup de vrais instruments: tel est le cocktail toujours gagnant quand il est bien préparé
Common n’ayant rien perdu de sa qualité de plume et son flow étant toujours aussi compétitif, difficile de ne pas taper dans le mille. Et pour bien faire comprendre à tout le monde qu’il de retour dans le HipHop, au sens le plus classique du terme, saluons la présence de deux des plus grands Djs, Dj Dummy et A-Trak, à ses côtés. Ceux-ci sont d’ailleurs présents ensembles sur “Chi-City” de folie. Autre titre phare: “The Food”, enregistré live au Dave Chappelle Show, ou Common, accompagné de Kanye West et de Dj Dummy, donne une véritable leçon. Notons également la présence des Last Poets, John Legend, Bilal, John Mayer, Luna E de Cirius B, en invités de choix pour ce désormais nouveau classique qu’est “Be”
Après l’écoute d’un tel album, difficile de rester insensible. On se croirait de retour dans les année 90, mais avec un son plus actuel. Pas de fioriture cette fois, un véritable retour au classique qui ravira les plus nostalgiques, et qui prouvera, s’il faut encore le répéter, que ce style de rap n’est pas mort. Et que sans “bitch” et sans gun, on peut quand même imposer le respect. Difficile de trouver des superlatifs à ce “Be” d’anthologie. Une bombe atomique? Non, pire, la planète HipHop a été heurtée de plein fouet par un astéroïde. On en pleure encore
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[Album]
10/12/2002
(MCA Records/Universal)
A n’en pas douter, Common est certainement aujourd’hui l’un des Mc les plus coté du rap américain et la sortie de son nouvel album est en soit un évènement au moins aussi attendu que celui des Roots
Difficile en effet de ne pas faire le lien entre le rappeur de Chicago et le crew de Philadelphie puisque ?uestlove alias Ahmir Thompson, batteur des Roots, produit 8 des 13 morceaux d’ “Electric Circus”. C’est d’ailleurs sur une de ses productions que s’ouvre l’album, introduction calme et jazzy où on retrouve deux premiers invités, Vinia Mojica et Marie Daulne de Zap Mama, pour une entrée en douceur qui s’enchaîne sur un beat improbable, produit par Dilla, au sample hypnotique, sur lequel Common nous rassure quand à la valeur de son flow actuel. Puis entre en scène Bilal qui accompagne notre hôte sur “Aquarius” morceau hybride teinté d’afrobeat et de funk soutenu pas une guitare rock, sûrement l’un des titres les plus intéressants. “Electric Wire Hustler Power” nous ramène dans une ambiance plus sombre avec en featuring Sonny de P.O.D sur une production de James Poyser et Dilla avant “The Hustle” avec Omar et Dart Chillz pour une ambiance proche du psychédélique concoctée par Karriem Riggins. C’est seulement arrivé au sixième morceau que l’on retrouve une ambiance musicale plus proche de son univers habituel, produite par les Neptunes décidément présents partout, pour un duo avec Mary J.Blige. “New Wave” avec Laetitia Sadier de Stereolab nous entraîne dans un univers à l’instru inquiétante ou des breaks lyriques interrompent le flow tels des archanges pour adoucir un titre de ?uestlove qui nous prouve que sa soif d’exploration artistique, très présente dans le dernier The Roots, est loin d’être apaisée. Comme pour “Star °69″ encore une fois avec Bilal et Prince au clavier et à la guitare, excusez du peu, où les différentes influences de chacun de ces artistes sont ici présentes et se mêlent pour obtenir un résultat, certes loin d’un hip-hop classique, mais au métissage envoûtant. Que dire alors de “I Got A Right Ta” des Neptunes, où Pharrell Williams donne la réplique, plus proche du rock tendance blues avec des apparitions d’orgues et d’harmonica ? Certains auront certainement déjà l’impression de s’être perdus tellement les pistes sont brouillées par l’hétérogénéité de cet opus. “Between Me, You & Liberation” intervient comme une pause car Cee-Lo et Common placent leur texte sur un tempo lent sur lequel les flûtistes Bobbi Humphrey et Damon Bennett laissent s’exprimer toute leur virtuosité. Apparition tant attendue que celle de Jill Scott sur “I Am Music” à la couleur année trente, grâce à des trompettes et une rythmique originale, où la princesse de la nu-soul nous enchante d’un chant clair et suave à souhait avant de laisser la place à la diva Erykah Badu toujours aussi sublime pour un hommage au plus grand guitariste de l’histoire sur “Jimi Was A Rock Star” pour un titre encore une fois indéfinissable tant les influences musicales semblent être trop nombreuses et l’alchimie musicale si complexe. L’album se ferme sur “Heaven Somewhere” qui réuni Omar, Cee-Lo, Bilal, Jill Scott, Mary J.Blige, Erykah Badu, Lonnie “Pops”Lynn ( à vous de découvrir de qui il s’agit ) pour une redescente sur terre en douceur
Les scratchs ont été assurés par Babu, Joe Sinista et la plupart des morceaux joués avec de vrais instruments ce qui confirme une tendance actuelle où les rappeurs les plus inattendus se produisent désormais sur scène avec un groupe
Difficile de donner son avis après l’écoute d’un album aussi varié, aussi riche, aussi métissé que cet “Electric Circus” qui pourrait être qualifié de grande expérimentation au sens le plus large du terme, aussi bien à cause des nombreux invités que de la diversité des influences
Certains diront que cet album correspond bien à l’air du temps car aussi bien Talib Kweli, que The Roots, ont adopté une nouvelle sonorité qui se répand très vite dans le monde du rap. On regrettera l’absence d’un Dj Premier qui avait l’habitude de faire briller Common, ou d’un No I.D autrefois producteur attitré, pour reconnaître qu’une page est tournée dans sa carrière et que cet album a le mérite d’ouvrir une porte au métissage artistique, prouvant aux plus sceptiques que le Hip-Hop n’était pas condamné a rester replié sur lui-même, et que le mélange des genres le fera sûrement plus avancer que reculer
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[Album]
01/01/2000
(MCA/Universal)
A 27 ans, Common (Sense) signe son quatrième album. Mature, original, évolutif, le rappeur originaire de Philadelphie ouvre de nouveaux horizons. En effet, après le fulgurant “Resurrection” et le reconnu “One Day It All Make Sense”, Common nous amène un hip hop aux allures jazz/soul et teinté de musiques africaines. Grâce aux résidents The Roots et aujourd’hui (incontestablement) Common, la ville de Philadelphie se démarque avec un style bien particulier, mélodieux, chanté (peut être un peu trop parfois, mais c’est si bien fait!). Le titre ‘The 6th Sense” produit par DJ Premier (sorti en maxi il y a peu de temps) est le seul à sonner new-yorkais. II se mélange à 15 autres à l’ambiance Afrodisiac (cf Nag Champa). Le tout est très musical, très bien arrangé et reposant; on peut également remarqué l’absence de No ID et Dug Infinite qui n’est pas innocente dans la direction musicale de ce Lp, bien moins classique
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