(4 articles)

Donso - “Donso”

donso1801Album
(Comet)
07/06/2010
Afrotrip

Comet Records, roi du métissage afro-électro, accueille un nouveau projet avec, aux commandes, un mec assez imprévisible pour le coup. Pierre-Antoine Grison aka… Krazy Baldhead délaisse ses savantes formules electro-hip-hop parfumées au jazz pour se consacrer à l’afrobeat le temps d’un side-project fort intéressant. Sa science du rythme opère à 100% au sein du crew Donso, qui fait des aller-retours entre la France et le Mali, mais fait aussi des bonds entre les machines et les instruments traditionnels. Djele N’Goni, Donso N’goni, Kora… Allez voir à quoi ça ressemble sur la toile, toujours est il que ces bestioles musicales donnent un charme roots aux onze titres de ce premier disque.

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Various Artists - “We Love Afrobeat”

We Love Afrobeat[Album]
27/10/2008
(Comet/Modulor)

Oeuvrant depuis sa création en 1998 pour la survie du mouvement afrobeat malgré la mort du Black President, le label Comet Records n’a cessé d’enchaîner les sorties mémorables, comme l’excellent “Home Cooking” de Tony Allen ou le fameux projet “Psycho In Da Bus”, né de la collaboration entre Doctor L et le batteur de génie. Comet a donc réussi le pari d’ancrer l’afrobeat dans l’actualité musicale contemporaine, sans pour autant dénaturer un genre qui conserve une identité et une histoire fortes. Compilée par son fondateur Eric Trosset, épaulé par Martin Lamarle, la sélection “We Love Afrobeat!” est incontestablement à l’image du label, ouverte et affutée, puisant dans un afrobeat qui n’a jamais autant révélé ses richesses. Regroupant des titres produits par les nouveaux talents de la scène underground internationale, cette compil offre une incroyable densité musicale qui trouve une cohérence dans la puissance et la chaleur des rythmiques qu’elle véhicule, ne manquant pas de rappeler les racines nigérianes d’un mouvement aujourd’hui devenu universel. Si certains titres sélectionnés se sont déjà élevés au rang de classiques du genre, à l’instar de “Mista President” des canadiens du Souljazz Orchestra ou du corrosif “Corrupt” de l’élégante Ruth Tafebe accompagnée par The Afrorockerz, d’autres morceaux, n’étant jusqu’à présent pas parvenus à nos oreilles, méritent un vrai détour. On pense par exemple aux délicieux riffs de guitare nostalgiques et aventureux de “La Marche des Smith” du groupe parisien Café-Crème & Les Frères Smith, au groove soulful boostant des Ramses Revolution de Stockholm dans “In Control”, ou à la touche jazz enivrante de “Pelotera” de l’Akoya Afrobeat Ensemble de NYC. Certains titres témoignent par ailleurs du caractère résolument métissé de l’afrobeat, comme “Arroz Com Feijao” du groupe Saravah Soul et ses accents brésiliens empruntant à la bossa, ou “Losing It” de l’israélien Kutiman, chargé d’influences hip-hop, de guitares saturées et de samples de voix qui semblent tout droit sorties d’une galette de trip-hop. “We Love Afrobeat!” est ainsi la preuve vivante que l’afrobeat de Fela a aujourd’hui germé dans le monde entier, des Etats-Unis à l’Allemagne en passant par la France ou la Suède. Elle révèle la dynamique inouïe d’un genre bourré de talents, peu connu du grand public au-delà du continent africain, mais contenant tous les éléments pour séduire les mélomanes de tous horizons. A se procurer d’urgence.

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Ruth Tafebe & The Afrorockerz - “Holy Warriors”

Holy Warriors[Album]
05/07/2008
(Comet/Nocturne)

D’origine ivoirienne, Ruth Tafébé a grandi au rythme de la musique, bercée par le high-life, la soul, le funk et la rumba qu’écoutaient ses parents. Dans la continuité de ce riche héritage, Ruth découvre Peter Tosh et Afrika Bambaataa avant de se lancer dans ses propres créations musicales. Le jeu des rencontres, notamment avec le guitariste de Fanga Julien Raulet, façonna ensuite le collectif The Afrorockerz, dont le généreux “Holy Warriors” constitue le premier opus. Un opus qui fonde sa singularité sur la présence d’une voix féminine suffisamment rare dans l’afrobeat pour que l’on s’y attarde. Le timbre de Ruth possède en effet tant l’énergie vigoureuse des voix de la famille Kuti que la douceur mélodique et électrifiante de celles des divas soul, ancienne et nouvelle générations confondues (on se délecte notamment des titres sucrés “Celebrate” et “Take My Soul”). Ce mélange exceptionnel, évoquant les vibes de Meshell Ndegeocello ou le timbre harmonieusement grave de Sarah Vaughan, donne ainsi une contenance inédite à l’afrobeat de Ruth et des Afrorockerz, prenant le large face aux thèmes plus classiques du genre. En attribuant une place importante aux vocals, “Holy Warriors” offre des sonorités renouvelées, inondant le corps et l’esprit d’un groove africain euphorisant et rythmé (”Wâri”, “One More Time”), teinté ça et là de touches électroniques (”Mother”, “Holy Warriors Pt 1″). L’influence du son originel de Fela n’est néanmoins jamais bien loin, tant au niveau de l’instrumentation chaleureuse et cuivrée (”Runaway”) qu’au niveau de l’engagement des lyrics de Ruth Tafébé, rappelant volontiers la virulence du maître nigérian (”Corrupt”, ainsi que le morceau “Holy Warriors” décliné en deux parties). Frais, créatif et enregistré avec les plus grands musiciens du genre (notamment Tony Allen, à la batterie sur neuf titres de l’album, et Amayo d’Antibalas), “Holy Warriors” concentre sans conteste le meilleur de l’afrobeat contemporain. Si bien que plus d’un an après sa sortie, on ne peut que vous conseiller de vous ruer sur cette perle de “nu-afrobeat” sans équivalent à l’heure actuelle..

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Brooklyn Funk Essentials - “Watcha Playin”

Watcha Playin[Album]
17/03/2008
(Comet/Nocturne)

Avec leurs quinze ans de carrière au compteur, des performances scéniques mémorables aux côtés des plus grands (Parliament, Funkadelic, The Roots, James Brown…) et une nomination aux Grammy Awards en 1998 pour leur album “In The Buzz Bag”, les huit new-yorkais de Brooklyn Funk Essentials font déjà office de vieux briscards de la scène jazz/funk/hip-hop. Après huit ans d’absence discographique entrecoupés de la parenthèse BFE Sound System, avatar sous lequel ils reprirent le chemin de la scène en 2005, leur quatrième album vient donc mettre fin à l’attente de leurs nombreux fans, impatients de voir si la recette prend toujours. Multipliant les genres et les collaborations variées, ce “Watcha Playin” gorgé de soleil devrait être en mesure de les rassurer. Aussi cosmopolite que la ville qui a vu naitre le combo, l’album s’inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs en prenant un malin plaisir à fusionner les courants musicaux. Tout y passe -ou presque- en l’espace de douze pistes: du reggae à la Steel Pulse sur “Rude Boy Schuffle”, du dub porté par le spoken word d’Everton Sylvester (”Wendell Wedding”), une reprise de “La Marche Turque” tout droit sortie d’un film de Kusturica (”Dibby Dibby Sound”), du jazz-house (”S-Curved”), une collaboration avec le clarinettiste turc Hüsnü Senlendirici (”Need”)… L’album aux allures de patchwork trouve tout de même une certaine harmonie, grâce notamment aux nombreux slams poétiques qui émaillent le disque et aux accords de Masa Shimizu, guitariste de Bebel Gilberto, présente sur la majorité des titres. Avec un opus qui dépasse le cadre strict de l’acid jazz, les BFE, sans jamais s’éloigner du sens du groove et des mélodies qui ont fait leur succès, parviennent à se renouveler en allant voir au delà des seules influences black, comme en témoigne la présence de la diva tunisienne Amina Annabi sur “Work It Out”. A la fois énergique et reposant, le métissé “Watcha Playin” pourrait bien squatter vos platines à l’approche des beaux jours

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Tony Allen - “Home Cooking”

Home Cooking[Album]
15/10/2002
(Comet/Virgin)

Après “Black Voices” ou “Psycho On Da Bus” avec Doctor L, Tony Allen, légendaire batteur du monde afro-beat, retrouve son compère pour un tout nouvel album marqué logiquement d’influences jazz, funk, soul et rhythm n’ blues, mais aussi de hip hop avec la participation entre autres de Ty ou Unsung Heroes et encore de Damon Albarn (Blur) qui contribuent tous à agrémenter au sein de ce “Homecooking” les racines de l’afrobeat

Présenté humblement comme la “spiritualité mise en sons et en scène” ou “un maitre des balais qui marque l’esprit d’un seul coup de baguette”, Tony Allen n’est donc pas du genre à proposer sans cesse une musique similaire mais préfère la faire évoluer pour en arriver à cette parfaite illustration qu’est ce nouvel album. En ouverture, “Every Season”, morceau dubisant dont Damon Albarn a signé la mélodie sur lequel Ty se pose efficacement. Suit ensuite “Homecooking” aux accents funk, puis “Woman To Man” au beat renversant sur lequel Ty, au flow proche d’un Roots Manuva, signe une nouvelle fois une belle performance notamment sur le refrain. Certains parlent d’afro-hop, ce morceau en est le parfait modèle. “Calling” amène une touche soul à cet album avec la participation de Soul II Soul accompagné d’un quartet de cordes contribuant à une touche de diversité dans cette océan de qualité, “Don’t Fight” s’élève contre les nombreuses guerres destructrices avant que Ty ne refasse son apparition sur “Jakelewah” avec une traduction anglaise du texte de “Yoruba” de Mr Allen… Plus tard, nous retiendrons également le très dansant “Crazy Afrobeat” qui nous emmenera joyeusement vers un dernier effort (”Eparapo”) marqué par une très forte influence jazz

Comment ne pas douter de la crédibilité d’un tel album, lorsque celle de son auteur est devenue indéstructible. Tony Allen rend constamment hommage à ses racines en s’adonnant à un afrobeat de haute qualité qu’il se permet de mettre subtilement aux goûts du jour avec la touche éléctronique de Doctor L et les incursions hip hop de ses invités. Que les refractaires de ce style musical y jette au moins une oreille pour ne pas rester avec une part de méconnaissance musicale…