(USA)
Album
(Ubiquity)
13/04/2010
Hip hop jazz downtempo
Presque quatre ans après que son premier album ait vu le jour, et autant de temps passé à enfoncer le clou via des disques solos ou des collaborations (Lord Kenjamin, Shawn Lee), le mystère entourant la véritable identité de Clutchy Hopkins plane encore. Sa musique, en revanche, est devenue immédiatement reconnaissable tant, au fil des sorties, il a véritablement posé sa marque de fabrique sur ce mélange original de hip hop, de jazz et de downtempo auquel beaucoup se sont adonnés sans pour autant atteindre un tel rendu qualitatif.
Album
(Ubiquity)
20/04/2009
Le périple anonyme de Clutchy Hopkins se poursuit, et le mystère qui l’entoure demeure. Après deux albums solo, suivi d’un autre partagé avec Shawn Lee, il ajoute un chapitre à son histoire avec «Music Is My Medicine», fruit de sa rencontre avec Lord Kenjamin, sorte de druide par ailleurs fabricant main de percussions, dont il se serait mis en quête à La Barbade à la fin des années 70 / début 80. Lire la suite…
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21/10/2008
(Ubiquity/La Baleine)
Ne comptez pas sur Shawn Lee pour dévoiler le secret qui entoure le mystérieux Clutchy Hopkins, producteur américain à l’identité volontairement floue, source des rumeurs les plus folles (un des Beastie Boys? Cut Chemist? Dj Shadow? Madlib?), et auteur de l’excellent “Walking Backwards” sur lequel on s’était longuement penché en début d’année. Et pour cause, au delà d’une biographie du projet pour le moins fictive, soulignant plus encore l’anonymat du bonhomme, c’est sur la base d’échanges de fichier que “Clutch Of The Tiger”, collaboration aussi prometteuse que réussie entre deux compositeurs inspirés, aurait soi disant pu voir le jour. A moins qu’on nous berne, comme le laisse penser une autre rumeur, et que l’un soit l’autre. Ou inversement
Car à l’écoute de ces douze nouveaux titres, soit disant nés sous le soleil californien et la bruine londonienne, Clutchy Hopkins comme Shawn Lee parviennent aisément à laisser transpirer leur patte respective en s’adonnant à de réguliers et polis vas et viens (”Til Next Time” et “Indian Burn” pour les plus flagrants). Cette théorie d’un seul et même homme aurait alors le mérite d’expliquer pourquoi les deux ont si facilement trouvé cette même longueur d’onde. Mais alors que dire de ces sourires complices, capables de remettre un peu d’huile sur le feu, qu’on entendrait presque au détour de quelques titres rondement menés (”Full Moon”, “Across The Pond”, “Bill Blows It”), partagés entre sonorités acoustiques et électriques, ambiances chill out et jazzies, couleurs foisonnantes, et réchauffés par l’analogique comme les instruments à vent apportés ici ou là par leurs (ses) amis de Breakestra, The Keystones et Herbaliser
Pourtant, leur impact est parfois minimisé par une trop grande linéarité, comme une constante à la fois rythmique et musicale, qui peuvent très vite ennuyer si on ne tend pas l’oreille attentivement afin d’attraper au vol la moindre subtilité: le mysticisme de “Bad Influence”, les synthés seventies de “So Easily…So Naturally” et “Dollar Short”, les longues virgules guitaristiques de “When I Was Young” par exemple. Dans ces cas seulement, et à l’extrême comme sur les deux réussites “Til Next Time” et “Indian Burn”, Lee et Hopkins pourraient prétendre à une comparaison avec les grandioses MacDermot et Axelrod tant ils maîtrisent eux aussi cette indispensable science du groove. On n’y est pas, mais on s’en rapproche, et c’est déjà beaucoup pour qu’on s’en souvienne.
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05/02/2008
(Uniquity/La Baleine)
Même MF Doom, le Mc se cachant derrière son fidèle masque de fer, n’aura jamais autant fait parler que Clutchy Hopkins. Et pour cause, personne ne sait vraiment qui est cet homme, one man band totalement dévoué à la cause d’un très bon hip hop instrumental teinté jazz et soul/funk, qui s’amuse à systématiquement savonner les pistes qu’on tenterait d’arpenter pour parvenir à dévoiler sa réelle identité. Deux choses sont (quasi) sûre à l’heure on l’on vous parle: Hopkins est californien, et n’est certainement pas aussi âgé que la photo qu’il communique veut bien le laisser penser. Pour le reste, il nous plonge dans le flou le plus compact, divulgue la biographie d’une vie improbable passée entre le Japon et les grottes du désert de Mojave (ou il est aujourd’hui censé vivre), et clame que tous les morceaux de ce nouvel album datent de ses plus prolifiques années, quand il enregistrait tous ses instruments en live au début des eighties
Du coup, de l’autre côté de l’Atlantique, Clutchy Hopkins n’en finit plus de faire l’objet des paris les plus fous, des investigations journalistiques les plus tordues. Et tout y passe. Certains y voient le nouveau visage d’Autobahn, d’autres un échappé du Robert Randolph And The Family Band, un énième coup de génie de Madlib ou Dangermouse. Choses peu probables, notamment pour ces trois dernières options, le groupe étant bien ancré dans son New Jersey, Dangermouse étant booké pour les prochaines années, et Madlib ayant nullement besoin d’un autre label que Stones Throw pour exprimer sa schizophrénie artistique. Quelques petits futés au flair développé se rapprocheraient pourtant de la vérité, en citant Dj Shadow (pourtant plus adepte des boucles et samples que du live), Money Mark (pour les ressemblances avec son “Mark’s Keyboard Repair” de 1996), ou les Beastie Boys (Mike D étant résident californien). Mais c’est surtout l’option Cut Chemist qui semble la plus solide face aux multiples tentatives de déstabilisation
Reste qu’il n’est pas impossible non plus que Clutchy Hopkins soit tout simplement un nouveau venu dans le monde des producteurs hip hop, et qu’il ait fermement décidé de ne pas céder à la médiatisation. Déjà, “The Life Of Clutchy Hopkins”, sorti en 2006, laissait entrevoir cette marque de caractère, quand il nommait chacun de ses titres par leur durée respective, ramenant l’exercice de la chronique à un véritable numéro d’équilibriste. Toujours est il qu’on s’étend plus que de raison sur ce “Walking Backwards”, pourtant capable de faire autant jaser pour son contenu, au point d’en arriver à se poser une question essentielle: pourquoi a t-on autant besoin de mettre un visage sur les artistes qui nous font littéralement vibrer? Peut-être tout simplement parce que ce deuxième album ne nous laisse pas indifférents, et va assez loin dans l’émotion qu’il nous procure pour qu’on ressente ce besoin de repère. Car, après tout, on se fout bien de ce à quoi peuvent ressembler ceux qui polluent quotidiennement nos conduits auditifs..
A l’heure ou les groupes sont trop souvent considérés comme des vitrines à sponsor, des victimes d’un marketing à outrance, on ira donc vers Clutchy Hopkins pour rien d’autre que sa musique, celle qui parle d’elle-même tout au long de cet opus grâce à un son organique, de jolis breaks et rebondissements (”Good Omen”), et une beauté mélancolique enivrante (”Horny Tickle”, “Alla Oscar”). Ainsi, “Walking Backwards” en appelle au funk, au hip hop, au jazz, au downtempo, même à l’indie, à des ambiances cinématographiques (”Para Los Ninos”), tout en soulignant constamment une richesse de l’instrumentation qui le fait échapper à l’image réductrice d’un simple alignement de beats. Car, à la différence de nombre de ses concurrents, le californien opte pour la chaleur des productions 70 (sur “3rd Element” et “Percy On The One” surtout), place les instruments sur divers plans, octroyant souvent le premier à une guitare, un accordéon, ou un mélodica, tandis que les suivants sont squattés généralement par les cordes et autres bricolages musicaux aussi cheaps que bien vus (”Sound Of The Ghost”, “Rocktober”). Il en ressort logiquement quelques perles comme “Song For Wolfie”, passant de cordes angoissées à des pulsions rock saturées, et le sublimissime “Love a Woman”, diamant soul taillé pour la voix de crooner de Darondo
On aurait clairement pu tous les citer, les bons moments de ce disque qui nous rappellent à quel point la musique est un art. Car avec cette quinzaine de titres, cousus seuls et dans des conditions certainement très proches de celles du domicile familial, Clutchy Hopkins remet encore une couche de doute dans nos esprits. Incontestablement, “Walking Backwards” est, soit l’oeuvre d’un producteur avec assez de bouteille pour que ses influences ressortent si bien digérées, ou celle d’un jeune génie qu’on n’accablera finalement pas de vouloir se préserver tant son talent ferait des envieux. Un de ces albums intemporels qui s’écouteront encore dans vingt ans sans avoir pris une ride
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