(23 articles)

Naive New Beaters - “Wallace”

naive1801Album
(Cinq7)
25/05/2009

On aurait volontiers relégué ce trio mal habillé au rang d’esbroufe passagère vaguement hype, raillé leurs pseudonymes à coucher dehors et pris pour de l’arrogance leur acharnement à passer pour des cons en interview. Au lieu de ça, on a écouté leur musique et ça a fortement contrarié nos plans, embêtés qu’on était pour écrire quelque chose de pertinent sur ce premier album entêtant Lire la suite…

Oxmo Puccino - “L’Arme De Paix”

ox180Album
(Cinq 7)
23/03/2009

Certains ont fuit le hip hop français, lassés par ces éternelles histoires d’adolescents attardés, trop peu conquis par d’autres sans grande légitimité qui ont bien tenté de l’intellectualiser. Ceux-là pourraient revenir à leur premier amour avec ce nouvel album d’Oxmo Puccino qui, sans se forcer ni tenter d’être quelqu’un d’autre que lui-même, a mûri avec eux. Car, après dix ans à traîner sa plume sur le papier, cela fait bien longtemps que le Mc de l’Est Parisien ne cherche plus ses mots: un trait de sa personnalité artistique qui ne manquait pas d’être souligné dés «Opéra Puccino», son premier opus sorti en 1998. Onze ans plus tard, et fort de son «Lipopette Bar» déjà interprété avec les Jazz Bastards, Oxmo n’est plus seulement rappeur Lire la suite…

Calvin Harris - “I Created Disco”

I Created Disco[Album]
04/02/2008
(Cinq 7/Wagram)

Les têtes pensantes de Myspace doivent se mordre les doigts de ne pas avoir pensé plus tôt à créer un label afin d’y signer les artistes qu’ils auront fait découvrir. Car, avec les Arctic Monkeys notamment, et Calvin Harris aujourd’hui, leur business roulerait (encore plus) comme sur des roulettes… “I Created Disco”, premier album de cet Écossais de vingt-trois balais, arrive enfin en France, après avoir fait largement ses preuves outre Manche, ou les nombreux tubes qu’il contient n’ont cessé de faire danser nos amis Anglais l’an passé. Un véritable coup de génie fait avec trois bouts de ficelles (un home-studio et un ordinateur Amiga) qui prouve qu’il n’y a finalement pas besoin d’une large artillerie pour viser le haut des charts

À la croisée des chemins de LCD Soundsystem, Prince et Daft Punk, “I Created Disco” réinvente le disco comme il dynamite la pop, et cela avec une facilité totalement déroutante, comme si ce grand dadet venait tout juste de découvrir ce qu’il a finalement toujours eu dans le sang. Les grands pontes de la variété n’ont d’ailleurs pas tardé à le déceler: Kylie Minogue le compte aux crédits de son album sorti en fin d’année dernière, et Sophie Ellis Bextor l’imitera en 2008. Quant à vous, impossible qu’il vous soit sorti de l’esprit si vous étiez parmi les milliers de chanceux des dernières Rock En Seine et Transmusicales ayant soudainement eu envie de raccourcir l’espérance de vie de leurs baskets

Car Calvin Harris est un phénomène, ce qui fait qu’on l’adore ou le déteste. Mais il faudrait afficher la plus solide des mauvaises fois pour ternir son sens du hit pop dansant, groovy à souhait, brossant certes souvent dans le sens du poil, mais d’une efficacité redoutable. Pour preuve, la majorité de ce tracklisting capable de squatter les ondes radiophoniques comme les dj sets des clubs les plus exigeants: “Merrymaking At My Place”, “Colours”, “Vegas”, “Disco Heat”, l’énergique “I Created Disco”, et surtout les excellents “This Is The Industry”, “The Girls”, et “Acceptable In The 80’s”, sont quelques exemples de titres capables de vous faire taper des mains, hurler leurs refrains, tout en vous démenant sur la piste comme de beaux diables. Et pour les essoufflés, l’Ecossais saura calmer le jeu par le biais de quelques morceaux plus posés comme “Neon Rocks”, “Certified”, ou le langoureux “Loves Souvenir”

Même si on pourra reprocher à Calvin Harris de tomber toujours un peu dans la même recette, “I Created Disco” remporte le très difficile pari d’être un premier album ayant à la fois marqué l’Angleterre de 2007, et la France de 2008 qui aura peu de chance de voir sortir un autre concentré d’electro pop de cette qualité. Sauf si elle continue de se regarder les pompes et qu’elle manque l’occasion d’accrocher le wagon d’un entertainment large public mais tellement régénérant. Un coup de génie qu’on vous dit..

À noter que l’édition française contient une deuxième rondelle alignant inédits (”Rock n’Roll Attitude”, “We Are All The Same”, “Love For You”), remixes (”The Girls” par Groove Armada, “Merrymaking At My Place” par un Tom Neville plus inspiré que Mr Oizo), et une version acoustique de “The Girls”

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The Do - “A Mouthful”

A Mouthful[Album]
14/01/2008
(Cinq 7/Wagram)

Il ne serait pas forcément exagéré de dire que The Do vit un conte de fée. En effet, à peine un an après qu’Olivia et Dan se soient penchés sur cette nouvelle perspective, “A Mouthful”, leur premier album, arrive dans les bacs comme pour couronner un début de carrière flamboyant, celui dont rêvent la plupart des nouvelles vedettes fabriquées tous les ans par la télévision. Sauf que dans le cas de ce duo, l’explication se trouve nulle part ailleurs que dans son talent, celui qui en très peu de temps lui aura permis de rameuter les foules à chacune de ses trop rares prestations scéniques, de servir de support musical à une publicité télévisée rabâchée (le tube “On My Shoulders” présent ici), pour finalement finir en apothéose cette première année d’existence en se voyant consacré par de nombreux médias comme la révélation des dernières Transmusicales de Rennes. Et on a beau toujours se méfier de ces nouvelles recrues montées en épingle, portées par un buzz conséquent, “A Mouthful” confirme au plus haut point tout le bien pensé du microcosme musical français

Plus encore, notre scène rock nationale, quelque peu endormie ces derniers temps, a peut être trouvé en The Do l’illustration parfaite du second souffle qui l’anime, dû en grande partie au revival folk consacrant de nouvelles pointures comme Cocoon, mais aussi à une attention plus grande des médias en tous genres un brin remis de ces histoires de quotas. Oui, non seulement les groupes Français peuvent désormais faire parler d’eux lorsqu’ils décident coûte que coûte de chanter en Anglais, mais ils peuvent aussi renverser les esprits quand ils osent y ajouter l’originalité et une large palette d’influences sans pour autant effriter la cohérence de leur registre

C’est exactement le cas de The Do, né sur les cendres des expériences passées et communes de Dan et d’Olivia dans le cadre très strict des musiques de films (”Le Camping Sauvage”, “The Passenger”), du théâtre ou des spectacles de danse. De cela en est ressortie une forte envie de faire évoluer leur musique dans un contexte beaucoup plus libre, là ou les deux têtes pensantes du trio pouvaient y mêler leurs influences respectives: jazz et classiques pour lui, rock et electro pour elle. Une formule qui les aura poussés à prendre des risques, à ne jamais retomber systématiquement dans la facilité, dans ce qu’ils savent faire. Car The Do défriche continuellement son propre univers, d’où les multiples couleurs de ce premier opus visitant, en quinze étapes, les moindres détours de nos émotions, laissant différents décors se succéder, parfois jusqu’à l’apothéose (la brillante mélancolie de “Song For Lovers”, le libre “The Bridge Is Broken”, la ballade “Travel Light”)

Et avec un tel background musical apportant richesse rythmique et profondeur mélodique, un fort attrait pour les arrangements de bon goût (via vents, cordes et percussions), un chant d’une telle intensité et d’une telle beauté qu’il s’adapte avec une facilité déconcertante à chacun des titres, The Do fait mouche et rappelle quelques unes des plus belles pointures actuelles. En effet, l’enfantin “Playground Hustle” d’ouverture ou le final décalé “In My Box” toucheront certainement le public des deux soeurs Cocorosie; les superbes “At Last”, “Tammie” et “Stay Just a Little Bit More” seront à rapprocher des Cat Power et Feist; et “Queen Dot Kong”, dont toutes ressemblances avec le “Come Around” de Mia et Timbaland seraient purement fortuites, fait le grand écart entre le hip hop du Wu Tang Clan et le bordel organisé de The Go! Team, dont le fantôme plane également sur “Coda”

Peut on pour autant parler d’un coup de maître pour un premier album? Trop dangereux, surtout à entendre ce dont The Do est capable d’accoucher avec si peu d’expérience derrière lui, laissant présager de l’impact du prochain opus. Toujours imprévisible en raison des multiples rebondissements au sein de ce disque cohérent et digeste comme au sein de chacun de ses titres, “A Mouthful” est de ces albums qui s’avalent d’un trait et dont on voit toujours trop vite arriver la fin. Do signifie “la voie” en Japonais; incontestablement, celle de ce groupe est belle et bien tracée..

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