
“Pour moi, “Iradelphic” est menaçant, ambigu, radiant. Rayonnant, un tout, invicible, complet“. C’est avec ces mots que Chris Clark présente son nouvel album à sortir chez Warp le 2 avril
(Angleterre)

“Pour moi, “Iradelphic” est menaçant, ambigu, radiant. Rayonnant, un tout, invicible, complet“. C’est avec ces mots que Chris Clark présente son nouvel album à sortir chez Warp le 2 avril
Signé sur Warp depuis bientôt 10 ans et de retour avec un nouvel album, Clark demeure l’un des piliers du label anglais. Rencontre à Paris avec un artiste posé mais franc et direct, qui n’a pas la langue dans sa poche.
Album
(Warp)
06/07/2009
Dynamiter les genres. Faire voler en éclats un paysage musical morcelé. Telle est la démarche du producteur anglais Chris Clark, figure-phare de Warp Records depuis la signature de son premier album sur le label en 2001, alors qu’il n’avait que 20 ans. Si beaucoup assimileraient trop rapidement Clark à un artiste électro classique ou à un simple disciple d’Aphex Twin, les oreilles averties savent qu’il est au contraire un fossoyeur de catégories, un acteur d’expérimentations qui vont de la techno à la pop en passant par l’acid et le hip-hop. Lire la suite…
[Album]
28/01/2008
(Warp/Discograph)
Clark, en bon producteur electro, a bien compris qu’il était nécessaire de se remettre en cause pour puiser le meilleur de soi-même, et ne pas se laisser distancer par une scène qui n’en finit plus de tenter quelques échappées. Ce fut le cas à chacune de ses apparitions: quand il la jouait electronica torturée, glaciale et mélodique sur “Clarence Park” et “Empty The Bones Of You“, ou qu’il intégrait l’instrumentation live et l’analogique sur “Body Riddle“. Considérant ce dernier album comme un cul de sac en termes de production, l’Anglais ne s’imaginait pas faire mieux. Par chance, il a su saisir les quelques bribes d’une nouvelle orientation, apparue pendant la composition de cet album, pour rebondir et faire de “Turning Dragon” un disque totalement inattendu de sa part, sans aucun lien avec son prédécesseur
Ne passons pas par quatre chemins: pour la première fois de sa carrière, Clark est bien décidé à poser son empreinte sur tous les dancefloors de la planète, à se fondre dans ce décor berlinois qui l’a récemment adopté. Mais le bonhomme ne s’acoquine par pour autant avec les sonorités BPitch ou celles de Boys Noize qui auront contribué à la marque de fabrique allemande ces derniers temps. Il applique seulement, et à sa manière, des rythmes plus réguliers qui ne font aucun pli, et une puissance enthousiaste dont il aurait délibérément poncé les angles
Ainsi, Clark balance une techno qui fait bouger les corps comme elle contorsionne le cerveau, et qui s’affiche dés le crade, décadent, et violent “New Year Storm” d’ouverture. La suite ne sera alors qu’une déclinaison de cette même recette: le sauvage et métallique “Volcan Veins”, survolé par quelques voix à peine compréhensibles, fera peu de survivants en free parties; “For Wolves Crew”, “Beg” et “Mercy Sines” représentent le pan plus abrasif de ce disque, tandis que le cisaillé et tortueux “Truncation Horn” (proche de Jackson) ou le brumeux “Ache Of The North” séduiront plutôt son plus fidèle public IDM, celui qui aimait l’entendre se rapprocher d’Autechre, comme ici sur le final “Penultimate Persian”
“Turning Dragon” marque non seulement un nouveau cap chez Clark, mais offre également un autre visage à l’electro dancefloor comme on l’entend le plus souvent. En effet, peu de chances que vous entendiez un de ces onze titres sur les pistes de clubs ou résonnent habituellement les icones de la nouvelle french touch, mais plutôt dans quelques lieux off poussiéreux sans strass ni paillettes, squattés par quelques nostalgiques des raves originelles. Clark, en accouchant à la fois de son album le plus spontané et expérimental, dévoile une fois encore un potentiel élargi qui nous laisse peu de chance de passer outre
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[Album]
02/10/2006
(Warp/Discograph)
On avait laissé Clark, alors Chris Clark, il y a un peu plus de trois ans avec un “Empty The Bones Of You” un brin plus accessible que ses précédents travaux. La claque fut certaine, du coup l’arrivée de ce “Body Riddle” ne pouvait aller sans quelques fourmillements de tympan. Différent, ce nouvel album l’est, il marque même un retour à “Clarence Park”, c’est-à-dire à une musique électronique ludique, intrigante, celle qu’on n’écoute pas de manière passive et inattentive tant elle recèle un souci du moindre détail et une affection particulière pour la mélodie. Une constatation qui vaut pour toute cette génération de producteurs élevés à Aphex Twin. Mais Clark possède clairement sa propre identité, et cette tendance quasi systématique à détruire ce qu’il crée. Entendez par là que ses morceaux commencent souvent par de belles mélodies, des rythmiques compréhensibles, finissant toutes déstructurées dans un mixeur, pour flirter avec l’expérimental. C’est le cas de “Herr Bar”, titre d’ouverture, aux notes de berceuse dûment malmenées par la suite. Fort heureusement, et pour une meilleure digestion, Clark lève parfois le pied et triture les sons plutôt que les beats et offre ainsi à l’auditeur, même très exigeant, quelques bouffées d’oxygène bienvenues (”Frau Wav”). Ce qui ne nous empêchera pourtant pas de décrocher lors de quelques passages, certes originaux, mais peu captivants, tels “Herzog” (déclinaison de nappes sans rythmique, exercice totalement réussi par contre sur “Night Knuckles”), bien loin de procurer le même effet que les somptueux “Ted” (et son beat hip hop), ou “Roulette Thrift Run (plus drum n’bass). Mais le meilleur est encore à venir: “Vengeance Drooms” et “Matthew Unburdened”, évolutifs et dignes des plus grands producteurs hésitent constamment entre l’expérimentation électronique et le hip hop pour un résultat de toute beauté. “Body Riddle” est ambitieux, s’apprivoise progressivement, et fait de Clark un éternel soldat de la prise de risque. Une démarche à cautionner, ne serait ce que parce qu’elle fait avancer..
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[Album]
01/09/2003
(Warp/Pias)
Chris Clark, comme bon nombre d’artistes Warp, est le parfait exemple d’artistes s’étant fait la main et la réputation en apprenant de lui même. Souvent comparé à Aphex Twin, son premier album, “Clarence Park” l’avait révélé au monde de l’électronique et on attendait depuis impatiemment un nouvel album. Plus ciblé que son prédécesseur, “Empty The Bones Of You” confirme nos attentes et promet de laisser des traces dans les mémoires..
Ayant gagné en maturité, Clark combine ici avec magie rythmiques massives et ambiances agressives tout en privilégiant une fluidité rendant cet opus des plus scotchants. Du début à la fin, “Empty The Bones Of You” captive l’attention grâce à quelques combines dont l’homme a le secret. “Indigo Optimos”, premier titre de l’album, fait entrer progressivement l’auditeur dans son univers en affichant les nombreux atouts qui ne tarderont pas à définitivement s’installer sur “Holiday As Brutality”, vitrine rêvée de ce que l’on entendra après. Le beat tape un max, les mélodies des samples nous y rendent accrocs et on se laisse emporter par cette tornade electro déjantée adressant régulièrement quelques clins d’oeil au hip hop. Ainsi, “Early Mass”, “Tyran” et surtout “Wolf” et “Gob Coitus” ne manqueront pas de convaincre un auditoire qui oserait encore douter
“Empty The Bones Of You” marquera les esprits de son climat glacial et angoissant, ravira les amoureux de prestations électroniques dignes de Squarepusher, Aphex Twin, Amon Tobin, Black Dog ou Prefuse 73. Une superbe réussite, bien plus qu’une confirmation, que l’on ne cessera jamais de vous conseiller.
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