Chloé

Chloé

(France)

(5 articles)

Interview - Chloé ne tourne pas en rond

Interview - Chloé ne tourne pas en rond

Figure emblématique d’une electro qui regarde plus loin que le bout de son compresseur, la Djette Chloé a la bonne idée de revenir en 2010 avec un deuxième effort, “One In Other“, qui atteste d’un passage réussi et remarqué à la production. Au milieu d’un agenda qui l’amène à défendre le nouveau-né aux quatre coins de l’Europe, l’ancienne et discrète résidente du Pulp a pris le temps de répondre à quelques-unes de nos questions.

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Chloé - “Distant” (music video)

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Chloé - “One In Other”

chloe180Album
(Kill The Dj)
22/03/2010
Electro

En 2007, quand elle ouvrait sa discographie de productrice avec “The Waiting Room“, Chloé a surpris une large frange du public electro qui la découvrait alors plus intime, beaucoup plus ouverte musicalement que ce qu’elle laissait entendre lors de ses dj sets remuants. A l’époque, alors qu’il était de bon ton de pousser les potards au maximum et de faire hurler l’audience à grands coups de beats grossiers et de sons compressés, elle préférait faire se côtoyer sonorités blues, folk et évidemment électroniques, toujours dans une ambiance sombre et pesante, paradoxalement attrayante.

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Chloé - “The Waiting Room”

The Waiting Room[Album]
08/10/2007
(Kill The Dj/Discograph)

Difficile de se rendre à l’évidence: “The Waiting Room” n’est que le premier véritable album de Chloé, qui n’avait jusque-là donné naissance qu’à un mix officiel (”I Hate Dancing“) et un opus en compagnie de Ivan Smagghe (”The Dysfunctional Family“). Bon Dj ne voulant pas forcément dire bon producteur, une large frange du public electro attendait impatiemment d’entendre ce que les productions originales de la demoiselle allaient bien pouvoir donner. Exit cependant cette appréhension du premier album, Chloé ayant déjà assez traîné ses guêtres, et ayant accumulé assez d’expérience pour se permettre de sauter cette étape. Un point qui surprendra peut-être les non-initiés, la Parisienne n’étant pas vraiment du genre à investir un Boeing vers Ibiza pour offrir un mix à quelques lourdeaux sous les caméras de la boîte à cons. C’est plutôt un travail de longue haleine, sûrement le moins superficiel au final, et quelques productions restées dans l’ombre des médias, qui portent leurs fruits aujourd’hui

Car “The Waiting Room”, marchant constamment sur un fil entre assurance et fragilité, est le juste reflet de sa génitrice, celui qu’il est difficile de définir à vrai dire. Car elle possède un réel talent à brouiller les pistes, en hésitant notamment aussi bien entre l’électronique et l’acoustique, qu’entre la spontanéité et la complexité, tout en bousculant les conventions et restant clairement orientée vers le dancefloor. C’est donc en se maintenant à l’écart du prévisible et du formaté que Chloé donne à ce premier opus une saveur toute particulière

D’où la surprise d’entendre de sa part quelques titres qu’on aurait jamais pensé voir au tracklisting de ce “The Waiting Room”. On pense notamment au clin d’oeil folk aussi glauque que tristounet de “The Door” et “Beneath The Underground”, au blues délicieusement répétitif et cuivré de “Around The Clock”, dont le penchant électronique est à trouver sur l’entame “The Waiting Room”. Mais qui viendra plutôt y chercher une house minimale envoûtante sera également comblé avec les fantomatiques “I Want You” et “Over The Dose”, les plus vindicatifs “Be Kind To Me”, “Suspended” et “Amour”, tous révélateurs d’un souci du détail jusque dans les textures. Autre preuve d’une maturité incontestable, Chloé saupoudre cet album de penchants très actuels, comme l’intégration de sonorités rock sur “It’s Sunday”, et plus légèrement sur “No One Can Be” et “Brashov”, sans évidemment en faire quelque chose de putassier

Voilà donc la carte de visite idéale de Chloé. “The Waiting Room”, aussi intriguant qu’hypnotique, tout en sensualité retenue, s’inscrit incontestablement parmi les références electro actuelles à ne pas manquer. De surcroît, il gagne en saveur en faisant le lien entre une certaine affinité rock héritée du passé, perceptible ici, et une fulgurante ascension electro. C’est donc tout en musique que Chloé se met à nu, et dévoile une captivante personnalité artistique en fuyant systématiquement la facilité. C’est certainement grâce à des disques comme celui-ci que la musique électronique continuera d’avancer..

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Chloé - “I Hate Dancing”

I Hate Dancing[Album]
24/05/2004
(UWE/Discograph)

Figure des nuits electro parisiennes, Chloé déboule aujourd’hui avec un premier album faisant suite au maxi “The Forgotten Ep”. Rôdée grâce à son appartenance à la famille du Pulp lui ayant ouvert les portes d’une expérience conséquente, celle que l’on pourrait presque qualifier d’Ellen Allien à la française propose donc, avec ce “I Hate Dancing”, un mix au carrefour de la house minimale allemande et de “l’electro crade” qui ne fait que conforter l’idée que la nouvelle scène influente française est bien celle dont elle fait partie, au même titre que Ark, Krikor et toute la clique Katapulp. Ainsi, en un peu plus d’une heure, Chloé enchaine les titres dancefloor dans une homogénéité remarquable, avec une réelle efficacité et vient, à aucun moment, remettre en question sa réputation grandissante. Pas étonnant quand on compte Superpitcher, Kiki, Munk, Tiga, Robag Wruhme, et Ed Laliq, entre autres, au tracklisting. “I Hate Dancing”, que certains qualifieront à juste titre de bande son des soirées parisiennes branchouilles, reste un bon moment à passer et à partager.

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