
Quasi absente des débats depuis 2008 et son album “Jukebox“, Cat Power fera son retour à la rentrée 2012 avec un nouvel album intitulé “Sun”. Prévu chez Matador, il atterrira dans les bacs le 11 septembre.
(USA)
[EP]
08/12/2008
(Matador/Naive)
L’écart est abyssal entre ces groupes à la reprise facile qui connaissent leur heure de gloire une fois par an à la fin juin, et Cat Power qui, avec deux albums à l’appui, en a fait un de ses exercices de prédilection. Il faut dire qu’avec autant d’armes redoutables sous l’imperméable, entendez par là une voix et une sélection toujours aussi drastique que qualitative, il ne pouvait décemment pas en être autrement avec Chan Marshall. Et on a bien dit drastique, puisqu’on était loin d’imaginer que ces six titres sortis pour la fin d’année, en vynil et digital uniquement, soient à l’origine issus de la session d’enregistrement de “Jukebox“, son dernier album en date. Car à les écouter en boucle, ceux là méritaient pourtant largement d’y être, et on imagine à quel point les recaler a du être chose difficile. Toujours est-il que la belle ne nous aura pas privé très longtemps de ces quelques standards soul, R&B et folk, empruntés au répertoire des Pogues (”Ye Auld Triangle”), Fairport Convention (”Who Knows Where The Time Goes”), James Carr (”Dark End Of The Street”), Creedence Clearwater Revival (”Fortunate Son”), Otis Redding (”I’ve Been Loving You Too Long (To Stop Now)”) et Aretha Franklin (”It Ain’t Fair”), tous réinterprétés à sa façon via le triangle magique voix-guitare-piano qui lui va si bien, qu’elle maîtrise à merveille, même si le résultat pourra sonner trop soporifique pour beaucoup d’amateurs. Comme une petite cerise sur la bûche, dont l’absence n’aurait pas changée le cours des choses, mais qu’on adore toujours déguster par pure gourmandise.
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[Album]
21/01/2008
(Matador/Naive)
Cela fait plus de dix ans maintenant que Cat Power, Chan Marshall dans le civil, tient une place de choix sur la scène rock indépendante mondiale. Et pour cause, appuyée par une discographie à rallonge, la belle Américaine aura imposé une voix qui fait désormais l’unanimité, dont l’âme remplit l’espace à chaque fois qu’elle résonne, et cela qu’on apprécie ses choix en matière d’orchestration, de composition, ou non. En effet, ils sont quelques-uns à préférer ses premiers disques à ses derniers, mais Chan Marshall garde incontestablement son organe intact. Elle le prouve une nouvelle fois en ce début d’année avec “Jukebox”, un album de reprises, exercice auquel elle s’était déjà adonnée en 2000 avec “The Covers Record”
Sur le papier, pas de quoi faire frémir le grand public, du moins celui qui ne la connaîtrait pas encore. Sauf que lorsqu’on s’appelle Cat Power, on ne se plie pas bêtement à ce concept, on le flanque sans retenue de sa personnalité artistique, d’un minimalisme bien connu, au point qu’on en oublierait presque les originaux, parfois très éloignés de ce que Chan Marshall en a fait ici. Et cela, même si la belle, à la différence du premier volume, reprend des titres qui lui sont chers, entourée de musiciens et non plus en formations piano/voix ou guitare/voix (à l’exception de “Silver Stallion”) qui avaient l’avantage de jouer la carte non négligeable de l’intimité, de la proximité, relevant encore plus la beauté de sa voix
Ici, et sur chaque titre, un semblant de mélodie est préservé tandis que le reste est rasé puis reconstruit. C’est pourquoi il n’est pas forcément évident de reconnaître le “New York New York” de Sinatra quand Cat Power s’y colle. Idem sur le “Ramblin Man” de Hank Williams (”Ramblin (Wo)man” ici) dont elle écarte l’entrain pour en faire une belle balade pop/soul, le “I Believe In You” de Bob Dylan soudainement électrisé, ou le “Don’t Explain” d’une Billie Holiday modernisée. Parfois pourtant, Chan Marshall se montre plus respectueuse, comme sur le “Lost Someone” de l’inégalable James Brown, les “Blue” de Joni Mitchell et “Silver Stallion” de The Highwaymen qu’elle rend pourtant légèrement plus soporifiques encore, ou le “Woman Left Lonely” de Janis Joplin
Ajoutez à cela une revisite de son “Metal Heart”, déjà au tracklisting de “Moon Pix”, l’inédit “Song To Bobby”, plus linéaire que ce à quoi elle nous avait habitué, et “Jukebox” s’inscrit autant dans la lignée de “The Greatest” que dans celle des plus vieux albums que les fans regrettent toujours. Incontestablement, il règne ici une osmose perceptible entre Chan Marshall et ses musiciens qui prouve qu’un album de reprises ne s’apparente pas forcément à un vulgaire karaoké. On parlera donc plutôt de performance, car “Jukebox”, bien que très inspiré, ne se hisse pas au rang d’un véritable album.
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