(14 articles)

The Decemberists - “The Crane Wife”

The Crane Wife[Album]
29/01/2007
(Capitol/Emi)

Que, jusque-là, vous aimiez sans aucune mesure The Decemberists ou qu’ils vous aient toujours un peu déçu, il faudra revoir votre copie, quoi qu’il arrive. En effet, Colin Meloy et sa bande de Portland ne cherchaient pas forcément le changement à l’entame de ce troisième album, il est venu naturellement comme cela tombe parfois sur les épaules des musiciens aguerris et expérimentés

A la base, “The Crane Wife”, cependant toujours très mélodique et à l’écriture des plus fines, est un conte japonais traditionnel pour enfant qui donna envie au leader du groupe d’en écrire une chanson, pour finir par le décliner en plusieurs parties et devenir son thème principal. On flirte donc cette fois avec le concept, mais sans que celui ci ne fasse office d’un boulet privant ce disque de diversité, de légèreté et de fluidité. En effet, peu sont les albums de ce genre à s’écouter d’un trait, sans fatiguer, ni demander une attention croissante au fur et à mesure qu’on s’y enfonce. “The Crane Wife”, sans conteste le plus réussi du groupe à ce jour, jongle avec les contrastes, notamment celui d’être touchant en abordant des thèmes assez sombres, de s’afficher en oeuvre dramatique pour ne finalement être qu’une ode à la vie. Pour cela, le combo a mis les petits plats dans les grands, bénéficiant d’un enregistrement digne de ce nom, de l’intervention du producteur Chris Walla (Death Cab For Cutie), de plus de moyen et de temps (trois mois exactement) lui ayant permis de flirter ici avec la quasi-excellence

Et les mots sont pesés. Car ici les joyaux pop/folk sont légion, du “The Crane Wife 3″ d’ouverture au “Summersong” de fin d’album, en passant par “When The War Came” et “O Valencia!”, tous rappelant parfois l’approche d’I Am Kloot, la diversité musicale en plus. Car The Decemberists ne se sont pas privés d’enrichir leurs titres de sonorités d’accordéon ou de cordes bienvenues ne faisant qu’accroître la grande richesse de ce disque définitivement à part. Et comme pour enfoncer le clou, Colin Meloy et ses compères prennent à contre-pied les formats imposés par le monde des majors qu’ils viennent de rejoindre, en accouchant d’un sublimissime morceau de douze minutes. “The Island”, composé de trois parties bien distinctes mais essentielles, est du genre à mettre tout le monde d’accord et illustre à quel point The Decemberists maîtrisent leur sujet: paroles très sombres, et jongle d’une facilité insolente et déconcertante de multiples références qu’on aurait difficilement pensé aussi mariables. Je pense notamment à ce long passage “à l’écossaise” qu’il fallait oser intégrer et réussir à faire si bien sonner pour ne pas en faire un rapporté

C’est là tout le talent de ces Américains, dévoués à l’écriture et composant leur musique uniquement en ce sens tout en la faisant sonner d’une manière si naturelle qu’elle en devient époustouflante. Avec leur air d’Américains conservateurs des siècles passés, The Decemberists sont finalement au-dessus du lot et pensent bien plus loin que la majorité des groupes de sa génération. De l’art

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Beastie Boys - “To The 5 Boroughs”

To The 5 Boroughs[Album]
15/06/2004
(Capitol/Emi)

Six ans… Il aura fallu attendre tant d’années pour que “Hello Nasty” puisse enfin avoir un successeur. Il faut dire qu’on n’y croyait plus. Et la faillite de Grand Royal, le label des new yorkais, il y a deux ans ne nous a pas permis de retrouver l’optimisme. Mais les Beastie Boys sont des durs à cuire. Avec la quarantaine en ligne de mire, le trio revient plus médiatisé que jamais armé d’un “To The 5 Boroughs” en hommage à la Grosse Pomme, particulièrement remonté contre la politique américaine, et avec une couleur old school plutôt abandonné depuis “Check Your Head” Lire la suite…

El P - “Collecting The Kid”

Collecting The Kid[Album]
15/06/2004
(Capitol/Emi)

El P est aujourd’hui devenu incontournable dans le paysage hip hop. Ses performances de producteur sur le “Cold Vein” de Cannibal Ox, sur son album solo “Fantastic Damage” plutôt indispensable, ou plus récemment sur son remarqué album jazzy “High Water”, lui ont offert une large reconnaissance. “Collecting The Kid” continue en ce sens en proposant une compilation de morceaux nés de collaborations avec d’autres artistes de chez Definitive Jux. Ainsi, on retrouve à ses côtés Murs (”The Dance”) ou Mr Lif (”Post Mortem”) entre autres pour quelques morceaux d’anthologie ou, au contraire, on ne peut plus dispensable. Car ici, l’exercice est encore risqué mais moins réussi qu’à l’accoutumée. El P s’éloigne encore un peu plus du hip hop pour flirter avec des ambiances cinématographiques (”Death Of Buck 50″, “Love Theme” ou “The Dance”), expérimentant ainsi au point de sonner plus rock comme sur “Oxycotin”. De là, on retiendra des titres comme le “Post Mortem” de Mr Lif ou “Constellation Recall” alors que d’autres passeront vite aux oubliettes (”Jukie Skate Rock”). Bizarrement paru sur une major, “Collecting The Kid” n’est pas un mauvais disque mais nous pousse à quelques interrogations. Lassitude ou infime erreur de parcours? Espérons que le boss de Defintive Jux saura, à l’instar d’Anticon, s’effacer un tantinet pour revenir plus fort que jamais. Réponse au prochain épisode…

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Dilated People - “Neighborhood Watch”

Neighborhood Watch[Album]
06/04/2004
(Capitol/Emi)

Je me souviens d’une époque où l’on était prêt à défendre les Dilated People malgré tous les défauts: leur son était brutal, violent, ludique. Je me souviens d’une époque où on n’avait plus à les défendre, où tout le monde s’en chargeait: les critiques étaient dithyrambiques sur un “Expansion Team”, feu d’artifice redonnant toutes ces lettres de noblesse à un son West Coast de gamins

Aujourd’hui, “Neighborhood Watch” est sorti, et j’espère qu’il restera des gens pour le défendre; moi je me retire. Il n’ y a rien à prendre dans ce disque: tout est minable, superficiel, les clichés fleurissent et, pire que tout, ils se prennent tous au sérieux.

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Jimmy Eat World - “Clarity”

Clarity[Album]
01/01/1999
(Capitol/Import)

Ce groupe est une des valeurs sûres de la scène emo-pop américaine. Encore trop peu connus en France, ses compositions sont plutôt accessibles mais le groupe ne bénéficie pas encore d’un appui promotionnel conséquent pour y faire adhérer les non-initiés. Plus calmes qu’auparavant, les JEW bénéficient d’un son haut de gamme, voire trop, enlevant une certaine agressivité aux morceaux déjà plus cools étant donné le changement minime mais notable de la direction musicale du combo. Fini les hymnes mélodiques aux rythmes soutenus (même si elles repointent le bout du nez à deux reprises lors de Crush et Blister), d’ailleurs devenus pratiquement classiques. Jimmy Eat World préfère dorénavant les ambiances plus pop qui nous pousseraient presque à les rapprocher de Promise Ring (A Sunday, Clarity) ou Buming Airlines (Believe In What You Want) en plus calmes. Ce Clarity se termine sur un morceau d’un quart d’heure; c’est beau, émouvant, touchant, la liste de qualificatifs est longue. Vivement conseillé.

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