(9 articles)

Various Artists - “Nova Explore Blue Note Vol.1″

Nova Explore Blue Note Vol.1[Album]
26/05/2008
(Blue Note/EMI)

Prenez les sélections futées et audacieuses de Radio Nova, ajoutez-y le génie du label new-yorkais Blue Note et vous obtenez la compilation “Nova Explore Blue Note Vol. 1″, dont le contenu charme de toute évidence autant que le titre. Car derrière cette élégante pochette crayonnée se cache un panel de titres délicieusement jazzy, ressortis de l’ombre par les programmateurs de la radio. En explorant Blue Note, Nova aurait pu prendre le parti de compiler une énième fois les grands classiques qui donnèrent sa notoriété au label fondé en 1939. Mais pour façonner une sélection vraiment originale, les héritiers de la frénésie musicale de Jean-François Bizot ont eu raison d’aller chercher tout ce que le label avait sorti de meilleur et de plus pointu, aux quatre coins du globe (n’oublions pas, par exemple, que Blue Note a signé plusieurs albums de la scène jazz hexagonale, à commencer par ceux d’Erik Truffaz ou le fameux “Lipopette Bar” d’Oxmo Puccino). C’est d’ailleurs en hommage à “JFB” et à son impressionnante collection de galettes que le radio nova crew a compilé ces morceaux où se côtoient Mos Def, Horace Silver, Nina Simone, Michel Legrand, Claude Nougaro… Un “Grand Mix” Blue Note qui pioche ainsi dans tous les genres et toutes les époques du label, du groove funky de la flûtiste Bobbi Humphrey sur le puissant “Chicago, Damn”, enregistré en 1973, au cinématique “If You Arrest Me” des Troublemakers de Marseille, en passant par la création moderne et savamment rythmée du français Booster, ou encore par l’incontournable “Street Lady” du maître de la trompette Donald Byrd. Si l’ensemble des titres s’accorde harmonieusement autour d’une prévalence pour la période des 70’s, on retiendra tout particulièrement la performance du guitariste Charlie Hunter sur le langoureux “Creole”, magnifié par la voix de Mos Def, l’impressionnante version latin jazz d’”Eleanor Rigby” des Beatles offerte par Joe Torres, gorgée de percussions endiablées, ou le piano épileptique du jeune Jason Moran dans l’avant-gardiste “Planet Rock”. On ne pouvait enfin rêver plus belle conclusion que cette splendide version live, absolument saisissante, du “Blackbird” de Nina Simone, enregistrée au Carnegie Hall de New-York en 1962. Avec cette épatante compilation, Nova réussit le pari parfaitement maîtrisé d’offrir une visite sans redite du mythique label en s’éloignant des sentiers battus, confirmant d’une pierre deux coups son incroyable talent de traqueur de titres. En espérant que le deuxième volume soit déjà dans les tuyaux…

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Blue Note - “Droppin’ Science: Greatest Samples From The Blue Note Lab”

Droppin' Science: Greatest Samples From The Blue Note Lab[Album]
25/02/2008
(Blue Note/Emi)

De la pire à la meilleure, de toutes les oeuvres pillées par les producteurs hip hop pour y puiser leurs samples, celles de Blue Note n’auront pas échappé à la règle tant leur qualité ne pouvait alors que donner plus d’impact au résultat. Pour preuve, “Droppin’ Science: Greatest Samples From The Blue Note Lab”, à l’instar du “Shades Of Blue” de Madlib, vient en extraire quelques unes seulement, compile une dizaine des productions jazz funk sélectionnées parmi vingt cinq, datant de la fin des années 60 au milieu des années 70, et qui auront fait le bonheur des plus grandes figures du hip hop américain. Et s’il existe ici un lien très fort entre ces deux genres musicaux, les noms prestigieux qui ornent ce tracklisting sauront également séduire un public jazz n’ayant jamais penché une seule oreille sur un quelconque titre hip hop devenu classique

Ceux là ne pourront qu’approuver un tel choix à l’écoute de “Get Out Of My Life” de Joe Williams (utilisé sur le “I’ll Street Blues” de LL Cool J), “It’s Your Thing” de Lou Donaldson (reconnaissable sur “Punks Jump Up To Get Beat Down” de Brand Nubians et “Bitties In The BK Lounge” de De La Soul), “Oblighetto” de Jack McDuff (”Scenario”de A Tribe Called Quest), ou “Who’s Making Love” de Lou Donaldson (”Everyday It Rains” de Mary J Blige). Autre exemple encore plus flagrant: la quasi et injuste certitude que les premières notes de “The Edge” soient plus connues pour “The Next Episode” de Dr Dre que pour leur original

Si vous êtes donc quelques uns à posséder encore ces petites perles dans vos vieux bacs à vinyls poussiéreux, à penser qu’ils n’ont désormais plus aucune valeur, ce “Droppin’ Science” vous rappellera à quel point ils pourraient faire le plus grand bonheur des crate diggers. Ceux là même qui, pour les plus mélomanes d’entre eux, n’auront désormais plus à attendre que la chance soit de leur côté, toutes étant regroupées sur une même galette qui ne manquera pas d’approfondir simultanément la culture musicale des publics jazz et hip hop. Une enfilade de classiques peut être un peu téléphonée, mais définitivement incontournable pour qui les ignorerait encore..

Tracklisting1. Lou Donaldson - “It’s Your Thing”2. Ronnie Foster - “Mystic Brew”3. Donald Byrd - “Think Twice”4. David McCallum - “The Edge”5. Jack McDuff - “Oblighetto”6. Joe Williams - “Get Out of My Life Woman”7. Grant Green - “Down Here on the Ground”8. Lonnie Smith - “Spinnin Wheel”9. Jeremy Steig - “Howling for Judy”10. Lou Donaldson - “Who’s Makin Love (To Your Old Lady)”

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Erik Truffaz - “Arkhangelsk”

Arkhangelsk[Album]
12/03/2007
(Blue Note/Emi)

Des couleurs, on aura eu droit à quelques unes depuis les premiers pas de la discographie d’Erik Truffaz. Hip hop au temps ou notre trompettiste et Nya étaient inséparables, rock sur “The Walk Of The Giant Turtle”, musiques du monde sur le dernier “Saloua”, ont donc tour à tour ou simultanément enrichi le background jazz de l’artiste. Une chose manquait encore pourtant: une voix humaine, douce et mélodieuse, accompagnant à merveille cette trompette chaleureuse pour un mariage marquant, nouveau, clairement pop. N’allez pourtant pas croire que Truffaz allait nous la jouer Louis Armstrong ou Chet Baker. Non, en plus de la petite présence de Nya de retour depuis quelques disques (”Trippin’ The Lovelight Fantastic”), il a préféré faire appel à un véritable savoir faire, à l’expérience, c’est à dire à “notre” Christophe national (peu convaincant cependant) mais surtout à l’Anglais Ed Harcourt, pour peaufiner cette musique née, jouée et assumée en quartet. Car “ArkhanGelsk” (du nom d’une ville russe au bord de la mer Blanche) va bien plus loin qu’un simple album de trompettiste. Chaque musicien y tient son rôle la tête haute, au service de personne sauf de la musique, encore plus cohérente qu’auparavant puisqu’en aucun cas elle n’a été composée pour accompagner un chant plus présent que sur les précédents disques. Truffaz et sa bande n’accompagnent pas, mais créent un vrai un tout, un univers auquel tout le monde s’adapte avec brio et au sein duquel apparaissent cette fois un orgue Hammond et percussions, véritables nouveautés de ce disque. La preuve avec les quelques instrumentaux qui ornent cet opus (”Miss Kaba”, “Les Nuits de Monsieur Naj”, “Arkhangelsk, “Akiko”, “Entre Le Ciel Et l’Eau”), suscitant le manque du petit quelque chose qui l’aideront à flirter avec la perfection. Un manque comblé lorsque Ed Harcourt, rencontré lors d’une soirée hommage à Chet Baker au New Morning, vient poser sa voix sur “Red Cloud”, “Manon”, et les superbes “Snake Charmer Man”, “Nobody Puts The Baby In The Corner”, et “Anonymus”. Truffaz pose donc une nouvelle carte sortie d’un jeu décidemment plein d’atouts, et comblera ses fans tout en les dépaysant quelque peu. Pas donné à tout le monde

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Oxmo Puccino & The Jazz Bastards - “Lipopette Bar”

Lipopette Bar[Album]
25/09/2006
(Blue Note/Emi)

Trop souvent confondu dans le paysage hip hop français, Oxmo Puccino a pourtant toujours cultivé une certaine différence. Dans les textes notamment, puisque le Black Mafioso n’a jamais opté pour le format classique, préférant de loin se forger son propre style, celui qui permet à chacun des textes d’un même album de tisser un lien pour aboutir sur une véritable histoire originale. Une marque de fabrique déjà présente sur son premier opus, laissant au second le luxe de souligner son avant-gardisme musical. Mais c’est suite à la tournée de “Cactus De Sibérie” qu’Oxmo se remet sérieusement en question, jauge sa motivation, désireux de proposer quelque chose de différent, quitte à s’éloigner du rap. Comme s’il sentait venir ce signe du destin, cette rencontre avec Nicolas Lug du prestigieux label Blue Note qui lui chuchote la possibilité d’un projet jazz racontant une histoire. Qui mieux qu’Oxmo Puccino pouvait s’atteler à ce genre de challenge

La nature fera ensuite le reste. Notre Mc rencontre Vincent Ségal (M, Bumcello…) qui lui présente Vincent Taurelle, pianiste, et Vincent Taeger, batteur, tous deux grands admirateurs des textes de celui qui se nomme désormais le Black Popaye. La base de ce “Lipopette Bar” est posée, le trio se met au travail, Oxmo se lance dans un nouveau scénario, mélange d’un hommage à Billie Holiday, de portraits, de rencontres, d’expériences personnelles, le tout dans une ambiance de série télévisée, de film noir. Exit la MPC, notre homme goûte aux instruments, Marcelo Giuliani (contrebasse) et Ludovic Bruni (guitare) viennent enrichir le line up, et chacun des personnages principaux du scénario endosse son rôle: Black Popaye, celui du videur du bar, Billie, de la chanteuse, Pat Phil, du flic ripou, Yuri, de l’escroc professionnel, Pile Ali, du pianiste de bar, et Yago, du bad boy de quartier

“Lipopette Bar” laisse alors éclater toute sa richesse. Les quatre musiciens imposent un groove admirable (”Au Lipopette Bar”, le typiquement Blue Note “Ou Est Billie?”, “La Roulette Russe”, “La Femme De Sa Nuit”), chaque note tient sa place sans jamais s’octroyer de liberté, et une réelle chaleur se dégage de chacun des titres. Oxmo, à son aise comme jamais, vit comme une résurrection, laisse son talent jouer de magie, parvenant même à nous faire oublier qu’on tient là un disque qui se classe toujours, quand même, dans la catégorie hip hop. Car même si certains morceaux s’en éloignent clairement (”Tito”, “Ceux Qui Disent…”, “Nirvana”), d’autres forment la fine fleur du genre (”Black Popaye”). On se laisse prendre au jeu et l’auditeur finit par écouter ces douze titres comme on regarde un beau film, charmé par les personnages (”Quoi Qu’il En Soit”), le décor, les épisodes qui se suivent (le dangereux “Ou Est Billie?” et “Conte De Fée”), et l’ambiance (”Au Lipopette Bar”)

Oxmo Puccino, à l’étiquette Blue Note fortement justifiée, balance donc à la face du rap français tout ce qui le rebute chez lui, la froideur des instrumentaux notamment. Avec “Lipopette Bar”, il s’affiche définitivement en maître des mots, en chef du swing, et accouche d’un nouveau hip hop français qui se faisait sérieusement attendre. Fini le formatage radio, les stéréotypes, les thèmes récurrents et appauvrissants. Quand on pousse les portes de ce bar rempli de gens apparemment peu fréquentables, on y commande avec plaisir un cocktail chaud de matière grise, d’originalité, et de maturité, jusqu’à maintenant bien rare dans nos contrées. Retenez cette adresse et endossez votre plus beau costard car, pour une fois, on a ici le flacon et l’ivresse..

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Erik Truffaz - “Saloua”

Saloua[Album]
01/02/2005
(Blue Note/Emi)

L’homme ressemble de plus en plus à un génie! Toujours en quête de nouveaux sons, constamment à la recherche d’expérimentations, il réussit encore à nous surprendre, un an après la sortie de ‘Walk Of The Giant Turtle’, plutôt orienté rock. Ici, le trompettiste joue avec le reggae, la musique orientale, le rock et son univers bien personnel, immédiatement identifiable. Qu’il est bon d’entendre à nouveau Nya, après quelques années d’absence. Son retour donne lieu à des dialogues entre sa voie ‘dancehall’ et le chant de Mounir Troudir: idée géniale! Et le tout sans jamais oublier la mélodie. C’est le cas avec “Yabous”: un flow impressionnant de Nya, un Philippe Pipon Garcia aussi impressionnant qu’un Marc Erbetta et une guitare de Manu Codjia furieusement pensée par son placement. Sonorités très 70’s sur “Gebech” et direction le dub electronique -si! si!- sur “Dubophone” avec un parfum de Jamaïque, de Bristol à rapprocher du travail des lyonnais “Peuple De L’herbe” (une collaboration entre les deux serait d’ailleurs intéressante). Le temps se fige sur “Ines” avec des trompettes en ‘nappe’ et les percussions de Garcia avant le retour au rock très électrique de “Tantrik” et “Ghost Drummer”, où Codjia s’en donne à coeur joie. Pour le reste, à vous de découvrir. Ah, s’ils étaient plus nombreux comme Truffaz, le public achèterait sûrement plus de disques…

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Madlib - “Shades of Blue”

Shades of Blue[Album]
24/06/2003
(Blue Note Records/EMI)

Brouilleur de piste génial, Madlib revient en ce début d’été avec un album de remixes de nombreux titres phares du label Blue Note. Alors qu’on parle d’un retour de Lootpack pour la rentrée, ce disque s’inscrit dans la lignée du Yesterday’s New Quintet, ce qui comblera les aficionados du mélange Jazz-Hiphop

Installez vous bien, car dés l’intro, on est tout de suite pris dans un tourbillon sonore. Partant dans un remix audacieux d’un titre de The Three Sounds, il rejoue avec maestria le “Distant Land” de Donald Byrd, enrichissant celui-ci plutôt que de le déstructurer. Et c’est là toute la force de cet opus, partant de certains morceaux relativement connus et parfois déjà utilisés (on pense à A Tribe Called Quest par exemple), il se contente d’y apporter sa touche si personnelle, sans dénaturer l’ambiance d’origine. Car si il s’agit bien de remixes HipHop, le groove ou l’émotion de départ sont toujours respectés, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas. Passant de Ronnie Foster à Reuben Wilson entre autres, il sublime le “Montara” de Bobby Hutcherson, avant de clôturer magnifiquement avec “Peace /Dolphin Dance” enregistré à l’époque par Horace Silver & Herbie Hancock. Nous vous laissons le soin de découvrir vous-mêmes les autres artistes présents sur cet opus, qui s’annonce déjà comme l’une des bonnes surprises venues de la côte ouest des Etats-Unis

Il est souvent difficile d’apprécier le travail de remix lorsque l’artiste s’attaque à un répertoire inconnu. Ici, loin d’être des morceaux archi-connus, ils le sont néanmoins pour les fanatiques du célèbre label Blue Note, et nul doute que ceux-ci sauront apprécier le respect avec lequel le travail de Madlib a été fait. Quand aux autres, voici l’occasion immanquable de partir à la découverte des artistes phares de la scène jazz de l’époque, associés au sens mélodique d’un des protagonistes les plus intéressants de la nouvelle vague du HipHop

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Erik Truffaz - “The Walk Of The Giant Turtle”

The Walk Of The Giant Turtle[Album]
01/04/2003
(Blue Note/Emi)

L’artiste aime surprendre. Une nouvelle fois, cet opus en est la preuve. Truffaz prend ici une direction plus rock. La qualité du mix et du mastering est très impressionnante. Ce travail du son donne une dimension supérieure à cet album. Les mises en place, tout comme les mélodies, vous transportent rapidement dans le nouvel univers de Truffaz, bien loin des oeuvres précédentes. “Scody part I” et “Scody part II” sont des titres de transition avec “Bending New Corners”. Mais dès “King B”, changement radical d’ambiance: Le rock est de mise. Comme toujours, l’équipe sait doser les émotions et les sons. Après le violent et agressif “King B” suivent les chefs d’oeuvres “Flamingos” et “Turiddu”: ballades somptueuses et apaisantes. Peut être les plus beaux titres du groupe tout album confondu. Une nouvelle fois, le travail technique des musiciens est impressionnant; L’émotion transmise également. L’album alterne ensuite titres rock et ballades

Avec ‘The Walk Of The Giant Turtle’, l’artiste touche un autre public et rassemble donc encore un peu plus de monde autour de son concept. Un grand monsieur.

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Erik Truffaz - “Revisité”

Revisité[Album]
02/04/2001
(Blue Note/Emi)

Etait-ce bien indispensable? Cet album de remix voit le jour en 2001 alors que le public attend avec une grande impatience le nouvel opus du trompettiste. Bien sûr, on sent que l’artiste se fait plaisir en rendant hommage à ceux dont il affectionne le travail comme Pierre Henry ou Bugge Wesseltoft. Bien sûr, Truffaz s’est imposé comme un leader de la nouvelle scène jazz, vite baptisée par les spécialistes du marketing ‘Nu Jazz’, et peut donc revendiquer un album remix. Mais, les remixes vont parfois un peu loin dans l’expérimentation même pour des passionnés du genre. Pourtant, Pierre Audétat et Alex Gopher, responsables des remixes de “Less” et “Bending New Corners” sont loin d’être des amateurs de l’exercice. Mais lorsqu’on innove déjà naturellement, est ce bien nécessaire de faire appel à des spécialistes du remix, pas sûr. Rendons cependant hommage à Bugge Wesseltoft, autre leader et innovateur du jazz contemporain. Il signe ici un remixe incroyable, se servant du son de trompette de Truffaz comme d’une sirène. Avec cette boucle, on pense inévitablement aux productions Public enemy des années 80. Un son très hypnotique tout simplement génial.

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Erik Truffaz - “Bending New Corners”

Bending New Corners[Album]
03/11/1999
(Blue Note/Emi)

Un an après la sortie de “The Dawn”, la formation confirme avec cet album plus abouti que le précèdent. Tout se passe comme si “The Dawn” avait été un laboratoire pour ce chef d’oeuvre des années 90. La recette est donc la même mais les compositions transmettent davantage d’émotions et M.Giuliani semble tenir un rôle plus important. Emotions plus fortes donc, grâce aux mélodies plus élaborées très soutenues par la trompette de Truffaz (”Sweet Mercy”, “Siegfried”, “Minaret”) et grâce, également, aux ambiances si particulières dont ce groupe a le secret. Le jeu de Muller sur “Betty” confirme, s’il en était besoin, la qualité technique et la sensibilité artistique de ce musicien. Quand au jeu de Truffaz sur ce titre, il est digne de ses illustres précurseurs qu’ils se nomment Miles Davis ou Donald Byrd. Le sens du groove est bien réel. Il suffit d’écouter “Friendly Fire” pour s’en rendre compte. L’efficacité des chorus est redoutable. A nouveau, Truffaz rassemble amateurs de Hip Hop, de Drum & Bass et de funk.

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Erik Truffaz - “The Dawn”

The Dawn[Album]
16/03/1998
(Blue Note/Emi)

Sorti en 1998, cet album contient déjà la formule qui explique le succès du quintette: ligne de basse très groove de M.Giuliani, voix sombre et fortement teintée de dancehall de Nya, rythmiques drum & bass (sur le somptueux et efficace “Yuri’s Choice”) et des éléments empruntés à un jazz plus traditionnel. Enfin, il se passe des choses dans le jazz, francophone de surcroît, et cette musique avance d’un pas ou deux. Les mélodies sont soignées (”The Dawn”), le jeu de M.Erbetta terriblement efficace et que dire du rôle tenu par P.Muller…Bref!, l’alchimie fonctionne ici à merveille. Le groupe sait également créer des ambiances, une atmosphère (”Round-Trip”). Les “Swiss Kats” réussissent la prouesse de rallier des jeunes, plutôt branchés électronique ou R&B, au jazz. En résumé, grâce à des gens comme Truffaz, le jazz cesse de tourner en rond pour le plus grand plaisir d’un public ouvert d’esprit.

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