(Angleterre)
[Album]
27/10/2008
(Wichita/ Coopérative Music/Pias)
La réputation de groupe majeur glanée par Bloc Party depuis son apparition en 2004, tient beaucoup plus de son premier album “Silent Alarm” que du second “A Weekend In The City“. Non pas que ce dernier soit moins bon, juste différent, illustrant la volonté du combo anglais de ne pas s’endormir sur ses lauriers, à évoluer malgré sa jeunesse, quitte à en payer le prix. Ainsi, les quatre ont laissé sur la route quelques auditeurs qui ne s’y retrouvaient finalement plus, et à qui ils retendent la main avec “Intimacy”, nouvel album se présentant comme le juste compromis d’un début de carrière placé sur un piédestal
La constatation n’aura rien d’une révélation pour les fans du groupe ayant découvert cette nouvelle salve en août dernier, lors de sa sortie digitale anticipée qui lui aura permis de tâter le terrain médiatique. Ce n’est donc qu’en cette fin octobre que “Intimacy” s’ouvre réellement au monde, dévoilant avec lui une approche parfois tubesque héritée de “Silent Alarm”, et enrobée d’une production chiadée, pour ne pas dire trop généreuse, comme ce fut le cas lors de son dernier effort. On assiste ainsi, heureux, au retour de morceaux directs (sans conteste, “Halo” sera son nouveau “Banquet”), comme au léger retrait de ce qui apparaît encore aujourd’hui comme une volonté de compliquer les choses quand il n’y avait pas vraiment lieu de le faire. Et là, Bloc Party, par quelques éclairs, parviendra à mettre tout le monde d’accord, en exposant sa capacité à jouer sur ces deux tableaux, comme sur “Ares”, ouverture surprenante et pleine de promesses, ou “Biko” et “Signs”, émouvantes ballades electro pop
Mais, piégé par de trop grandes inégalités, “Intimacy” s’essouffle encore et toujours à courir après le début de carrière fulgurant de Bloc Party. “One Month Off” peine à convaincre, et quand résonnent “Zephyrus”, ou les bordéliques “Mercury” et “Trojan Horse”, une cruelle vérité apparaît soudainement: avec ses velléités de groupe aussi accessible que novateur, le quatuor n’arrive jamais à prendre le pas d’un TV On The Radio se rapprochant, lui, progressivement de la perfection. Mais, attention, n’allez pas en conclure que Bloc Party chute lourdement: le talent et les idées sont incontestablement au rendez-vous. Ne manque plus qu’à les canaliser
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[Album]
18/02/2007
(V2/Warner)
Il faut bien le dire, “Silent Alarm” le premier album des Anglais de Bloc Party, avait fait grand bruit, presque au point de nous casser la tête. Quelques maxis avaient fortement mis leur musique en bouche, mais l’arrivée de ce premier disque plus qu’attendu nous avait laissé quelque peu sur notre faim. Aujourd’hui, il ne reste qu’une petite poignée de tubes qu’on accepterait encore de se resservir, sans grand enthousiasme pour autant. Ce qui n’a pas empêché le groupe, alors aux frémissements de la vague revival qui allait déferler, de squatter les charts du monde entier. Ce qui, entre nous, n’est pas toujours gage de grande qualité
À l’heure de ce “A Weekend In The City”, le charismatique leader du quatuor, Kele Okereke, l’avoue sans peine: “Silent Alarm” jouait trop constamment la même carte de l’émotion pour repartir à l’identique. Il leur fallait désormais confirmer, en se renouvelant. Ce que Bloc Party ne s’est pas privé de faire car ce nouvel album, sans totalement dépayser (”Hunting For Witches”), déconcerte légèrement dés les premières écoutes. Les Anglais ont changé, appuient désormais un peu plus leur patte musicale, le chant diffère nettement, et on sent un Bloc Party dorénavant prêt à prendre quelques risques en cherchant à bousculer l’auditeur plutôt qu’en courant après les tubes. Le tout en adoptant comme concept une description bien personnelle d’Okereke de l’Angleterre d’aujourd’hui, un point de vue qu’il a cherché à transformer en fil rouge tout au long de cette douzaine de titres
Du coup, ce “A Weekend In The City” prendra à contre-pied ceux, nous en premier, qui s’attendaient à une nouvelle salve de rock putassière. “Uniform”, et le mélancolique final “SXRT”, prenant comme titre le nom d’un antidépresseur, soulignent le talent du groupe à orchestrer ses compositions, et en sont de parfaits exemples. Incontestablement, ce nouvel album, plus profond et réfléchi, gagne en goût lorsqu’on multiplie ses écoutes. Ainsi, l’auditeur recherchant uniquement une efficacité immédiate, sans avoir à creuser un minimum, passera très certainement à côté des meilleurs titres de ce disque (”The Prayer” par exemple). En cela, Bloc Party a gagné en maturité, et passe haut la main ce stade si dangereux de la confirmation. Pourtant, il y a fort à parier que “A Weekend In The City” n’atteindra pas les ventes de “Silent Alarm”. Quand on vous dit que les charts ne reflètent rien qui vaille..
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[Album]
14/02/2005
(V2/Sony)
Tout comme LCD Soundsystem et malgré un répertoire plus rock, Bloc Party fait certainement partie des points d’orgue de l’actualité musicale en ce début d’année 2005. Prenant part sans aucun complexe à ce revival Gang Of Four/The Cure, le combo semble prendre le chemin de Franz Ferdinand, lui même révélation de l’année passée dans un genre similaire. Car il faut bien le dire, LCD Soundsystem, bien que plus electro, nous a récemment déçu avec un premier album moins efficace que ses premiers maxis, et les soi disants espoirs que sont Elefant n’en sont finalement pas. Bloc Party a donc la voie ouverte vers une reconnaissance internationale..
A condition que ce “Silent Alarm”, revendiqué comme le nouveau chouchou des fans de Radio 4 comme The Rapture, tienne toutes ses promesses. Car on est en droit d’en douter tant le groupe incarne la nouvelle “hype” rock n’roll et tant on s’est toujours méfié de ce genre de musiciens cérébraux. Bref, “Silent Alarm” démarre sur les chapeaux de roue et nous fait ravaler nos médisances faciles. “Like Eating Glass”, titre d’ouverture, plante le décor que l’on connaissait déjà par le biais des maxis dont on retrouve les tubes “Helicopter” et “Banquet” en ce début d’opus. La suite s’avèrera pourtant que moyenne si ce n’est un très bon “Luno”. Bloc Party se veut alors moins percutant qu’on pouvait l’espérer, enfilant un à un des morceaux trop retenus et sans véritable relief qui peinent parfois à nous captiver (”Positive Tension”, “This Modern Love”, “Pioneers”, Price Of Gas”, “So Here We Are”). Encore plus lorsque le groupe se lance dans un penchant de répertoire plus calme (”She’s Hearing Voices”, “Plans”)
Deux réactions nous viennent donc: sommes nous trop jeunes pour être vraiment sensible à l’efficacité de ce revival, ou Bloc Party aurait il mis toute ses forces dans la bataille des Eps au point de ne pouvoir proposer mieux (ou aussi bien) sur ce “Silent Alarm”? La réponse pour plus tard. En attendant, comme LCD Soundsystem au destin vraiment similaire, on courra plus facilement aux concerts de Bloc Party que vers ce premier opus. Dommage pour un disque si attendu..
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[Maxi]
01/09/2004
(V2/Chronowax)
Quatre anglais, influencés autant par Talking Heads, David Bowie ou Bjork que Kraftwerk, Radiohead, Sonic Youth ou The Smiths, forment Bloc Party. Annoncé comme la grande révélation rock de l’année prochaine, le groupe nous a pondu en 2004 trois maxis plutôt prometteurs, rendant fondés tous les espoirs placés en ces quatre britons
C’est bien le premier maxi éponyme du groupe qui lança ce buzz et permettra à Bloc Party de mettre, entre autres, le public du festival des Inrockuptibles sur le cul. “Banquet”, le tube incontestable, marque par sa rythmique, ses guitares new wave et son sens de la mélodie entêtante et ce côté rock qu’il peut parfois manquer à The Rapture ou même LCD Sounsystem, autre révélation annoncée. Cependant, si Bloc Party ne démérite pas cette réputation, rares sont les morceaux, utilisant cette même recette, égalant l’efficacité de “Banquet”. On retiendra seulement “The Answer“, “She’s Hearing Voices” et ce remix de “Banquet” plus technoïde que son original et paré à enflammer les dancefloors
Cette remarque vaut pour les galettes suivantes qui, mieux produites, semblent quand même plus homogènes et captivantes. C’est le cas de “Little Thoughts”, titre phare du maxi répondant au même nom, qui n’est pas sans intérêt même si on se serait passé d’un énième remix de “Banquet”. “Helicopter” est le troisième tube de Bloc Party et ouvre le troisième maxi dans une veine définitivement rock qui s’effritera progressivement jusqu’à sa fin et le remix de “Tulips” par Minotaur Shock
Il aura donc fallu très peu de temps à Bloc Party pour convaincre son petit monde qu’il faudra définitivement compter sur lui en 2005. La mayonnaise est plutôt bien montée mais les anglais doivent déjà sentir une certaine pression à l’approche de la sortie de leur premier album le 14 février prochain. En effet, il ne faudrait pas qu’un faux pas les fasse redescendre en bas de l’échelle. Ce serait dommage, car l’énorme potentiel est bel et bien là..
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