Birdy Nam Nam

Birdy Nam Nam

(France)

(6 articles)

Birdy Nam Nam - “Defiant Order”

birdy180Album
(Jive/Epic)
19/09/2011
(Turntablism) electro

Il y a un peu plus de deux ans, en s’offrant notamment les services de Yuksek à la production de “Manual For Successful Rioting“, Birdy Nam Nam franchissait un cap, celui qui le faisait passer de groupe de scène incontournable à wagon de tête bien installé sur les rails d’une mouvance electro maximale et compressée à outrance, grossièrement débroussaillée peu de temps auparavant par la locomotive Justice: une pointe d’opportunisme qui, si elle n’a pas desservi le succès du groupe, n’aura pas vraiment survécu à l’épreuve du temps.

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Birdy Nam Nam - “Goin’In” (music video)

Birdy Nam Nam offre son nouveau single

birdy

Monté en épingle pendant de nombreux mois avant sa sortie, “Manuel For a Successful Rioting” - le dernier album en date de Birdy Nam Nam - aura finalement difficilement résisté au temps et aux écoutes successives. Toujours est-il que le crew s’est vite remis au travail en vue d’un successeur

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Birdy Nam Nam - “The Parachute Ending”

Birdy Nam Nam - “Manual For Successfull Rioting”

Manual For Successfull Rioting[Album]
12/01/2009
(Jive/Epic/Sony)

L’électronique française est-elle à ce point excitante, ou l’hexagone n’a t-il pas d’équivalent quand il s’agit de défendre son nouveau poulain? Sûrement un peu des deux, et peu importe la manière. 2007 aura consacré Justice, sur disque avant la scène, pour une traînée de poudre qui s’est étendue jusqu’à fin 2008. Inutile de conserver le suspens plus longtemps: 2009 sera l’année Birdy Nam Nam, ce quatuor de Dj/producteurs parisiens qui, non content de faire la plus grande unanimité sur la moindre scène qu’il foule, passe un nouveau cap avec “Manual For Successfull Rioting”, un nouvel album préférant cette fois l’efficacité dancefloor de la french touch aux rondeurs jazzies de The Herbaliser, et qui le voit quitter une sphère indépendante devenue trop étroite pour lui

Ainsi, on aurait parié le discours tronqué si Crazy B, Lil’ Mike, Need et Pone n’avaient pas annoncé l’événement par de multiples concerts sold out l’an passé. D’autant qu’on sait les maisons de disque, majors de surcroît, surdouées quand il s’agit de monter en épingle une nouvelle signature en laquelle elles croient plus que tout. Mais il en est autrement pour le public, qui lui ne ment pas. Ne restait ainsi plus qu’un seul défi à relever pour Birdy Nam Nam: offrir à “Manual For Successfull Rioting” toute cette force dancefloor qui fait fureur en live, tout en échappant à la linéarité de l’exercice, relative dans le pit, mais toujours plus impardonnable sur bande

Sauf que, fort de son originalité, Birdy Nam Nam a conservé tout le charme qui lui a permis d’amasser une incroyable fan base: la composition à huit mains et les platines comme seuls instruments. Ainsi, l’approche est la même, seule la couleur change, appuyée par la contribution émérite du très en vue Yuksek à la production. Ca ne fait pas de doute, l’évolution synthétique en laissera quelques-uns au tapis, les plus anti-parisianistes en premier lieu. Mais qu’importe, chez Birdy Nam Nam, seules les platines tournent en rond

Ainsi, après “Red Dawn Rising”, introduction-trait d’union avec un passé encore proche, la mise à feu claque et enfume. “Trans Boulogne Express”, titre kraftwerkien déjà largement dévoilé, s’en va parasiter les lumières de Versailles sans totalement s’y fondre, tout comme “War Paint” et la petite bombe “Worried”, tous deux intégralement recouverts d’une pression typiquement urbaine. Plus racés, “Bonne Nouvelle” tente brillamment une apostrophe punk rock, “Manual For Successfull Rioting” rappelle à qui veut bien l’entendre que la recette est toujours à base de scratch, “Shut Up ! (featuring Newcleus)” y va de sa booty bass, “Space Cadet Apology” et “Homosexuality” apportent au moment opportun la touche de douceur et la dose d’oxygène qu’il fallait

Quant au final “The Parachute Ending”, produit par Justice et flanqué de la banque de sons plus que reconnaissable du duo, n’en parlons pas, bien qu’il mérite beaucoup plus que de servir la soupe aux mauvaises langues peinant à digérer l’évolution drastique de leurs bien aimés. Ceux-là, Birdy Nam Nam s’en contrefout, fier qu’il est du plaisir qu’il s’est offert tout au long de ce nouvel album, imprégné d’un sentiment de liberté qui fait plaisir à entendre. Douze jours seulement ont amputé 2009, et voilà que quatre surdoués aux doigts de fée ont déjà tué le suspens de cette année electro..

Ecoutez un extrait ici.

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Birdy Nam Nam - “Live In Paris”

Live In Paris[Album]
20/11/2006
(UWE/Discograph)

Bonsoir Paris! C’est Michaël à la basse… C’est Denis à l’accordéon… C’est Nicolas et Thomas à la guitare, et ce morceau s’appelle “Abbesses”!“. C’est ainsi que démarre le concert de Birdy Nam Nam, comme quasiment n’importe quel groupe de rock au monde. Sauf que chacun des musiciens ici joue de son instrument par l’intermédiaire d’une platine vinyle. Et malgré leurs différences, l’insolent Lil’Mike, l’enjoué Dj Need, le charismatique Dj Pone et le discret Crazy B, comme on les connaît mieux dans le milieu, finissent par scratcher comme un seul homme. Un homme à huit bras et quarante doigts

Depuis quelques temps, nos quatre turntablists français, bardés de prix internationaux, avaient décidé de prendre leurs distances envers la compétition, sans doute trop astreignante (demandez à nos quadruples champions du monde par équipe, Coup2Cross) et surtout trop restrictive pour ces boulimiques de sons en tout genre (jazz, electro, reggae, rock, soul, ethnique…). C’est donc vers la composition plus “classique” que se sont orientés nos lascars en sortant l’an dernier un premier album fort remarqué, composé exclusivement de sons joués à la platine. On a alors parlé des débuts de Dj Shadow ou de Kid Koala… Et les Français tiennent largement la comparaison, toute flatteuse qu’elle fût

Après avoir joué un peu partout sur le globe pour défendre cet album, les quatre Dj’s ont pu affiner leur set et n’hésitent pas à s’échanger les “instruments” au fil des morceaux pour mieux emmener tout le monde dans la transe. Ils se payent même le luxe d’inviter d’autres musiciens, traditionnels cette fois, à la batterie, contrebasse, Rhodes et percussions, pour donner un groove encore plus organique à certains passages. On se retrouve alors en pleine jam funky à faire rougir The Herbaliser, comme le prouvent les excellents “Kind Of Laid Back” et “In Thunder Lightning Or In Rain?”

Mais la grande force de Birdy Nam Nam, c’est justement de ne jamais s’enfermer dans une quelconque chapelle. “Abbesses”, dont on parlait plus haut, ferait en effet presque songer à un titre de Ez3kiel vs DAAU: une sorte d’electro dub extra-terrestre qui vous donne la chair de poule dès les premières secondes

Dj Kool Herc pouvait-il soupçonner, il y a une trentaine d’année, que les premiers tours de passe-passe qu’il inventait pour épater la galerie des block parties du Bronx allaient connaître une telle évolution? Quoi qu’il en soit, on retrouve bien ici la dextérité du deejaying hip hop avec ses cross-faders parkinsoniens et ses vinyles maltraités. Pourtant, le rendu n’a plus grand-chose à voir avec le rap tel qu’on le connaît. La musique de Birdy Nam Nam se veut tantôt funky, tantôt jazzy, mais elle flirte aussi avec l’electronica et peut exploser en techno/drum’n'bass si nécessaire… Et la plupart du temps, elle transcende tout bonnement les étiquettes (cf. le groovy “Tam Tam Club” ou le punk Dj Pone (il est aussi derrière les platines de Svinkels) s’amuse à jouer des percussions en tapotant sur son vinyle)

Enregistré à La Cigale qui fourmillait de monde ces deux soirs de Juin dernier, ce dvd est composé d’une partie de relectures du premier album auxquels viennent s’ajouter de plus vieux titres et quelques inédits. Les images sont propres et la mise en scène plutôt sobre. On s’attendait peut-être à un résultat un poil plus dynamique de la part de l’aguerri François Bergeron (qui a déjà bossé pour NTM, Mano Negra, Manu Chao, Bérurier Noir…) mais on chipote

Côté bonus, vous trouverez une sympathique galerie de photos animée et surtout un reportage d’une demi-heure, où l’on suit les quatre loustics quelques heures avant le lever de rideau, idéal pour sentir monter la pression au même titre que les artistes

Forcément, si vous commencez par regarder le dvd, vous trouverez peut-être qu’il manque quelque chose à la simple version audio de ce live… Je suis jamais content. En tout cas, ce dvd devrait trouver tout naturellement sa place sur votre liste de Noël. Et que cela ne vous empêche surtout pas d’aller les voir vraiment en concert (T-Shirt de rechange à prévoir)!

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