Bettye Lavette
Bettye Lavette

Bettye Lavette

(USA)

(3 articles)

Bettye Lavette - “The Scene Of The Crime”

The Scene Of The Crime[Album]
25/09/2007
(Anti/Pias)

Il faut bien avouer que si Anti n’avait pas remis le grappin sur Bettye Lavette en proposant son “I’ve Got My Own Hell To Raise“, unanimement accueilli, la Dame serait encore en train de pester contre la réelle injustice d’une carrière sous médiatisée. Pourtant, il ne s’agissait que de reprises, cependant très empreintes de cette touche soul blues à laquelle beaucoup ont succombé. Apparemment avide de choix artistiques surprenants, et toujours friande de l’exercice de la revisite, l’Américaine remet le couvert avec ce nouvel album né de sa collaboration étonnante avec les rockeurs de Drive By Truckers. Ceux là même qui n’ont jamais caché leur attirance pour la southern soul, sûrement héritée de leurs ainés (David Hood, père du chanteur, était à la basse sur le très réussi “Child Of The Seventies” récemment réédité) Lire la suite…

Bettye Lavette - “Child Of The Seventies”

Child Of The Seventies[Album]
03/04/2006
(Rhino/Import)

Il n’est jamais trop tard pour rencontrer le succès. C’est ce que doit se dire Bettye Lavette qui, avec trente ans de retard injustifiés car incompréhensibles, se construit doucement une solide renommée internationale, notamment depuis le très acclamé “I’ve Got My Own Hell To Raise” sorti chez Anti l’an passé. Du coup, on ne rechigne pas à opérer un petit retour en arrière, et la sortie de ce “Child Of The Seventies”, réédité en édition limitée à 7500 exemplaires, risque bien de faire quelques heureux

Petit rappel des faits. “Child Of The Seventies” devait sortir initialement en 1972, poussé par le label Atlantic Records jusqu’à ce que celui-ci laisse la belle en plan alors que celle-ci considérait ce disque comme son meilleur. Encore aujourd’hui d’ailleurs. C’est seulement en 2000 que les Européens peuvent se procurer ce disque aujourd’hui réédité dans sa version américaine agrémentée de quelques titres tirés de singles datant du début des années 60 et du début des années 70, mais aussi quelques inédits enfonçant le clou en terme d’intérêt. La première douzaine de morceaux est donc issue de la session originale enregistrée sous la houlette de Brad Shapiro, connu pour ses travaux avec Millie Jackson. Déjà ce fabuleux mélange de blues et de soul s’avérait détonnant, bourré d’émotion, et propulsait véritablement des titres tels que “It Ain’t Easy”, “Fortune Teller”, “Your Turn To Cry”, qu’ils soient ballades (”Our Own Love Song”), communicatifs façon presque Jackson 5 (”Soul Tambourine”), même countrisant (”My Love Is Showing”) ou funky (”Ain’t Nothing Gonna Change Me”). Jetez cependant une oreille sur les excellents “The Stealer” à faire pâlir Tina Turner et “All The Black And White Children”, tous deux apogée de cet album, bien qu’assez différents mais représentatifs du talent de la Dame. Suivent ensuite les deux inédits du jour (”Waiting For Tomorrow” et “Livin’ Life On a Shoestring” produits par Clarence Paul, assistant de Stevie Wonder), ainsi que les quatre singles parmi lesquels nous retiendrons la reprise du “Heart Of Gold” de Neil Young, ainsi que “My Man He’s a Loving Man” et “Shut Your Mouth”, au son d’époque, qui avait alors attiré l’attention d’Atlantic

“Child Of The Seventies” est donc bien différent des derniers enregistrements de Bettye Lavette, car beaucoup plus encrés dans la soul, et le rythm n’blues. On se replonge alors avec plaisir dans la grande époque de la black music, celle des tripes, en apnée dans ce bain d’émotion et de bonnes vibrations. Du pur bonheur!

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Bettye Lavette - “I’ve Got My Own Hell To Raise”

I've Got My Own Hell To Raise[Album]
11/12/2005
(Anti/Pias)

Bettye Lavette est une des légendes encore vivantes de la soul music américaine. Découverte par Johnny Matthews (producteur rythm n’blues de Détroit en vogue de l’époque) alors qu’elle avait seulement seize ans, le bonhomme produit son premier album juste avant qu’Atlantic ne signe, sans franchement le savoir, une des futures grandes voix de la soul, génitrice de classiques de la trempe de “Let Me Down Easy”, qui ira même jusqu’à bruler les planches de Broadway et enrichir le catalogue Motown. Car celle que la presse compare souvent à Tina Turner, Etta James et Aretha Franklin, possède un timbre de voix personnel à la fois doux, romantique et abrasif, qui ne laisse quiconque indifférent

C’est bien évidemment le cas avec ce “I’ve Got My Own Hell To Raise”, sorti sur Anti (sous division d’Epitaph), qui souligne son grand retour et lui ouvre la voie d’une reconnaissance européenne tardive mais amplement méritée. Seul petit hic: se voir proposer ici une série de reprises alors qu’on aurait adoré des compositions originales. Ombre vite dissipée cependant dés que résonnent les premières intonations de la belle, fermement décidée à marier le blues et la soul (”On The Surface”), deux genres musicaux de nature généreuse. On retrouve donc un tracklisting totalement féminin, avec de beaux hommages à Lucinda Williams (”Joy”), Dolly Parton (”Little Sparrow”), Aimee Mann (”How Am I Different”), Sinead O`Connor (l’accapella “I Do Not Want What I Haven`t Got” d’ouverture) et Joan Armatrading (l’excelentissime “Down To Zero”) pour n’en citer que quelques uns. Le tout superbement produit par Joe Henry, parfaitement exécuté par un line up expérimenté, alternant ballades sensuelles (”The High Road”, “How Am I Different”) et titres plus enflammés (”Joy”, “Only Time Will Tell Me”)

Voilà un nouvel album, que dis je, un des grands classiques de cette année 2005 qui en toute logique rajoute pour de bon Bettye Lavette parmi les artistes intemporels et incontournables. Justement, intemporel, “I’ve Got My Own Hell To Raise”, l’est assurément. Et quand cette grande dame vous susurre à l’oreille quelques phrases du genre “if you want me tonight, just say so“, on se laisse aller à quelques frissons de romantisme thérapeutiques, et on rêve d’une éternelle jeunesse. Indispensable, tout simplement

A écouterDown To Zero”The High Road

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