Because Music

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(France)

(48 articles)

Justice - “†”

†[Album]
11/06/2007
(EdBanger/Because/Wagram)

“Don’t believe the hype”, c’est parfois ce qu’on vous dit, tel un conseil pour ne pas tomber dans le piège de ces groupes bénéficiant d’un buzz hors norme. Le buzz, les deux Parisiens de Justice ont une large connaissance en la matière, savent l’utiliser à bon escient, puisque leur renommé ne cesse de faire tache d’huile depuis un certain “Never Be Alone”, tube interplanétaire sauvé d’une soirée raclette entre nos deux héros et Pedro Winter, boss d’EdBanger. Depuis, Justice est partout, contamine la majorité des clubs de la planète, remixe, et se paye quelques belles récompenses (voir ici). Sans forcément le vouloir, il ravive même cette french touch dont l’Hexagone musical n’a cessé d’être si fier, celle qui transpire par les pores de “Waters Of Nazareth”, un deuxième tube à la fois violent et frais, total contre-pied du premier

Forcément, de par son entourage et les sons qu’il adopte, Justice ne peut échapper au rapprochement avec ses parrains de Daft Punk. Si le sujet peut faire débat, on ne pourrait cependant pas les blâmer pour cela. D’ailleurs, dans bien d’autres genres, combien se sont offerts des testicules dorés en recyclant bêtement du Nirvana, du Pixies, ou du Rolling Stones? Justice ne s’en défend pas, d’ailleurs, comme des nombreuses influences jonchant “†”, son premier album qu’il aura longuement pensé pour ne pas trop vite tomber dans le prévisible. Comme s’ils partaient avec un boulet à la cheville qu’on aurait vite tendance à verrouiller, Gaspard Augé et Xavier De Rosnay ont voulu surprendre, y aller à rebrousse poil, et y sont même parvenus avec assez de finesse pour ne pas trop décontenancer les préjugés. Sceptiques? Penchez vous sur le mélancolique “Valentine”, comme hérité directement de Vladimir Cosma, ou l’electro funk “The Party” emmené par la belle et efficace Uffie, sûrement assez éloignés de ce à quoi vous vous attendiez

Mais “†” n’attendra pas plus longtemps que l’entame de “Genesis” pour annoncer la couleur: un début en fanfare annonçant l’assaut, et un beat ultra-efficace qui n’est pas sans rappeler “Thriller” du petit Michael. Celui là même qui, avec ses frangins, se rappelle à notre bon souvenir sur “D.A.N.C.E.”, ce nouveau tube house chanté, imparable, également inspiré du “Stand On The World” de Larry Levan, et qui a pris l’habitude de squatter les ondes radiophoniques comme les génériques télés. Une influence pour deux optiques bien distinctes qui permettent de discerner les deux traits de caractère de Justice. L’autre plus extrême comprise, cette face obscure du duo déjà perceptible sur “Waters Of Nazareth”, un deuxième maxi aux sonorités stridentes, aux basses qui vous boxent le thorax, le tout à un niveau de compression et de saturation rarement atteint. Dans un même registre, mais en plus mélodiques, “Let There Be Light” et “Phantom” ne sont pas mal non plus

Mais en trouvant le juste milieu, Justice rassure ceux qui auraient pensé un premier album imbuvable et vite barbant: ce qui aurait été le cas si tout s’était inscrit dans la lignée de “Stress”, au titre approprié, mais néanmoins unique et réussi. Car quand ils ne tapent pas dans un registre léger ou agressif, les deux Parisiens piochent un peu dans les deux, et ajoutent un groove imparable débouchant sur une disco futuriste, dangereusement addictive. Notre regard se tourne alors vers “New Jack”, sorte de clin d’oeil à la période dorée de l’electro française il y a dix ans de cela, les violons indélébiles de “Phantom pt II”, la véritable leçon d’electro rock que peut être “DVNO” (sans conteste un nouveau hit en puissance), ou le final “One Minute To Midnight” bouclant parfaitement la boucle

“†” est donc largement à la hauteur des attentes et fait partie de ces rares cas de buzz justifié, celui-ci étant déjà allé beaucoup trop loin pour n’être que poudre aux yeux. Il marque par sa spontanéité, ses références à peine dissimulées, comme si le duo s’était tout simplement laissé aller à ses envies, sans vraiment se préoccuper du qu’en dira t-on. Justice fait du Justice, découpe le bruit de manière accrocheuse, invite la pop sur le dancefloor. Et tout autre rapprochement hâtif, avec un certain “Discovery” notamment, ne ferait que finalement écorcher le formidable travail accompli, tout comme la puissance de sa musique. Pour preuve, cette marque de fabrique qui dépasse les frontières (y compris de l’electro puisqu’on en arriverait presque à parler de pop à quelques reprises), se reconnaît à la première boucle, qui n’a pas attendu un premier album pour faire des émules ou des clones, et qui a trouvé la clé du tombeau de cette french touch qu’on pensait définitivement aux oubliettes. “†” donne donc le départ d’un nouveau cycle longtemps espéré. Pour cela aussi, on en parlera longtemps..

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Various Artists - “BouchAZoreill’”

BouchAZoreill'[Album]
14/05/2007
(Because/Wagram)

Si le slam est sous les feux de la rampe aujourd’hui, il n’en n’est pas pour autant une création purement médiatique. Le mouvement a son histoire, largement écrite lors des soirées BouchAZoreill’ qui auront vu éclore les meilleurs spécialistes francophones

La discipline trouvant sa raison d’être sur une scène devant un public, le passage au disque est forcément une étape délicate. Le collectif l’a bien compris en faisant appel à divers metteurs en sons (Doctor L, Cyril Atef a.k.a Congopunq, Emilie Simon, Franco Mannara…) pour apporter une réelle dimension musicale à leurs textes. Si le résultat final est malgré tout assez inégal, on ne pourra lui enlever quelques très bons morceaux et surtout le mérite de montrer la scène slam dans toute sa diversité: absurde, cru, politique, drôle, ordurière ou simplement poétique

On y retrouve donc les noms qui ont fait les beaux soirs des BouchAZoreill’ (Grand Corps Malade, D’ (ex-Kabal), Souleymane Diamanka, John Banzaï, Spoke Orchestra, 129H, Le Robert et bien d’autres…) laissant aller leur verve sur des rythmes qui flirtent aussi bien avec le rock, le jazz, le rap, l’electro, le blues que la chanson..

S’il n’est pas non plus incontournable, ce disque atteint néanmoins un double objectif: il dépasse les clichés dont on nous abreuve dans les média généralistes et donne envie d’aller constater de visu ces combats de poètes

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EdBanger Rds - “EdRec vol2″

EdRec vol2[Album]
05/03/2007
(EdBanger / Because/Wagram)

Fort de son expérience en tant que manager de Daft Punk, Pedro Winter crée son label EdBanger en 2003 afin de faire éclore quelques talents encore inconnus, dont Mr Flash, alors première référence sortie avec son “Radar Rider”. Depuis, doucement mais sûrement, cette structure parisienne fait beaucoup parler, notamment par le biais de Justice (duo versaillais auteur des maxis “Waters Of Nazareth” et “Never Be Alone”, celui-ci internationalement connu dont le clip alla jusqu’à détrôner celui de Kanye West au MTV Awards de Copenhague) et de Dj Mehdi dont l’album “Lucky Boy” fut, en fin d’année dernière, la première référence EdBanger long format. Mais entre temps, les poulains du label ne se sont pas gênés pour faire constamment monter le buzz, qu’il s’agisse de Uffie, Krazy Baldhead, Sebastian, Vicarious Bliss ou de Feadz (autrefois grand espoir de BPitch Control)

Tous sont présents sur ce “EdRec Vol 2″, compilation catalogue du meilleur label de 2006 selon URB et XLR8R, première à sortir en format physique et ne proposant que des inédits à ce jour. N’allez donc pas chercher le volume 1 chez votre disquaire, quel qu’il soit, puisqu’il n’était disponible qu’au téléchargement sur diverses plateformes. Ici, Mr Oizo ouvre le bal avec une introduction presque passable. C’est donc le phénomène Uffie, une des seules à donner de la voix, qui lance véritablement les hostilités avec “Dismissed”, mélange de pop et de RnB aux breaks ravageurs, recette quasi commune à tous les artistes du label héritée des grands frères Daft Punk. La suite ne sera que pépites, ou presque. Justice (”Phantom”) nous offre un léger aperçu de son premier album à sortir en balançant de gros synthés efficaces et grossiers, pendant que d’autres confirment également, une nouvelle fois, tout le bien qu’on pouvait penser d’eux: Mr Flash avec “Disco Dynamite”, Krazy Baldhead avec un énorme “Strings Of Death”, Feadz et sa pop maltraitée sur “Edwrecker”, Busy P (Pedro Winter lui-même) sur “Rainbow Man”, Sebastian en bon terroriste des dancefloors sur “Greel”, ou So Me (directeur artistique du label, responsable de pas mal de ses pochettes) remixant le “Golden Skans” et le “Atlantis To Interzone” des Klaxons

EdBanger s’affiche donc en vraie famille artistique, joue d’homogénéité à tel point qu’il est parfois difficile de discerner un artiste particulier derrière un morceau. Sur tous, l’ombre de Daft Punk plane incontestablement, ce qui fatiguera sûrement beaucoup de fans assidus du duo, figure phare de la french touch des 90’s. Les autres, arrivés sur le tard et remontés comme des pendules, sauront offrir à cette clique tout l’accueil qu’elle mérite. Encore plus si celle-ci se décide enfin à enchaîner les albums..

En écouteEd Rec Megamix par FeadzTracklisting01. Mr Oizo “Intra”02. Uffie “Dismissed”03. Justice “Phantom”04. DJ Medhi “Stick It”05. Mr Flash “Disco Dynamite”06. Krazy Baldhead “Strings Of Death”07. Feadz “Edwrecker”08. Busy P “49ers”09. DJ Medhi “Lucky Girl”10. Busy P “Rainbow Man”11. Mr Flash “Eagle Eyez”12. Sebastien “Greel”13. Klaxons “Golden Skans To Interzone” So Me Remix14. Vicarious Bliss “Limousine”

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The Incredible Bongo Band - “Bongo Rock”

Bongo Rock[Album]
19/02/2007
(Because/Wagram)

Nous sommes en 1972, le premier choc pétrolier ne va pas tarder à plonger le reste de la décennie (et les suivantes) dans une profonde désillusion économique et sociétale. Mais pour l’heure, la planète encore insouciante danse ici ou là sur les rythmes funky des JB’s, sur les grooves musclés de Fela Kuti, sur la salsa nuyoricaine de la Fania All Stars ou sur le sax chaloupé de Manu Dibango Lire la suite…

Klaxons - “Myths Of The Near Future”

Myths Of The Near Future[Album]
29/01/2007
(Because/Wagram)

Avec le temps, on a appris à se méfier de ces carrières montées en épingle, bénéficiant d’un buzz incroyable plus souvent médiatique que qualitatif. Mais c’était sans compter sur le pouvoir d’internet, et notamment de plateformes musicales telles que Myspace, permettant au public de lui-même choisir ses héros. En quelque sorte, la conjoncture du disque aidant, la sauce s’est inversée, les labels pouvant maintenant sans trop de crainte mettre le grappin sur des acteurs indépendants sollicités par le public, plutôt que de planter un décor en carton et clamer haut et fort détenir le nouveau représentant de toute une génération. Même si cette méthode n’a pas toujours donné entière satisfaction, quelques-uns dont les Arctic Monkeys ou Lilly Allen peuvent la remercier Lire la suite…

Dj Mehdi - “Lucky Boy”

Lucky Boy[Album]
30/10/2006
(Edbanger/Because/Wagram)

“Lucky Boy”, ce titre ne pouvait pas mieux coller à Dj Mehdi qui sort là son troisième album, le premier pour le jeune label EdBanger qui n’avait jusque-là sorti que des maxis signés par cette scène electro (composée de Justice, SebastiAn, Feadz, Uffie et quelques autres) que le monde entier qualifie déjà de nouvelle french touch. Chanceux, le Parisien peut clairement clamer qu’il l’est, lui qui ne se prédestinait pas à la musique et qui, depuis quinze ans, baigne dedans, multiplie les collaborations au point d’être devenu un acteur musical reconnu

Car avant de s’adonner à un registre clairement plus electro avec ce nouvel album, Mehdi a fait les belles heures de Ideal J et de 113, a contribué à celles de Rohff, Assassin, Mc Solaar ou Booba. Des références pour le moins variées et pas toujours qualitatives mais qui lui auront permis de se constituer un bagage blindé et imperméable pour la suite. Mehdi est désormais un artiste affirmé, avec la force et le courage nécessaires pour sortir de l’ombre du statut de producteur dévoué, qui se jette sous les feux des médias, aidé par Pedro Winter et son label au plus haut de la hype, parisienne notamment

Fini donc le hip hop aux multiples facettes, notre homme se jette désormais à corps perdu dans l’entertainment, bien décidé à enflammer les dancefloors parisiens, et provinciaux si possible. Mais ce qui étonne, c’est que “Lucky Boy” s’inscrit pleinement dans la lignée musicale de son label, que l’on sait logiquement imprégné par les incontournables Daft Punk, et adopte des sons dont nous sommes devenus familiers à l’écoute des artistes EdBanger (l’interlude “Signatune”). Mehdi opportuniste ou influencé malgré lui? La question reste en suspens..

Cette première impression passée, le Parisien laisse fort heureusement sa patte s’exprimer, celle définitivement marquée par un sens de la production soulignant d’indéniables influences funk servant de trait d’union entre le hip hop des 80’s et l’electro actuelle, tous deux voués à la danse. Ce grand écart, l’auditeur y a droit dés l’entame de cet album lorsqu’il passe du cinématographique “Busy Being Born” rappelant ses derniers essais, au single “I Am Somebody feat Chromeo”, plus adapté aux chics déhanchements urbains, suivi plus tard d’un “Boggin’” plongeant les sons EdBanger dans les block parties new yorkaises d’il y a une vingtaine d’années

C’est alors que Mehdi expose tout son talent. L’aérien “Always Be An Angel” fait parler son groove efficace, “Pony Rocking” avec Feadz en Mc héliumisé et “Leave It Alone” redorent l’electro hip hop endormi, “Saharian Break” s’ouvre aux sonorités orientales tout en faisant vibrer le ghettoblaster, l’énorme “Hot-O-Momo” ferait jalouser les pontes de l’electro funk avant que “Constellation” ferme la parenthèse et fasse redescendre tout le monde

Quant à la question sur les incidences d’EdBanger chez Mehdi, à vrai dire, on finit par s’en contre foutre une fois l’écoute de ce “Lucky Boy” achevé, et nous bien divertis. Car le Parisien fait preuve ici d’une constance trop agréable pour qu’on ose s’arrêter sur de petits détails. Un doute persiste pourtant: la pérennité de cet album, bien ancré dans un genre sous le coup probable de l’éphémère. Peu importe, fuyons l’avenir, il faut savoir profiter du présent

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Charlotte Gainsbourg - “5:55″

5:55[Album]
28/08/2006
(Because/Wagram)

Le débat a toujours fait rage entre les pro- et anti- “fils de…”, plus spécialement dans les domaines du cinéma et de la musique. Est-ce qu’une filiation est pour autant forcément synonyme de réussite? Elle ouvre des portes, c’est indéniable. Mais n’est-ce pas aussi le cas, à des degrés divers, à la Poste, dans les assurances ou dans l’artisanat? Ne faut-il donc pas plutôt se poser la question de ladite réussite? Parlons-nous d’un simple succès commercial souvent éphémère, ou d’une véritable carrière, construite et cohérente? Un quelconque piston peut-il durablement remplacer le talent? Si c’était le cas, pourquoi ricane-t-on autant en voyant David Hallyday, Superbus ou Enrique Iglesias? Sans parler des dizaines de “fils” et de “filles de” qui sont probablement restés au placard sans même qu’on le sache… Au contraire, certains ont réussi depuis des années à développer leur propre univers artistique, à tel point qu’on en viendrait presque aujourd’hui à étiqueter Louis Chédid et Jacques Higelin comme de simples “pères de…”. En clair, doit-on absolument essayer de déchiffrer l’univers artistique de quelqu’un au travers du prisme de ses géniteurs Lire la suite…

Justice - “Waters Of Nazareth”

Waters Of Nazareth[Maxi]
06/04/2006
(Because/Wagram)

Rappelez vous “Never Be Alone Again”, ce morceau de Simian remixé par Justice pour devenir un tube fédérateur. Il n’en aura pas fallu plus pour lancer la carrière de ces deux parisiens, Xavier De Rosnay et Gaspard Augé, protégés de Pedro Winter, qui allaient par la suite séduire la totalité du monde musical. Franz Ferdinand, Soulwax, Death From Above 1979, Britney Spears, Daft Punk, Mr Oizo, … nombreux sont ceux à avoir voulus se payer un petit lifting de la part de ce duo (de génie?) qui ne cesse d’envahir les blogs, autoproclamé comme étant le nouveau Daft Punk, le nouveau truc à la mode, le truc qui buzze… “Waters Of Nazareth”, le tout premier maxi de Justice sorti en version vinyl chez Ed Banger à la fin 2005, ressort aujourd’hui en version CD. Même contenu, mais des remixes en plus..

“Waters Of Nazareth”, titre phare de ce disque, ouvre donc les hostilités. Saturation au maximum, basse electro rock des plus crades, beat fracassant, groove incontestable, breaks bien sentis, mélodie accrocheuse, la recette promise et idéale pour faire du dancefloor un parterre d’aficionados complètement hystériques. Car la grande particularité de Justice est de plonger son électro bouillante dans un rock glacial, histoire au passage de rameuter les foules d’horizons divers. Une leçon que les 2 Many Djs avaient déjà bien assimilée. “Let There Be Light”, dans la pure lignée Daft Punk, prend le relais dans un registre aussi efficace mais plus oppressant et mécanique, ambiance jeu vidéo en somme. “Carpates”, troisième titre, hausse légèrement le bpm pour se rapprocher dangereusement de la hard techno, mais se sauve avec une base presque disco et des mélodies une nouvelle fois tubesques. Passons aux petits plus de la version CD. Justice propose lui-même un remix de “Waters Of Nazareth”, plus lourd, plus découpé et encore plus bruitiste, avec une rythmique en dents-de-scie. Puis, c’est au tour de Dj Funk d’asséner un remix booty de “Let There Be Light” taillé pour les clubs Gatorade, avant qu’Erol Alkan clôture le tout en proposant une version efficace de “Waters Of Nazareth” assez proche de l’original, un brin plus linéaire, donc légèrement moins percutante

Justice a donc réussi son coup. Passer du stade d’excellents remixeurs à de parfaits producteurs. “Water Of Nazareth” n’est cependant qu’un maxi qui, même s’il fera date, devra être confirmé par un album à venir que l’on souhaite dans la même veine et tout aussi réussi. En croisant les doigts pour que les démons de l’electro commerciale ne décident pas de squatter la chapelle d’un duo si prometteur..

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La Phaze - “Fin De Cycle”

Fin De Cycle[Album]
21/11/2005
(Because/Wagram)

Fin d’année oblige, après avoir envoyé votre traditionnelle lettre d’insultes au Père Noël, renié votre famille et tenté de revendre des cadeaux dont vous vous seriez bien passé, vous voilà déjà en train de réfléchir à de bonnes résolutions pour l’année à venir. Donc, en 2006 (comme en 2005), promis, je n’achèterai plus un album juste parce que le single m’a plu (”Intensive Care” anyone?), je n’achèterai pas une réedition en 5.1 d’un vieux CD pour ma chaîne 2.0 (REM anyone?) et j’arrêterai d’embêter tous les vendeurs de la ville avec mes questions reloues du genre: “Dis monsieur, quand est ce qu’il sort “Chinese Democracy?”! Non, en 2006 moi j’écouterai de la pungle… Et me voilà en train de remettre “Fin de Cycle” de La Phaze dans mon mange disque, au bord de l’indigestion

Avec ce quatrième album, le trio nantais propose un son original joyeusement baptisé pungle. Inqualifiable et refusant d’être qualifié, La Phaze a donc inventé la seule appellation capable d’englober sa musique, un savant mélange de punk et de jungle. Et dès les premières notes de “Pas de répits@punglist.com”, le groupe donne le ton avec un son dans le rouge. La production léchée marie les diverses composantes du groupe, et les sonorités électroniques de DJ Nevrax (tout un programme) soulignent à merveille le flow impeccable de Damny. Bien plus que sa voix, le mérite du chanteur est d’écrire des textes basés sur des thématiques alter-mondialistes tout en réussissant à éviter les clichés qui pourrissent le genre. La Phaze n’enfonce donc pas les portes ouvertes (un truc à se casser la gueule) et pose un regard incisif sur notre société avec ces textes qui sentent bon l’urgence. Une bonne surprise quand on sait que le groupe a récemment tourné au Brésil avec Manu Chao autant connu pour son engagement que pour son enfonçage chronique de portes ouvertes

Un album efficace, un coup de pied dans la fourmilière (mais les fourmis en pleines fêtes de fin d’année s’en apercevront-elles?), réedité ce mois-ci avec un DVD bonus rempli de lives divers et variés qui montrent La Phaze sous son meilleur jour, c’est à dire sur scène. Des performances qui devraient répondre à toutes les questions que l’on peut se poser sur la dynamique et la sincérité du groupe mais qui hélas ne répondent pas à cette question qui me taraude: “Quand est ce qu’il sort Chinese Democracy?”

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