
Si la récente soirée Warp/Ed à la Villette ne vous a pas suffi, rendez vous le 8 décembre prochain à l’Elysée Montmartre ou Warp proposera un beau plateau, qualitatif et varié. Lire la suite…
(USA)

Alors qu’on attendait plutôt de savoir à quoi allait ressembler le deuxième album de Battles, on apprend que c’est Tyondai Braxton, son chanteur multi-instrumentise, qui alimentera l’actualité à la rentrée avec un album solo à sortir chez Warp le 15 septembre. Le disque s’intitulera “Central Market”.
[Maxi]
29/10/2007
(Warp/Discograph)
A t-on vraiment besoin de revenir sur notre joue rougie par la claque assénée par Battles au printemps dernier? Les mois passent, et l’effet reste sensiblement le même, l’impression qui se dégage de la musique de ces génies new yorkais tient toujours de l’originalité et d’une inspiration sans borne. Pourtant, la complexité du répertoire en arrête encore malheureusement plus d’un, ceux qui cèdent devant l’effort que demande ce post rock, tellement atypique que l’étiquette s’en décolle. Ce tout récent maxi est donc la nouvelle couche qui parviendra à convaincre une nouvelle poignée de mélomanes curieux. D’autant plus que cet univers particulier transpire jusque dans l’objet, bien loin des formats courts auxquels les labels pressés nous ont habitué
“Tonto+”, c’est donc le plaisir de se resservir une louche de “Tonto”, titre phare de “Mirrored“, proposé ici en version studio et live, original par son rythme décroissant, cette succession de plans tous aussi surprenants, et son chant totalement habité. C’est aussi ces remixes proposés par The Field et son electronica ambiante, et Four Tet dont les idées débordantes ne pouvaient trouver décor plus adéquat. Encore, s’ajoute ce live de “Leyendecker”, également remixé par Dj Emz pour une version hip hop sur laquelle se pose brillamment Joell Ortiz
Et une bonne nouvelle ne venant jamais seule, Battles propose un DVD bonus comprenant les clips de “Tonto” et “Atlas”, ce premier maxi sorti en début d’année, et annonciateur de quelques mois placés sous le signe du rythme et de l’improvisation maîtrisée. Un must have pour tous les aficionados du groupe. Que les autres reculent d’une case et reviennent sur un “Mirrored”, reflet beaucoup plus juste pour qu’ils sachent à qui ils ont affaire..
Ecoutez un extrait ici
Achetez sur :
[Album]
14/05/2007
(Warp/Discograph)
Trois maxis sortis et récemment compilés pour faire une entrée remarquée chez Warp, et voici les new yorkais de Battles revenir à la charge avec un premier album qui s’est quand même pas mal fait attendre malgré des apparitions live phénoménales et salvatrices.Il faut dire que l’excitation de l’être humain, et encore plus du mélomane averti, devant une telle promesse d’imprévisibilité était difficilement supportable à l’approche de ce 14 mai 2007. En effet, prévoir quelque chose de Battles, entre ses deux parenthèses bien éloignée l’une de l’autre, va bien au-delà des compétences de la plus grande voyante de la place. Roi technique, prince inspiré, fou d’expérimentations à base d’electro, de jazz, de hardcore et de post rock, Battles nous emmène beaucoup plus loin qu’on aurait pu l’imaginer. “Mirrored” est la porte ouverte à tout sauf au n’importe quoi
Chez Battles, la jouer facile n’existe pas. Quand les choses paraissent trop simples, pour ne pas dire suffisament barrées, on les complique. Mais jamais au point d’en devenir inécoutable. C’est toute la force de ce premier album qui n’est qu’originalité mais vous transporte, vous captive du début à la fin. Ici, on superpose les rythmiques, les séquences, les sons, on détruit systématiquement ce que l’on vient de construire, on mélange, on pose les notes presque insolemment à un moment inopportun sans pour autant que cela choque. Car Battles ne se revendique aucune véritable influence. Au lieu de cela, les new yorkais ratissent et amassent à tout va la musique en général, comme pour prouver qu’elle n’est finalement pas un éternel recommencement
Manifestement, il est encore possible de l’emmener sur des terres inconnues, de la faire avancer, de créer, et ainsi d’accoucher d’albums de la trempe de ce “Mirrored”. À base de machines, claviers, guitare et batterie, Battles expérimente sans jamais plus que ce terme fasse fuir. C’est en tous les cas ce que démontre “Atlas”, assez représentatif de l’album, et énorme premier single sans concession, à base de répétition (une science chez lui) et d’un chant totalement habité et addictif. C’est une des nouveautés de ce “Mirrored”, avec une plus grande accessibilité, rythmique notamment. C’est ce que l’on remarque sur la première moitié surtout, dès le phénoménal “Race: In” d’ouverture, évolutif à souhait et sorte de table des matières, qui sonne comme le départ pour une guerre contre le formatage et les plagiats. Une mission qui se confirmera tout au long de l’album, sur les puissants et chargés “Ddiamond” et “Tij”, le rythmiquement décroissant “Tonto”, et le dansant “Leyendecker”
Battles use donc subtilement et à la perfection de cette schizophrénie qui le caractérise, balance un tracklisting qui, à l’image des plus barrés “Rainbow” et “Snare Hangar”, ne peut que souligner toute l’expérience de ses musiciens. “Mirrored” ne regarde pas derrière, ne sonne comme aucun autre disque (y compris de Battles lui-même), mais permet au contraire de se projeter dans un temps que nous ne vivrons peut-être jamais…deux fois
Ecoutez un extrait ici
Achetez sur :
[Album]
13/02/2006
(Warp/Pias)
Pour ce qui est de dégoter de nouveaux artistes totalement inclassables, le label Warp n’en est pas à son coup d’essai. En signant Battles, les anglais, plus enthousiastes que jamais à l’idée d’ajouter ce quatuor à leur catalogue, n’auront jamais autant semé le trouble chez leur fidèle public, amateur d’expérimentation musicale. Il faut dire que les prestations scéniques du groupe, tout comme leur trois derniers maxis sortis en un an et demi et regroupés ici, ont de quoi intriguer et séduire un label toujours en quête d’originalité. Et avec la recette unique de Battles, il y a largement de quoi faire, d’autant plus que ses membres ne sont pas des nouveaux venus au point de faire de ce projet une sorte de all star band. Lisez plutôt: John Stanier, batteur originel d’Helmet et actuellement derrière les fûts de Tomahawk, Ian Williams, guitariste et clavier de Don Caballero, Dave Konopka, guitariste et bassiste de Lynx, et Tyondai Braxton, musicien avant-gardiste ayant collaboré avec Prefuse 73 par le passé
Sûrement pas de quoi vous aidez à y voir plus clair. Si vous demandez au quatuor le type de musique qu’il joue, il vous répondra “quelque chose entre l’electro et le rock”. Merci quand même. Car la première volonté de Battles est de construire un répertoire libre, loin des expériences musicales passées de chacun de ses musiciens, qui pousse l’oreille curieuse à meurtrir sa conscience et rendre son cerveau en bouillie. En gros, ces new yorkais se baladent dans les sphères post rock, jazz, hardcore et electro, accroissent la complexité des structures de chacun des titres pour un résultat unique, abstrait (”UW”, “Fantasy”), puissant, paradoxalement déstabilisant et captivant. De là, Battles envoie bouler les formats, fait évoluer ses morceaux pouvant durer jusqu’à douze minutes (l’inqualifiable “Bttls”), superposent les boucles de guitare, repère l’auditeur lorsque sa rythmique est solide (”B+T”, “Tras 2″) sans oublier de régulièrement imprégner sa musique d’un groove implacable (”SZ2″, “Hi/Lo”) et d’expérimentations poussées (”Dance”)
Soyons clairs. Les mots ne seront jamais assez justes pour parler de la musique de Battles. Amateurs de musique lisse et formatée, passez votre chemin, vous risqueriez de tomber fous. Car oui, il vous faudra avoir l’âme curieuse pour rentrer dans l’univers du combo qui propose ici, en deux disques, une remise en question de la musique au point de quasiment en écrire un nouveau chapitre. “EP C/B EP” est une expérience à vivre, à condition d’y être préparé. Incontestablement, vous n’écouterez plus jamais vos disques de la même manière..
Ecoutez un extrait ici
Achetez sur :