(USA)
Album
(Fake Four)
15/02/2011
Indie hip hop
On a beau faire preuve de la meilleure volonté et déployer tous les efforts du monde, il est toujours très difficile de suivre les moindres faits et gestes d’Awol One tant le Mc semble passer le plus clair de son temps en studio. Ses albums se succèdent à vitesse grand V, toujours à base de collaborations. Mike Nardone, The Mascaria, eCID, LMNO, ou Fat Jack sont quelques-uns de ceux qui l’auront un jour accompagné tout au long d’un long format. Pourtant, il y en a deux dont les productions collent chaque fois particulièrement au flow élastique et nonchalant de l’Américain: Daddy Kev et Factor, avec qui chaque collaboration s’est souvent révélée mémorable.
Album
(Fake Four Inc)
09/2009
Du haut de ses trente ans fraichement passés, Awol One possède une discographie longue comme le bras, acquise au sein de The Shapeshifters, en solo, ou à l’occasion de nombreuses collaborations. Pourtant inégales, toutes ces sorties ont fait de lui un personnage incontournable de la frange indépendante du hip hop américain. Lire la suite…
[Maxi]
01/08/2005
(Alphapup/2 Good)
C’est en 2001 que Awol One et Daddy Kev ont commencé à suivre une carrière de duo, en parallèle à leurs projets respectifs. Car, quand le premier n’est pas pris par les Shapeshifters, et que le deuxième ne travaille pas pour Busdriver, The Grouch, Freestyle Fellowship, Sage Francis ou Mix Master Mike, les deux angelinos réunissent leur talent. Comme sur leur premier album “Souldoubt”, leur second “Number 3 On The Phone”, ou sur l’expérimental “Slanguage” sorti chez Mush. “Killafornia” est donc leur nouvelle livraison, première vocale de leur label Alphapup, et comprend cinq titres de très bon hip hop west coast, paradoxalement mou et entraînant. Car quand un bon gros riff de guitare mène la danse par ci, ou qu’une bonne basse funky capte l’attention par là, c’est Awol One qui attire les projecteurs avec un flow calé au millimètre, quand il n’est pas appuyé par D Styles aux platines. On n’a donc pas mis longtemps à élire le “The Unwanted” d’ouverture parmi nos morceaux hip hop de l’été. Excellent. Au point que le reste de ce maxi ne paraisse bien fade et ne se satisfasse que des miettes. Mais les plus attentifs d’entre vous ne manqueront certainement pas le dansant “Looks Like”, un “Unlucky Number” bluesy ou un “Dead Bartender” plus jazz. Bref, on ne va pas vous cacher qu’on aurait volontiers accepté double dose. Patience, car ça viendra sûrement…
[Album]
24/03/2003
(Mush/Chronowax)
C’est au tour de deux acteurs de la scène indépendante hip-hop de la côte ouest des Etats-Unis de signer sur un de nos labels favoris: Mush records. Awol One et Daddy Kev ont déjà une discographie imposante et nous font part ici d’une maturité sans conteste
Autant le dire tout de suite : “Slanguage” est un album hors du commun. 22 titres étranges s’enchaînent pour laisser une première impression ambiguë. Les plus tordus des auditeurs (dont nous faisons partie) se laisseront séduire seulement au bout de plusieurs écoutes. L’approche est difficile, vacillant entre des sons familiers au hip-hop et un ensemble très “free”. C’est en effet le sens dans lequel ont semblé vouloir se diriger nos deux rappeurs envoûtés : du free-jazz-hop (ça devait arriver)
La plupart des morceaux risquent fort de laisser les dancefloors de marbre, mais enflammeront les enceintes des férus d’expérimentations organiques, de déconstruction massive. La conception musicale est assurée par Daddy Kev, les paroles et leur interprétation par le rappeur à la voix et au flow reconnaissables entre mille : Awol One. Nous passons de titres assez ‘classiques’ hip-hop jazz sans pour autant en rappeler aucun, à des morceaux aux sonorités lointaines aux scratchs étranges accompagnés de solos de batterie et d’envolées sauvages. Nous sommes loin des productions précédentes des deux acolytes, leur évolution pourrait être comparée à celle de certains Miles Davis ou autres John Coltrane, n’hésitant pas à briser le carcan qui pourrait les enfermer dans une direction musicale lassante
Il semble donc que Mush laisse une entière liberté à ses artistes, leur offrant un espace d’expression qu’aucun autre label ne permettrait, nous donnant alors l’occasion de savourer les productions les plus schizophrènes et névrosées d’artistes dégoulinant de créativité. Le résultat est saisissant, séduisant, on y retourne avec le sourire en sachant que si chacun était aussi névrosé que ces deux là, le monde du hip-hop tournerait cent fois mieux (mais vendrait mille fois moins…)
A se procurer sans plus attendre.