(5 articles)

Death Cab For Cutie - “Codes And Keys”

death180Album
(Atlantic)
30/05/2011
Indie pop classieuse

La cloche sonne le début du cours de pop. Avec “Codes And Keys”, Death Cab For Cutie sort son septième album studio, et tente de prouver en onze étapes que le genre peut aisément mettre la guitare en veilleuse à défaut de totalement s’en passer. Une prise de risque qui le pousse à se renouveler sans pour autant mettre en péril les deux éléments moteurs qui lui ont permis de passer sans trop de concessions du circuit indépendant au gratin rock habitué des tops: sa force mélodique et la voix de Ben Gibbard, véritable locomotive d’un groupe qui aligne des compositions profondément travaillées

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Lupe Fiasco - “Lasers”

lupe180Album
(Atlantic)
07/03/2011
Hip hop

Coup sur coup, avec “Food & Liquor” en 2006 et “The Cool” en 2007, Lupe Fiasco se sera hissé avec aisance parmi les poids lourds du hip hop US, ceux qui draguent clairement le grand public, visent ouvertement les playlists des plus grosses radios en empruntant sans compter à la pop. Seulement, le résultat n’est pas toujours à la hauteur des attentes, chez lui, comme chez Kanye West ou Kid Cudi, autres grands adeptes de ces pratiques malgré tout le talent qui leur permettrait de faire avancer la machine dans le bon sens. “Lasers” en est malheureusement une nouvelle preuve.

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Gnarls Barkley - “The Odd Couple”

The Odd Couple[Album]
31/03/2008
(Atlantic/Warner)

On n’avait pas forcément tort quand, en 2006 et à la sortie de son premier album, on clamait sans trop de retenue que Gnarls Barkley ne squatterait pas nos platines disque très longtemps. Certes, CeeLo et Dangermouse affichaient clairement une originalité et une personnalité musicales à part, restées encore intactes deux ans plus tard Et pour cause, seul le producteur touche à tout est capable de concrétiser un tel mélange d’influences, et d’en faire quelque chose de cohérent. Ce qui ne veut pas dire digeste, car il faut bien avouer que “St.Elsewhere“, emmené par son imparable et indiscutable tube “Crazy”, nous a conduit droit à l’écoeurement, à cette satisfaction bizarre de compter un tel disque dans sa discothèque sans pourtant avoir envie de l’écouter. Des fois qu’elle nous prendrait à l’avenir, sait-on jamais..

Ayant fait trembler la terre entière, notamment un public peu exigeant qui trouvait là l’occasion d’écouter quelque chose qui change de ses habituelles grosses productions formatées le caressant dans le sens du poil, Gnarls Barkley n’est pas pour autant tombé aux oubliettes. Cela dit, “The Odd Couple” est bien loin de susciter le même engouement que son prédécesseur, la faute peut être à un premier single (”Run”) incapable d’égaler son précédent tube interplanétaire. Un manque dans lequel certains y verront peut être le signe d’un nouvel opus cohérent. Seulement, Dangermouse et CeeLo ont trouvé la parade, resservant une suite logique de “St.Elsewhere” sans vraiment tenter de l’emmener plus loin et de l’améliorer, optant pour les mêmes sonorités, les mêmes gimmicks, toutes ces petites recettes rendues clichés à coups de “Crazy” asséné à outrance (”Surprise”). Une fois cette nouvelle livraison digérée, c’est d’ailleurs le principal reproche qu’on leur adressera, même si “The Odd Couple” se révèle attentionné, abouti dans le cadre restreint de la suffisance, et armé de quelques titres qui, s’ils ne seront en aucun cas surprenants, rempliront de satisfaction un public venu chercher ce qu’il avait déjà trouvé il y a deux ans. Ainsi, et une fois ce point de vue bien adopté, difficile de nier l’efficacité de “Going On” et son approche gospel, les mélodies pop de “Blind Mary” et “Whatever”, la rythmique décousue de “Open Book”, la puissance émotionnelle de “Who’s Gonna Save My Soul”, ou la finesse instrumentale à la fois downtempo et vintage de “Little Better”

D’autres, par contre, beaucoup moins inspirés, condamneront certainement ce nouvel album à la même destinée que son prédécesseur, allant même jusqu’à rendre la voix de CeeLo insupportable (”Neighbors”, “Would Be Killer”, “No Time Soon”). Question de goût. Reste que Gnarls Barkley reste un de ces ovnis dont la planète musique a réellement besoin d’entretenir, notamment parce qu’il reviendra certainement encore livrer quelques salves groovies totalement inoffensives, taillées pour un large public alors conforté dans son illusion de ne pas être totalement dévoré par les monstres de la variété. Car quoi qu’on vienne y chercher, Gnarls Barkley nous le sert d’un coup de dé magique, et la foule s’extasie, la conscience volontairement mise en veille

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Lupe Fiasco - “Food & Liquor”

Food & Liquor[Album]
18/09/2006
(Atlantic/Warner)

Jay Z est bien gentil, mais on ne pourra pas dire qu’il aura vraiment facilité l’intrusion de Lupe Fiasco sur le marché du disque. En effet, comment ce jeune Mc de Chicago ne peut-il pas ressentir une certaine pression quand le boss de Def Jam, un des piliers du genre à l’international, en fait son petit protégé et clame haut et fort que Lupe détient pratiquement toute l’étendue de son talent ? Voilà autant une preuve de générosité et de respect qu’une marque infaillible de modestie (sic). N’empêche que son poulain, du haut de ses vingt-quatre ans, se retrouve étiqueté comme une nouvelle révélation de la scène hip hop américaine, en sortant de nulle part et sans avoir prouvé quoi que ce soit jusqu’à ce “Food & Liquor”, du coup attendu au tournant

Il faut avouer que Lupe Fiasco s’en tire plutôt bien, s’affiche en Mc solide, rassuré par une discrète et courte expérience au sein de son ancien groupe Da Pak, et désireux de ne pas vraiment s’enfermer dans un carcan tout en restant les deux pieds ancrés dans le hip hop. C’est ici que réside l’explication du titre de ce premier album: les Food & Liquor, ces épiceries américaines où l’on trouve un peu tout selon les besoins. Varié mais néanmoins cohérent, ce premier opus reste assez explicite quant à l’univers aseptisé, mais somme toute personnel du jeune homme, et laisse sur son passage quelques titres à ne pas renier, pour leur couleur novatrice (”Just Might Be OK”), comme pour leur efficacité: le très bon hymne pro skateboarding “Kick Push” et ses cuivres, “I Gotcha” (produit par The Neptunes) et ses riches débordements de basse, l’excellent “Daydreamin’” réchauffé par la voix toujours aussi chaleureuse de Jill Scott, les solides “Pressure feat Jay Z”, “The Emperor’s Soundtrack” et “Kick Push II”

Et comme tout ne pouvait pas être parfait dés le premier jet, on regrettera ce petit passage à vide en milieu d’album dû à des titres sans réel intérêt. Si “The Cool”, produit par Kanye West, y échappe de justesse, ce n’est en revanche pas le cas de “He Say She Say”, “Sunshine” et “Instrumental”, ce dernier, avec Jonah Matranga en featuring (bien meilleur dans le registre rockeur sensible qu’on lui connaît), l’ayant bien cherché en optant pour une version de Mike Shinoda (Linkin Park). Mais, avouons le, voilà trop peu de faiblesses pour remettre en cause les rumeurs positives concernant Lupe Fiasco qui, s’il est encore loin du niveau de son mentor, bénéficie là d’un sérieux atout marketing

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Transplants - “Haunted Cities”

Haunted Cities[Album]
31/08/2005
(Atlantic/Warner)

Ce qu’on pensait être qu’une courte récréation lucrative pour Tim Armstrong et Travis Barker prend désormais la tournure d’un réel projet à long terme. Le premier album des Transplants faisait plutôt bonne figure avec une recette plutôt originale, mêlant punk, hip hop et drum and bass. Seule chose ayant changé avec ce “Haunted Cities”, un passage chez une major pas vraiment mérité puisque cette deuxième galette semble vouloir prendre la suite logique de l’époque Hellcat mais l’effet de surprise en moins. Nous voilà donc en possession de douze titres pas vraiment enthousiasmants puisque plutôt en demi teinte par rapport à ceux d’il y a maintenant trois ans. Si quelques titres comme “Not Today”, “Killafornia”, ou “Madness” parviennent quand même à estomper cette désagréable impression de manque d’inspiration, d’autres au contraire comme “Apocalypse Now”, “Gangsters And Thugs”, ou “I Want It All” ne produisent véritablement aucun effet. Pire, à l’écoute de “What I Can’t Describe”, au refrain pitoyable, et dans une moindre mesure “Doomsday”, on se demande même si les Transplants ne cherchent pas à prendre le chemin des ondes tout droit tracé par les Black Eyed Peas. L’album de la confirmation, exercice toujours délicat, n’est donc clairement pas celui qu’on pouvait attendre de la part des Transplants, pourtant aidés par les apparitions de Vic Ruggiero, Rakaa, Boo Ya Tribe et des essoufflés Sen Dog et B Real de Cypress Hill. “Haunted Cities” laisse donc un vieux goût de Coca chaud sans bulle, même pas assez potable pour en faire un Mr Freeze…

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Gratitude - “s/t 54″

s/t[Album]
08/03/2005
(Atlantic/Import)

Si comme nous, vous avez longtemps fait tourner en boucle les albums de Onelinedrawing et New End Original, vous serez ravis d’entendre de nouveau la voix de Jonah Matranga au sein de Gratitude. Mais ce groupe de San Francisco n’est pas seulement le grand retour d’une des plus belles voix de l’émo rock, c’est aussi le fruit d’une relation en parallèle vieille d’une dizaine d’année avec Mark Weinberg, ex guitariste de Crumb. C’est donc en 2003, après le split de leurs groupes respectifs, que les deux hommes commencent à travailler ensemble pour accoucher de quelques titres qui suffiront à séduire Atlantic qui ne tardera pas à les signer

C’est donc en ce début d’année 2005 que le premier album de Gratitude voit le jour. Bien sûr, de par la voix et le sens de la composition, on ne peut s’empêcher de penser à New End Original ou Jimmy Eat World mais on peut aussi sans complexe clamer haut et fort que cet opus relie le rock classique de U2 à celui plus contemporain de Radiohead. Il faudra pourtant laisser passer quelques morceaux, très bons néanmoins mais déjà entendus (”Drive Away”, “Last”, “Sadie”, “Someone To Love”), pour véritablement s’immiscer dans les entrailles de cet album et y trouver de jouissifs morceaux comme peuvent l’être “All In a Row” et sa géniale fluidité, “The Greatest Wonder” et sa rythmique légère et sautillante, le plus direct “This Is The Part”, ou encore l’entêtant “Dream Again”

Gratitude redonne des couleurs à une scène “émo” en perte de vitesse et souffrant d’un énorme phénomène de plagiat. Même s’ils n’inventent rien, Matranga et sa bande ne font ici aucune fausse note et rejoignent sans étape intermédiaire la crème du genre aux côtés de Jimmy Eat World et une poignée d’autres. Ce premier album est frais, simple, percutant ou reposant mais toujours tubesque et c’est bien tout ce qu’on lui demande. Une très bonne surprise

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