Anticon

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(92 articles)

Sage Francis - “Makeshift Patriot”

Makeshift Patriot[Maxi]
20/01/2003
(Anticon/Chronowax)

“Personal Journals” avait mis tout le monde d’accord sur l’incroyable talent de Sage Francis. Son concert de décembre à Paris n’a fait qu’enfoncer le clou et le barbu d’Anticon nous en remet encore une couche avec ce maxi comprenant six titres inédits dont le fabuleux “Makeshift Patriot” qui reste certainement l’un des meilleurs textes écrits à l’occasion des attentats du onze septembre 2001 à New York (lire les paroles en fin de chronique)

“Narcissist”, produit par Joe Beats, ouvre le bal sur une version assez classique mais bien entendue marquée par le savoir faire habituel des artistes Anticon. Ceux qui possèdent “Sick Of Waiting Tables” ou sont à l’affût des spoken words de Sage Francis ont déjà pu l’entendre mais il s’agit là de la première sortie officielle du morceau. “Mourning Afterman” est du même acabit mais est joué en live par ses collègues de Non Prophets. Le son reste cependant très habituel puisque les sonorités des versions Anticon ont toujours cet aspect rock et brut qui nous pousse continuellement à nous interroger sur la nature de leur production. On arrive alors au grand moment de ce maxi. “Makeshift Patriot”, hors mis son texte incontournable écrit un mois seulement après les attentats, est également un des meilleurs morceaux que Sage Francis ait pu mettre au monde. Produit par MF Shalem, les influences lorgnent cette fois ouvertement vers le rock voir même la pop tant il se dégage une mélancolie palpable grâce à cette ligne de clavier qui vous prend directement aux tripes et ce beat posé qui vous fait automatiquement hocher la tête. Le texte est quant à lui inspiré de notes de journalistes et s’avère est une véritable attaque contre les médias américains et plus indirectement leur audience naïve puisqu’il tente ici de retranscrire la manière avec laquelle les journaux et télévisions ont traité l’évènement. Ceux qui tendront bien l’oreille pourront même entendre des sons enregistrés sur place cinq jours après l’évènement alors que les pompiers et autres secouristes tentaient désespérément de retrouver des survivants

La seconde face de ce maxi propose “Hang Time”, produit par Meaty Ogre. La version est toujours marquée par des influences rock évidentes, le beat et la basse y sont lourds et le flow mordant notamment sur le refrain ou Sage Francis s’applique à poser ses mots de manière autoritaire. “Every Midnight” n’est autre qu’un remix live de “Cup Of Tea” par les musiciens de Non Prophet mais s’avère tout aussi efficace notamment grâce à une rythmique des plus percutantes. Enfin, “Hey Bobbie” est un spoken word très engagé politiquement reprenant quelques idées de “Makeshift Patriot”

Sage Francis prouve que sa créativité sans borne ne souffre d’aucune faiblesse. Toujours au top de sa forme artistique, il propose ici six titres qui feront le bonheur de tous les adeptes de hip hop en marge. Les convaincus le seront encore plus et se feront plus nombreux au final de ces vingt six minutes de bonheur

Makeshift Patriot (lyrics):

Makeshift Patriot

The Flag Shop Is Out Of Stock

Hang Myself…Half Mast

Makeshift Patriot

The Flag Shop is Out of Stock

I hang myself…via live telecast

Coming live from my own funeral…the beautiful weather offered a nice shine, Which is suitable for a full view of a forever altered skyline

It’s times like these I freestyle biased opinions every other sentence

My journalistic ethics slip when I pass them off as objective

“Don’t gimme that ethical @#%$.”

I’ve got exclusive, explicit images to present to impressionable American kids, And it’s time to show this world how big our edifice is

That’s exactly what they attacked when a typically dark skinned Disney villain

Used civilians against civilians and charged the trojan horses into our buildings

Using commercial aviation as instruments of destruction, Pregnant women couldn’t protect their children. Wheelchairs were stairway obstructions

Now I have to back petal…from the shower of glass and metal, Wondering how after it settles we’ll find who provided power to radical rebels

The Melting Pot seems to be calling the kettle black when it boils over, But only on our own soil so the little boy holds a toy soldier..

And waits for the suit and tie to come home. We won’t wait ’til he’s older, Before we destroy hopes for a colder war to end. “Now get a close up of his head…”

Makeshift Patriot

The Flag Shop Is Out Of Stock

Hang Myself…Half Mast

Makeshift Patriot

The Flag Shop is Out of Stock

I hang myself while the stock markets crash

The city is covered in inches of muck

I see some other pictures of victims are up

Grieving mothers are thinking their children are stuck

Leaping lovers are making decisions to jump

While holding hands…to escape the brutal heat. Sometimes in groups of the three

The fall out goes far beyond the toxic cloud where people look like debris

But all they saw after all was said…beyond the talking heads Was bloody dust with legs looking like the walking dead calling for meds

Hospitals are overwhelmed. volunteers need to go the hell home

Moments of silence for fire fighters were interupted by cell phones

Who’s going to make that call to increase an unknown death toll?

It’s the one we rally behind. He’s got a megaphone…and he’s promising to make heads roll, So we cheer him on, but espestos is affecting our breath control

The less we know…the more they fabricate…the easier it is to sell souls

An addictive 24 hour candle light vigil in TVs

Freedom WILL be defended…at the cost of civil liberties

Viewers are glued to television screens. Stuck…’cause lots of things seem too sick

I use opportunities to pluck heart strings for theme music

I’ll show you which culture to punp your fist at and what foot is right to kiss

We don’t know who the culprit is yet…but he looks like this

We know who the heros are. Not the xenophobes who act hard, “We taught that dog to squat. How dare he do that @#%$ in our own back yard!”

They happened to scar our financial state and char our landscape

Can you count how many times so far I ran back this same damn tape?

While a camera man creates news and shoves it down our throats on the West Bank, With a 10 second clip put on constant loop to provoke US angst

So get your tanks and load your guns and hold your sons in a family huddle, Because even if we win this tug of war and even the score…humanity struggles

There’s a desperate need of blood for what’s been uncovered under the rubble, Some of them dug for answers in the mess…but the rest were looking for trouble

Makeshift Patriot

The Flag Shop Is Out Of Stock

Hang Myself…Half Mast

Makeshift Patriot

The Flag Shop is Out of Stock

I hang myself

Don’t waive your rights with your flags

(Sage Francis)

Themselves - “The No Music”

The No Music[Album]
01/09/2002
(Anticon/Chronowax)

Depuis qu’Anticon squatte les ferveurs des adeptes de hip hop avant gardiste, Dose One n’a jamais cessé d’hanter vos tympans. Après un premier album de Them, divers albums solo, Clouddead, Subtle et de nombreux featurings sur les récents albums de TTC ou Fog, le colosse à la voix nasillarde revient sous les feux de la rampe avec ce nouvel opus de Them, désormais appelé Themselves, ou il est accompagné de son fidèle producteur Jel

Arrivant à point nommé au sein de cette rentrée discographique, cette nouvelle production de fourmi n’est autre qu’un incontournable monument. “Mouthful” nous met directement dans l’ambiance avec ce beat percutant, sa basse groovie et le flow de Dose One paraissant pour une fois quasi normal. L’album s’oriente ensuite vers la pop avec “Good People Check” aux nappes de synthé mélancoliques et au flow de Dose One se faisant plus mélodique et chantant qu’à l’accoutumée. Le tempo se ralentit ensuite avec “Poison Pit” au sample hypnotisant, au beat lourd et au flow posé contrastant avec “Live Tap” au rythme survitaminé à tel point que l’on se demande comment les lyrics peuvent suivre. Une véritable prouesse de Mc. “Only Child Explosion” penche plus vers l’electronica avec sa ligne de basse saturée et son chant possédé laissant place à mi-track à une sorte de post rock-chanson, véritable repos auditif qui peut s’avérer nécéssaire après un tel déluge sonore qui reprend d’emblée des influences rock sur “Paging Dr Doom Or Gun” ou Dose One nous fait redécouvrir son flow de crooner comme on avait pu l’adorer sur son featuring avec TTC. “Dark Side Demo” ajoute, lui, une page de plus au catalogue avec son orientation old school revivifiante. Ce “The No Music” se termine sur “Hat In The Wind” à mi chemin entre hip hop et rock après que “You Devil You” et “Out In The Open” nous déstabilisent de leurs ambiances et styles indéscriptibles

Sans le savoir, en acquérant cette nouvelle production, vous tiendrez dans les mains une pièce indispensable, future référence dans l’évolution de la musique en général. Dose One semble avoir définitivement trouvé un concepteur idéal en la personne de Jel et ne se gêne pas de le prouver à chaque seconde de ce disque trop rare. “The No Music” est tout simplement un opus incontournable voir indétrônable

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Sole - “Salt On Everything”

Salt On Everything[Maxi]
01/09/2002
(Anticon/Import)

Avec un premier album “Bottle Of Humans” qui avait véritablement lancé Sole et son label Anticon et, par la même occasion, avait divulgué au grand jour cette nouvelle scène hip hop avant gardiste plus qu’intéressante, voici que l’homme annonce son retour et la sortie imminente de son deuxième album par le biais de ce maxi il faut le dire, rassurant

Alors qu’on aurait pu craindre une certaine stagnation artistique dont souffre certains membres de l’écurie Anticon, Sole propose ici trois titres de haute facture. “Salt On Everything”, produit par Odd Nosdam, nous fait découvrir une ambiance qui nous était inconnu chez l’artiste. On a là un morceau assez loin du hip hop conventionnel. L’ambiance y est très sombre et à la limite du rock, la saturation omni-présente sur la version comme sur la voix, y étant pour beaucoup. Sole y pose un flow très adapté et assez rapide contrastant avec le beat. “The Priziest Horse” revient plutôt à ce que l’on avait déjà pu entendre sur ses productions précédentes, mettant en avant un flow toujours aussi efficace sur une version produite par Alias et marquée par un bon sample de trompette jazzie. “My Head Hurts” est le seul morceau de ce maxi ne figurant pas sur le prochain album. Produit par Jel et avec comme invité de luxe un certain Sage Francis toujours aussi renversant, semblant pousser Sole dans ses derniers retranchements

La face B propose les versions instrumentales des deux premiers morceaux ainsi qu’une version inédite de Jel

Inutile de vous dire que le prochain opus du bucheron d’Anticon sera incontournable. Ce maxi n’ayant que l’intérêt de ce genre de support, il séduira les plus fanatiques des adeptes d’Anticon. Les autres peuvent attendre l’album tranquilles..

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Alias - “The Other Side Of The Looking Glass”

The Other Side Of The Looking Glass[Album]
01/06/2002
(Anticon/Import)

Peu de temps après la sortie du nouvel album de Sage Francis, Anticon revient à la charge avec ce tout premier opus du Mc-compositeur-producteur, j’ai nommé Alias

L’homme que nous avions pu découvrir par le biais de son premier Ep “Three Phase Irony” (nous retrouvons d’ailleurs au sein de cet album le renversant “Final Act”) ou des différentes sorties estampillées Deep Puddle Dynamics ou encore So Called Artists, propose cette fois une petite quinzaine de morceaux ayant vu le jour entre décembre 1998 et octobre 2001 dans le propre studio de cet artiste hors pair. Le style d’Alias collant complètement à l’identité du crew de San Francisco, nous pouvons jubiler à l’écoute de ces compositions, sources de diverses impressions allant de la violence à l’oppression tout en restant souvent minimalistes et toujours dépressives en ce qui concerne les paroles

Ce qui frappe en premier lieu est la qualité des beats classiques ou expérimentaux proches d’une jungle aseptisée (”Jovial Costume”) mais propre à l’artiste, une constante complexité sonore et une expérimentation toujours parfaitement gérée pour ne pas tomber dans l’inaudible synonyme pour certains d’elitisme. Alias a le goût de rajouter de temps à autres quelques effets dub ou agressions digne d’un rock sorti des sentiers battus et d’inviter des proches collaborateurs tels que Dose One ou Dj Mayonnaise. Nous retiendrons notamment “Pill Hiding” au phrasé dévastateur, ce “Slow Motion People” presque cobaye dans un style proche du trip hop ambiant à la Doctor L

Anticon semble gagner en maturité et cela ne manque pas de se refléter sur les dernières productions de ses membres qui non contents d’être intéressants et novateurs ne se privent pas de gagner en beauté (”Angel Of Solitude”). Vivement ordonné

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Sage Francis - “Personal Journals”

Personal Journals[Album]
01/01/2002
(Anticon/Import)

Personal Journals est le premier album officiel du rappeur originaire de Rhode Island, Sage Francis. Connu pour ses affiliations au sein des Non-Prophets, AOI, TSS, et des Providence Poetry Slam Team, “le Sage” nous avait déjà titillé l’ouïe, en solo, avec ses concepts albums et son maxi “Climb Trees” sur Anticon, dont le titre “Inherited Scars” produit par Dj Mayonnaise nous promettait un album avant-guard hip-hop grandiose

Chose promise, chose due, l’album enfin sorti, Sage Francis ne manque pas le coche et nous fait avaler un des chefs d’oeuvres hip-hop de l’année. La digestion s’avère facile et agréable tant les doses de mélancolies et de hargnes sont mariées à la perfection. C’est sur un lit de samples grinçants et mineurs que les fat beats et les sub-basses se donnent l’image de machines à la mécanique infaillible, prêtent à tout emporter sur leur chemin. Support 100 % adapté au flow tapageur de Sage Francis, à la limite du hardcore, parfois chanté, rythmiquement parfait. On retrouve, un peu, sur ce “Personal Journals” l’ambiance des premiers albums d’Anticon, comme “Bottle Of Humans” de Sole ou “Them”. Pas moins de 18 titres pour ce premier album avec une armada de producteurs, dont on connaît pour la plupart la grande qualité artistique : Jel (avec le désormais classique “Climb Trees”), Sixtoo qui signe pratiquement tous les morceaux majeurs de cet opus, Mayonnaise (producteur et dj de “So Called Artists”), Alias avec le formidable “Message Sent”, Odd Nosdam (de Clouddead), Controller 7 (avec l’inoubliable “Specialist” au beat à la sonorité rock-indé et sa guitare acoustique du même acabit), Mr Dibbs, les musiciens du crew AOI…et bien d’autres encore ! Tous se serrent les coudes pour nous offrir un résultat global cohérent et volontaire, ne dépassant jamais les limites inexistantes du style musical désormais reconnu du crew Anticon (…vous voyez ?)

Notons que, globalement, c’est Sixtoo qui semble coller le plus au style du rappeur, n’hésitant jamais à inclure des éléments de percus, de guitare et de piano étranges toujours à la hauteur du drame dont SF nous fait part, se créditant ainsi des meilleures productions de cet album, dont “Crack Pipes”, “Different”, “Pitchers Of Silence”, “Black Sweatshirt” et le “Cup Of Tea” à la basse triturée au maximum pour un résultat étonnant et séduisant. Tous sont hip-hop expérimental d’un nouveau genre, à explorer de prêt. Le Sage se permet quelques évasions live sur “Hopeless” nous prouvant ses qualités de slammeur ou “My Name Is Strange”: titre Pop-Rock, joué par les musiciens de AOI, avec guitare, basse, batterie, flûte, clavier et platines, qui doit être soit une tirade au style musical suscité soit une preuve de l’influence qu’il a sur l’artiste..

Vous l’aurez compris (j’espère) que Personal Journals est un album parfait, avec un tracklisting calculé pour nous mener du début à la fin de l’album sans décrocher, nous permettant de nous évader dans l’univers si particulier de Sage Francis, partagé entre le tonus de son rap et la tristesse de ses instrus. On en demande encore !

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Buck 65 - “Man Overboard”

Man Overboard[Album]
01/03/2001
(Anticon/Import)

Ce n’est bien sûr pas parce qu’il est sorti sur Anticon que nous pensons que ce “Man Overboard” reste parmi les meilleures productions du Mc Canadien. Passé outre une pochette qui n’est pas des plus vendeuses mais qui, en fin de compte, colle bien à la personnalité du personnage, nous nous plongeons dans ce long format qui ne nous laisse que très peu d’information à son sujet. 15 titres le composent, tous non titrés

Dés le début, on reconnaît la patte de Buck 65 sur des beats ralentis et des sonorités très personnelles car synthétiques et brutes. Il y pose un flow toujours bien appliqué et mis en avant par une certaine monotonie des versions s’avérant efficace, ce qui reste rare dans les productions hip hop. La vision artistique du Mc ressort à chaque seconde de ce disque dont les ambiances ne sont pas des plus joyeuses, alternant entre différentes influences comme la pop (piste 3 avec des guitares simples et mélancoliques appuyées par une rythmique intense et massive), l’esprit série B (marqué par les samples décalés de la piste 5), la chanson (la piste 6 nous présente un Buck limite crooner sur une version chaude et jazzie) ou la drum n’bass (piste 11). A noter que Buck 65 n’hésite pas non plus à faire évoluer chacun de ses titres jusqu’au point ou ils peuvent se terminer à l’opposé de la manière dont ils ont commencé, les conclusions servant souvent de transition aux morceau suivant. Un des grands moments de ce “Man Overboard” reste la piste 14 avec ce sample de guitare bourré d’effets donnant une ambiance si particulière au morceau et sur lequel le Mc pose un texte dont se dégagent de multiples émotions

La qualité de ce “Man Overboard” aura sûrement joué sur son intégration au monde des grandes maisons de disques pour l’album suivant. Il met lui même ici en lumière tous ses talents de compositeur et d’interprète qui, depuis “Vertex”, ne font plus aucun doute. Buck 65 fait partie intégrante de cette scène hip hop avant gardiste fascinante et se paye même le culot d’en être un des plus puissants représentants

Dose One - “Hemipshere”

Hemipshere[Album]
01/01/2001
(Anticon/Import)

Pour ceux qui ne connaîtrait pas Dose One, c’est un rappeur complètement dégenté qui chante avec une petite voix un peu agaçante, genre nez pincée, mais c’est aussi un très bon rappeur. Vous voyez Clouddead? Bah voilà c’est lui (avec Why? et Odd Nosdam). Mais Il fait aussi beaucoup d’autres choses (chez Anticon, en solo, featuring sur quelques albums…). Je ne sais pas si “Hemisphere” est son premier album, en tout cas ce n’est pas le meilleur… Sorti des productions habituelles, c’est un opus beaucoup plus jazzy (avec J-Rawls et Fat Jon à la prod), ou bien qui s’essaie parfois au hip-hop expérimental (sur des instrus de Mr Len, Jel…), mais malheureusement sans grande réussite, sauf peut-être le titre “2 Ton Can Of Wupass” (bahhh!!!!!) et “Etherial Downtime” réalisés par le grand Jel ou encore “As For Bias” par G-Fresh. Dans l’ensemble “Hemisphere” est un album à posséder pour l’historique de l’artiste mais pas forcément pour sa qualité.

Jel - “Greenball”

Greenball[Album]
01/01/2001
(Anticon/Import)

Anticon ouvre sa catégorie instrumentale avec ce premier album du concepteur Jel, membre du 1200 Hobos. L’homme qui avait déjà posé ses marques sur des productions de Sole, Them ou de Deep Puddle Dynamics regroupe au sein de ce “Greenball” certaines de ses meilleures productions apparues sur divers albums estampillés Anticon (mais néanmoins intéressantes, la version instrumentale donnant un autre visage au morceau) mais aussi quelques versions inédites pour ne donner que plus d’intérêt à cet opus d’ores et déjà incontournable. Les changements d’ambiance, de rythme et les divers samples empruntant à un grand nombre de courants musicaux, nous tiennent toujours en alerte et nous empêchent de tomber dans une quelconque somnolence. Jel étonne constamment grâce à cette formidable capacité de mettre au monde des versions aux beats compréhensibles et originaux, de placer de temps à autres des interludes efficaces et de pousser encore plus loin les limites de l’instrumentation hip hop. Cet album est un pur bijou qui accompagnera vos soirées, vous réveillera doucement le dimanche matin et préservera votre bonne humeur au fil de la journée. Notons que les adeptes du vynil seront moins gâtés que les possesseurs du Cd car le tracklisting est beaucoup plus complet sur ce dernier. Quoi qu’il en soit, Jel compte désormais parmis les plus intéressants concepteurs du hip hop underground américain. Alors Cd ou vynil, l’important est de se le procurer.

Controller 7 - “Left Handed Straw”

Left Handed Straw[Album]
01/01/2001
(Anticon/Import)

L’écurie Anticon ne regorge pas de tant de concepteurs musicaux que cela et Controller 7 en fait partie. Présentant son projet comme une collection de titres en passe d’être perdus, l’homme nous propose une trentaine de titres aux beats ravageurs (”Movie Trailer”, “Bunny Slippers”, “Unknown”, “Imagination Cycle”), aux ambiances froides d’apocalypse (”Stan”, “Follow The Light”, “Dismantled”, “The Forest”, “Unbalanced”), aux samples touchant (”Love”, “Yellow”) agrémentés parfois d’interludes sympathiques égayant un ensemble assez dark mais on ne peut plus efficace (”Test#2″, “Test#3″, “Test#4″ avec sa voix soul et “Test#5″ en hommage à Jacques Brel). Les Mcs se font rares mais quelques incursions de Sole et Alias se font remarquer sur des remixes de Deep Puddle Dynamics (”The Candle (rmx)”, “Rain Men”). Il est clair à l’écoute de cet album que son intérêt réside dans les nombreux beats de surcroît variés et en perpétuels changements de rythme qui nous permettent de prêter une oreille quasiment constamment attentive et ainsi de parvenir jusqu’à la fin de cet opus sans véritable ennui. Ce “Left Handed Straw” n’est autre qu’un superbe catalogue de beats comme jamais vous n’en avez entendu. Alors, que les adeptes de hip hop instrumental et les férus de conception musicale se ruent sur cette production qui les feront faire dans leur caleçon.

Alias - “Three Phase Irony”

Three Phase Irony[Maxi]
01/01/2001
(Anticon/Import)

Alias est rappeur et concepteur musical. Il fait une carrière solo mais officie également en groupe (So Called Artists, avec Sole et Dj Mayonnaise). Après un premier maxi “Final Act” plus que prometteur et une affiliation à Anticon, il nous présente un “double ep” (10 Titres, 52 minutes 30) qui nous confirme toutes les précédentes promesses ! Tous les morceaux sont produits et réalisés par ses propres soins, quelques invités de marque viennent rapper avec lui : Sole (avec le fameux remix d’Alias “Bottle Of Humans” déjà hymne de nos rangs), Slug, Eyedea, et Dose One. L’ambiance est lourde, grave, les percus sont baignées dans la reverb (”Headbumps”), les beats sont pleins d’echo, les drums sont parfois jungle (”Divine Disappointment Remix”). Le tout supporte le flow rapide et théâtral d’Alias, toujours confondu dans une profonde réverbération sonore. Les samples ne sont qu’ambiance : cordes, cuivres, claviers d’un spectre bas ornent principalement les beats très bien construits, à la limite des batteries rock ou funk. Les trois derniers morceaux ne sont qu’instrumentaux. On retient le remix “We Ain’t Fessin” avec les grands Dose One et Sole, un trio parfaitement accordé sur une instru mélancolique et mélodieuse; le titre “Quitting Time” (uniquement instrumental) est un chef d’oeuvre soul comme on aimerait en entendre plus souvent (sample léger de piano, voix soul…). Un double ep largement à la hauteur de nos actuelles espérances à la vue du logo Anticon sur une pochette !