Antibalas

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(USA)

(3 articles)

Antibalas - “Security”

Security[Album]
13/03/2007
(Anti/Pias)

A l’instar de Bob Marley pour le reggae, Fela Kuti est l’arbre qui cache la forêt de l’afrobeat aux petits occidentaux non-initiés que nous sommes (pour la plupart)… La discographie pharaonique du Monsieur laisse déjà de quoi nous occuper, vous me direz. Il existe pourtant une foultitude d’autres formations émérites qui ont toutes les peines du monde à atterrir sur vos platines. A moins de faire partie de la famille (Femi Kuti, Seun Kuti…) ou du proche entourage (Tony Allen…), il semble que le style soit devenu une véritable propriété privée. Quelques exceptions parviennent quand même à percer les murs d’enceintes, comme récemment les Canadiens de The Souljazz Orchestra et surtout les New-yorkais d’Antibalas

Ce collectif polymorphe et métissé a en effet réussi à imposer son nom après avoir sillonné la planète dans tous les sens, joué avec les plus grands et signé plusieurs disques sur des labels réputés (Ninja Tune, Ryko…). Leur quatrième album sort cette fois-ci sur une sous-division de Epitaph, le label Anti- (Blackalicious, Nick Cave, Tricky, Tom Waits …), et voit sa production confiée à John McEntire de Tortoise, qu’on ne s’attendait pas forcément à retrouver là, soyons honnête..

Pourtant, dès la première écoute de ce “Security”, il semble évident que l’homme de Chicago a apporté un plus indéniable au gang de Brooklyn. Si le disque comporte toujours quelques longues compositions typiquement Fela-esques (”Filibuster X”, “Sanctuary”…), la majeure partie de l’album est toutefois plus aventureuse qu’à l’accoutumée. Il n’est en effet pas rare qu’un morceau commence dans un genre pour bifurquer sur un autre un peu plus loin, puis retomber sur ses pattes en dernier lieu. Le tout en restant cohérent et efficace, on est quand même chez Antibalas

Dans l’ensemble, les claviers et les cuivres mènent la danse mais ces derniers se permettent aussi parfois des moments plus contemplatifs, quoique toujours dans le groove, comme une sorte de Youngblood Brass Band sans la tchatche hip hop (cf. le majestueux “I.C.E”, le jazz du petit jour de “Age”…) ou encore leurs potes du trio jazzy/funky Medesky, Martin & Wood (avec qui Antibalas a souvent collaboré). Le très bon et bien nommé “Beaten Metal” d’ouverture est, quant à lui, digne des délires electro-noisy des Africains de Konono #1. Tout ça pour dire qu’Antibalas n’hésite plus à sortir du cahier des charges dressé par Maître Fela pour s’ouvrir corps et âme à un groove mondialisé et moderne

Qu’on ne s’y trompe pas, Antibalas maîtrise toujours autant la chose funky (le groupe partage d’ailleurs certains de ses membres avec les Dap-Kings de Sharon Jones), mais les New-yorkais ont su faire évoluer leur afrobeat en lui offrant de nouvelles perspectives, moins routinières. “Security” est donc sans aucun doute leur meilleur album à ce jour, et les Dj’s de bon goût devraient pouvoir logiquement faire danser la planète entière en glissant un morceau d’Antibalas entre le nouveau !!! et le Incredible Bongo Band

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Zoom : Antibalas

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Vu en live, Antibalas Afrobeat Orchestra fait mouche et rend un vibrant hommage à l’oeuvre de Fela

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Antibalas - “Who Is This America?”

Who Is This America?[45_T]
08/06/2004
(Ryko/Naive)

Dilemme… Comment vous introduire le nouvel album d’Antibalas (”Who Is This America ?”) sans parler de Fela? Et comment faire ce parallèle sans vous amener à penser que, quitte à écouter de l’afrobeat, autant continuer à découvrir l’inépuisable répertoire du maître en la matière? Pour seul réponse, un conseil : écoutez le! Vous en reviendrez réjoui, enrichi, enragé, et certainement plus encore..

Pour leur troisième opus, le premier depuis leur départ de chez Ninja Tune, l’Antibalas Afrobeat Orchestra redonne un sens à cette musique qui, peu à peu, s’était muée en simple rythme endiablé, fort plaisant par ailleurs. On retrouve alors toute la dimension qu’avait su lui donner, en son temps, Fela: un engagement politique de chaque instant le tout enveloppé dans une ambiance quasi mystique… Envoûtant

Pour arriver à repositionner ce genre musical, les treize membres du groupe choisissent la lutte tiers-mondiste (pas l’insulte, le combat…) et, inévitablement, la critique de l’arrogance occidentale. Mais il s’agit alors d’une critique interne puisque tous viennent de Brooklyn, comme leur son ne nous l’indique pourtant pas. De la politique américaine (”Who is this America dem Speak of Today ?”) à la mort à “petit feu” du continent noir (”Pay Back Africa”) en passant par la défense d’une certaine forme de féminisme (”Sister”), l’Antibalas prend position et ne néglige pour autant pas la qualité des beats, la richesse des cuivres, ou la puissance de la basse..

Aussi ombrageux soient les thèmes abordés, cet album reste avant tout une invitation à vous laisser-aller sur des rythmes explosifs. Antibalas peut légitimement assumer l’héritage de Fela.

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