Aesop Rock
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Aesop Rock

(USA/New York)

(15 articles)

Aesop Rock - “Fast Cars, Danger, Fire And Knives”

Fast Cars, Danger, Fire And Knives[Maxi]
21/02/2005
(Def Jux/Pias)

C’est triste à dire, mais en se chargeant de la quasi intégralité des productions de “Bazooka Tooth”, son dernier album, Aesop Rock a peut être donné naissance au pire de sa discographie. L’enthousiasme est donc forcément moins grand à l’approche de cet Ep qu’au lendemain de “Labor Days”, incontournable opus du géant new yorkais

Pourtant, effet de contraste ou non, ces sept nouveaux titres dont les productions sont partagées entre Blockhead, Rob Sonic et Aesop lui même, laissent une agréable impression de progrès mélangé à une certaine originalité. Musicalement différent de tous ses prédécesseurs, “Fast Cars…” se veut plus digital, plus efficace, plus percutant et surtout plus captivant. Qui s’en plaindra? C’est à un Aesop Rock bien dans ses pompes auquel on a droit, distillant son flow atypique d’une fort belle manière sur la totalité des titres. Du côté des invités, El P, Camu Tao, Metro et Cage viennent l’épauler

Mais l’intérêt de ce CD (la version vinyle comportant moins de morceaux) réside aussi dans un livret de 88 pages l’accompagnant. On y retrouve tous les textes de sa discographie, du “Float” de chez Mush à ce dernier Ep, illustrés par quelques photos du plus bel effet. Peut être ici de quoi démotiver les téléchargeurs fous..

Nous voilà rassurés. Aesop Rock nous ôte tous doutes concernant son talent et reprend une route ascendante vers les sommets du hip hop electro. Voilà de quoi présager un très bon prochain album.

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Interview : Aesop Rock (02-2004)

Interview : Aesop Rock (02-2004)

Depuis “Labor Days”, Aesop Rock est devenu un des Mcs incontournables de la scène hip hop indépendante US. Sa venue à Paris était pour nous l’occasion d’une première rencontre…

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Zoom : Aesop Rock

Zoom : Aesop Rock

Les photos du concert…

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Aesop Rock - “Bazooka Tooth”

Bazooka Tooth[Album]
29/09/2003
(Def Jux/Chronowax)

Il faut bien l’admettre, “Labor Days”, le précédent opus d’Aesop Rock, fait partie des rares disques qui auront majoritairement contribué au vieillissement de nos platines. Le timbre nasillard du bonhomme, son flow efficace et la musicalité de ses versions l’auront poussé au panthéon du hip hop indépendant jusqu’à devenir une pièce maîtresse et redoutable de l’échiquier du genre, sans compter sur Def Jux qui semble lui aller à ravir. L’arrivée de “Bazooka Tooth” est donc chez nous célébrée comme il se doit..

Ce sont pourtant la surprise, l’étonnement et presque la déception qui se dégagent à la première écoute de cette nouvelle galette, mais qui s’estompent logiquement au fil des titres, une fois l’oreille objective. Car jamais Aesop Rock n’avait autant imposé de concentration et d’attention à l’auditeur. Le MC new yorkais semble avoir préféré ici une certaine expérimentation et froideur dans les versions, contrairement à un “Labor Days” souvent chaud et enivrant. En matière de flow, Aesop est, on s’en doutait, au rendez vous et semble imperturbable, comme dans ses chaussons au sein d’une ambiance quelque peu progressive, noire et apocalyptique; sans compter sur le fait qu’il produit lui même onze des seize titres de ce “Bazooka Tooth” (les autres étant réparties entre El P et surtout Blockhead, sorte de rince doigt ponctuant le caviar). Un album on ne peut plus maison, presque conceptuel, mais qui laisse transparaître une évidente influence d’El P sur son contenu notamment de par l’aspect futuriste, les nombreux changements de rythmes et le côté bruitiste… A Noter que les invités sont rares mais prestigieux puisque seuls Cannibal Ox et Mr Lif viennent épauler Aesop Rock

Si certains seront un tantinet déçus par ce “Bazzoka Tooth” très éloigné des précédents albums, Aesop Rock poursuit son chemin, évite la redite, et explore un peu plus son art. De ce fait, ce conquérant des temps modernes met au monde un album original et personnel qui, ne serait ce que par son flow, mérite largement de figurer dans toutes les discothèques des bonnes écoles de hip hop. En d’autre terme, “Bazooka Tooth” est un dentifrice double effet et rafraîchissant comme Def Jux avait l’habitude d’en produire il y a encore quelques mois. Du hip hop bonne haleine qui fait picoter les billes…

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Aesop Rock - “Labor Days”

Labor Days[Album]
01/01/2001
(Def Jux/Chronowax)

Aesop Rock est un nom qui n’est pas inconnu pour qui suit un petit peu l’évolution du hip-hop américain hors des sentiers battus

En effet avec déjà trois albums, celui-ci n’est pas un nouveau MC mais il peut aujourd’hui compter sur Def Jux, dont c’est la vraie deuxième sortie, pour atteindre un public plus large grâce à l’aura d’un El-p toujours plus innovant par ses choix artistiques même si cette fois il ne participe pas à l’album

C’est donc l’ambiance propre à Aesop que nous découvrons et non un produit formaté. Le thème développé tout au long de l’album est celui du travail sous toutes ses formes (on se doute de l’orientation de son étude). Les productions sont diverses et Aesop utilise beaucoup de samples d’instruments à cordes, à vent et de musiques de films (qui aura reconnu “Le Dernier Des Mohicans” sur “No Regrets”?). Les instrus sont produites par Aesop, Blockhead et Omega One que l’on retrouve sur ses autres albums

Je n’irais pas plus loin dans le détail car cet album doit être découvert, écouté, étudié car aussi bien la voix d’Aesop est enivrante, d’une présence rare et d’un timbre si particulier, autant sa technique et son flow sont d’une efficacité foudroyante. Le tout pour faire de cet opus sûrement l’un des meilleurs album de l’année et d’Aesop Rock la révélation américaine. Reste à découvrir les joyaux de cet album que sont “Labor”, “Dayligth”, “No Regrets”, “Battery”,.. Laissons le mot de la fin à El-p qui décrit ainsi son compère : “Aesop, you’re unstoppable!”

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Aesop Rock - “Music For Earthworms”

Music For Earthworms[Album]
01/01/1997
(Autoproduit/Autoproduit)

Bien avant qu’Aesop Rock ne squatte au plus haut les charts du hip hop indépendant et l’estime de ses adeptes, il a donné naissance à quelques productions autoproduites qui l’ont mené jusqu’à son rang actuel. “Music For Earthworms” est une de celles là. Simple Cdr, cet opus nous éclaire un peu plus sur les origines artistiques de ce Mc hors du commun et nous fait comprendre tout l’intérêt que des labels comme Def Jux ou Mush lui ont porté ou lui portent aujourd’hui

“Abandon All Hope” ouvre cet album sur sa voix déjà nasillarde. Certes le beat et la qualité de la version n’ont plus grand chose à voir avec ses productions actuelles mais on ressent déjà cette volonté de se démarquer et cette vision d’un hip hop différent. Les ambiances sont sombres et déprimantes, limite glaciales. Le beat reste l’élément le plus important et le reste n’est que petit plus. Le manque de maturité logique se fait ressentir sur la version de “The Substance” tandis que le flow possède toujours autant d’intérêt, “Merit” marque un rejet quasi total des clichés du hip hop de l’époque (Aesop donne naissance ici à une version sans véritable repère rythmique et très épurée). C’est véritablement à l’écoute de “88.9 FM Nightrain” que l’on ressent l’évident talent du Mc qui ne demande qu’à s’exprimer. La version toujours minimaliste est d’une qualité indéniable tout comme le chant qui s’y colle merveilleusement. Plus tard, “Coward Of The Year” (feat Percee-P) est du même acabit et se voit même enrichi d’un refrain au chant féminin apportant un minimum vital d’humanité au sein de cet univers froid et mâle. Sur la fin, nous retiendrons “Plastic Soldiers” à la musicalité plus fournie que ses prédécesseurs ainsi que le sublime assaut final qu’est “Troubled Water”, annonciateur d’une suite qui ne pouvait décevoir

Une production qui bien que très difficile à obtenir, reste une étape sûrement indispensable à l’évolution artistique d’Aesop Rock. Alors qu’en cette année 1997, nous étions loin d’imaginer ce que le hip hop pouvait nous réserver comme surprise, l’homme chauffait déjà le mic avec un hip hop en marge sans réelle différence d’approche par rapport à ce qui peut nous faire vibrer aujourd’hui. Même si nous n’en doutions pas, ce “Music For Earthworms” ne fait que prouver que l’ami Aesop a pris l’anticonformisme hip hop à sa source..