Abstrackt Keal Agram

Abstrackt Keal Agram

(France)

Issu de la scène rock, le duo Abstrackt Keal Agram est maintenant une des valeurs sûres de la scène française. Leur mélange de hip hop, d’electronica et d’electro commence à faire des ravages et ne demande plus qu’à être connu d’un public de plus en plus large. La France a enfin son petit Dj Shadow…

(4 articles)

Abstrackt Keal Agram - “Bad Thriller”

Bad Thriller[Album]
06/04/2004
(Gooom/Pias)

Avec “Cluster Ville”, son premier et précédent opus, le duo de Morlaix s’est vite retrouvé parmi les meilleurs espoirs de l’electro française. Passant les étapes les unes après les autres sans se précipiter, Abstrackt Keal Agram en arrive aujourd’hui à son très attendu deuxième opus

“Bad Thriller” commence véritablement dans le même registre avec un hip hop electro sans trop de surprise, si ce n’est la participation d’Atoms Family qui vient donner une grandeur incontestable à ce “Street Lamp Confession”. Tout comme Arm de Psykick Lyricah, sur “Et La Nuit s’Eternise”, qui nous fait décidemment piaffer d’impatience à la veille d’un prochain premier album. Mais AKA ne se contente pas de la redite et innove en optant parfois pour une electro intense, progressive et synthétique (”Rivière”) ou alors une pop naïve et tripée aux allures improvisées (”Delta Force”), sans parler du bon mais néanmoins intrus remix de “Jason Lytle” par M83. Ainsi, le duo ne fatigue pas l’auditeur et marque ainsi un gain certain en maturité depuis sa première apparition discographique

Même si on attendait peut être encore mieux de cet album, force est de reconnaître que AKA prend des allures de maître en réussissant le difficile pari de ne pas décevoir. Difficile car la barre était haute. Plus qu’un Dj Shadow, ou un échappé français d’Anticon, disons qu’Abstrackt Keal Agram est comme un Javier Sotomayor de l’electro hip hop

Toujours plus haut? Alors vivement la suite.

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Interview : Abstrackt Keal Agram (04-2003)

Interview : Abstrackt Keal Agram (04-2003)

AKA, avec son deuxième album “Cluster Ville”, s’impose désormais parmi la fine fleur de l’electro française. Il était donc temps de s’entretenir avec le duo…

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Absrackt Keal Agram - “Cluster Ville”

Cluster Ville[Album]
04/02/2003
(Gooom/Chronowax)

C’est dans un bar, pendant les dernières Transmusicales, que j’ai entendu pour la première fois cet album du duo de Morlaix. Reconnaissant des éléments d’une recette qui me fait souvent frissonner, je me suis précipité vers la sono pour demander ce qui passait. Le mec me répond tout sourire que c’est le prochain Abstrackt Keal Agram qui n’est pas encore sorti. “T’es au moins le cinquième qui me le demande depuis dix minutes”, ajoute t-il fièrement. Si ça, ça ne sent pas l’album terrible, alors je n’y comprends plus rien..

On avait déjà particulièrement scotché sur le premier opus du groupe sorti chez Monopsone qui révélait littéralement le talent de AKA dans une scène electro hip hop européenne déjà bien riche. Non content de confirmer ce statut avec ce “Cluster Ville”, les deux hommes se payent même le culot de faire avancer la machine, de s’aventurer sur des terrains beaucoup plus expérimentaux (”Jason Lytle”) et ce n’est pas tout, réussit à proposer des featurings de qualité (Atoms Family, James Delleck, La Caution). Pour ne pas trop nous dépayser, AKA débute son album par deux morceaux hip hop instrumentaux comme il sait bien le faire, sortes de fin de fût de qualité de l’effort précédent. “Piece” s’avère particulièrement convaincant grâce à son beat appuyé, sa ligne de basse qui vous emmène vous noyer dans des samples subtils donnant un relief considérable au morceau. C’est surtout à partir de “Brouillard” que le duo s’embarque non sans risque dans un univers expérimental ou nos repères deviennent soudainement troubles. Pour nous remettre de cette émotion, “Mata Hari”, dont les flows d’Alaska et Cryptic de la Atoms Family ne font que lui redonner plus de crédibilité, vient redonner une couleur hip hop presque digne d’une ressemblance avec des productions Def Jux par exemple. Mais Abstrackt Keal Agram n’a rien à prouver dans ses efforts instrumentaux et le montre avec “A.C”, “Petersbourg” et “Audio Crash”, tous trois faisant certainement un des moments fort de cet opus, mêlant habilement influences hip hop et expérimentations électroniques. Pas étonnant de voir apparaître là dessus les hallucinés James Delleck et La Caution (”L’Oreille Droite”), ravis de collaborer avec des artistes français semblant leur convenir à merveille

L’album de la confirmation étant toujours une étape délicate pour un groupe ayant fait forte impression lors de son premier impact, Abstrackt Keal Agram semble insolemment dépasser ce stade. Gagnant en maturité et marquant une évolution des plus intéressantes, “Cluster Ville” est ni plus ni moins la certitude qu’il faudra définitivement compter sur le duo dans les années à venir. Alors que la France pouvait complexer face à la grande créativité et crédibilité des artistes outre manche, elle peut désormais se vanter de tenir une des ficelles de la scène electro hip hop de demain. Tout simplement incontournable

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Abstrackt Keal Agram - “AKA”

AKA[Album]
01/01/2001
(Monopsone/Chronowax)

Dj Shadow et les artistes les plus convaincants du monde de l’Abstract Hip Hop pourront se vanter d’avoir influencé une des perles discographiques françaises de l’année 2001. En effet, Abstrackt Keal Agram, duo de Morlaix, reconnaît sans aucune gêne des influences Mo Wax dans ce premier album très réussi

Si les morceaux optent tous pour une rythmique hip hop, jamais cet album ne subit de longueurs. Les ambiances y sont très variées, les sonorités toujours captivantes, les voix très rares puisque uniquement issues de samples. Nous retiendrons plus particulièrement les oppressant “Octagone Vierge” et “Frankie” aux beats appuyés et aux samples hypnotiques, le plus expérimental “Von Agram” lorgnant plus ouvertement vers l’électronique, le contrasté “Volume Aka” se partageant entre ambiance stressante et mélodie reposante, le somptueux “Ocre Infrarouge” et son sample de piano efficace, le popisant “U38″, un “Diskoboy” zenifiant, et enfin le plus énergique “Sallad”. Le duo ne s’est pas contenté ici d’effectuer un travail de sampling mais s’est également permis d’amener sa propre touche instrumentale contribuant à la profondeur de chacune de ses compositions

Alors qu’Abstrackt Keal Agram s’apprête à sortir un nouvel album sur le label Gooom en février prochain, il est désormais considéré comme un élément incontournable de la scène electro française. Monopsone a eu du nez en proposant ce premier album et les nombreux adeptes du genre n’ont pas fini de l’en remercier..