4AD Records

4AD Records


(16 articles)

Future Of The Left - “Travels With Myself And Another”

future180Album
(4AD)
22/06/2009

On n’apprend pas aux vieux singes à faire des grimaces. Depuis qu’il fait de la musique, Andy Falkous s’est approprié un registre qui l’accompagne dans toutes ses pérégrinations. Il aura notamment contribué à faire de McLusky un groupe culte, bien que son approche bruyante et sans concession de l’époque ne lui laissait pas une longueur d’avance très confortable. Lire la suite…

TV On The Radio - “Dear Science”

Dear Science[Album]
22/09/2008
(4AD/Interscope/Universal)

Des groupes de cette trempe, il y en a peu. C’est le sentiment croissant qui nous habite à chaque nouvel album de TV On The Radio et de son mentor multi instrumentaliste David Sitek, définitivement adepte d’une diversité musicale extrême tant il s’en va constamment piocher dans le rock, la soul, et l’electro. Un mélange qui fait foi depuis maintenant trois longs formats et qui compte, excusez du peu, David Bowie parmi ses plus grands admirateurs, tout comme Massive Attack ou Scarlett Johansson qui ont récemment fait appel au seul blanc-bec du groupe pour la production de leurs disques respectifs. La faute à “Return To Cookie Mountain” qui avait mis tout le monde d’accord il y a deux ans, imposant le groupe de Brooklyn comme un des plus inspirés de son époque. Confirmer avec “Dear Science” sonnait donc déjà comme une évidence pour un public conquis à l’avance et prêt à tout entendre.

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Blonde Redhead - “23″

23[Album]
16/04/2007
(4AD/Naive)

Sans doute que le trio new-yorkais en avait un peu marre d’être épinglé (assez injustement d’ailleurs) comme une sorte de Sonic Youth du pauvre à chacune de ses sorties… Depuis deux albums, la Japonaise et les jumeaux italiens tendent en effet à s’éloigner de la pop noisy des débuts pour laisser libre cours à leurs élans pop tout court. Le précédent “Misery Is A Butterfly” avait bercé l’année 2004 de ses balades mélancoliques. Aujourd’hui, ce nouveau “23″ reprend du poil de la bête sans pour autant refaire rugir les guitares

Pourtant, de son passé bruitiste, Blonde Redhead a indubitablement gardé un certain esprit libertaire qu’on retrouve dans ces étranges pop-songs sans réel format (ne cherchez pas toujours un refrain, il n’y en a pas forcément…). Le talent de songwriting du trio et le timbre de Kazu Makino, dont la voix enfantine pourrait rappeler une Emilie Simon moins lisse, sautent à nouveau à la gorge de l’auditeur. Le morceau éponyme assure son rôle de single avec son refrain accrocheur et son ambiance éthérée façon My Bloody Valentine en plus accessible. La suite de l’album verra d’autres réussites comme ce très bon “SW” chanté par Amadeo Pace (guitare, voix) qui ne dépareillerait pas sur un Radiohead, ou cet efficace “Top Ranking” à la ligne de guitare entêtante. “Spring And My Summer” décide de cacher son côté Sonic Youth avec de belles envolées de cuivres maladifs tandis que le refrain de “Publisher” vient marcher sur les plates bandes des meilleurs groupes de pop

Pourtant, “23″ a du mal à convaincre pleinement. S’il contient son lot de très bons morceaux, l’ensemble a néanmoins tendance à être inégal et surtout surproduit (cf. les nappes antédiluviennes de “Silently”) quand le groupe séduisait justement naguère pour son aridité. Les fans de la première heure risquent donc de ne pas tous y trouver leur compte, mais Blonde Redhead a peut-être enfin l’occasion d’en séduire davantage avec ce septième album… Délicat donc de les en blâmer. En espérant quand même que tous ces nouveaux admirateurs auront aussi la bonne idée d’aller réécouter les anciens disques..

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TV On The Radio - “Return To Cookie Mountain”

Return To Cookie Mountain[Album]
03/07/2006
(4ad/Naive)

Le début des grosses chaleurs semble être le moment le plus approprié pour accueillir un nouvel album de Tv On The Radio, combo américain aussi atypique que sa musique. Car c’est bien durant l’été 2004 que le prédécesseur de ce “Return To Cookie Mountain”, “Desperate Youth, Blood Thirsty Babes”, avait fait l’effet d’un tremblement de terre sur la scène musicale internationale. Une musique marginale mais séduisante et accessible venait alors s’imposer parmi les meilleures ventes de disque et bousculer le milieu musical friand en étiquettes

Qu’il ne leur en déplaise, le quintette new yorkais ne va encore pas rendre facile la vie des journalistes. En effet, David Sitek et sa bande, bien que désormais signés aux USA par la maison de disque des Jurassic 5, Eminem ou Beck, n’a pas choisi de se plier à une quelconque volonté de son label pour toucher un plus grand public. Qu’on se le dise, si celui-ci doit grandir, il le fera en rentrant pleinement dans l’univers particulier de TV On The Radio, et non le contraire. “Return To Cookie Mountain”, bien que plus accessible, s’inscrit donc dans la suite logique du premier album (”Playhouses”), même s’il affiche une volonté d’affirmer encore un peu plus la personnalité du groupe qui a cette fois composé à cinq plutôt qu’en trio, et a ouvert les portes en grand à des invités de la trempe de Blonde Redhead, Antibalas et David Bowie (sur le planant “Province”) entre autres, et a repoussé ses limites au maximum au point de le composer dans un quasi état second

Bah oui, quitte à pondre de la musique d’allumés, autant l’être. À New York, ou la radio laisse échapper quelques images, on ne triche pas… On balance un punk funk jazzy, une soul post rock au chant gospel, ou les guitares noisies côtoient les arrangements électro, une recette nous invitant à l’écoute de très bons morceaux allant jusqu’à contribuer à une certaine remise en question de la musique: “I Was a Lover”, ouvrant ce deuxième opus, martèle son beat hip hop, balance divers éléments bruitistes qui n’ont de désordonné que l’allure, et Tunde Adebimpe semble définitivement à l’aise là ou personne d’autre ne le serait. Il n’y a qu’à l’entendre se fondre dans l’ambiance plus légère mais plus glauque de “Tonight” pour s’en faire une idée encore plus précise… Mais à chaque morceau son lot de surprise puisque “Wolf Like Me” adopte un penchant pop inédit chez le quintette, et que les percussions de “A Method” et de “Let The Devil In” sont comme un clin d’oeil à l’Afrique

Ok, on jette l’éponge, il est clairement trop difficile de retranscrire par de simples mots la force de frappe de TV On The Radio, un groupe qui marquera assurément d’une pierre blanche cette histoire du rock, que l’on croyait pourtant peu immuable, par son inventivité, son côté imprévisible qui, à l’instar de Radiohead, le rend aussi passionnant que déstabilisant. “Return To The Cookie Mountain”, incroyablement digeste, est une formidable réussite qui ne prend véritablement toute son ampleur que lorsqu’on la pose sur ses oreilles, qu’on se laisse happer par cet univers définitivement troublant avec la certitude d’entendre quelque chose d’exceptionnel. Tous les courants musicaux semblent s’être donné rendez vous ici et nous laissent là leur plus belle contribution. Absolument indispensable..

A voirWolf Like Me

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Minotaur Shock - “Maritime”

Maritime[Album]
13/06/2005
(4AD/Naive)

Deux albums chez l’obscur label anglais Melodic, et voilà Minotaur Shock qui s’envole vers la plus solide structure 4AD. “Maritime” est donc la troisième galette de l’anglais, un nouvel album à la couleur différente de ses prédécesseurs. Pas de gros changements cependant, mais Minotaur Shock illumine son electro habituellement ambiant en une musique électronique “égayée” par un synthé omniprésent. Voire trop. Car si l’utilisation d’instruments conventionnels donne une richesse et une finition indiscutable proche de celle d’un Fourtet, ces nouvelles sonorités, presque Playschool, gâchent un peu la fête, au point de devenir presque indigestes (”She’s In Dry Dock Now”, “Six Foolish Fishermen”). Pourtant, Minotaur Shock semble au final gagner en maturité, une évolution soulignée par un nombre incroyable de détails, dont recèle ce nouvel opus, qui font la différence au sein d’une scène hésitant entre revival penaud ou tout simplement redite incessante. On aime ou on déteste ce “Maritime”, mais on n’y reste pas indifférent tant il est original. Un point important aujourd’hui. Qui prend des risques joue un jeu à double tranchant. L’anglais semble bien avoir assimilé cela et s’est jeté à l’eau. En ce qui nous concerne, pas sûr que “Maritime” soit pour autant encore écouté dans quelques mois. Mais comme beaucoup. N’est pas intemporel qui veut…

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Tv On The Radio - “Desesperate Youth, Blood Thirsty Babes”

Desesperate Youth, Blood Thirsty Babes[Album]
08/06/2004
(4AD/Naive)

Depuis un petit moment maintenant, le buzz augmente, grossit, gonfle et finit par être omniprésent: TV On The Radio est LE nouveau groupe à écouter. En fait de nouveauté, le groupe n’en est pas à son coup d’essai mais était passé plutot inaperçu jusqu’ici, et jusqu’à cette ‘découverte’ explosant dans cette zone grise magic et inrockuptible située à la lisière entre le mainstream et l’underground

Bon allons-y gaiement alors, soyons cools, jeunes, ouverts, que dis-je ? In! “Desperate Youth, Blood Thirsty Babes” commence par un mélange bruitiste et atypique, avec un truc qui gronde là au fond, un duo de voix dont les tons semblent jetés au hasard, des cuivres presque agressifs et des tas de petits sons qui s’entrechoquent gentiment, tout cela composant un bordel - agréable - qu’on serait bien en peine de classifier comme rock, blues, electro ou quoi que ce soit. Plus loin, on rencontrera des dumdumdum vocaux, des bruits de rivière, des riffs tranchants, des synthés vintage, une petite basse qui balance doucement, des duos à la disharmonie harmonieuse, des tambourins, une flute, en gros, on l’aura compris, c’est varié

Faute de terme plus précis, on associera ce disque au rock noisy indé, dénomination trop restrictive, TV On The Radio apparaissant comme un véritable OVNI discographique, susceptible de plaire à tous, en réalisant la gajeure de proposer une musique exigeante. On peut éventuellement décrire cette expérience comme celle que pourrait ressentir un pur rocker à l’écoute de God Speed You Black Emperor!, même si les deux groupes n’ont strictement rien à voir. Une musique pas forcément nouvelle, mais qui détonne en tout cas par rapport à ce que l’on a coutume d’entendre aujourd’hui

C’est donc les narines grandes ouvertes - et surtout les oreilles - qu’on reçoit cette véritable bouffée d’air frais, pot-pourri d’influences pas aisément identifiables qui se transforme au gré des écoutes en un tout original, revigorant et pour tout dire attachant. Un bon petit coup de pied au cul d’un milieu musical de plus en plus formaté et cloisonné en genres.

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