2nd Records

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(10 articles)

Zucchini Drive - “Goodyear Television Playhouse”

Goodyear Television Playhouse[Album]
01/09/2007
(2nd Rec/La Baleine)

On parle souvent du stade fatidique du deuxième album, celui de la confirmation. Zucchini Drive pourrait bien en mesurer tout le poids tant il a fait forte impression avec “ Being Kurtwood“, un premier album, certes tenu à bout de bras par une liste impressionnante d’invités, mais très réussi au demeurant. Pas étonnant donc que ce side project de Marcus Graap (Stacs Of Stamina) et Tom De Geeter (Cavemen Speak) soit devenu un job à plein temps par la force des choses, tant ce savant mélange de lofi acoustique et d’electronica a su convaincre. Pas de mal en effet quand apparaissent au tracklisting des noms aussi parlants que Styrofoam, Alias, Bleubird ou Markus Acher (The Notwist), facilitant tous une certaine ouverture d’esprit, force incontestable de ce premier opus

Seulement cette fois, la donne est différente. Car même avec des parcours respectifs qui forcent l’admiration, Graap et De Geeter ne pouvaient décemment pas compter une nouvelle fois sur les autres pour garder Zucchini Drive en haut de l’affiche. Les deux ont donc décidé de s’en remettre à eux-mêmes, de limiter au maximum les collaborations extérieures, sauf en ce qui concerne les productions qu’ils ont voulu superviser tout en les confiant à des manitous de studio moins renommés mais issus de leur proche entourage (Kaeoflux, Radical Face, et même les rockeurs belges de Hitch). Du coup, “Goodyear Television Playhouse” se démarque radicalement de son prédécesseur, sauvant de justesse le duo d’une cruelle comparaison

Pourtant, c’est encore de mélanges et de mixité qu’il s’agit ici, Zucchini Drive ayant choisi de puiser dans des sonorités hip hop, indie pop, folk et rock. Ce deuxième album navigue donc logiquement sur les eaux de TV On The Radio (”Hairstyle Like Hers”), d’Anticon (”Mannequinlegs”), et plus particulièrement de Why? (”Choke”, “Radical Days”). Mais quelques titres parviennent quand même sans mal à nous faire oublier un léger manque de personnalité général, voire même à nous faire ravaler la nostalgie du premier album. C’est notamment le cas du très bon “A Brand New 39″ mariant la mélancolie pop avec des voix partagées entre flow et susurrations habitées, de “Moms And Props” à l’ambiance aussi plombante que fascinante, et même du on ne peut plus rock “Handclap Handclap”. Assez pour éviter à Zucchini Drive une sévère dégringolade. Le duo manque donc une marche mais ne manquera pas de continuer son ascension vers un mélange des genres qui finira bien par s’avérer aussi personnel que passionnant

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Nuccini ! - “Matters Of Love And Death”

Matters Of Love And Death[Album]
08/09/2006
(2nd Rec/La Baleine)

Connu pour son jeu de guitare au sein du groupe post rock italien Giardini Di Miro, Corrado Nuccini s’est aussi révélé en convaincant producteur, la preuve avec son travail sur l’excellent album de Zucchini Drive, mais aussi l’enthousiasme de Bleubird et Sole à le faire apparaître sur leurs prochains disques respectifs. Tout cela fait que “Matters Of Love And Death”, son premier opus solo, en fait une sortie attendue. À l’instar du collectif suèdo-belge cité précédemment, l’italien inscrit son registre dans la mouvance pop hip hop, venant adoucir et arrondir les angles de la scène rap indé ayant désormais dévoilé tous ses attributs. C’est donc toutes les influences du label de ces dernières années qui sont ici réunies, c’est-à-dire un hip hop marginal aux beats volontairement cradingues (”Your Father’s Head”, “Girls Are Laughing”), embelli par de belles et mélancoliques lignes de guitare (”To Take French Leave”), qui font qu’on finit par se demander ou s’arrête le hip hop, ou commence le post rock, ou la pop et l’electronica interviennent (”Put Me In Your Shoes”, “A Divine Example”). “Matters Of Love And Death” nage donc dans tout cela et souligne un style bien particulier plutôt que de s’avérer être un véritable fourre tout incompréhensible. Et pour parfaire le tout, les collaborations sont nombreuses: Siaz, Nomad (Cavemen Speak), Kaye Brewster, et Bleubird se partagent le chant lui même réparti entre flow et intonations popisantes (”Sick Berth”); Jukka Reverberi (Giardini Di Miro) tient de temps à autre guitare et basse quand il n’est pas suppléé par Andrea Scarfone (Julie’s Haircut); Scott Da Ros (boss du label Endemik) apporte sa touche de producteur sur l’intro; enfin, Emmanuele Reverberi peaufine le tout à coups de violon et trompette. Non content de taper dans l’oreille d’un public hip hop/electro/indie averti, Corrado Nuccini tisse donc la toile idéale pour piéger autant les âmes de la “grande musique” que les Mcs les plus agités. Reste que ce “Matters Of Love And Death” marquera plus par sa beauté que par son originalité

En écouteYour Father’s Head

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Zucchini Drive - “Being Kurtwood”

Being Kurtwood[Album]
06/03/2006
(2nd Rec/La Baleine)

Certains acteurs de la scène hip hop underground sont décidemment incontrôlables, capables de se décupler, de faire tomber les frontières, et de trouver le temps de pondre un des albums les plus intéressants du moment alors que l’actualité de leurs groupes respectifs reste foisonnante. C’est le cas de Siaz, des belges de Cavemen Speak, et de Marcus, des suédois de Stacs Of Stamina, tous deux réunis sous l’entité Zucchini Drive et un premier album “Being Kurtwood” à sortir sur 2nd Records. Pourtant, n’allez surtout pas croire que ce nouveau projet n’est qu’une simple récréation pour ces deux énergumènes assoiffés. Loin d’avoir été composé à la va vite, le duo s’est plutôt accordé quelques mois histoire d’affiner au maximum, musicalement et lyriquement parlant, cet opus marqué avant tout par une armada d’invités prestigieux, issus des scènes rock indépendant et electronica

Ainsi, inévitablement, “Being Kurtwood” est un album hip hop fortement marqué par des productions aux accents rock, en totale adéquation aux flows complets et souvent chantés des deux principaux protagonistes. “Painting Things In Harsh Colours”, qui lance les hostilités, est par exemple appuyé par la contribution de Giardini Di Miro, excellent groupe italien de post rock, qui offre ici généreusement au duo quelques belles notes de guitare, et une ambiance un brin mélancolique, encore plus palpable sur “Sombre City”, produit et emmené par la voix envoûtante de Markus Acher de Notwist. L’electro reprend alors le dessus avec un “Easy Tiger” feat Bleubird, premier single de cet opus, produit par Lord Grunge de Grand Buffet avant que Lauri offre à Zucchini Drive le morceau le plus barré du disque (”1000 Streats Beneath The Sky”). La suite sera un brin plus calme et profonde, mais toute aussi intéressante, avec les contributions de Styrofoam (”Vagabondage”), Pilot Balloon (le sublime “Earth To Kurtwood”), B.Fleishchmann (”Banned From Poland”), Alias (”Bonafield Gambler”) et Populous (”Good Music & Indian Food”)

Habitués à des productions assez cheap car très underground de la part de Cavemen Speak, et déçus du dernier album eurocrunk de Stacs Of Stamina, nous étions bien loin de parier sur un tel sans faute de la part de Siaz et Marcus Graap. “Being Kurtwood” est un disque totalement indispensable, dont chacun des dix titres, pourtant très variés, contribue à l’homogénéité du tout. Zucchini Drive, voilà désormais un nom à retenir et à cautionner les yeux fermés. Ce ne sera pas faute de vous l’avoir dit..

En écouteSombre City

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Pillow - “Flowing Seasons”

Flowing Seasons[Album]
20/02/2006
(2nd Rec/La Baleine)

Entrez dans l’univers obscur des méandres de l’underground. Pillow, un nom inconnu puisqu’il s’agit là du premier essai solo de Luca Di Mira, clavier du plus influent combo post rock italien, à savoir Giardini Di Miro. Autant vous dire que ce “Flowing Seasons” ne va pas en énerver beaucoup. Et pour cause, le bonhomme est un fervent adepte d’une musique profondément mélancolique, révélant ici un talent certain de composition

Dés “Song For Beginning”, titre d’ouverture sur lequel Populous pose une rythmique, Di Mira affiche l’ambiance générale de cet opus, entre approche pop et ambiance electro planante. Le progressif “Cut Out And Keep Quarrels” enfonce le clou avec une guitare acoustique réduite à son minimum, la voix soporifique de Patrick Zimmer et un beat qui ne daignera faire son apparition qu’au bout de trois longues minutes. Vos yeux sont lourds, vous commencez à vous laisser emporter par le sommeil, mais le sombre instrumental “In Deep Sea” pourrait bien vous faire ouvrir un oeil avec ses belles lignes de violon et son rythme apportant un relief devenu espéré à ce stade de l’écoute. Pour la suite, collez vous des allumettes dans les mirettes car, si “Indecision” est intéressant, “Mixologists And Waifs” pourrait bien vous être fatal au point de ne pas entendre une miette de “Tree Shadow”, certainement un des meilleurs titres de cet album. Pour la suite, vous serez déjà bien loin

Certes, ce “Flowing Seasons” est un bel album. Mais il est de ceux qui ne s’écoutent pas à n’importe quel moment tant ses ambiances profondes peuvent vous mener à l’état de léthargie. Vraiment déconseillé en voiture et périodes de digestion donc. La science dit que l’homme s’endort profondément en sept minutes environ. Juste de quoi écouter les deux premiers titres de Pillow. Et encore, pas jusqu’à leur fin…

Tellaro - “Setback On The Right Track”

Setback On The Right Track[Album]
26/09/2005
(2nd Rec/La Baleine)

Ils sont nombreux les musiciens à avoir officié dans des groupes de rock “bruyants” qui, avec le temps et à force de maturité, finissent par opter pour des projets plus calmes. C’est exactement le cas des membres de Tellaro, qui n’était au départ qu’un side project lorsqu’il fut lancé en 2001 par Francesco Cantone, Carmelo Sciuto, et Tazio Lacobacci. L’histoire est classique: les répétitions éparses deviennent très régulières, le groupe devient la priorité, un premier Ep voit le jour, et on s’embarque dans une tournée à travers l’Allemagne et l’Italie. “Setback On The Right Track” est le nouveau chapitre de l’aventure de ce trio: onze titres enregistrés à droite, à gauche, chez les uns, chez les autres, mais surtout chez les potes, d’une manière on ne peut plus spontanée, comme si le recorder immortalisait l’instant, sans triche ni retouche. “57000″, qui cloture l’opus, est, par exemple, une simple improvisation en studio. Mais la nouveauté dans le répertoire de Tellaro, c’est l’utilisation de l’ordinateur qui donne à des titres comme “1985″ et “Terracotta” une couleur electro pop synonyme de diversité. Mais le trio italien, devenu quatuor avec l’arrivée tardive de Santi Pulvirenti, reste avant tout un groupe acoustique capable d’accoucher de titres superbes car bourrés d’émotion, desquels s’échappent quelques harmonies et mélodies pourtant peu évidentes à la première écoute (”When I Died Alone”, “56000 Rui”, “I Miss Me”). “Setback On The Right Track”, légèrement plus expérimental sur la fin, possède donc une variété intéressante qui mérite d’être entendue. Au cas où vous tombiez dessus..

En écoute1985

Noah 23 - “Jupiter Sajitarius”

Jupiter Sajitarius[Album]
02/11/2004
(2nd Records/Nocturne)

Il aura fallu huit ans exactement pour que Noah Brickley aka Noah 23 tombe sous le charme du hip hop après avoir goûté au punk ou à la techno. Et ce ne sera ensuite qu’à la sortie de “Quicksand”, son deuxième opus, que le canadien mettra de nombreux Mcs d’accord sur son potentiel. Un tel background et sa culture d’expatrié américain lui permettra ainsi d’afficher bien haut sa personnalité musicale, non loin cependant de celle des artistes hip hop canadiens l’ayant devancé. Voilà sûrement de quoi faire de ce “Jupiter Sajitarius” un disque marquant, prêt à laisser des traces dans les mémoires des addicts de hip hop underground

Tout semble ainsi résider dans le titre. Noah 23 s’intéresse à l’astrologie et sa signification est ici lourde de sens: le mariage de Jupiter et Sagittarius est pour lui synonyme d’évolution intellectuelle, capacité d’amélioration et recherche de l’ultime perfection. La barre est haute mais il se lance sans complexe dans 16 titres variés et toujours intéressants, empruntant autant au hip hop de Galapagos 4 qu’à des références plus classiques. Ainsi, on peut régulièrement apprécié la mélancolie des arrangements de cordes, les passages de piano classique ou les lignes de basses funkies que contient ce nouvel opus. Tout un environnement qui permet à Noah 23 de poser son flow parfois même chanté au point de poser quelques couleurs originales à quelques uns des titres

La réputation de Noah 23 l’aura donc précédé. Annoncé comme un des Mcs les plus intéressants du moment, il prouve avec ce “Jupiter Sajitarius” que ces dires sont fondés. Avant un prochain passage en France, on vous conseille donc de jeter une oreille sur cet opus qui vous fera autant vibrer qu’un bon Josh Martinez en moins “jobard”. Conseillé.

Giardini Di Miro - “Hits For Broken Hearts And Asses”

Hits For Broken Hearts And Asses[Album]
24/05/2004
(2nd Records/La Baleine)

Cela fait huit ans maintenant que Giardini Di Miro défend ardemment les valeurs du post rock. Huit ans marqués par de nombreuses productions obscures et plus récemment par deux albums applaudis qui ont permis au groupe de constamment évoluer et de ne jamais proposer la même chose. Certains de ces titres rares sont compilés et remasterisés ici sur ce “Hits For Broken Hearts And Asses” au titre un brin provocateur pour nous qui ne nous lassons pas de nous laisser bercer par ces morceaux finement mélancoliques et sûrement bâtis autour d’une rythmique toujours emballante et groovie. Quand Giardini Di Miro n’évolue pas seul, il est remixé ou collabore avec des artistes de son univers tels Styrofoam, Nitrada ou Pimmon (”Penguine Serenade”, “Juicefuls”). Tout comme lorsqu’il s’affiche en sextet avec les contributions de Emmanuele Reverberi (violon, clarinette, trompette) et Luca Di Mira (claviers) pour de belles ballades qui ne laissent que rarement dégager une énergie très souvent contenue (”Tom(ahawk) Cruise”). Tels de berceuses bienvenues, ces douze titres nous rapprochent d’un état second ou l’on plane au dessus des soucis et de toutes attaques extérieures. La musique offre parfois quelques moments de douceur à côté des quels on ne peut pas passer. Allez, même si ça fait mal, “Hits For Broken Hearts And Asses” est un bon moment à passer.

Nitrada - “We Don’t Know Why But We Do It”

We Don't Know Why But We Do It[Album]
23/02/2004
(2nd Records/Import)

Après Pilot Balloon, 2nd Records nous sort Nitrada de sa réserve de talents. Alias Christopher Stoll, l’allemand nous sert un fin mélange d’electronica et de pop ou la mélancolie nous submerge, ou les nappes aux douces notes nous plongent dans les profondeurs d’une musique ou les beats sont loin de se bousculer. “We Don’t Know Why But We Do It” est comme une caresse sur la joue d’un enfant que nous sommes à son écoute et dont l’aspect indéniablement soporifique fait belle office de berceuse. Pendant ses neufs titres, la tension redescend, on se laisse simplement aller comme pour retrouver Morphée. “Start Today”, dernier titre de l’opus, sonne comme une mission réussie, celle de pouvoir enfin croire au mariage de la musique et d’une pure beauté. Un album hypnotisant..

Ecoutez un extrait sur le site de 2nd Records

Pilot Balloon - “Ghastly Good Cheer”

Ghastly Good Cheer[Album]
01/10/2003
(2nd Rec/La Baleine)

Très peu d’informations sur ce duo américain se situant musicalement à mi chemin entre l’approche d’un Def Jux et les sonorités Anticon. Kaeoflux et Jude exploitent à fond leurs influences diverses que sont le jazz, le hardcore, le hip hop ou l’electronica pour donner naissance à une musique lente et sombre, ou basses et beats sont largement mis en avant comme pour donner une autre dimension à une recette déjà souvent testée. Mais Pilot Balloon va plus loin, donne même une couleur cinématographique à son hip hop instrumental. Les rythmes sont variés et changent sans prévenir passant par exemple d’un beat ragga obscur ou drum n’bass timide à un hip hop apocalyptique, comme sur “Genco Sister” ou une voix apparaît miraculeusement mais en étant plutôt utilisée comme un instrument à part entière. Car peu nombreux sont les Mcs à apparaître sur cet album. Seul “Hug Dusty”, morceau d’un peu plus d’une minute, rentre dans le rang des titres chantés. De ces expérimentations sonores ressortent quelques véritables belles petites perles comme l’hypnotique et accrocheur “Throe Stasis” feat Stacs Of Stamina dans une veine Company Flow très réussie, ou encore le profond “Closet Carpetbagger” et son sample lancinant de voix orientales. Arrivant de nulle part, Pilot Balloon vaut largement le haut de tableau de tout ce qui a pu se faire en matière d’electro hip hop. Varié mais sombre, triste mais toujours accrocheur, “Ghastly Good Cheer” est une des plus belles réussites de ces derniers temps. Auparavant difficilement trouvable, le disque arrive ces prochains jours en France. On ne peut que vous conseiller de faire des pieds et des mains pour vous le procurer. Vous ne serez certainement pas déçus du voyage…