Zoom : Jawbreaker

Tout commence par une rencontre: Blake (chant) et Adam (batterie) jouaient ensemble à Los Angeles. En 1988, ils traversent le pays pour faire leurs études à New York ou ils rencontrent Chris (basse). Le courant passant assez vite, il décide former un groupe: Jawbreaker. Pourquoi ce nom ? Au début, le groupe devait s’appeler Rise, et à la veille de la sortie de leur premier 45t, ils établissent une liste de noms éventuels . Parmi eux, Jawbreaker, un nom que personne ne se rappelle avoir écrit. Franche rigolade, l’appellation restera. Le groupe foule alors ses premières planches en 1989. La carrière des californiens suit son cours jusqu’à la première tournée en 1990 qui se termine plutôt sur un bémol. Pour incompatibilité d’humeur, les membres finissent par se détester, le groupe splitte et chacun retourne à ses études.

Plus tard, Blake, titulaire d’une maîtrise d’anglais, et Adam, d’une maîtrise d’histoire, Jawbreaker se reforme, chacun des membres travaille et se répartit les tâches au sein du groupe. Blake travaille dans une librairie, écrit les paroles (qui sont, pour lui, indissociables de la musique, la qualité d’un groupe dépendant de l’étroite relation entre les deux); Chris, qui ne supporte pas les enfants, travaille dans un magasin de jouets et s’occupe du matériel; enfin, Adam est embauché dans une entreprise scientifique et s’occupe des conceptions graphiques. Tous trois s’installent alors à San Francisco, seule ville qui les attire tous.

Arrive alors le premier album intitulé Unfun, dont les compositions et l’enregistrement ont été faits en huit jours… Regroupant deux 12″, cet album n’est désormais plus disponible qu’en CD, le vinyle n’étant pas repressé. En toute logique, les tournées suivent (une par an) et Jawbreaker débarque en Europe pour la première fois à l’automne 1992. Selfless Records sort alors un split Jawbreaker/Jawbox qui fait des envieux, et qui sera le point de départ d’une tournée réunissant les deux groupes. Les maisons de disque devant faire face à une demande de plus en plus importante de la part des fans, Jawbreaker passe chez Communion, assurant une distribution internationale et permettant au public d’acquérir les disques à un moindre prix. Sous cette étiquette verront notamment le jour, Chesterfield King et Bivouac qui amèneront Jawbreaker au statut de groupe phare, et le un peu moins connu 24 Hours Revenge Therapy, pourtant produit par le grand Steve Albini en 1994.

Suite à cela, les trois comparses quittent leur job recherchant plus de temps à consacrer à la créativité. Arrive ensuite le grand pas, celui qui les a fait critiquer de vendus, le passage sur une major pour l’album Dear You. Contactés entre autres par Capitol, Warner Bros et Geffen, le groupe choisit ce dernier sur un critère plutôt stupide : le fait d’avoir chez soi des disques frappés de cette signature. Rien ne change alors vraiment pour les californiens qui tenaient à détenir un contrôle artistique toujours aussi complet. Jawbreaker dort désormais à l’hôtel, chaque musicien a sa chambre, et Geffen paye un nouveau camion. Autre avantage non négligeable, le groupe, jouissant d’un budget plus conséquent, peut se permettre de passer plus de temps en studio. Au lieu de trois jours d’enregistrement et de mixage, comme c’était le cas pour les albums précédents, ils passeront plusieurs semaines à mettre au monde ce superbe bébé appelé Dear You. Pour fêter cet heureux événement, Geffen publie les 500 premiers vinyles bleus marbrés à tirage limité. Ce nouvel album est un exemple de réelle sincérité musicale, on assiste à la naissance d’un nouveau Jawbreaker. On retrouve, dés la première écoute, un son beaucoup plus british qu’auparavant (sûrement dû aux influences de Blake telles que Psychedelic Furs et autres groupes anglais), et une voix totalement changée. En effet, lors de leur dernière tournée, le groupe a du s’interrompre, Blake devant se faire opérer en Angleterre d’un polype sur sa corde vocale gauche l’empêchant de crier. On a donc à faire désormais à un chant beaucoup plus doux, changeant totalement la physionomie du groupe. En tous les cas, quoi qu’on en dise, quelles que soient les critiques, Dear You, d’ou sont tirés les deux titres incontournables « Basilica » et « Accident Prone », restera le meilleur album de Jawbreaker.

II faudrait beaucoup plus de temps pour vous parler de Jawbreaker, ces vrais punks qui ne se sont jamais revendiqués appartenant à telle ou telle scène, beaucoup plus à l’aise sur les planches qu’en studio, jouant toujours à l’oreille, et finalement peu intéressés par l’aspect commercial de leur musique. Resteront des souvenirs de concerts fabuleux, des albums somptueux et une image de groupe urbain recherchant à tout prix l’échange et la communication. Jawbreaker était grand, et le restera à jamais… Snif, snif.

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