Transmusicales, morceaux choisis

Il fallait être assoiffé de découvertes pour couvrir les Transmusicales de cette année: pas de tête d’affiche capable de rameuter la France entière, et un crachin breton qui n’a cessé d’arroser cette édition 2007. C’est donc bien abreuvés (dans tous les sens du terme) que nous sommes revenus de Rennes, avec quelques bons souvenirs et de belles trouvailles dans la besace…

Jeudi 6 décembreLa fête, commencée à 20h, aura débuté sans nous, et sur les chapeaux de roue. C’est tout en douceur, au sein d’une foule qui restera éparse tout ce jeudi soir, et sur le folk soporifique des French Cowboy (Little Rabbits & Co) que nous avons pris nos marques, pour mieux enchaîner ensuite. Les jeunots de The View, sorte d’Arctic Monkeys avec beaucoup moins de talent, n’auront pas marqué les esprits du fait d’un set beaucoup moins efficace sur scène que sur disque. C’est donc véritablement sur le hip hop aux teintes blues et funk des Galactic, accompagnés par Lyrics Born et Chali 2 Na (Jurassic 5), que les bonnes surprises se sont dévoilées. Juste le temps de s’en imprégner, et pressés par des concerts qui se superposaient entre les divers halls, qu’on se retrouvait devant la révélation The Do qui, avec une trentaine de prestations seulement à son actif, confirmait tout le buzz qui précède la sortie de son premier album en janvier prochain. De quoi imposer un ravitaillement en bonne et due forme qui nous fit manquer le set (trop court) des excellents The Heavy, dont on aurait préféré se délecter plutôt que de celui des peu passionnants The Willowz.

Vendredi 7 décembreLa soirée s’annonçait déjà plus excitante, d’ailleurs le public devenu plus nombreux ne s’y est pas trompé. C’est d’un pas pressé qu’on ouvra nos hostilités sur l’indie rock revigorant de Papier Tigre, dont les influences Fugazi ont fait plaisir à entendre au sein d’une programmation très actuelle. Suivirent les Vedettes, ces dévergondées Belges souvent appréciées derrière le non moins déluré Katerine, qui offrirent un joli spectacle, soignant le décor et l’ambiance, le tout avec un humour second degré qui aura mis du temps à prendre mais qui laissa les nombreux spectateurs sur une très bonne impression. Couverts par toute la presse, il n’en fut pourtant pas de même avec les tous jeunes new yorkais de The Tiny Masters Of Today, plus pathétiques qu’autre chose, encadrés par un babysitter qui officiait jadis au sein des Blues Explosion de Jon Spencer. Reste à savoir si, sans leur tout jeune âge, ces deux-là ne seraient pas encore à gratouiller dans la cave des parents, ou mieux, sur les bancs de l’école. The Whip, et leur registre oscillant entre influences New Order et dancefloor, n’avaient donc alors aucun mal à s’afficher en tant que belle révélation de ces Transmusicales. Une salle blindée et un public très réceptif n’auront que conforté cette belle impression. Vivement l’album. Passons rapidement sur les bruyants Dead Kids (à découvrir sur disque de préférence), pour s’arrêter plus longuement sur Calvin Harris, phénomène Anglais plébiscité par Kylie Minogue et Nelly Furtado. Accompagné de son groupe, il aura servi au Hall 9 une pop electro très tendance (entre Justice, Klaxons et Timberlake), certes téléphonée mais taillée pour une telle audience. Les tubes pleuvaient alors au même rythme que les averses se suivaient dehors, provoquaient quelques fourmillements dans les jambes, comme un aperçu de ce qui attendait Rennes le lendemain.

Samedi 8 décembreCar cette dernière soirée était résolument tournée vers l’electro. À l’image d’une soirée encore très éclectique, c’est pourtant avec le hip hop des Anglais de Foreign Beggars qu’on aura doucement repris quelques couleurs, éreintés que nous étions après déjà deux soirées bien chargées (dans tous les sens du terme aussi…). Rien de fantastique cependant, une efficacité certaine venant tout juste sauver le trio de l’indifférence générale. C’est plutôt Modeselektor qui attirait l’attention, malgré un set un peu mou pour une si grande salle mais totalement à l’image de l’electro de ces Allemands qui auront contribué à l’actualité du genre cette année. On les aura vus, au moins. Moins original mais tout aussi emballant, le bootleger Girl Talk reveilla tout ce petit monde, entouré sur scène d’une vingtaine de personnes du public venues l’épauler à coups de danses parfois ridicules (mais terriblement drôles), preuve que la musique peut encore faire tout oublier, y compris son orgueil. Il paraît que Dan Deacon était ensuite de la partie, sauf que personne ne l’aura vu, ou pas longtemps, la foule ayant rapidement fui afin de garder quelques forces pour Simian Mobile Disco, autre attraction de la soirée, pourtant peu passionnante au final. Rien en tous les cas qui puissent rivaliser avec Boys Noize dont le set parfois (trop?) proche de Justice aura quand même été l’apogée de cette dernière ligne droite, caressant dans le sens du poil un public electro bien dans le vent.

L’an prochain, les Transmusicales auront trente ans, et feront apparemment leur grand retour en centre ville. De quoi promettre une ambiance un peu plus chaleureuse, quelques écarts aux Bars En Trans (laminés depuis quatre ans par l’absence totale d’évènement aux alentours), et probablement de quelques têtes d’affiche qui feront plus que jamais du festival le rendez-vous de fin d’année des mélomanes. Nous, on a maintenant un an devant nous pour passer l’ouïe et le foie en révision. Deux indispensables pour qui a déjà mis les pieds à Rennes début décembre.

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