Zero – « Diesel Dead Machine »

zero180Album
(Ici d’Ailleurs)
01/02/2010
Post Bastard

Ces mecs là pourront toujours se démener à n’être que Zëro, ils seront encore pour très longtemps dans l’estime du public rock ceux qui faisaient jaillir la noise des instruments de Bastard, pilier du genre dans les années 90 en France. Ca pourrait cependant ne pas durer. Déjà en 2007 avec « Joke Box« , le groupe d’Eric Aldéa étalait son expérience, son savoir faire, son talent, et développait un post rock souvent tout en retenue qui ne se gênait pas pour aller puiser dans le jazz, le blues et le krautrock. En ce début 2010, de l’eau a coulé sous les ponts, de la sueur également sur les bras du quatuor puisque Zëro porte désormais les traces de deux ans de concerts. Comme le laissait présager « Bobby Fischer », Ep vinyl sorti il y a quelques temps dont on retrouve ici quatre titres, le groupe met désormais les deux doigts dans la prise et n’hésite plus à déployer sa force, à accélérer le rythme sans jamais perdre en intensité ni larguer sa science de l’arrangement, plus que jamais valeur ajoutée de sa musique. Exécution sur « Loud Out » qui vous prend à la gorge du début à la fin, sur un « Pigeon Jelly » tout en progression, sous les assauts de « The Cage », jusque sur le final « Viandox » qui en appelle à la transe électrique de Battles. Mais Zëro ne se jette pas non plus la tête contre le premier mur venu: comme son prédécesseur, « Diesel Dead Machine » s’offre quelques exercices rythmiques de bon aloi (l’habité et bancal « Sick To The Bone »), des mélodies sous jacentes rabibochant des morceaux aux multiples rebondissements (« Dreamland Circus Side Show ») quand elles ne prennent pas des airs plus légers pour aller se faire chahuter sur un « Cheeeese » à ras bord. Avec une telle palette de possibilités sous le bras, Zëro trouve également l’occasion d’offrir aux claviers une place plus importante qu’auparavant, comme pour accentuer encore un peu plus la dualité force – délicatesse, paradoxe qui fait de ce groupe à part une des cautions d’une scène française encore pleine de richesses quand on veut bien creuser un peu. Ce n’est pas demain la veille que « Diesel Dead Machine », malgré son titre, va rendre l’âme.

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