Young Widows – ‘Easy Pain’

Album / Temporary Residence / 12.05.2014
Noise rock

Depuis maintenant dix ans qu’ils ont mis un terme aux sévères tornades post hardcore infligées par Breather Resist, les carnassiers de Young Widows s’adonnent à un noise rock qu’ils ne manquent pas de faire évoluer au fur et à mesure que les années passent. Si ‘Old Wounds‘ (2008) affichait un groupe nettement plus canalisé qu’à la sortie de ‘Settle Down City‘ (2006), c’est surtout avec ‘In And Out Of Youth And Lightness‘ que le trio du Kentucky a surpris son monde avec un album plus calme et mélancolique, presque trop docile, parfait pour confirmer cette volonté constante d’évoluer mais pour le moins déstabilisant pour les fans de la première heure qui venaient se faire marteler d’une grosse dose d’intensité et de riffs dissonants. Surtout, ce troisième opus ouvrait en grand le champ des possibilités à l’arrivée d’un successeur, finalement rassurant. Parce que si Young Widows réussit à accentuer encore un peu plus l’ambiance sinistre et l’incandescence de son registre, il revient aussi conjuguer au sein de ‘Easy Pain’ tout ce qu’il a su démontrer depuis ses tout premiers accords. Parfait instantané de son entière discographie, l’album varie donc les plaisirs dans un vacarme presque étouffant mais totalement maitrisé. Il s’en va ainsi se frotter à Jesus Lizard dès l’entame ‘Godman’ frappée d’un riff et d’une tension qui pourrait vous valoir votre carotide, abat une carte supplémentaire plus mélodique et plus punk sur l’excellent ‘Kerosene Girl’ ou plus modérément sur ‘Cool Night’, quand il ne décide pas simplement de décupler sa puissance (‘Bird Feeder’) et d’atteindre le point de non retour de l’atmosphère menaçante et oppressante qui le hante pourtant de bout en bout (‘Doomed Moon’). Aidé par une production boulimique et poisseuse faisant la part belle à une saturation à tous crins, ‘Easy Pain’ enfonce le clou de l’identité sanguinaire d’un Young Widows qui, si on la pensait en danger, retrouve ici toute sa vigueur. Vous pouvez respirer. Ou pas.

‘Kerosene Girl’, ‘Doomed Moon’, ‘Bird Feeder’, ‘King Sole’

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