Woods – ‘With Light And With Love’

Woods – ‘With Light And With Love’

Album / Woodsist / 14.04.2014
Pop folk psyché

C’est l’histoire d’une ascension en huit étapes, déjà. Depuis 2007, Woods s’affaire à autoproduire chacun de ses disques sur son label Woodsist, sans manquer de frapper chacun d’eux d’une nette évolution pour définitivement faire briller sa pop folk psyché. Alors qu’en 2012 ‘Bend Beyond’ voyait le groupe atteindre de nouvelles hauteurs, ‘With Light And With Love’ introduit pour de bon Jeremy Earl et ses acolytes parmi les grands mélodistes de notre ère. En effet, bien posé sur la base de son précédent opus, le combo ajoute un étage au monument qu’il est devenu, en portant un soin tout particulier à la production.

Plus propre que n’importe quelle oeuvre précédente, cette nouvelle salve ne s’en trouve jamais dénaturée pour autant, s’offre ‘seulement’ un peu plus de rondeur et de profondeur en mettant l’accent sur les percussions, ou en invitant un piano comme sauvé des eaux, que personne n’aurait pris soin de faire réviser. Sans surprise, en traçant un axe entre l’Angleterre et la désinvolte Californie des sixties, la recette fonctionne, et offre à chacun de ces dix titres ou il fait clairement bon vivre, de quoi définitivement s’ancrer dans les esprits.

Ainsi, portée par une lap steel lumineuse, l’americana de ‘Shepherd’ épie Hawaii du coin de l’oeil, avant que Woods lorgne plus ouvertement vers une pop raffinée d’époque (‘Moving To The Left’, ‘Leaves Like Glass’, ‘Twin Steps’), ou se permette quelques longues expérimentations rappelant l’époque de ‘Sun And Shade’ (les neuf minutes psyché de ‘With Light And With Love’). Toujours, quel que soit le contexte, Jeremy Earl transforme tout ce qu’il touche en or grâce à un chant en équilibre constant entre optimisme et mélancolie (‘New Light’, ‘Feather Man’), parfois appuyé par quelques soli du plus bel effet (‘Shining’, ‘Moving To The Left’, ‘Full Moon’).

Malgré d’évidents efforts, Woods n’ouvre pas les bras au grand public pour autant. Plutôt que de se montrer grossièrement opportuniste, il ne fait ici ‘que’ perfectionner sa façon unique de marier la pop au psychédélisme: celle qui, certes, ne manquera pas d’élargir son auditoire, et qui finira surtout de convaincre les vieux fans appréciant cette belle évolution à sa juste valeur. 2014 pond un nouvel incontournable, qui s’en plaindra?

‘Shining’, ‘Moving To The Left’, ‘New Light’, ‘Full Moon’, ‘Feather Man’

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