Willie Isz – « Georgiavania »

will1801Album
(Lex)
06/2009

Quoi de plus logique que de retrouver sur Lex Records, label hip hop à la grande ouverture d’esprit comptant déjà à son catalogue un certain Gnarls Barkley, une des collaborations les plus excitantes dont le genre pouvait accoucher cette année? A droite, Jneiro Jarel: Mc et producteur qui, à l’instar de Madlib ou Flying Lotus, n’a pas l’habitude de jouer la facilité quel que soit le projet qu’il mette sur pied, de Dr Who Dat à Beat Journey en passant par Shape Of Broad Minds. A gauche, Khujo Goodie: véritable force du hip hop américain pour son appartenance à Goodie Mob, légendaire quartet d’Atlanta, au sein duquel il fait résonner son flow de bariton désormais internationalement reconnu. Autant dire que cette rencontre était inattendue, tant ces deux univers pouvaient sembler incompatibles sur le papier. Pourtant, Willie Isz ne manque pas de prouver le contraire tant il parvient merveilleusement à conjuguer ces deux talents à forte personnalité, soit la patte futuriste de l’un, et le southern rap de l’autre que le duo a désigné comme base du projet. Les fidèles admirateurs de la Dungeon Family, d’Outkast, et de Goodie Mob sauront donc incontestablement apprécier ces douze titres à leur juste valeur, et confirmeront pour la énième fois toute la diversité du talent de Khujo, chose que Jarel a avant tout voulu souligner sur la majorité des titres, dont l’éponyme « Georgiavania », bouncy rap ponctué par un râle emprunté à De La Soul, ou l’audacieuse couleur celtique de « The Grussle ». Avec de fortes influences électroniques, mais aussi crunk ou new-wave pour ne citer que celles-ci, la quasi absence de sample au profit de contributions instrumentales, et un registre finalement très accessible, même Gnarls Barkley a bien du souci à se faire. Car, définitivement crédibilisé par la participation de Tunde Adebimpe (TV On The Radio) sur « Gawn Jet », Willie Isz accouche d’une fusion des genres beaucoup plus excitante que celle de Cee-Lo et Dangermouse. Car, avec infiniment plus de goût, les deux ne tombent jamais dans le lissage mainstream et inintéressant de leurs concurrents d’en face: « Autopilot » ou « U Want Some? », par exemple et bien qu’ils ne soient pas parmi les titres phares de ce disque, pourraient parvenir à faire autant danser les foules sans avoir à courber l’échine. Willie Isz préfère plutôt innover, la jouer pointu et sans concession, marier deux flows atypiques avec une brillante réussite, et emmener ainsi le hip hop sur un terrain encore peu visité à ce jour (« Loner », « I Didn’t Mean To… »). En cela, « Georgiavania » écarte les oeillères, et en devient un très grand disque, clairement un des tout meilleurs de cette année 2009.

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