Weezer – « Hurley »

Weezer – « Hurley »

weez180Album
(Epitaph)
13/09/2010
Power pop ressuscitée

Il fallait être sérieusement persistant pour trembler d’impatience à l’arrivée de « Hurley », nouveau bébé de la famille Weezer qui, depuis 2008 et la sortie de son « Red Album », s’enfonce dans une certaine médiocrité, laissant même ses plus fidèles fans craindre la noyade. Et pour cause, si les ingrédients de la meilleure power pop – véritable incarnation de la décennie 90 – étaient encore réunis, tous manquaient cruellement de fraicheur, empêchant la sauce de prendre dignement. Un an plus tard seulement, beaucoup de choses ont changé pour Weezer, assez pour daigner penser à un in-extremis sursaut d’orgueil si l’on considère Brett Gurewitz – patron d’Epitaph, nouveau label du groupe – en maitre-conservateur de bon goût.

Avec « Hurley », Weezer fait mieux, n’atteint pas les sommets qu’il enjambait jadis avec une facilité déconcertante, mais fait au moins de ce nouvel album une pièce dont il n’aura pas à rougir. En guise de premier single, « Memories » annoncait finalement assez bien la couleur de ce cru 2010: des mélodies redevenues ultra adhésives, une fraicheur communicative, une énergie revigorante, des lyrics nés de la nostalgie du bon vieux temps, soit tout ce qu’on vient normalement chercher chez ces Américains est condensé dès l’entame de ce disque qui reprend subitement d’éclatantes couleurs adolescentes, et rassemble d’un coup de baguette magique la jeunesse d’aujourd’hui avec celle qui refuse de compter les années. Alors quand le tubesque « Ruling Me » lui emboite le pas pied au plancher, suivi de la guimauve midtempo qu’est « Trainwrecks », et d’un « Unspoken » qui passe de l’acoustique à l’électrique, on se dit qu’on a enfin retrouvé, si ce n’est le Weezer des débuts, au moins celui de l’excellent « Make Believe » qui savait parfaitement jouer sur tous les tableaux.

Presque. Car, pour répondre à des refrains géniaux (« Where’s My Sex? », « Hang On »), il y a encore quelques titres ici qui, s’ils ne sont pas forcément à occulter, ne resteront pas comme des piliers de la discographie du groupe. Cest le cas du gentillet « Run Away », de l’insignifiant final « Time Flies », voire de « Smart Girls » même s’il pourrait avoir la puissance de retourner un stade comme une crêpe. Ne parlons pas du contenu additionnel prévu à l’édition deluxe qui, lui, pourrait avoir celle de tout gâcher en imposant cette immonde reprise de Coldplay, l’hymne de l’équipe US de football composé pour la coupe du monde, ou une pâle ballade acoustique. Heureusement, Weezer ayant pour une fois laissé la liberté de ne pas les subir, ruez vous plutôt seulement sur la dizaine de titres qui sonne véritablement la résurrection. Une putain de bonne nouvelle.

En écoute

Disponible sur
itunes6

Tags:
,