We Insist! – « The Babel Inside Was Terrible »

we180Album
(Exile On Mainstream)
14/09/2009

Depuis 2007 et la sortie de « Oh! Things Are So Corruptible », la scène française n’est plus tout à fait perçue à l’étranger comme elle le fut auparavant. La « faute » à ces Parisiens qui montrait alors à quel point le rock pouvait être inventif, complexe et ingénieux, même ici dans l’hexagone. Deux ans sont passés depuis, et la signature du groupe sur Exile On Mainstream (Celan, A Whisper In The Noise, The Hidden Hand, Beerhover…), n’a fait qu’accroître l’attente d’un public impatient de se mettre une nouvelle salve sous la molaire. Il en sera d’autant plus récompensé avec le plus sombre et tendu « The Babel Inside Was Terrible », cinquième déflagration électrique ou se côtoient math rock, noise, rock, free jazz, et avant-garde. Le temps de onze titres défile donc une pluie de références (At The Drive In, King Crimson, le label Dischord…) qui ne feront jamais l’unanimité tant le combo fuit systématiquement les ressemblances comme il esquive la facilité, le tout grâce à une expérience commune de quatorze ans au bout de laquelle il parvient encore à (se) surprendre. En effet, cela fait maintenant belle lurette qu’on ne parle plus de maturité quand on évoque We Insist! et sa manie de marier des instruments donnant souvent l’impression de s’opposer. Ainsi, « The Babel Inside Was Terrible » se découvre à chaque écoute, redéfinie le rôle de la section rythmique (« Thoughtful Anatomy »), laisse les guitares s’emmêler quand on attend d’elles qu’elles nous aident à y voir plus clair (« Oakleaves », « Dead Dog »), les mélodies vocales s’amuser à rebondir sur le prévisible, et les cuivres sortis d’un ampli guitare comme le clavier finir définitivement de brouiller les cartes. We Insist! en ressort plus bluffant que jamais (« Efficiency And Bad Habits », « Custom Device »), au point que nous, ayant parfois eu la dent dure au sujet de la scène hexagonale, ne sentions monter un désagréable sentiment de culpabilité. Disons seulement que si Condense tenait encore debout sur ses deux jambes, ce disque aurait pu être une de ses plus belles oeuvres (« Déjà Vu », « In a Maze »). Tout est dit pour qui connaît et respecte ces éminents lyonnais du siècle dernier.

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