Volage – ‘Heart Healing’

Album / Howlin Banana / 27.10.2014
Pop garage psyché

Vous ne le savez peut être pas, mais ça fait maintenant deux ans que Le Blanc – bourgade de l’Indre, à mi-chemin entre Châteauroux et Poitiers – vit à l’heure de San Francisco. On y a repeint en couleur rouille le pont qui enjambe la Creuse, on s’adonne à des remakes de ‘Bullitt’ dans les petites rues sinueuses de la Rive Gauche, et on y trinque à la Duff… Tout cela grâce à Volage qui, depuis l’an passé, a inscrit sa petite ville à l’encre indélébile sur la grande map-monde de l’indie rock, après avoir ouvert une première porte de son garage en rééditant en vinyle sa toute première cassette épuisée. A chacun de ses cinq titres plutôt inspirés, le combo récoltait les high five, laissant sur son passage l’agréable sensation que la France – déjà un peu en ébullition sur le feu du garage – n’allait décidément pas se priver de mettre ses mains dans le cambouis. Encore moins la jeune génération actuelle qui, à l’instar de celle des années 90 définitivement marquée par le grunge de Nirvana, semble avoir trouvé en Ty Segall et Thee Oh Sees ses éternelles références, ainsi qu’en Volage un de ses plus dignes ambassadeurs.

Loin d’en être une pâle copie tant il affiche une incroyable maturité tout au long de ce très attendu ‘Heart Healing’ (autoproduit, s’il vous plait), le groupe laisse libre cours à ses envies garage ou pop psyché, à son affection pour le son sixties (‘Love Is All’ rappelle même les Beatles), avec un naturel et une facilité aussi rares qu’un fan des Knicks perdu dans la brume de la Bay Area. En effet, tout au long de ce premier album, Volage déroule sans accroc une musique dont il maîtrise parfaitement toutes les ficelles, des soli de guitare chauffés au fer rouge jusqu’aux poussées heavy (‘This Ain’t a Walk’), en passant par des choeurs du plus bel effet. Souvent drapée de fuzz, sa pop garage sait autant se montrer complexe du fait de sa grande liberté d’arrangement (‘Loner’, ‘Paolina’), que frappée d’une évidence mélodique saisissante (le tubesque ‘Upset’, ‘Wait’) ou de l’énergie de l’insouciance. Mais toujours, elle saisit aussi vite et puissamment que celle de ses aînés, sans jamais avoir à rougir de l’inévitable comparaison (‘Touched By Grace’). Comme surgi de nulle part et d’un tout autre temps, ‘Heart Healing’ conjugue au présent toutes les promesses faites hier, et qui seront sans nul doute encore valables demain. Volage est définitivement lancé.

‘Owl’, ‘Upset’, ‘Touched By Grace’, ‘This Ain’t a Walk’, ‘Paolina’

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