Villeneuve – « Dry Marks Of Memory »

ville180Album
(Pias)
22/02/2010
Pop grande classe

Si Villeneuve n’est pour vous qu’un coureur automobile, ou au pire un présentateur télé sur le déclin, l’écoute de « Dry Marks Of Memory » risquerait bien de chambouler sérieusement vos piteux repères. Peut-être même votre vie si vous êtes de ceux qui viennent continuellement s’abreuver au robinet grand ouvert de la pop music. Car dans ce domaine, Benoit est un maître qui s’apprête à devenir définitivement un nom, fort d’une expérience qu’il aura jusque-là majoritairement mise au service des plus grands de la variété. Ainsi, ne fuyez pas si l’on vous récite un curriculum vitae où se côtoient aussi bien les populaires Christophe Willem, Stéphane Eicher et Anaïs, que les plus discrets M83, Agoria, et Mélanie Pain: les réussites de chacun lui doivent toutes un petit quelque chose, à lui qui s’intéresse à toutes les musiques pour en recracher une pop intense et puissamment émotionnelle, qui éclate en un bouquet de mille couleurs tout au long de ce deuxième disque. Léché sans jamais être surproduit, « Dry Marks Of Memory » atteint une juste mesure qui convainc là les inintéressants Air ou autre poppies aux gros bras finissent par répugner. Villeneuve, lui, est un musicien inventif, un chanteur humble, un mélodiste hors pair, un artisan du son qui soigne le contraste de ses compositions, chatouille les tripes de l’auditeur, et ne laisse finalement rien au hasard. Entre arrangements aussi discrets qu’indispensables (« Dry Marks Of Memory », « Day One »), instrumentation élargie et de bon goût (« Patterns », « Second Start »), il laisse même la vedette à ses quelques invités triés sur le volet, qu’il s’efforce de servir au mieux. Mission accomplie à entendre Liz Green, Nili de Lilly Wood & The Prick, Ozak Henry se sentir ici comme à la maison. Électrique ou acoustique, intime (le magnifique « The Sun ») ou épique (« Victoria Falls »), Villeneuve négocie parfaitement son nouveau virage solo, dompte littéralement son art, emmène son inspiration ou bon lui semble et sans le moindre mal. Pour tout cela, ce deuxième album délicat et inspiré mérite d’être écouté par tous.

Disponible sur
itunes19

À lire ou écouter également:

,

Une réponse à Villeneuve – « Dry Marks Of Memory »

  1. M.B 23 février 2010 à 10 h 30 min #

    Je viens de l’écouter grace à spotify, c’est vraiment très bon. Une pop calme, posée et agréable

Laisser un commentaire