Villagers – ‘Darling Arithmetic’

Album / Domino / 13.04.2015
Folk

Il n’a jamais fallu très longtemps pour mesurer le talent de compositeur de Conor O’Brien chaque fois qu’il est apparu sous le nom de Villagers. Cumulant les récompenses jusqu’à entrer dans la cour des grands songwriters britanniques de notre époque, l’irlandais s’est toujours distingué par une réelle profusion d’idées, une tendance à l’expérimentation qui a autant joué en sa faveur qu’elle l’a parfois perdue, à l’image de ‘Awayland‘ qui, il y a deux ans, débordait d’inspiration jusqu’à devenir parfois difficile à suivre. Fidèle à sa volonté de ne jamais faire deux fois le même disque, le jeune homme est donc de retour avec ‘Darling Arithmetic’, troisième album témoin de sa forte envie de revenir à la simplicité, de chanter l’amour dans son plus simple appareil: sans doute la meilleure idée qu’il ait pu avoir tant les compositions y rivalisent de beauté.

Inspirée de relations amoureuses passées, cette nouvelle salve – écrite, interprétée, produite et mixée par O’Brien lui-même dans sa ferme des alentours de Dublin – est une invitation dans son intimité. Les émotions s’y bousculent, les instruments acoustiques également, toujours pour souligner la sensibilité du songwriter, perceptible à la fois dans sa voix et dans son jeu mélodieux. Les mélodies justement, omniprésentes, transportent l’auditeur de l’excellente et chaleureuse entame ‘Courage’ jusqu’au très introspectif ‘So Naive’, dernier de ces neufs morceaux parmi lesquels certains s’imposent comme des étapes évidentes en redoublant d’une élégance toute naturelle.

Bien qu’enjoué parfois (‘Little Biggot’), c’est surtout quand il se prélasse dans sa mélancolie folk que Villagers marque ici les esprits. S’il lui arrive de trop y succomber (‘Darling Arithmetic’, ‘No One To Blame’), il reste irrésistible à une plus juste mesure, quand il déroule ses arpèges et sa voix douce sur des arrangements discrets mais indispensables, du ronronnement d’un violoncelle (‘The Soul Serene’) au souffle d’un mellotron (‘Hot Scary Summer’), en passant par trois-quatre notes de piano ou une caisse claire légèrement brossée (‘Dawning On Me’). A la seule force d’une simplicité désarmante, et du plus profond de lui-même, O’Brien paraphe là son oeuvre la plus personnelle, sans doute aussi sa plus belle et touchante.

‘Courage’, ‘Hot Scary Summer’, ‘The Soul Serene’

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