Ventura – « Ultima Necat »

vent180Album
(Africantape)
05/04/2013
Noise rock dépressif

« Ultima Necat », ou vis ma vie chez Zeus… De tout là-haut, des hauteurs suisses, Ventura – tel un dieu grec – fait la pluie et le beau temps, contemple le monde à ses pieds bravant naïvement les lois de sa nature. Au dessus de tout, à jamais invulnérable, le trio multiplie les tempêtes, décide de la force des vents bienfaiteurs que ses déflagrations font souffler. Celles pour lesquelles il prenait déjà de grandes aspirations à l’époque du magnifique et menaçant « We Recruit« , et pour lesquelles il s’époumone désormais jusqu’à nous pousser au coeur de la tempête: là ou le tonnerre gronde, ou le groupe convoque l’eau et le feu pour une rencontre électrique allumant la mèche de neuf énormes coups de canon.

Trois ans plus tard, l’air est des plus pesants mais l’orage est le même. Seulement plus proche, plus destructeur aussi. Incroyablement stoïque, n’haussant jamais vraiment le ton quelle que soit l’occasion, la voix se pose dans l’oeil du cyclone et, de sa douceur et son calme olympien, orchestre, dicte, et fait tourbillonner autour d’elle toute la force que Ventura est capable de déployer. Masse intense parfaitement sculptée par Serge Morattel aux manettes, « Ultima Necat » dévoile alors ses venimeux contrastes qui vous attirent pour mieux vous mordre dans une atmosphère aussi sombre que dépressive, aussi pesante qu’elle peut être aérienne. Ainsi, sous couvert de mélodies qui, bien que toujours présentes, courbent l’échine et cèdent plus que jamais à la mélancolie, Ventura se dédouble sous les coups de pistes de guitare brillamment multipliées à outrance, et d’une rythmique devenue bâtisse imprenable (« Corinne »).

Ils ont beau nous refaire le coup du tube trompeur (l’excellent « Nothing Else Matters »), c’est bien d’un pas décidé, lourd et lent, que les helvètes avancent tout au long de ce nouvel album ou rock, noise et même shoegaze jouent des coudes. Choisissant ainsi de privilégier l’épaisseur des empreintes plutôt que leur nombre, ils déposent sur leur passage quelques titres poids lourd reflétant toute l’indéniable réussite qu’incarne « Ultima Necat ». Parmi eux, certains partent bille en tête (les très bons « Little Wolf » et « Intruder » aux assauts répétés) jusqu’à définitivement marquer les esprits (les onze minutes enivrantes de « Amputee »), tandis que d’autres laissent encore percer la lumière grâce à un riff rescapé (« Body Language », « Very Elephant Man ») ou une fausse légèreté (le final « Exquisite & Subtle »). De quoi prier les dieux pour que Ventura n’ait pas – comme le titre pourrait le laisser penser – signé là sa dernière bataille.

itunes29

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