Various Artists – « Afro-Rock Volume 1 »

afro180Album
(Strut)
02/03/2010
Afro rock

Strut Records entame bel et bien le printemps aux couleurs de l’afrobeat. Après le dernier album de The Souljazz Orchestra à la fin du mois de février, le label anglais enchaîne sur la sortie d’une compilation de rare grooves du genre, « Afro-Rock Vol.1 ». A première vue, on ne peut s’empêcher de penser à la compilation « Black Man’s Cry » récemment sortie sur la branche Now Again de Stones Throw. Néanmoins, le contenu des deux sélections diffère sensiblement, même si elles proposent toutes deux une plongée dans la musique africaine des 70’s. Alors que « Black Man’s Cry » se centrait sur l’afrobeat et l’ampleur de l’influence de Fela au travers du monde, « Afro-Rock Vol.1 » est dédié plus largement à la grande famille de l’afro-funk. Des titres provenant donc à 100% du continent africain, groovy, jazzy et soulful à souhait, retraçant la riche histoire de la musique africaine des années 60 et 70, intrinsèquement liée à la vague des indépendances. On ne s’étonnera donc pas de trouver dans cette galette des sonorités libérées, enthousiastes, célébrant volontiers le panafricanisme. Il est cependant bien dommage de constater que cette compilation n’est qu’une réédition d’un album originellement sorti en 2001 sur le label Kona Records de Duncan Brooker, auquel on doit tout ce minutieux travail de recherche de trésors cachés, notamment en Afrique de l’Est où l’anglais voyagea durant sept ans (et que le quotidien The Guardian n’hésitait pas à nommer « L’homme qui a sauvé le funk africain » dans une longue interview parue en 2001). Néanmoins, il s’agit d’une réédition vraiment indispensable tant cette sélection, restée jusque-là très underground en France, vaut le détour. Elle regorge de tubes à donner le feu au corps du début à la fin, inaugurés par « Fever », un titre explosif signé par le kenyan Jingo, qui figure sur la BO du film de Kevin McDonald « Le Dernier Roi d’Ecosse » avec Forest Whitaker. On découvre également dans cette compil les rythmes contagieux de Geraldo Pino dont le surnom, « The Nigerian James Brown », en dit long sur la musique. Les influences zaïroises sont également au rendez-vous avec Dackin Dackino, tout comme la chaleur instrumentale des cuivres (K. Frimpong & His Cubano Fiestas, Yahoos) et les sonorités poussiéreuses des vieux vinyls des seventies (« Sweeper Soul » de Super Mambo 69, « Africa » de Steele Beautttah). Un ensemble qui s’avère donc des plus réjouissants, changeant de l’afrobeat classique malgré une parenté évidente, et rassemblant de talentueux contemporains de Curtis Mayfield, James Brown et Marvin Gaye, beaucoup plus méconnus que ces Kings du funk afro-américain, mais tout aussi fondateurs.

Disponible sur
itunes31

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